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Éditeur : Livre audio (12/02/2011)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Dans Une nuit, sa troisième nouvelle ici publiée, Vsevolod Garchine (1855-1888) – qui s’est suicidé à 33 ans – nous fait assister à la denière nuit de son héros Alexis Petrovitch « pâle jeune homme » qui a décidé de se tuer.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Ambages
  10 mars 2017
« Je ne dois plus vivre en moi seul ; il faut, il faut absolument se mêler à la vie universelle, souffrir ou se réjouir, haïr ou aimer, non pas pour ce seul moi qui dévore tout et ne donne rien en échange, mais pour cette vérité commune à tous les hommes, vérité qui existe, quoi que j'en aie dit, et qui parle à notre âme malgré tous les efforts que nous faisons pour l'étouffer. »
Un jeune homme retrace une nuit et dissèque le temps, un temps qui ‘tic et tac' avec des fulgurances ou des relâchements et parfois des régressions. Il s'étonne avec quelle régularité sa montre donne un tempo si régulier alors que son temps -bien qu'identique à celui poursuivit par les aiguilles de la montre- le sien, est trouble. Troublé par des sensations, des pensées et un regard sur soi qui lui fait regretter que certaines périodes de sa vie soient passées si vite, sans qu'il y prête garde, et que d'autres se dilatent dans les souffrances qu'il ne peut supporter. Mais la plus pénible des douleurs reste sa conscience et le regret de se tromper soi-même -« il faut bien qu'une fois au moins je dise ma pensée tout entière sans être gêné par personne ni, surtout, par moi-même »- de se mentir à soi, de s'être toujours mis au centre et se comporter en égoïste, orgueilleux auto-centré. Ne supportant plus cette pulvérisation de sa conscience, il songe à se donner la mort. Et la nuit s'étire… jusqu'à son enfance. « Il faut aimer, aimer comme aiment les petits enfants » « (...)que j'éprouve une fois un sentiment naturel et sincère, un sentiment qui ne soit pas étouffé par mon moi ! »
« Mais réellement est-il impossible de revenir à ce bonheur, à cette certitude que mes paroles et mes pensées sont vraies ? »
J'ai adoré cette nouvelle, l'introspection qui est faite par le narrateur me touche énormément et les mots de Vsevolod Garchine sont justes et beaux. Un petit texte qui parle beaucoup.
« Il eut le sentiment d'avoir tout compris.
— Sais-je bien tout ce que signifient ces paroles : devenir semblable à un petit enfant ?... Cela signifie : ne pas se mettre en tout à la première place ; arracher de son coeur cette méchante idole, ce monstre au ventre énorme, ce hideux moi, qui ronge l'âme comme un ver et qui demande toujours, toujours une nouvelle nourriture. Mais, ver insatiable, où la prendrais-je, cette nourriture ? Tu as déjà tout dévoré. »
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seblac
  03 mai 2016
Il y a des auteurs dont la vie se confond totalement avec leur oeuvre. Celle, très courte, de l'écrivain russe Vsevolod Garchine en fait partie. Tourmenté au dernier degré, l'écrivain fut une grande partie de sa vie en proie à de graves phases de dépressions qui finiront par le pousser au suicide à l'âge de trente trois ans.L'obsession de la mort et de la folie traverse toute son oeuvre, particulièrement cette nouvelle. En écoutant le tic tac d'une pendule, le narrateur, Aléxis Pétrovitch, qui semble se confondre avec l'auteur, prend conscience de l'absurdité de la vie et son coté illusoire. le tic-tac de cette pendule qui obsède le narrateur était le même il y a vingt ans, il sera le même dans vingt ans. Alors à quoi bon poursuivre cette farce absurde ? Fermement décidé à en finir, le narrateur se rend chez un de ses amis pour lui dérober son révolver.Rentré chez lui, il s'apprête à appuyer sur la gâchette mais la sonnerie d'une cloche le détourne et lui fait remémorer son enfance. Les mots se remplissent d'une tendre nostalgie au souvenir de son père et ces moments finalement plutôt heureux. Des moments de partages simples à découvrir le sens des textes religieux. Peu à peu, l'espoir semble revenir : et si la vraie vie se trouvait non à l'intérieur de soi même mais en la consacrant aux autres ? Quel sera le choix d'Alexis Pétrovitch ? L'auteur laisse planer le doute en une phrase de toute beauté.Par bien des aspects, cette nouvelle de 1880, évoque le rêve d'un homme ridicule de Dostoïevski (1877). On retrouve le même sujet : un homme désespéré prêt à en finir avec la vie et ce de la même manière. On retrouve aussi l'aspect profondément mystique et le rôle salvateur que pourrait avoir la pensée religieuse. Toutefois si la nouvelle de Dostoïevski laisse finalement un message pelin d'espérance, celle de Vsevolod Garchine est davantage empreinte de désespoir. Une nouvelle aux accents funèbres mais servie par une écriture épurée, sobre et très belle. Une nuit sans étoile mais une belle nuit.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
AmbagesAmbages   09 mars 2017
Et seulement à présent, au milieu de cette nuit, pendant que tout dort dans cette grande ville et dans cette grande maison, alors que tout bruit s’est éteint, excepté le battement de mon cœur et celui de ma montre, à présent seulement je m’aperçois que ces chagrins, ces joies, ces enthousiasmes, tous les événements de ma vie, enfin, étaient de vaines chimères. Les unes, je les poursuivais sans savoir pourquoi ; sans savoir davantage pourquoi, je fuyais les autres. Je ne savais pas alors que dans la vie une seule chose existe réellement : le temps ; le temps, avec sa régularité inexorable, qui ne se ralentit pas là où le pauvre être humain, vivant dans la minute présente, voudrait s’arrêter un moment, et qui ne s’accélère pas d’une seconde, même quand la réalité est si dure qu’on voudrait la changer en un rêve déjà passé ; le temps, qui ne sait qu’une seule chanson, celle qu’en ce moment j’entends avec une netteté douloureuse.
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AmbagesAmbages   10 mars 2017
Oh ! oui, c’est bien assez de ce petit morceau de plomb pour que tout disparaisse, et pour toujours ! Le monde entier disparaîtra : il n’y aura plus ni condoléances, ni amour-propre blessé, ni reproches envers soi-même ; plus de ces gens qui vous détestent et qui font semblant d’être bons et simples, de ces gens que l’on perce d’outre en outre, que l’on méprise et en présence desquels pourtant on cherche à paraître bienveillant et affectueux ! Il n’y aura plus de tromperie envers soi-même, ni envers les autres ! Il n’y aura que la vérité, l’éternelle vérité du néant !
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AmbagesAmbages   10 mars 2017
— Encore !... Tu meurs, tu te tues, et tu ne peux pas même faire cela sans phrases ! À propos de quoi, devant qui poses-tu ? Devant toi-même.
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seblacseblac   03 mai 2016
Il s’imagina repasser sa vie tout entière , il vit une foule de vilains et sombres tableaux dont il était lui-même le héros , il se rappela toutes les fanges de sa vie , il chercha dans son âme sans y trouver un seul coin pur et limpide, et se persuada que son âme ne contenait plus rien que de la boue.- Non seulement je n’y trouve plus que de la boue, ajouta-t-il , mais jamais elle n’a contenu autre chose.
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AmbagesAmbages   10 mars 2017
Adieu, hommes ! adieu, singes sanguinaires et grimaçants !
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Vsevolod GARCHINE – Une Nuit
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