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EAN : 9782070120642
320 pages
Gallimard (25/08/2008)
3.19/5   178 notes
Résumé :
Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d'émancipation de l'homosexualité en France.

Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie.

L'un et l'autre s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice et de son amant, intellectuel médiatique, qui passent plus ou moins consciemment à côté de leur époque... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Prix de Flore en 2008, "La Meilleure Part des hommes" est un roman qui évoque l'arrivée du sida au sein du mouvement homosexuel dans les années 1980. Il explore les vies et les expériences d'une galerie de personnages et en particulier, celle de la narratrice avec les trois hommes les plus importants de sa vie, leurs relations et leurs interactions et leurs quêtes individuelles.
Tristan Garcianous fait connaître de façon intime une génération déchirée avec les thèmes éternels que sont ceux de l'amour, la perte, l'identité, les dilemmes moraux et la quête de sens dans un roman long et dense, parfois un peu complexe.
Une lecture exigeante, mais qui en vaut la peine…
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Collègue de Doumé, amie de Willie et amante de Leibo, Elisabeth Levallois raconte comment les relations - amoureuses, amicales ou intellectuelles - qu'elle entretenait avec les 3 hommes les plus importants de sa vie se sont, avec les années sida, irrévocablement délitées, jusqu'à transformer en haine absolue l'amour que se portaient Doumé et Willie.
Dans le milieu underground parisien, Willie paiera cher son rêve de gloire ainsi que son inconsciente, exubérante et inconséquente jeunesse.

A travers le portrait de 4 personnes, acteurs ou témoins de leur temps, Tristan Garcia rappelle à notre souvenir nostalgique ce qu'ont été les années sida.
De 1980 au début des années 2000, il revisite cette époque gaie et tragique, marquée par l'émergence des mouvements homosexuels et stigmatisée par la maladie.
Une période où l'insouciance a fait place à un débat politisé, médiatisé, conflictuel et générationnel, que l'auteur réussit à aborder avec beaucoup d'à propos dans une langue fortement orale et très contemporaine.
Un premier roman prometteur.
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Écrire un roman sur une période, un contexte socio-économico-sanitaire et une communauté que l'on n'a pas connu est certes une prouesse qui se doit d'être soulignée.
Mais écrire sur un tel sujet, à savoir la traversée des années Sida au sein de la communauté homosexuelle parisienne et ses ramifications politico-intellectuelles nécessite tout de même de se documenter un peu plus que sur la seule biographie des hommes sur lesquels on calque ses personnages…

Dans “La meilleure part des hommes”, Tristan Garcia nous parle donc des années 80-2000, de l”arrivée” du SIDA, de la communauté homosexuelle et des grands figures de l”époque.
Car on identifie facilement, sous les traits de Dominique Rossi, Didier Lestrade (fondateur d'Act Up), sous les traits de William Miller, Guillaume Dustan et sous les traits de Jean-Michel Leibowitz, Alain Finkielkraut.

Le problème est qu'il en parle sans arriver à nous faire ressentir quelque chose.
Je suis également née au tout début des années 80, comme l'auteur, je ne peux donc pas non plus me positionner en experte de cette période mais il me semble qu'elle a été suffisamment riche en codes, en concepts, en tendances, en découvertes, en idéologies, en personnages pour qu'elle “se ressente” quand on en parle.

Là, il n'en est rien.
Le contexte historique et social est grisâtre, en filigrane et les personnages ne réhaussent rien.
Qui pourrait vraiment croire que le narrateur est une femme, journaliste d'une trentaine d'années? Aucune empathie, aucun accent de vraisemblance, voire de vérité dans ce qu'elle est sensée vivre et surtout ce à quoi elle est sensée assister.

Le style est désordonné, on dirait une épreuve non corrigée, l'abus de langage parlé, cru, certainement voulu par l'auteur, finit par lasser, que cela soit l'oeil ou le cerveau.
Tristan Garcia a peut-être voulu faire du Bret Easton Ellis à la française, multipliant les codes sexe, drogue, salissures, sang, trash à souhait mais le problème est que, si le trash d'Ellis fait vendre, c'est parce qu'il y a un vrai talent d'écrivain derrière.

Cet ouvrage m'a donc ennuyé, je me suis forcée à le finir, ce qui m'arrive assez rarement pour être précisé et j'ai eu l'impression qu'on essayait de me faire passer des vessies pour des lanternes.
Non, en rajouter des tonnes sur l'aspect crade et tordus des personnages ne rattrapera pas leur manque de relief de base. Non.

Est-ce à dire qu'il y a tout à jeter ? N'allons pas jusque là, un premier roman reste toujours un premier roman, attendons la confirmation ou l'infirmation du deuxième voulez-vous?
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Paris n'est pas exclusivement un musée géant, ni un bar à pute. Non, pas seulement, ce fut aussi le théâtre de la communauté gay dans les années 80-90, pour s'effacer lentement mais sûrement les années suivantes. le quartier mythique du marais n'est aujourd'hui plus qu'un ensemble de bistrots et restaurants pour bobos où se retrouvent les hommes amoureux d'autres hommes. Tristan Garcia veut nous raconter par le biais de quatre personnages d'un milieu révolu l'histoire du véritable Paris gay, celui d'il y a quinze ou vingt ans. Non, le jeune auteur ne l'a pas vécu, mais il est suffisamment renseigné et n'hésite pas, avant même que le livre ne commence à nous avertir : « Les personnages de ce roman n'ont jamais existé ailleurs que dans les pages de ce livre. » mais que s'ils nous semblent pourtant si proche de personnes réelles c'est que « plongés dans des situations parfois comparables, personnes et personnages n'agissent pas autrement. ».
La meilleure part des hommes n'est pas un essai, mais bien un roman de fiction, nous voilà tout de suite rassurés. Nous suivrons Élisabeth, femme travaillant dans les pages cultures de Libé et (trop ?) proche du milieu gay. Elle connaît tous les grands penseurs de la société homosexuelle parisienne : Willy, un jeune paumé qui se fera une joie de détruire ce qui l'a construit ; Dominique, la figure du père pour le jeune Willy et patron d'un certain Stand-Up (hum…) apôtre de la prévention sur le SIDA et enfin l'amant de la journaliste, Leibowitz, ancien gauchiste passé de l'autre côté de la barricade et qui finira par soutenir Chirac puis Sarkozy.
Tristan Garcia ne se concentre que sur les personnages antagonistes de Dominique, le patriarche et de Willy, le jeune fou ne voulant que la destruction des institutions, tout en ne tournant qu'autour de la narratrice. La haine de Willy pour Dominique l'amènera bien entendu à sa perte alors que ce dernier renait de ses cendres. Une épopée qui n'a rien d'original, mais l'intérêt de ce premier roman n'est pas là, les véritables héros ne sont autre que le SIDA et les années folles pour la communauté gaie parisienne. Essayant de nous plonger dans les coulisses d'un milieu, qui — comme tous les milieux — fascine et nous permettant d'accepter une histoire N'AYANT de sens et d'intérêt que par son existence, le lecteur y croit sans réellement être convaincu, un peu comme un reportage sur M6. Nous sommes au plein coeur d'un environnement dur, où tous les coups bas sont possibles, où les gentils sont méchants et où les méchants sont gentils, mais où l'ensemble est totalement cloisonné, où tout le monde est à SA place. La psychologie des personnages n'existe pas vraiment, ils ne sont qu'une fonction : le type qui retourne sa veste, le papa rassurant et garant de la bonne morale et le jeune fou se détruisant tout en brisant les personnes autour de lui. le sujet avait tout pour plaire, le tout est d'ailleurs plutôt réussi. Ne manque qu'un peu d'éclectisme.
Tristan Garcia choisit pour nous conter cette histoire un rythme rapide, entrecoupé sans arrêt par un chapitrage trop imposant cassant la construction du roman. le choix n'est pas anodin et renforce le côté télévisuel du roman, nous rappelant que oui, ce livre est une fiction, qu'il ne raconte pas la réalité, comme il nous avait prévenus dès le départ. Reste que ce rythme gâche parfois le récit, nous empêchant de nous y plonger totalement, de ressentir ce qu'éprouvent les protagonistes. Il aurait peut-être été bon de laisser quelques fois l'action brute de côté pour nous émouvoir, pour comprendre, pour nous interpeller.
La meilleure part des hommes est une satisfaisante introduction à un milieu, un de plus, que nous ne maitrisons pas encore, de par sa jeunesse. Mais le récit souffre d'un manque de temps pour que nous y croyions absolument. Un premier roman plutôt agréable dans l'ensemble, mais qui nous laisse une impression d'inachevé et dont le manichéisme est trop important pour en être réellement satisfait. Si vous êtes intéressé par la période et le sujet, vous ne serez surement pas déçu, Garcia vous y promènera et vous prendra par la main pour visiter cet environnement que l'on ne connaît pas.
Lien : http://www.leblogdemanu.com/..
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Peut-être que "la meilleure part des hommes" c'est Liz, la narratrice. Amie intime de 3 hommes, elle raconte une sorte de chemin de croix , une passion menant à la mort. A travers ces trois hommes - qui sont, je l'ai appris en cours de lecture, inspirés de personnages réels, (voir les autres critiques) - ces hommes, donc, sont les jalons d'une époque, celle de l'émergence du sida, dans le milieu homosexuel parisien des années 80.
Dominique dit Doumé est journaliste à Libé, Jean-Michel Leibowitz dit Leibo. c'est le philosophe, l'intellectuel plein de pirouettes rhétorique et amant de Liz. Willie, William, c'est le marginal homo, beau, météorite. C'est Liz qui fait le lien entre les 3 hommes. Journaliste à Libé, elle aussi, elle présente à Dominique, William personnage fantasque sur lequel le journal veut faire un petit reportage. S'en suit une relation amoureuse entre les deux hommes. Relation qui se terminera sans une haine sanglante. Face à ce couple d'homme, celui non officiel de Liz. de cet amant très, trop intello, elle finira par dire "il y a bien des manières fidèles d'être traître, et des manières bien traître d'être fidèle", irrécupérable donc !
La relation entre ces êtres va culminer dans le premier tiers du roman pour finir par disparaître complètement. Mais avant d'en finir, on assiste aux différentes phases du naufrage. Haine, trahison, indifférence, jouissance malsaine, maladie... Pas le meilleur côté de l'humanité. Un roman qui se lit sans passion malgré tout ce qu'il décrit. Des chapitres de qualité très inégales, certains captivants d'autres très ennuyeux. Sans compter que chacun des trois hommes recèle d'un peu de la pire part des hommes, en lui
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critiques presse (1)
LesInrocks
16 février 2021
Dans un passionnant entretien au long cours, le philosophe et romancier raconte sa trajectoire particulière, ses affinités artistiques et politiques, et l’engagement d’une génération de révolutionnaires qui a grandi avec la fin des idéologies.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Le trésor d'un homme est-il dans ce qu'il laisse - des sentiments, des certitudes, des objets, des images et des gestes - ou dans ce qu'il garde ? Sans doute ceux qui laissent énormément, ceux qui restent, n'ont t-ils en eux qu'infiniment peu.
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Le trésor d'un homme est-il dans ce qu'il laisse - des sentiments, des certitudes, des objets, des images et des gestes - ou dans ce qu'il garde ?
Sans doute ceux qui laissent énormément, ceux qui restent, n'ont t-ils en eux qu'infiniment peu...
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On peut ne pas faire bien le bien, on peut ne pas faire amoureusement l'amour, et on peut ne pas méchamment faire le mal. Rien de ce que l'on fait n'assure de la manière dont on le fait, ni de ce qu'on est.
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Il y a des êtres humains dont toute la valeur, toute la vie, est à l'intérieur, et il n'y a bien sûr aucun autre moyen de le vérifier, de le mesurer, de savoir s'ils sont potentiellement extraordinaires ou médiocres, que de vivre en leur compagnie. Absents, lointains, ou morts, il ne reste vu de dehors rien de ce qu'il y avait de meilleur en eux: la possibilité, le doute incessant qu'ils soient bien plus, en fait, qu'ils ne sont.
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Mais il y a bien des manières fidèles d'être traître, et des manières bien traîtres d'être fidèle.
On peut ne pas faire bien le bien, on peut ne pas faire amoureusement l'amour, et on peut ne pas méchamment faire le mal. Rien de ce que l'on fait n'assure de la manière dont on le fait, ni de ce qu'on est (p303)
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Videos de Tristan Garcia (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tristan Garcia
Rencontre avec Tristan Garcia, un écrivain qui se fraye un chemin à travers les sentiers de la conscience, bordés par des affects multiples, aléatoires et contraires à la façon d"un pèlerin et à la manière d'un homme moderne.
Difficile de résumer l'oeuvre de Tristan Garcia, qui écrit aussi bien d es romans que des essais philosophiques ardus, sans se départir pour autant d'une volonté de rendre intelligible ses propos.
Récompensé par le prix de Flore en 2008 pour son livre "La meilleure part des hommes" paru aux éditions Gallimard, il reçoit le prix du livre Inter pour son recueil de nouvelles "7" chez Gallimard toujours.
Il vient de publier "Laisser être et rendre puissant" en 2023, un traité métaphysique publié aux Presses Universitaires de France et pour lequel il a reçu une aide du Centre national du livre.
Rencontre réalisée en collaboration avec Jennifer Thiault.
C'est parti !
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