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ISBN : 2918619035
Éditeur : La Dernière Goutte (07/09/2011)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Frondeuse, désespérément incomprise et obèse, María Bernabé est une jeune femme hors norme : ses désirs sont décapants, son humour féroce et son intelligence brillante. Mais c’est l’amour absolu qu’elle recherche en malmenant son corps, ce gros animal encombrant, tout autant que les adultes ectoplasmiques et lâches qui l’entourent. Elle mange, elle ingurgite, elle engloutit : c’est sa façon à elle de se révolter contre l’indifférence.

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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
mollymon
  25 mai 2014
Maria a toujours été une enfant obèse et malheureuse. Fille unique délaissée par ses parents et dans l'incapacité de se faire des amis, elle souffre terriblement de solitude. En proie à la rage, face à un monde où elle ne trouve pas sa place, elle décide de manger encore plus pour se faire exploser. Elle décide que son corps parlera pour elle, qu'il sera son discours. Néanmoins sa vie s'écoule de façon monotone et sans grand désordre jusqu'à l'arrivée de ses nouvelles voisines. Il s'agit d'une mère et de ses ravissantes jumelles. Maria va les observer, les épier et leur vouer aussitôt une haine féroce. Dés lors son univers commence à se fissurer. Maria devient violente, incohérente jusqu'à sombrer dans la folie.
J'ai lu avec plaisir trois quart du roman jusqu'à ce que Maria s'enfonce dans le délire schizophrénique le plus total . Là, ça m'a franchement barbée: impossible de démêler le vrai du faux et le récit, pour moi, a fini par perdre tout son intérêt . J'ai quand même terminé le livre car c'est bien écrit.
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Commenter  J’apprécie          50
Ingannmic
  01 octobre 2017
Le préambule par lequel la narratrice nous alerte sur la relative fiabilité de ses souvenirs met en appétit, donnant le ton -ou devrais-je dire le goût ?- de ce récit singulier.
D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, María Bernabé a toujours été grosse. Fille unique d'un riche couple d'argentins, elle a aussi toujours été seule. Son père, un coureur de jupons dont le travail nécessitait de nombreux déplacements, était constamment absent. La mère, dépressive, alcoolique, affichait envers elle au mieux une vague indifférence. A l'école, son obésité en faisait une exclue.
Réalisant rapidement que ses tentatives pour se lier de sympathie avec ses semblables étaient vouées à l'échec, elle opposa au rejet des autres un système de défense qui finit par devenir un mode d'existence. Détestable, aigrie, envieuse, elle porta dès son enfance, plombée d'une maturité intensément pessimiste et d'une insatiable faim comblant une immense détresse affective, un regard malveillant sur le monde.
"Je suis vraiment écoeurante"
Lorsqu'une famille nord-américaine s'installa près de chez elle, composée d'une mère célibataire et de ses deux filles, jumelles à la blondeur charmeuse enchaînant les victoires dans les concours de beauté, elle focalisa sa haine, en même temps qu'une malsaine fascination, sur ces dernières.
A présent devenue adulte, María Bernabé se consacre à son ultime projet : se faire exploser. A cet effet, cloîtrée dans son appartement, elle ingurgite des quantités astronomiques de nourriture qu'elle se fait livrer, et reçoit chaque mois à date fixe la visite d'une femme dont nous ignorons l'identité, mais qu'elle semble connaître depuis longtemps.
Le roman alterne entre les étapes de ce suicide à petit feu, que l'on devine être un cri au monde, une façon de s'imposer pour exister, et la relation d'un passé au fil duquel, peu à peu, se dessinent les contours d'une folie dans laquelle nous basculons avec María.
Sa voix, déroulant le récit en une osmose de sarcasme, de burlesque et de désespoir, nous convie dans le labyrinthe d'une logique qui se fait de plus en plus macabre et fantaisiste. Son histoire est émaillée d'épisodes dont la dimension se fait parfois surréaliste, le lecteur s'interrogeant sur la véracité des événements alors décrits, comme issus d'un conte macabre. Ses proches, qu'elle y met en scène, semblent n'avoir pour but, par leur comportement pervers ou décalé, que de contribuer au caractère cauchemardesque du tableau.
La réalité, devenant de plus en plus fluctuante, semble peu à peu lui échapper...
"Ma vie n'existe que dans ma tête. Je ne suis pas ici. Je suis un être impossible dans une chambre agencée pour une farce, au jardin étonnamment irréel"
Ajoutés à l'originalité de son histoire et de son atmosphère, "La faim de María Bernabé" bénéficie d'une écriture énergique au phrasé justement rythmé qui lui confère intensité et éloquence, rendant la lecture fluide et prenante.
Une découverte étonnante d'un roman singulier et très réussi.
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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chouettalire
  03 décembre 2011
Un texte à la première personne est toujours une confession.
Ainsi María va se raconter avec violence et sarcasme, avec douleur. L'adolescente se rend obèse. María se détruit en dévorant, en engloutissant, en mâchant car María a besoin d'amour mais personne ne lui en donne. La petite fille ne réussit pas à contenir ses appétits, la femme abime son être dont le volume n'est qu'excès. Elle se raconte, vue et ressentie de l'intérieur dans un langage fort et des mots durs. Son corps est le champ où se disputent les batailles de son identité, de ses désirs, de la reconnaissance qu'elle recherche désespérément. C'est tout le monde maudit qui rentre par cette bouche. Son corps supporte et reproduit les tragédies de sa vie.
Elle parle de sa famille et de ses relations toujours difficiles avec ses membres. Elle déshabille sans pitié, avec une ironie cruelle, les entrelacs de leur existence hypocrite, María méprise, María se tait, María dévore.
María vit pour se perdre, pour s'évader de son corps, pour s'en aller, pour se neutraliser, pour échapper à la souffrance et aux sentiments. Ce n'est pas le roman d'une grosse qui aime se bâfrer,elle n'a pas le plaisir de la nourriture mastiquée et avalée. Elle mange avec une compulsion angoissante, María mange pour mourir. Elle engloutit le combustible nécessaire pour atteindre l'éclatement qui la désagrègera en fragments dispersés. Une forme très éloquente de disparaître sans se rendre au silence, une déclaration de guerre et une volonté résolue de résistance à l'invisibilité.
Ce roman possède une violence sordide et très amusante en même temps, ce qui donne un mélange étrange.
Lien : http://www.canalblog.com/cf/..
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Crocodyll
  10 octobre 2011
Maria Bernabe, jeune fille obèse, incomprise et torturée, entourée de sa famille peu attentionnée, va petit à petit emmagasiner une haine immense envers le reste du monde. de plus en plus acharnée, elle va engloutir tous ceux qui se présentent à elle.
Je me suis laissée emporter dans son monde sans limite et sans joie. D'une traite j'ai dévoré le menu que Fernanda Garcia Lao a écrit. Un récit surprenant où nous visitons les entrailles d'une obèse pleine de rancoeur.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
CrocodyllCrocodyll   10 octobre 2011
Il y a un rapport grossier et immonde entre la nourriture, le sexe et la mort. Une bouchée de viande est pareille à un baiser. La mort a le droit de nous anéantir car chaque repas suppose un accouplement et une victime. Nous sommes faits de cadavres.
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judyjudy   16 mars 2013
La femme qui m'aidait est partie il y a des milliers de desserts. Maintenant je commande tout par télephone. Dans cette ville de squellettes vengeurs, je crois que je suis la première à mettre fixé un objectif aussi graisseux. Je veux exploser.
Mon corps est mon discours. J'espére que quelqu'un me comprendra.
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