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ISBN : 2754812067
Éditeur : Futuropolis (26/03/2015)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Durant des siècles, le tableau représentant la famille de Philippe IV d'Espagne a été le centre d'attraction du Musée du Prado à Madrid et a inspiré les artistes et les écrivains, à l'instar de « La Joconde » au Louvre. Cependant, Diego Vélasquez est l'un des peintres les plus mystérieux de son époque, et « Les Ménines », son chef-d'oeuvre, sommet de la peinture baroque espagnole, est peut-être le plus étrange des tableaux de la peinture occidentale. Après avoir pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
outofzebra
  01 mai 2015
La bande-dessinée « Les Ménines » paraît en parallèle de l'exposition « Velasquez » qui se tient au Grand Palais jusqu'au 23 août 2015.
C'est un excellent complément qui permet de bien comprendre l'itinéraire assez peu connu de Vélasquez sans tomber dans l'anecdotique. Le scénario de Santiago Garcia parvient à conjuguer rythme, vérité historique et sauts à travers le temps, tout en proposant une réflexion sur le rôle du peintre et la trace qu'il laisse.
le « peintre des peintres » (dixit Manet quelques siècles plus tard), naît en 1599  et trace son sillon, conscient de son talent et indépendant des modèles traditionnels de l'époque. Il deviendra le grand maître espagnol de la peinture baroque, éclipsant tous ses concurrents. Aujourd'hui on compte à peine une centaine d'oeuvres de sa main pour plus de 40 ans de carrière.
On y voit sa formation à Séville auprès de Pacheco, peintre local et futur beau-père. Sont vantés son sens du volume, proche de la sculpture et sa capacité à rendre le réel et les matières. Des bodegons (natures mortes) aux portraits, il parvient, tel Apelle*, à faire croire à ses contemporains qu'ils se trouvent dans la même pièce que les modèles de ses tableaux. Ces qualités lui valent les faveurs de la monarchie.
Grâce à l'entremise du puissant premier ministre, le comte-duc d'Olivares, compatriote sévillan, il endosse diverses charges protocolaires et parvient à réaliser son rêve, devenir chevalier de l'ordre de Saint-Jacques, la plus prestigieuse distinction en Espagne.
Se tisse donc dans la BD le lien qui l'unit peu à peu à Philippe IV, arrière petit-fils de Charles Quint, grand héritier de la dynastie des Habsbourg. le médium permet cela : raconter, au fil des pages, une intimité. Elle n'est pas des moindres puisque le peintre, au service du roi durant 40 ans, devient son confident.
On peut voir chez le dessinateur Javier Olivares un sens de la synthèse et une volonté de traduire l'empreinte psychologique de chaque protagoniste, en écho à Vélasquez. 
En Effet, Diego Velasquez, comme certains maîtres italiens, Titien ou Tintoret, est à la recherche de la vérité dans les visages, obsession qui va traverser toute son oeuvre. C'est particulièrement remarquable dans l'exposition du Grand Palais. Se rejoue sous nos yeux l'aventure du Siècle d'Or en compagnie des Habsbourg et des puissants de ce monde. Ils sont là parmi nous. Au-delà d'une exceptionnelle capacité d'observation, Vélasquez ne réalise ni esquisse ni dessin préparatoire. Il peint rapidement, directement sur la toile.
La BD raconte avec entrain la rencontre avec Rubens. Elle montre bien l'influence qui se joue malgré leur manière et personnalité très différentes. C'est Rubens qui a montré Titien à Velasquez dans les collections royales. C'est également lui qui le pousse  à aller en Italie.
Il visite Venise, Naples, Ferrare et surtout Rome et éclaire sa palette au contact des grands maîtres De La Renaissance italienne. Il s'intéresse également aux nouveautés baroques, des fresques de Lanfranco aux Carrache.
C'est d'ailleurs lors d'une exposition d'artistes contemporains que l'artiste rencontre Flaminia Triunfi, jeune peintre et probablement modèle de son tableau énigmatique, « La Vénus au miroir ». La BD relate l'aventure du peintre avec cette jeune femme, dont il eût un fils, et tente de percer le mystère - on n'a pas trace de correspondance ni de journal.
le dessin de la bande-dessinée est au service de l'histoire et les effets de couleur permettent de passer d'une époque à une autre.
Ainsi Goya, Dali, Picasso entre autres, apparaissent dans de courtes scénettes qui évoquent leur relation au maitre, et plus particulièrement à son oeuvre la plus célèbre, « Les Ménines ».
Ces interludes colorés ponctuent la biographie du peintre et permettent de bien mettre en perspective la portée historique et artistique du maître espagnol. Francis Bacon est le grand absent de la BD, bien qu'il n'ait pas interprété « Les Ménines » mais « Le pape Innocent X », autre célèbre tableau de Vélasquez.
Les jeux sur les noirs et les ocres font écho à l'austérité de la peinture espagnole. La scène où Vélasquez se rend au chevet du peintre ténébriste espagnol José de Ribera à Naples, est proche de la gravure expressionniste allemande de « Die Brücke ».
A 56 ans, Vélasquez peint son chef-d'oeuvre, et revendique plus que jamais ce qui l'a rendu célèbre. Ce n'est pas une peinture d'histoire (genre le plus noble à l'époque) mais un portrait royal et collectif, « Les Ménines », du nom des servantes qui entourent l'infante Marguerite au centre du tableau.
Dans le dernier chapitre, Antonio Vallejo, le dramaturge espagnol imagine la réponse de Vélasquez à la question de l'authenticité d'une oeuvre d'art : - Mais bien sûr que ce n'est pas authentique, Monsieur, c'est un miroir.
La clé du mystère des « Ménines » est peut-être là. La famille royale, ou ce qu'il en reste, nous fixe intensément.
Quand Vélasquez peint ce tableau, l'Espagne et la dynastie des Habsbourg sont en pleine décadence, et lui n'a plus que quelques années à vivre.  Il immortalise le Siècle d'Or espagnol, mais il s'immortalise également puisqu'il apparaît ostensiblement dans le tableau devant le roi.
La pleine page où Vélasquez siège, concentré devant l'assemblée de peintres (Goya, Picasso, Dali (…) et les auteurs de BD au dernier plan) est d'une grande puissance graphique et semble résoudre définitivement l'énigme. Ils nous regardent tous dans la même concentration, chaque peintre tentant de convoquer à nouveau cet instant d'éternité.AD
*Apelle, fameux peintre de l'Antiquité (IVe s. av. J.-C.), était réputé pour peindre "plus vrai que nature"
Lien : http://fanzine.hautetfort.co..
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Mimimelie
  30 juillet 2015
Extrait de la critique de Daphné Bétard dans Beaux-Arts magazine Août 2015 qui me met l'eau à la bouche :
"Encore elles ! Décidément, les Ménines, exécutées il y a plus de trois siècles et demi par Velázquez, n'en finiront jamais de faire couler de l'encre. ...
Servi par un scénario très bien ficelé - saluons le travail de recherche effectué par l'auteur Santiago Garcia-, ce roman graphique parvient à tirer de la vie du maître un récit vivant qui se dévore de bout en bout. de son style très graphique, acéré et énergique, Javier Olivares restitue l'atmosphère oppressante de la cour d'Espagne où Philippe IV avait imposé des tenues noires aux hommes et interdit les décolletés aux dames pour satisfaire aux exigence de l'Inquisition. Dans des compositions bichromes tout en contrastes, ses personnages aux visages anguleux très stylisés évoluent dans une ambiance où la tension est palpable. L'une des grandes trouvailles de cet ouvrage réside dans la multiplication des points de vue portés sur le chef-d'oeuvre du Siècle d'or espagnol. de réjouissants intermèdes en couleur donnent ainsi la parole à tous ceux qui, fascinés par Les Ménines, se sont risqués à les affronter. Picasso d'abord qui, après les avoir découvertes, enfant, au Prado, se lance à 76 ans dans une série de 58 variations autour du tableau.Puis Salvador Dali qui se met à peindre frénétiquement en s'exclamant : "Quelle force que celle de Velasquez... Trois cents ans plus tard, il apparaît comme l'unique grand peintre de l'histoire." Et Gala de lui rétorquer : "Oui mais tu l'as beaucoup aidé." Impossible, enfin, de ne pas mentionner les travaux du philosophe Michel Foucault et sa théorie du tableau dans le tableau avant de conclure en beauté. Savoureuse, l'une des dernières images donne à voir Vélasquez à son chevalet, en proie au doute et, derrière lui, tous ceux, artistes et intellectuels, qui lui emboîteront le pas dans sa quête absolue de vérité -jusqu'aux auteurs de la BD, eux-mêmes visibles au tout dernier plan ! Très en vogue dans le monde de la bande dessinée, l'exercice de la biographie d'artiste trouve ici l'une de ses expressions les plus réussies."
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beklf
  24 novembre 2016
Qu'avons-nous là de beau ? de l'art, des artistes et des quêtes.
Quête de l'inspiration ? Quête de modèles ? Quête de la technique parfaite ? Quête du secret de l'Art et de sa maîtrise ? A travers la vie du Velasquez, ce sont toutes ces questions à la fois qui sont abordées et magnifiquement mises en image. L'histoire est habilement menée, nous racontant la quête de Velasquez, cherchant d'abord du côté de Rubens ou des maîtres italiens, bref des références de son époque, les secrets de la peinture puis devenant peu à peu à son tour une référence. Le récit de sa vie mêle en fait à la fois une succession de témoignages de la part de ceux qui l'ont côtoyé et un récit plus classique. Les différentes étapes de sa vie sont entrecoupées de courtes scènes mettant en avant des artistes ou des intellectuels qui ont vécu durant les siècles suivants et qui ont été, à leur tour, influencés, inspirés, agacés ou obsédés par le génie de Velasquez et par son tableau les Menines. Car oui, c'est le titre de la BD et c'est son début et sa fin, présent d'un bout à l'autre de l'histoire, à la fois chef d'oeuvre vers lequel tend toute la vie de Velasquez et modèle indépassable pour les artistes qui suivront. Et si, enfin, on ajoute à tout cela la mise en scène du rapport entre artistes et hommes de pouvoir, y compris à travers une explication par Velasquez lui-même de la manière dont il a pensé les Ménines, et bien on a forcément entre les mains une très bonne BD.
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Vivrelivre
  17 février 2017
Cet épais roman graphique, pour nous raconter l'histoire de ce tableau emblématique, suit l'enquête menée en 1658 par un Chevalier du Saint Ordre de Saint-Jacques pour savoir si Diego Velázquez peut être anobli comme il le souhaite et comme le veut le Roi d'Espagne, Philippe IV (sur le trône de 1621 à 1665).
Lui, unique peintre de la Cour, portraitiste sans complaisance de Sa Majesté et de sa famille, à qui furent confiés tant de charges et de pouvoirs, n'est en réalité qu'un « simple domestique » de ce Roi féru d'art et de culture, mais si faible sur le plan politique.
On remonte donc la vie de Velázquez au gré de trois parties (La Clé ; le Miroir ; La Croix) et d'une chronologie chamboulée pour raconter la genèse de son chef-d'oeuvre peint en 1656, devenue icône et symbole culturels, à l'influence certaine et insaisissable (CF en fin d'article).
Le passé, le futur se mêlent au présent pour nous dévoiler le cheminement de cet artiste mystérieux, sa conception de l'Art, ses rencontres, ses pérégrinations, ses inspirations (Le Caravage, Rubens, le Titien, Tintoret…), ses contemporains et successeurs (Cano, Murillo, Juan de Paruja, Raphaël…) et jusqu'à son rayonnement actuel.
Artistes, écrivains, philosophes se disputent son héritage, dont beaucoup occupent une place dans cet album, directement nommés ou subtilement amenés : Foucault, Picasso, Baltasar Gracian, Dali, Antonio Buero Vallejo
Pour saisir les allées et venues temporelles, le dessin vif, cubiste et tout en angles au trait noir et épais se pare de quelques aplats monochromes : gris, gris/bleu ou kaki/ocre, ou bien de plusieurs couleurs.
Le style BD en case laisse aussi la place à des pages de journaux, des gros plans. J'aime beaucoup cette narration entrecoupée, qui donne rythme et vivacité au récit.
Seuls trois tableaux de Velázquez sont représentés (intégralement ou non) dans l'album, les autres sont seulement suggérés et je suis bien contente d'avoir vu l'exposition rétrospective que le Grand Palais (Paris) lui a consacré en 2015 et ainsi d'avoir pu les identifier.
Cette BD m'a littéralement happée et je ne peux que vous encourager à la découvrir!
Lien : http://vivrelivre19.over-blo..
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fbrenier
  27 octobre 2015
Passionnante biographie qui nous plonge dans l'art du grand Vélasquez
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
beklfbeklf   24 novembre 2016
- Tu es très bon. Assez du moins pour parler avec moi. Comment t'appelles-tu ?
- Diego Velasquez.
- Ah ! C'est toi. En mission pour le Roi ?
- Oui. Je suis venu acheter des tableaux et des sculptures pour décorer le palais de sa majesté à Madrid.
- Tu arrives d'où ?
- Je suis passé par Venise et Rome. Des villes terribles, remplies d'hommes d'armes, aux rues ruisselantes de sang.
- Oui c'est épouvantable. Tout cela est terrible. Heureusement qu'ici, à Naples, nous savons maintenir l'ordre. Et dis-moi, pourquoi es-tu venu en réalité ? Pour apprendre des vieux maîtres ? Je suis ici depuis quinze ans. Tu veux savoir la vérité sur les vieux maîtres ? (...). Ils sont vieux. Et nous, nous sommes jeunes Diego. Je suis bien meilleur que tous les vieux maîtres. Tu veux l'être, toi aussi ? Regarde-moi dans les yeux. Contemple leur feu. Qu'il t'embrase.
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MJuneMJune   31 mai 2017
J'ai tout peint. Tout ce qui peut se peindre.
Tout sauf mon chef-d'oeuvre.
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