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Line Amselem (Traducteur)
EAN : 9782844851123
133 pages
Éditeur : Allia (26/02/2003)

Note moyenne : 4.41/5 (sur 27 notes)
Résumé :

Devant la face du puits, se balançait la gitane. Verte est sa chair, cheveux verts, son regard de froid métal. Un bout de lune glacée la retient à la surface. La nuit prit un tour intime comme une petite place. Des gardes civils grisés viennent à la porte et frappent. Verte que je t'aime verte. Verte brise. Vert ramage. Le bateau est sur la mer. Le cheval dans la montagne.Ces Complaintes gitanes composées entre 1924 et 1... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
sebito
  08 mai 2020
De beaux poèmes, d'une très belle sonorité et avec un excellent rythme en espagnol. Malheureusement, les efforts de traduction française font perdre ce rythme et cette sonorité. Au niveau du sens, il y a un côté romantique et tragique, pas toujours très clair pour un Français car il y a de nombreuses références aux légendes et histoires espagnoles, et particulièrement andalouses (la lune, le métal, etc). A lire, par curiosité. Préférez une édition bilingue, même si vous ne comprenez pas l'espagnol, pour profiter de la sonorité et du rythme des poèmes.
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Henilougas
  30 août 2013
Très beau travail d'éditeur (comme toujours chez Allia). La traduction est moderne, fluide et colle parfaitement à l'âme du recueil. Si on découvre Garcia Lorca, autant investir dans ce livre directement.
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Acerola13
  16 février 2017
Cette poésie fait frissonner, fait rêver et pleurer.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PartempsPartemps   28 septembre 2020
Saint Gabriel

Un beau jeune homme de joncs

épaules larges, taille fine,

épaules larges, taille fine,

son teint est de nocturne pomme,

ses yeux grands et sa bouche triste,

il a le nerf d’argent brûlant

et il bat le pavé désert.

Et il bat le pavé désert

De ses souliers de cuir vernis,

il casse les dahlias de l’air,

avec les deux rythmes que chantent

des deuils rapides et célestes.

Saint Gabriel,

sur le rivage de la mer

il n’est de palmier qui l’égale,

aucun empereur couronné

ni aucune étoile fugace

Lorsque sa tête est inclinée

sur sa poitrine de jaspe

sur sa poitrine de jaspe

lorsque sa tête est inclinée

sur sa poitrine de jaspe

la nuit est en quête de plaines

car elle veut s’agenouiller.

Car elle veut s’agenouiller.

On entend des guitares seules,

pour l’archange saint Gabriel

qui est un ennemi des saules

et un dresseur de tourterelles

Saint Gabriel,

l’enfant pleure

dans le ventre de sa mère

Ne va pas oublier l’habit

car les gitans te l’ont offert.

Anunciación de los Reyes,

bien constellée et mal vêtue

bien constellée et mal vêtue

Et les étoiles de la nuit

se sont transformées en clochettes.

Saint Gabriel : me voici donc

avec trois épines de joie.

Ton éclat ouvre des jasmins

sur mon visage qui flamboie

ton éclat ouvre des jasmins.

Anunciación, je te salue,

glorieuse brune du prodige.

Saint Gabriel,

pour t’y asseoir je fais en rêve

de petits œillets un fauteuil.

Anunciación, je te salue,

bien constellée et mal vêtue

Ton fils aura sur la poitrine

un grain de beauté, trois blessures

Petit Gabriel de mon cœur !

Je sens au fond de mes deux seins

le lait tiède déjà naissant.

Anunciación, je te salue,

tu es mère de cent lignages.

Tu es mère de cent lignages.

L’enfant chante alors dans le sein

d’Anunciación toute surprise.

Trois projectiles vert amande

dans sa petite voix qui vibre.

Saint Gabriel,

haut dans les airs

grimpait déjà sur une échelle

et les étoiles de la nuit

sont devenues des immortelles.
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LiliGalipetteLiliGalipette   25 avril 2013
“Devant la face du puits,
se balançait la gitane.
Verte est sa chair, cheveux verts,
son regard de froid métal.
Un bout de lune glacée la retient à la surface.
La nuit prit un tour intime
comme une petite place.
Des gardes civils grisés
viennent à la porte et frappent.
Verte que je t’aime verte.
Verte brise. Vert ramage.
Le bateau est sur la mer.
Le cheval dans la montagne."
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PartempsPartemps   28 septembre 2020
Saint Michel

Sur la pente, pente, pente,

depuis les balcons on voit

des ânes et l’ombre d’ânes

qui sous les tournesols ploient.

Leurs yeux sont dans la pénombre

embués d’immense nuit.

Et dans les détours de l’air,

l’aurore saumâtre bruit.

Un ciel de mulets blancs clôt

ses paupières de mercure

donnant une fin de cœurs

au tranquille clair-obscur.

Pour ne pas être touchée,

l’eau se fait plus froide alors

sur la pente, pente, pente,

une eau découverte et folle.

Dans la chambre de sa tour,

saint Michel plein de dentelles

montre à tous ses belles cuisses

entourées par les lanternes.

Cet archange apprivoisé

quand il semble indiquer douze,

tous plumes et rossignols

feint une colère douce.

Le saint chante dans le verre

éphèbe aux trois mille nuits,

il sent bon l’eau de Cologne

et les fleurs sont loin de lui.

La mer danse sur la plage

un poème de balcons.

Sur les rives de la lune

plus de voix et moins de joncs.

Des trottins vont en mangeant

des graines de tournesol

comme des astres de cuivre,

leurs grands fessiers se dérobent.

Saint Michel était bien sage

dans la chambre de sa tour,

ses jupons sont parsemés

de paillettes et de jours.

Saint Michel, roi des ballons

et roi des chiffres impairs,

dans la merveille orientale

de cris et de belvédères.
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PartempsPartemps   28 septembre 2020
Rixe

Les canifs d’Albacete,

au milieu du précipice,

luisent comme les poissons

embellis de sang hostile.

Un dur éclat de poker

coupe dans le vert acide

des chevaux pris de fureur,

des cavaliers de profil

Aux branches d’un olivier

deux vieilles femmes gémissent.

Voilà que grimpe aux rideaux

le grand taureau de la rixe.

Les mouchoirs et l’eau glacée

des anges noirs te fournissent.

Des anges aux ailes comme

à Albacete les canifs.

Juan Antonio de Montilla

mort le long du ravin glisse,

une grenade à ses tempes

et le corps semé de lys.

La croix de feu qu’il chevauche

dès lors à la mort le hisse.

Par l’olivaie vient le juge

avec un garde civil.

Le sang qui s’est enfui pleure

un refrain muet de reptile.

Ça s’est fait comme toujours,

- Messieurs les gardes civils:

cinq Carthaginois sont morts

et quatre Romains périrent.

Le soir fou de ses figuiers

et de ses chaleurs qui bruissent,

défaille sur les blessures

des cavaliers à la cuisse.

Et des anges noirs volaient

dans l’air du jour qui décline.

Des anges aux longues tresses

et dont le cœur est fait d’huile.
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PartempsPartemps   28 septembre 2020
Mort d’amour

Que voit-on briller là-bas

sur les balcons haut-perchés

Ferme la porte, mon fils,

j’entends onze heures sonner.

Dans mes yeux, sans le vouloir,

quatre lanternes reluisent.

Ce sont ces gens-là sans doute

en train d’astiquer les cuivres.

Gousse d’ail, métal mourant,

la lune qui décroît pose

une jaune chevelure

sur des tours de couleur jaune.

Et l’odeur de vin et d’ambre

venue des balcons pénètre.

Des vents de roseaux mouillés

et des bruits de voix vieillies,

résonnaient ensemble sous

l’arc brisé de la minuit.

La nuit est carrée et blanche

aux façades des maisons.

Des séraphins, des gitans

jouaient de l’accordéon.

Mère, quand je serai mort,

fais-le dire à ces messieurs.

Préviens-les du Sud au Nord

par des télégrammes bleus.

Et le ciel claquait les portes

au bruit du bois bousculé

lorsque criaient les lueurs

sur les balcons haut-perchés
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Videos de Federico Garcia Lorca (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Federico Garcia Lorca
Federico García Lorca : La Maison de Bernarda Alba (La Comédie-Française / France Culture). Traduit de l’espagnol par Fabrice Melquiot. Mise en scène : Lilo Baur. Conseillère littéraire : Lucie Spindler. Réalisation : Michel Sidoroff. Enregistré en public les 23 et 25 juillet 2015 à la Comédie-Française. Diffusion sur France Culture le 8 novembre 2015. À la mort de son second mari, Bernarda Alba impose à sa famille un deuil de huit ans et l’isolement à ses filles, comme l’exige la tradition andalouse en ces années 1930. Soucieuse des apparences et du qu’en-dira-t-on, « ce que je veux, c’est que le front de ma maison soit lisse, et la paix dans ma famille », la maîtresse de maison définit pour ses cinq filles, âgées de 20 à 39 ans, les règles d’une nouvelle société où la femme est bafouée, coupée du monde et des hommes. « Naître femme est la pire des punitions », déclare Amelia, l’une des filles. Seule pourvue d’une importante dot, Angustias, fille aînée du premier mariage de Bernarda Alba, est fiancée à Pepe le Romano. Mais Adela, sa cadette, s’est rapprochée de lui depuis longtemps. Autour de ce jeune homme, obscur objet du désir, “La Maison de Bernarda Alba” donne à voir, sous la forme d’un huis clos, la violence d’une société verrouillée de l’intérieur que la passion fait voler en éclats. Avec les comédiennes et comédiens de la Comédie-Française : Claude Mathieu (la servante) Anne Kessler (Angustias) Cécile Brune (Bernarda) Sylvia Bergé (Prudencia) Florence Viala (Maria Josefa) Coraly Zahonero (Magdalena) Elsa Lepoivre (Poncia) Adeline d’Hermy (Adela) Jennifer Decker (Martirio) Elliot Jenicot (Pepe le Romano) Claire de La Rüe du Can (Amelia) Et les voix de : Claire Boust, Ewen Crovella, Charlotte Fermand, Thomas Guené, Solenne Louër et Valentin Rolland.
Musique originale et réalisation sonore : Mich Ochowiak. Prise de son, montage, mixage : Stéphane Desmons, Sébastien Royer. Assistant à la réalisation : Félix Levacher. Stagiaire : Manon Sabatier
Suivi de quelques poèmes de Federico García Lorca choisis par Michel Sidoroff, dits par Charles Gonzalès, Arnaud Bedouët et Sara-Jeanne Drillaud. Traductions : André Belamich et Claude Couffon. En 1931, Federico García Lorca fonde “La Barraca”, troupe universitaire qui joue le répertoire classique dans les villages d’Espagne. Il écrit “La Maison de Bernarda Alba” en 1936, deux mois avant son exécution par les franquistes. Il a alors 38 ans. Dernier volet de la trilogie rurale après “Noces de sang” (1933) puis “Yerma” (1935), ce drame en trois actes est joué pour la première fois en 1945 au Teatro Avenida de Buenos Aires. Si cette œuvre dramatique a été longtemps censurée par le pouvoir franquiste, c’est que García Lorca y dénonce le poids des traditions en même temps qu’il annonce le long repli de l’Espagne prisonnière de ses croyances et de ses superstitions. À travers trois générations de femmes emmurées, ce texte interroge l’essence même de la tyrannie, intime et politique. Source : France Culture
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