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Marcelle Auclair (Traducteur)Jean Prévost (Traducteur)
ISBN : 2070309932
Éditeur : Gallimard (17/05/2010)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Dans la campagne espagnole, une jeune fille, contrainte d'épouser un homme qu'elle n'aime pas, fuit avec son amant. Le marié se lance à la poursuite. Inspiré d'un fait divers de 1928.
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
06 juillet 2013
L'Espagne. Aride. Torride. Intrépide. L'Espagne du sud, l'Espagne fière. L'Espagne paysanne, reculée et profonde. L'Espagne où le poids de la tradition pèse des tonnes sur les épaules de chacun. L'Espagne de l'entre-deux-guerres, de l'entre deux dictatures, l'Espagne au bord de la guerre civile.
C'est dans cette Espagne-là que Federico García Lorca nous emmène et nous peint sa pièce, avec la poussière andalouse, au plus près du peuple, au plus près des gens et de leurs préoccupations terre-à-terre.
C'est donc une écriture remarquablement simple, qui brille par sa sobriété mais sans du tout être dénuée d'un certain lyrisme (surtout au troisième acte) ni de certaines images métaphoriques, symboliques ou paraboliques.
García Lorca nous parle des femmes, du mariage, et des terres agricoles en nous combinant l'ensemble pour nous faire ressortir tout ce qu'il peut y avoir de tragique dans la condition de la femme destinée à être mariée en grande partie en regard de la dot (quantité de surface agraire) qu'elle peut apporter à ce mariage.
L'auteur nous parle aussi des hommes, harassés par le travail mais aussi et surtout étouffés d'orgueil, qui dégainent le couteau pour un oui pour un non comme si leur vie se trouvait menacée quand l'honneur se trouve écorné.
Cependant, je trouve que la pièce passe parfois un petit peu à côté du propos qu'elle semble vouloir défendre. En effet, c'est en lisant un petit peu des documentations à côté que j'ai compris de quoi Federico García Lorca voulait effectivement nous parler au moyen de cette pièce. Il semble (d'après cette documentation car, je le répète, ce n'est pas flagrant à mes yeux en partant du simple recours au texte) que l'auteur souhaite promouvoir la liberté de choix dans le mariage pour les femmes, notamment, et pour les hommes pauvres, en second lieu. Il semble aussi qu'il dénonce le carcan de la tradition, lui le progressiste impliqué dans la politique républicaine naissante, désireux de faire évoluer les moeurs de son pays.
J'y ai pour ma part surtout vu une histoire d'amour tragique et un propos sur le prix donné à la vie, pas assez cher selon l'auteur, vu que le sang coule un peu trop facilement dans ces campagnes reculées d'Andalousie. (L'histoire ne le démentira pas car question sang qui coule, peu de temps après, c'était à torrents !)
Impression donc assez bonne mais mitigée, nonobstant, ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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Slava
13 avril 2017
Espagne, Andalousie, un village quelconque dans le début du XXeme siècle. Une noce se prépare : un jeune vigneron va épouser une belle fille à la dot assez conséquent et le mariage promet grandiose. Seule la mère du futur époux voit les festivités de mauvais oeil : endeuillée par des tragédies, elle s'inquiète sur la présence des couteaux... mais elle ne dit rien. Or, alors que la fête bat son plein, voilà qu'on apprends que la future mariée s'est enfuit avec son amant ! Furax, le marié part à leurs traces et ce sera le début de sa perte. Ce seront des noces de sang.
Cela faisait longtemps que je voulais lire cette célèbre pièce espagnole du grand Lorca et voilà cette occasion réalisée. le moins qu'on puisse dire est que c'est une pièce magnifique, d'une poésie ravissante mais tragique. Une pièce où prédomine le sang, comme le titre l'indique d'emblée, où la mort rôde sournoisement et attaque férocement, ne laissant que des pleurs et des vies brisés.
Le sang est le thème dominant en effet. le sang de la famille qui est capital et définit le clan ainsi que sa descendance éventuelle. le sang de la vigne, crucial dans le contexte agricole de la pièce. le sang d'une mariée qui sera dédié à un futur époux lors de ses noces, en vu de donner des enfants. Mais c'est surtout le sang de la mort qui est omniprésent, le sang qui coule des cadavres par le biais des couteaux. Les couteaux, vecteurs de trépas, jouent également un rôle funeste, symbole d'un deuil, symbole de la tragédie à venir avec son lot de superstition (ce qui n'est pas étonnant vu le milieu). Dès l'apparition du couteau, on pressent le drame qui va en découler.
Lorca montre aussi une vie rurale rythmé par les préoccupations agricoles où les femmes n'ont pas une condition enviable. En effet, Lorca dénonce le poids des traditions et du machisme sur la vie des femmes qui ne doivent connaître qu'un homme et ne le regarder que lui et sont forcées de vivre cloitrées dans leurs maisons jusqu'à la fin de leurs jours et cela pour enfanter, une assignation présente depuis la nuit des temps et qui hélas est toujours actuel dans nombre de pays. La mariée, qu'on pense soumise au départ, tente de se rebeller en partant avec son amant, un ami d'enfance qui n'a jamais pu l'épouser et à du se contenter d'épouser une autre, mais l'escapade aussi libératrice qu'elle soit se terminera bien mal. de même, la mère, la figure la plus tragique, représente la femme prisonnière de ce milieu et qui a fini par se résigner de son statue d'épouse et de mère mais qui aime sincèrement son fils et pleure ses morts. C'est un dame qui a beaucoup souffert et bien qu'elle nous parait une vieille aigrie, grincheuse et coincée, c'est une victime qui voit le pire arriver.
Si la pièce est très réaliste où les coutumes sont bien retranscrites, la dernière partie voit déployer le surréalisme cher à Lorca et qui était en vogue en son temps, mais d'une telle originalité et poésie : la lune est une entité masculine qui veut se rougir du sang des amants, et la mort est une mendiante dont l'apparition n'est jamais anodin.
Quant aux chansons qui rythment la pièce, elles sont très belles, imagées mais avec toujours une connotation macabre, signe que la mort hante toujours l'oeuvre.
Et évidemment, une fin... tragique. Pas de surprise, le sort est jeté et les noces finissent dans le sang, avec son lot de regret.
Une pièce incontournable de la culture espagnole, mais qui est aussi représentative de la fatalité du destin, de l'amour passionnel et du poids lourd des traditions sur les femmes qui brisent des rêves et des vies. Une pièce où on en ressort avec le sang justement.
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Bene31
14 octobre 2013
Federico Garcia Lorca se lance dans l'écriture de Noces de sang quelques années après avoir lu dans un journal l'histoire tragique d'un couple.
Dans un petit village andalou, un jeune homme s'apprête à se marier, et donc à quitter la maison familiale, laissant sa mère inconsolable, elle qui a déjà perdu son mari et son fils aîné morts assassinés. Une fois la cérémonie achevée, la fête bat son plein, mais la mariée demeure introuvable. On découvre que la jeune femme s'est enfuie avec son ex-fiancé, devenu par la suite le mari de sa cousine, mais aussi membre de la famille des assassins de la famille de son mari. Tout le village se lance à la poursuite des fuyards.
Dès les premières scènes, la violence est évoquée à travers les couteaux, qui servent à la fois à travailler la terre, la vigne, et à tuer. L'attachement à la terre qu'il faut fertiliser est primordial, empreint le premier acte d'une sagesse paysanne. Si le second acte est le récit de la noce, avec beaucoup de mouvement sur scène, de chants, de danses, le troisième acte prend une dimension fantastique avec l'entrée en scène de la Lune et de la Mort. le drame devient universel, le fait que les personnages ne soient pas nommés renforce cette impression. J'ai trouvé le texte bouleversant, poétique, même si parfois c'était un peu hermétique, ce que je redoutais. Je n'ai pas encore eu l'occasion de voir cette pièce, si cela se présente, je n'hésiterais pas une seconde !

Lien : http://bene31.canalblog.com/..
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Vermeer
23 mai 2017
Le titre est révélateur. L'Andalousie des années 1930 : une mère doit marier son fils. Elle craint ce mariage car elle va se retrouver seule : elle a déjà perdu son mari et un fils assassinés à coups de couteau par la famille des Felix. Elle le craint aussi car la fiancée de son fils a déjà été fiancée à Leonardo issu de cette même famille qu'elle estime maudite. L'avenir lui donne raison car le soir du mariage, après la célébration des noces, Leonardo marié et la nouvelle mariée s'enfuient poussés par la fatalité. Lorca mêle les registres tragiques, poétiques et fantastique (dans le dernier acte surtout avec le dialogue de la Lune et de la Mort). Cette pièce rappelle les pièces grecques par la fatalité mais elle est bien située en Espagne où l'allégresse, la mort et l'honneur s'entremêlent.
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Nelja
06 août 2014
Un jeune homme, dont le père et le frère ont été assassinés par des membres d'une autre famille plus pauvre, est fiancé à une jeune fille, qui fut autrefois fiancée à un homme de la famille en question. Tout ceci finira très mal.
Je n'aime pas vraiment les personnages (par rapport à d'autres pièces de Lorca comme Mariana Pineda), même s'il est difficile de ne pas sympathiser avec la douleur de la mère du fiancé. Mais ce qui est magnifique dans cette pièce, c'est l'écriture poétique. le premier arc est très tendu, lent, tout en tension et en non-dits. le second, sur les noces, est comme une immense chanson, mais avec des courants malsains que l'on devine. Dans le troisième, les vérités sont enfin dites pleinement, l'écriture devient plus riche encore, et des entités symboliques s'animent, comme la mort, ou la lune qui souhaite réchauffer ses rayons froids au sang des jeunes gens.
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B10 juillet 2013
LA MÈRE : Avec un couteau,
avec un tout petit couteau,
à jour nommé, entre deux et trois heures,
deux hommes amoureux se sont entre-tués.
Avec un couteau,
avec un tout petit couteau
tenant à peine dans la main,
mais s'immisçant finement
dans les chairs étonnées
et s'arrêtant à l'endroit, ici
où frémissent tout entortillées
les sombres racines du cri.
Voilà ce que devient un couteau,
un tout petit couteau
tenant à peine dans la main ;
poisson sans écailles ni ruisseau.

(Con un cuchillo,
con un cuchillito,
en un día señalado, entre las dos y las tres,
se mataron los dos hombres del amor.
Con un cuchillo,
con un cuchillito
que apenas cabe en la mano,
pero que penetra fino
por las carnes asombradas
y que se para en el sitio
donde tiembla enmarañada
la oscura raíz del grito.
Y esto es un cuchillo,
con un cuchillito
que apenas cabe en la mano ;
pez sin escamas ni río.)
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Nastasia-BNastasia-B07 juillet 2013
{spéciale 3000ème}
LEONARDO : J'ai tenté de t'oublier
et j'avais mis un mur de pierre
entre ta maison et la mienne.
C'est vrai. T'en souviens-tu ?
Et lorsque de loin je t'ai aperçue
je me suis jeté du sable dans les yeux.
Mais j'étais à cheval
et le cheval filait vers ta porte.
Parsemé d'épingles d'argent,
tout noir est devenu mon sang
et le sommeil a commencé à m'emplir
les chairs d'une fort mauvaise herbe.
Ce n'est pas ma faute,
c'est la faute de la terre,
et de ce parfum qu'exhalent
tes longues tresses et tes seins.

(Yo quise olvidar
y puse un muro de piedra
entre tu casa y la mía.
Es verdad. ¿ No lo recuerdas ?
Y cuando te vi de lejos
me eché en los ojos arena.
Pero montaba a caballo
y el caballo iba a tu puerta.
Con alfileres de plata
mi sangre se puso negra,
y el sueño me fue llenando
las carnes de mala hierba.
Que yo no tengo la culpa,
que la culpa es de la tierra
y de ese olor que te sale
de los pechos y las trenzas.)

Acte III, Premier tableau.
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Nastasia-BNastasia-B09 juillet 2013
LA JEUNE MARIÉE : J'étais une femme brûlée, pleine de plaies au-dedans comme au-dehors, et votre fils était un peu d'eau dont j'attendais des enfants, une terre, la santé ; mais l'autre était un ruisseau sombre, plein de branches, qui entre ses dents me tenait de son chant et de la rumeur de ses joncs. [...] Moi, je ne voulais pas, entendez bien ça ! Moi, je ne voulais pas. Votre fils était mon dessein, et je ne l'ai pas trompé, mais le bras de l'autre m'a entraînée comme la tempête, comme la tête d'un mulet, et il m'aurait entraînée, toujours, toujours, même si j'avais été une vieille femme et si tous les fils de votre fils s'étaient accrochés à mes cheveux !
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Nastasia-BNastasia-B28 juin 2013
LA MÈRE : On m'avait dit que la jeune fille a déjà été fiancée il y a longtemps.
LA VOISINE : Elle devait avoir quinze ans. Le garçon s'est marié il y a déjà deux ans, justement avec une cousine à elle. Personne ne se souvient de ces fiançailles-là.
LA MÈRE : Et comment fais-tu pour t'en souvenir toi ?

(MADRE : A mí me habían dicho que la muchacha tuvo novio hace tiempo.
VECINA : Tendría ella quince años. El se casó ya hace dos años con una prima de ella, por cierto. Nadie se acuerda del noviazgo.
MADRE : ¿ Cómo te acuerdas tú ?)
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Nastasia-BNastasia-B06 juillet 2013
LA MÈRE : Ça ne se passe pas comme ça. Ça prend longtemps. Voilà pourquoi c'est si terrible de voir notre sang répandu par terre. Une fontaine qui coule juste une minute et qui, à nous, nous a coûté des années. Quand je suis arrivée auprès de mon fils, il était allongé en plein milieu de la rue. J'ai trempé mes mains dans son sang et je me les suis léchées avec la langue ! Parce que c'était mon sang. Tu ne peux pas savoir ce que c'est. Je voudrais mettre dans un ostensoir de topazes et de cristal cette terre imbibée de son sang.

(MADRE : No es así. Se tarda mucho. Por eso es tan terrible ver la sangre de una derramada por el suelo. Una fuente que corre un minuto y a nosotros nos ha costado años. Cuanto yo llegué a ver a mi hijo, estaba tumbado en mitad de la calle. Me mojé las manos de sangre y me las lamí con la lengua. Porque era mía. Tú no sabes lo que es eso. En una custodia de cristal y topacios pondría yo la tierra empapada por ella.)
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Vidéo de Federico Garcia Lorca
Sonnet de la douce plainte, Federico Garcia Lorca dit par Maria Casarès
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