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Alice Becker-Ho (Traducteur)
EAN : 9782757807064
128 pages
Points (30/11/-1)
4.37/5   67 notes
Résumé :
El “Romancero gitano” (1928) es, con justicia, uno de los libros más célebres de la poesía en lengua española. Esta edición se enriquece, además, con los «Romances del teatro» de Federico García Lorca (1898-1936) y con el valioso complemento de todos los escritos del poeta –cartas, declaraciones, conferencias– en torno a esta obra. La cronología razonada que incluye puede seguirse como un diario de la creación del libro, que añade circunstancias de su edición y de s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  27 janvier 2016
Romancero Gitan, c'est un regroupement de 18 poèmes. Ceux-ci sont beaucoup plus longs et ont une forme rimée et cadencée beaucoup plus classique que ceux auxquels le poète nous a parfois habitués. C'est bien moins expérimental quant à la forme.
Quant au fond, par contre, aïe, aïe, aïe, on est exactement dans le même registre qu'avec les Poèmes du Cante Jondo et c'est insupportable, très pénible à lire en ce qui me concerne. Heureusement que cette édition propose les poèmes en version originale, mais quand même…
Selon moi, il n'est pas question de lyrisme : Federico Garcia Lorca nous jette en pleine face l'âpre vie des gens, la noirceur crépusculaire, une célébration triste de l'Andalousie, de ses meurtres incessants et sans nombre. À longueur de poèmes, il n'est question que d'assassinats, que de coups de couteau, que de massacres ou de viols, que de sang, que de règlements de comptes, que de gens bafoués, que de morts injustes et inutiles. C'est déprimant au possible et ça s'accorde si mal avec ma conception de la poésie et du lyrisme !
Désolée, Señor Gacía Lorca, mais je n'ai pas du tout envie de lire des trucs comme ça, ni cette Andalousie-là. Cette poésie ne me fait pas du tout, mais alors pas du tout rêver ; elle ne m'enchante pas ; elle me dégoute et me désespère. Ce n'est jamais la fine dorure que j'attends, la belle broderie de mots, l'invitation à la rêverie, à l'enivrement et à l'extase qu'elle est censée être.
Les coquelicots qui fleurissent sur les chemises blanches, ça va cinq minutes, mais à longueur de poèmes, ça finit par faire beaucoup de boudin et la charcuterie, c'est pas trop mon truc !... Bref, ce Romancero Gitan n'est pas du tout pour moi mais souvenez-vous que ce que j'exprime ici n'est que mon avis, un tout petit gitan d'avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Pirouette0001
  08 février 2015
Quel plaisir sans cesse renouvelé de pouvoir lire de la poésie en version bilingue !
Ces poèmes gitans vous dépaysent et vous emmènent loin du quotidien.
Je ne suis pas très originale : mon préféré est La romance somnambule.
"Verde que te quiero verde. Verde viento. Verdes ramas"
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Palindrome1881
  05 mai 2021
Énième lecture de ce livre composé de dix huit poèmes, parfois écrits- comme l'indique son nom "romancero"- en octosyllabes.
L'édition bilingue aide le lecteur, il est parfois plus facile de comprendre l'esprit du Poète en lisant l' oeuvre dans la langue originale mais parfois aussi plus aisé en lisant la traduction française. Circuler entre les deux idiomes est très intéressant.
De prime abord nous pourrions voir un tout composé d'éléments disparates mais c'est bien l'harmonie que cherche Lorca. Sans concession. L'âme de l'Espagne andalouse nous est offerte sans filtres mais enrobée dans un fort symbolisme ésotérique. Lorca devient une sorte de Gaudí de la poésie.
Qu'est-ce donc que cette Andalousie chérie et honnie...? Celle des croyances mystiques mêlées au christianisme catholique, ses saints, ses martyrs, son flamenco, sa fête, ses gitans, mais aussi son conservatisme/traditionnalisme politique et religieux. Ce dernier exige que le "gitan" reste à sa place.
Mais Lorca revendique son droit à la parole, engagée et poétique, lyrique même. Il est Libre et Lumière, Amour et Jeu. Il joue avec le feu, et aime le faire, c'est là tout son talent. Impertinent et brillant. Lorca voit, transcrit, transporte. Il distille ses connaissances en de puissants poèmes. Il a tout juste trente ans à la publication de ce Romancero gitan.
Grenade, Cordoue, Séville, pour ne citer que ces trois andalouses, ne seraient pas ce qu'elles sont sans avoir vu Lorca passer dans leurs ruelles, écrire sur leur dos pour les sublimer.
Magistral. Magique, tout autant.
Recueil relu avant d'ouvrir le roman de S. Mestre, Ainadamar, la fontaine aux larmes, qui relate des moments importants de la vie du poète et sa fin tragique.
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tantquelesgenslisent
  15 septembre 2019
Romancero gitano fut un fidèle compagnon de route et un guide spirituel permettant de pénétrer le glorieux héritage andalous. Violence, drame et masculinité triomphent ici. le sang coule, la chaleur mouille les fronts tannés, et les âmes douloureuses pleurent toutes leurs souffrances. Par un style symbolique et métaphorique empreint de sensualité, Lorca donne vie aux images oniriques de notre inconscient collectif. Lyrisme et musicalité nous envoutent.
Considérée comme une production littéraire majeure, ce recueil d'inspiration judéo-gitane est une illustration de l'esthétique de la génération de 27 composée d'auteurs espagnols souhaitant partager leurs idées novatrices. Romancera gitano n'est pas un pastiche des coplas espagnoles (chants similaires à nos chansons de geste) mais bien plutôt une sorte de greffe entre cette tradition populaire et l'esthétique avant-gardiste européenne du surréalisme qui marquera ensuite un tournant dans l'oeuvre du poète.
Les thèmes des romances espagnoles sont revisités : le monde gitan, l'Histoire d'Espagne, des références bibliques et la personnification d'éléments naturels. La lune symbole de mort côtoie les Tziganes, Amnón et Thamar (personnages bibliques), ou encore St Joseph. Une autre caractéristique de la romance est sa métrique poétique avec des vers en octosyllabes assonancés au vers pair. Cela donne une poésie narrative, délicate invitation au chant. Si l'auteur ne l'évoque pas directement, le texte m'a rappelé le tragique Flamenco sévillan aperçu au détour d'une Peña lorsque la nuit bat son plein et que les touristes éreintés regagnent leurs hôtels. La musique, les visages et le mouvement des corps sont une incarnation du drame au même titre le romancero gitano.
Lorca explore l'âme gitane et la délicate infusion de son héritage culturel dans l'Espagne méridionale. Mais notons que la symbolique du gitan est ici bien plus vaste que l'ethnie à laquelle le mot réfère. le gitan de Lorca est un être massacré, opprimé et privé de liberté. Au-delà du folklore, ce mot revêt une noblesse d'âme universelle renfermant toutes les souffrances de la condition humaine et l'élevant au rang de mythe.
Subtile complainte pour l'Espagne de Lorca, elle-même sous le joug d'un régime dictatorial qui condamnera le poète à mort quelques années plus tard.

En parallèle de cette réalité tragique, l'Andalousie c'est aussi des rires, des couleurs, des voix qui portent, du partage... La vie dans ce qu'elle a de plus joyeux. Les bars des quartiers sévillans de Triana ou de Santa-Cruz sont de véritables lieux de vie d'où se dégage une rumeur incessante et gaie. Je garderai en mémoire une explosion de couleurs dans le ciel, sur les murs, les étales, et les robes.
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polarjazz
  03 mars 2018
C'est une poésie lyrique très belle. J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les poètes qui parviennent en quelques mots à créer une atmosphère chaleureuse, même si souvent la tristesse exsude de ces textes. La poésie a une palette de couleurs qui permet toutes les audaces, en vers, en prose. C'est le premier recueil que je lis de cet auteur. Je découvre donc la littérature espagnole d'une magnifique manière. La sensualité hispanique est-elle un fantasme ?
Je vous laisse le découvrir grâce à Federico Garcia Lorca.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   17 juillet 2014
La lune qui tourne au ciel
luit sur les terres de soif,
cependant que l'été sème
rumeurs de tigres et flammes.
Vibrant au-dessus des toits,
des nerfs de métal résonnent.
La brise ondulée apporte
les bêlements de la laine.
La terre s'étend couverte
d'entailles cicatrisées
et frémit sous le cautère
aigu des blanches lumières.
[...]
Thamar s'attarde à chanter
toute nue sur la terrasse.
Autour de ses pieds volettent
cinq tourterelles de glace.
Amnon, vigoureux et mince,
depuis sa tour la regarde.
[...]
Et comme Amnon regardait
le rond de la lune basse,
dans la lune il vit les seins
fermes de sa sœur Thamar.
[...]
Thamar, efface mes yeux
sous ton aube qui me hante.
Je vois mon sang qui dessine
sur ta jupe des volants.
Frère, laisse-moi tranquille.
Je sens courir sur ma nuque
tes baisers, guêpes et brises,
en double essaim de flûtes.
Thamar, il y a dans tes seins
deux poissons qui m'ensorcellent.
Au bout de tes doigts j'entends
bruire une rose secrète.

Les cent cavales du roi
rangées dans la cour hennissent.
Sous la maigre treille flambe
le soleil dans les bassines.
Il la prend par les cheveux,
lui déchire la chemise.
De tièdes coraux dessinent
les ruisseaux d'un blond pays.

Oh, quels cris ont retenti
au-dessus des cheminées !
Quelle épaisseur de poignards,
de tuniques lacérées !
Des esclaves vont et viennent,
tristes dans les escaliers.
Des cuisses et des pistons
jouent sous les nuées arrêtées.
En cercle autour de Thamar
crient des vierges bohémiennes.
D'autres recueillent les gouttes
de sa fleur martyrisée.
Dans les alcôves fermées
s'empourprent les tissus blancs.
[...]
Violateur exaspéré,
Amnon s'enfuit à cheval.
Des noirs lui lancent des flèches
depuis les tours des murailles.
Et quand les quatre sabots
s'effacent dans l'espace,
David avec des ciseaux
trancha les fils de sa harpe.

THAMAR ET AMNON.

(La luna gira en el cielo
sobre las sierras sin agua
mientras el verano siembra
rumores de tigre y llama.
Por encima de los techos
nervios de metal sonaban.
Aire rizado venía
con los balidos de lana.
La sierra se ofrece llena
de heridas cicatrizadas,
o estremecida de agudos
cauterios de luces blancas.
[...]
Thamar estaba cantando
desnuda por la terraza.
Alrededor de sus pies,
cinco palomas heladas.
Amnón, delgado y concreto,
en la torre la miraba,
[...]
Amnón estaba mirando
la luna redonda y baja,
y vio en la luna los pechos
durísimos de su hermana.
[...]
Thamar, bórrame los ojos
con tu fija madrugada.
Mis hilos de sangre tejen
volantes sobre tu falda.
Déjame tranquila, hermano.
Son tus besos en mi espalda
avispas y vientecillos
en doble enjambre de flautas.
Thamar, en tus pechos altos
hay dos peces que me llaman,
y en las yemas de tus dedos
rumor de rosa encerrada.

Los cien caballos del rey
en el patio relinchaban.
Sol en cubos resistía
la delgadez de la parra.
Ya la coge del cabello,
ya la camisa le rasga.
Corales tibios dibujan
arroyos en rubio mapa.

Oh !, qué gritos se sentían
por encima de las casas !
Qué espesura de puñales
y túnicas desgarradas.
Por las escaleras tristes
esclavos suben y bajan.
Émbolos y muslos juegan
bajo las nubes paradas.
Alrededor de Thamar
gritan vírgenes gitanas
y otras recogen las gotas
de su flor martirizada.
Paños blancos enrojecen
en las alcobas cerradas.
[...]
Violador enfurecido,
Amnón huye con su jaca.
Negros le dirigen flechas
en los muros y atalayas.
Y cuando los cuatro cascos
eran cuatro resonancias,
David con unas tijeras cortó
las cuerdas del arpa.

THAMAR Y AMNÓN).
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NadiamilanNadiamilan   19 juillet 2013
La lune vint à la forge
avec son jupon de nards.
L’enfant, la regarde la regarde
L'enfant ne cesse de la regarder.

Dans la brise qui s’émeut
la lune bouge les bras,
dévoilant, lascive et pure,
ses seins blancs de dur métal.

Va-t-en lune, lune, lune.
Si les gitans arrivaient,
ils feraient avec ton cœur
bagues blanches et colliers.

Enfant, laisse-moi danser.
Quand viendront les cavaliers,
ils te verront sur l’enclume
étendu, les yeux fermés.

Va-t-en lune, lune, lune,
Je les entends chevaucher.
Enfant, laisse-moi, tu froisses
ma blancheur amidonnée.

Battant le tambour des plaines
approchait le cavalier.
Dans la forge silencieuse
gît l’enfant, les yeux fermés.

Par l’olivette venaient,
bronze et rêve, les gitans,
chevauchant la tête haute
et le regard somnolent.

Comme chante sur son arbre,
comme chante la chouette !
Dans le ciel marche la lune
tenant l’enfant par la main.

Autour de l’enclume pleurent
les gitans désespérés.
La brise qui veille, veille,
la brise fait la veillée.

(Romance de la lune lune)
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HardivillerHardiviller   28 janvier 2018

********** BALLADE DES TROIS RIVIÈRES ***********

Entre l'olive et l'orange
passe le Guadalquivir .
Les deux rivières de Grenade
vont de la neige au blé .

Oh , l'amour
qui s'en est allé sans retour!

Le fleuve Guadalquivir
a du grenat dans la barbe .
Les deux rivières de Grenade,
l'une en larme , l'autre en sang .

Oh , l'amour
qui s'en est allé par le jour !

A chaque bateau à voile
Séville donne un chemin .
Parmi les eaux de Grenade
ne rament que les soupirs ..........
+ Lire la suite
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HardivillerHardiviller   24 janvier 2018

****************** MEMENTO *********************

Quand je mourrai ,
enterrez-moi avec ma guitare
sous le sable .

Quand je mourrai ,
entre les orangers
et la menthe .

Quand je mourrai ,
enterrez-moi , je vous prie ,
dans une girouette .

Quand je mourrai !
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Clak66Clak66   08 juillet 2021
ROMANCE DE LA LUNE, LUNE

La lune vint à la forge
Avec sa jupe de lavande.
L’enfant la regarde, la regarde.
L’enfant reste à la regarder.
Dans le vent attendri
La lune agite ses bras
Et montre, lubrique et pure,
Ses seins de dur étain.
Enfuis-toi, lune, lune, lune.
Si venaient les gitans,
Ils feraient avec ton cœur
Des colliers et des anneaux blancs.
Petit, laisse-moi danser.
Quand viendront les gitans,
Ils te trouveront sur l’enclume,
Tes petits yeux fermés.
Enfuis-toi, lune, lune, lune,
J’entends déjà leurs chevaux.
Petit, laisse-moi, ne foule pas
Ma blancheur amidonnée.

Le cavalier s’approchait
En battant le tambour de la plaine.
À l’intérieur de la forge, l’enfant
A les yeux fermés.
Parmi les oliviers venaient,
Bronze et rêve, les gitans.
Leurs têtes redressées
Et les yeux entrouverts.

Comme elle chante la chouette,
Ay, comme elle chante sur l’arbre !
Dans le ciel passe la lune
Tenant un enfant par la main.

À l’intérieur de la forge pleurent,
À grands cris, les gitans,
Le vent la veille, la veille.
Le vent reste à la veiller.
+ Lire la suite
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Videos de Federico Garcia Lorca (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Federico Garcia Lorca
Avec « Les Sacrifiés », Sylvie le Bihan nous embarque dans l'Espagne des années trente. Juan, apprenti cuisinier andalou, se confronte aux tourments de l'amour et de la guerre, dans le sillage de Federico García Lorca et de la Génération de 27.
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