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Annie Morvan (Traducteur)
EAN : 9782246688419
128 pages
Éditeur : Grasset (04/05/2005)
3.59/5   361 notes
Résumé :
"L'année de mes quatre-vingt-dix ans, j'ai voulu m'offrir une folle nuit d'amour avec une adolescente vierge. Je me suis souvenu de Rosa Cabarcas, la patronne d'une maison close qui avait l'habitude de prévenir ses bons clients lorsqu'elle avait une nouveauté disponible.
Je n'avais jamais succombé à une telle invitation ni à aucune de ses nombreuses tentations obscènes, mais elle ne croyait pas à la pureté de mes principes. La morale aussi est une affaire de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
3,59

sur 361 notes

le_Bison
  09 mars 2015
Je suis un vieillard d'à peine quatre-vingt-dix ans, écris quelques chroniques qui se veulent littéraires depuis des lustres même si elles ne passionnent guère de monde. Pour célébrer mon anniversaire, j'ai eu envie de me faire un doux plaisir. Une chose inhabituelle par les temps qui courent : une adolescente vierge. Difficile à trouver, même pour la maquerelle expérimentée qui me racole depuis des années. Mais la perle rare ne se négocie pas et elle finit par me trouver une jeune fille de quatorze printemps ; toute frêle, toute fraîche, travaillant dans un atelier de couture. C'est ma veine ! Faite que mon coeur ne lâche pas, le médecin dit que tant qu'il bat c'est que je ne suis pas encore mort ! Tant qu'il bat c'est que de l'amour vit encore en moi…
La belle vie, merde ! A cet âge-là, être encore capable de tirer son coup. Mieux, se voir proposer une jeune fille encore pure. Il fallait oser. Gabriel García Márquez l'a fait. Mais là où tu pourrais t'attendre à du glauque et de la perversion, sa plume possède cette aura qui transforme cet acte à la limite des moeurs de bonne conduite en moment de grâce dans la vie du vieux. Il ne fait pas l'éloge de la prostitution mais une ode à la vie, à l'amour. Parvenir à trouver le grand Amour sans sexe. Non pas qu'à cet-âge-là on ne peut plus (et je suis là pour le confirmer !) mais cette jeune fille, droguée au somnifère, est si belle et si pure endormie et nue sur le lit qu'elle ne mérite pas de se voir réveillée par la vieille chose que je vois dans le miroir. Ah, l'amour, à tout âge…
« Mémoire de mes Putains Tristes », un petit roman digne d'un prix Nobel qui d'une plume emplie de sensualité et de poésie donne une vision si belle du proxénétisme, de la prostitution et de la pédophilie. Il faut oser, oser baiser à tout âge, oser rêver à tout âge, et surtout oser aimer à tout âge. La vie n'est qu'amour aux temps du choléra ou d'autres maladies vénériennes. Surtout lorsque le sarcasme de la vie se mêle à la pudeur de l'amour. La vie d'un vieillard n'est pas cent ans de solitude et si la mort est annoncée, rien ne vaut les derniers instants de désir et de plaisir.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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FredMartineau
  03 juillet 2019
Une douceur acidulée qui parait politiquement incorrecte voire sulfureuse, de prime abord, que ce roman de Gabriel Garcia Marquez, un auteur que j'apprécie particulièrement. En effet, Mémoire de mes putains tristes déroule l'histoire d'un journaleux grand amateur de prostitués qui veut à 90 ans, s'offrir une dernière nuit d'amour auprès d'une adolescente vierge qu'il a commandé à sa mère maquerelle de prédilection...
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Aline1102
  27 mars 2014
Un narrateur dont on ne connaît pas le nom (décidemment, c'est une manie dansles romans pour ce Challenge 15 Nobel) se réveille la veille de ses 90 ans. Dans sa jeunesse, cet homme a assidûment fréquenté les maisons closes de sa ville - au point d'être plusieurs fois couronné "client de l'année" par plusieurs d'entre elles - mais, à la veille de son anniversaire, il se rend compte que cela fait près de vingt ans qu'il a cessé cette pratique. Pourtant, Rosa Cabarcas, une tenancière de maison close qu'il a bien connue, l'a souvent relancé...
Aujourd'hui, notre homme se sent près à retrouver les chambres de Rosa. Mais il impose à Rosa une condition : la fille qu'elle lui fournira doit être vierge.
Gabriel Garcia Marquez est l'un de mes auteurs préférés. Sa plume magnifique lui permet de transformer les sujets les plus scabreux en véritable poésie ; ainsi, dans ce Mémoire de mes putains tristes, la simple description d'une maison close délabrée devient un vrai poème, car l'auteur a la bonne idée de nous parler de l'environnement qui l'entoure : la forêt toute proche, le vent qui souffle doucement dans le peu de cheveux que son héros conserve sur son crâne, la chaleur moite de cette ville sud-américaine que le narrateur connaît si bien,...
Les principaux thèmes traités par Garcia Marquez dans ce court roman sont la vieillesse et - aussi étrange que cela puisse paraître étant donné le titre - l'amour. le narrateur se réveille un beau matin à l'aube de son 90e anniversaire et ne sait toujours pas comment il a atteint ce jour. Lui se sent encore jeune ; ce sont les autres et certains objets (notamment les miroirs) qui lui renvoient l'image d'un homme âgé. D'après lui, les changements physiques que l'on remarque chez soi-même sont tellement infimes que la vieillesse nous tombe dessus sans crier gare. Et, alors que mentalement, on a toujours 20 ans, physiquement, on a l'air centenaire.
Ce genre de réflexion nous accompagne tout le long du récit, car notre narrateur écrit des chroniques pour un journal local et décide justement, dans les premières pages du récit, que sa chronique hebdomadaire sera consacrée à son anniversaire.
Le second thème récurrent est, comme je l'ai signalé plus haut, l'amour. Car contre toute attente, notre héros tombe amoureux de la jeune fille que Rosa Cabarcas a déniché pour lui. Il ne connaît même pas le nom de cette fillette (car elle n'a que 14 ans) pauvre, mais décide de l'appeler Delgadina.
Peu à peu, sa passion pour Delgadina commence à l'envahir tout entier : il ne pense plus qu'à elle et s'imagine même la voir près de lui dans sa maison, quand il travaille ou quand il lit. Notre héros rajeunit de vingt ou trente ans, allant jusqu'à faire de la bicyclette dans les rues de sa ville sous les yeux ébahis des passants (la bicyclette est en réalité destinée à Delgadina, mais notre homme ne résiste pas à l'envie de la tester). Ses chroniques dominicales pour le journal deviennent de véritables lettres d'amour à la jeune fille et commencent à inspirer de nombreux lecteurs, qui n'hésitent pas à se manifester à la rédaction du journal.
Le plus étrange dans l'histoire, c'est que malgré - ou peut-être à cause de - cette passion dévorante, la relation entre Delgadina et notre narrateur reste presque totalement platonique : quelques caresses et quelques baisers de sa part sont les seuls contacts physiques échangés entre ce couple pas comme les autres.
Il est donc étrange de lire un tel récit, mêlant les vies d'un vieux bonhomme de 90 ans et d'une jeune vierge qui pourrait être son arrière-petite-fille. Mais Gabriel Garcia Marquez est le spécialiste des récits étranges, à la limite du merveilleux et, une fois encore, son talent de conteur est parvenu à me passionner pour ce récit atypique, que j'ai lu en quelques heures à peine. Mêlant avec beaucoup de talent l'humour et la mélancolie, Mémoire de mes putains tristes aborde des thèmes universels (même si sa manière de les aborder diffère des récits habituels à ce sujet). Vieillir et aimer n'est-ce pas le sort de chacun d'entre nous ?
Challenge 15 Nobel : 11/15
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Dora10
  25 août 2019
Le roman de Marquez représente un hymne dédié à l'amour - un sentiment complexe qui peut se manifester à tout moment ("Je n'ai jamais pensé à l'âge comme une fente dans le plafond à travers lequel il pleut et vous montre combien de temps il vous reste à vivre." ) dans une vie humaine.Le personnage principal, un journaliste "vilain, timide et anachronique", qui "En 1990, je voulais me donner une folle nuit d'amour avec une adolescente vierge", saura pour la première fois l'amour. Même si son intention était immorale ("Et la moralité est une question de temps, dit-il, avec un sourire malicieux, vous verrez.") et presque fantastique, l'évolution dramatique de la rencontre entre les deux sera loin de toute trace du banal que le protagoniste il en avait fait l'expérience pendant des décennies ("Je n'ai jamais couché avec une femme sans la payer.").
La vie, le hasard, le destin ou une autre force mystérieuse joue un rôle terrible. Il tombera amoureux ("C'était le début d'une nouvelle vie, à un âge où la plupart des geans sont morts.") de cette fille qui avait "une veine, seulement s'il continue pendant quatorze ans", arrivant ainsi d'une manière alambiquée. , goûter à la coupe imparable de l'amour («J'ai pris conscience que la force invisible qui faisait avancer le monde n'était pas un amour heureux, mais un amour insatisfait.»), traversant toutes ses phases confortables et moins confortables d un amour.
Ainsi, l'ancien journaliste se redécouvert («c'est grâce à elle que j'ai pour la première fois retrouvé ma façon naturelle d'être, alors que mes années quatre-vingt-dix s'épuisaient. Je découvris que mon obsession de tout devait être à sa place chaque travail à son époque, chaque mot pour avoir le ton juste n'était pas la récompense appropriée d'un esprit ordonné, mais au contraire, tout un système de simulation inventé par moi pour cacher le mépris de ma nature.J'ai découvert que je ne suis pas discipliné par la vertu, mais une réaction contre ma négligence, que je parais généreuse pour masquer ma petitesse d'âme, que j'exagère avec prudence de méfiance, que je suis tolérante pour ne pas me livrer à des accès de colère que je n'ai que maîtrisé, que je ne suis que ponctuel on ne sait pas à quel point le temps des autres m'intéresse peu. ") et, sous la force irrésistible de l'amour, remodèle sa personnalité, concluant qu'elle est" folle d'amour "et que "Age ce n'est pas celui que vous avez, mais celui que vous ressentez."
L'amour le rend exubérant et lui donne de l'énergie ("Cette semaine-là, en hommage à décembre, j'ai écrit un autre article audacieux - Comment être heureux en bicyclette à quatre-vingt-dix ans."), le bonheur l'enveloppa ("J'étais si heureux que nous ayons embrassé ses paupières "), fascinant la perspective de la vie du couple.
Malheureusement, un événement étranger des deux joue un rôle majeur dans le développement de l'idylle, le séparant de Delgadina et l'amenant à le rechercher "comme une foule et parfois comme un drole" et pensant que "je ne l'aurais jamais imaginé comme une petite fille endormi pourrait causer de tels ravages dans la vie d'un homme ".
Mais pour compléter le tableau de l'amour, l'auteur ouvre le protagoniste et la porte chimérique de la jalousie, paraissant "torturés par le feu vivant qui me brûlait les tripes", suivi de la douceur de la réconciliation ("Le pauvre enfant vous aime comme un fou. Rayonnante et pour la première fois, je me suis reconnue dans l'aube lointaine de mon premier siècle. " Ce roman est un livre troublant, un plaidoyer pour l'amour, et le style indéniable et charmant de Marquez se cache comme si, à chaque page, l'exhortation tendre, parfois déchirante: Aimez-vous!
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Unhomosapiens
  05 décembre 2020
Bon, on peut avoir quatre vingt dix ans et ne pas être encore complètement ratatiné. Et avoir envie d'une très jeune fille vierge. Mais attention, l'amour est encore à l'affût. C'est le thème de ce court roman. Ce n'est pas nouveau. On pense à Svevo ou Kawabata. Garcia Marquez échappe au sordide et au trivial pour nous offrir au contraire une sorte de conte amoureux ayant pour cadre les bordels, la salle de rédaction d'un journal et les rues animées d'une petite ville de Colombie. A découvrir.
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   12 février 2015
Pourquoi vous ai-je connu aussi vieux ? Je lui répondais la vérité : On n’a pas l’âge que l’on paraît mais celui que l’on sent.
Depuis lors, elle a été présente dans mon esprit avec une telle netteté que je faisais d’elle ce que je voulais. Je changeais la couleur de ses yeux selon mes états d’âme : couleur d’eau au réveil, couleur d’ambre quand elle riait, couleur de feu quand je la contrariais. Je l’habillais selon l’âge et la condition qui convenaient à mes changements d’humeur : novice énamourée à vingt ans, pute de luxe à quarante, reine de Babylone à soixante, sainte à cent ans.
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SpilettSpilett   16 décembre 2009
Dès lors, je n'ai plus compté en années mais en décennies. Celle de la cinquantaine a été décisive, parce que j'avais pris conscience que presque tout le monde était plus jeune que moi. Celle de la soixantaine la plus intense, car j'avais cru ne plus pouvoir me permettre de faire des erreurs. Celle de soixante-dix à quatre-vingts a été terrible, car elle aurait pu être la dernière. Cependant, quand je me suis réveillé en vie le matin de mes quatre-vingt-dix ans dans le lit heureux de Delgadina, il m'est apparu que la vie ne s'écoulait pas comme le fleuve tumultueux d'Héraclite mais qu'elle m'offrait l'occasion unique de me retourner sur le gril et de continuer à rôtir de l'autre côté pendant encore quatre-vingt-dix années.
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moklosmoklos   31 octobre 2007
Nous sommes vieux, a-t-elle soupiré. L’ennui c’est qu’au-dedans on ne le sent pas, mais qu’au dehors tout le monde le voit.
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le_Bisonle_Bison   29 mars 2015
j’ai couvert son corps de baiser jusqu’à ne plus avoir de souffle : chaque vertèbre, une à une, jusqu’aux fesses langoureuses, la hanche avec le grain de beauté, le côté de son cœur inépuisable. Plus je l’embrassais plus son corps devenait chaud et exhalait une fragrance sauvage. Chaque millimètre de sa peau me répondait par de nouvelles vibrations et m’offrait une chaleur singulière, une saveur distincte, un soupir inconnu, tandis que de tout son être montait un arpège et que ses tétons s’ouvraient comme des fleurs sans même que je les touche.
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le_Bisonle_Bison   21 janvier 2015
Je me souviens que je lisais La Belle Andalouse dans le hamac de la galerie, quand je l’ai vue par hasard penchée au-dessus du lavoir avec une jupe si courte qu’elle découvrait la succulence de ses courbes. Pris d’une fièvre irrésistible, je la lui ai relevée, j’ai baissée sa culotte jusqu’aux genoux et l’ai prise par derrière. Aïe, monsieur, a-t-elle dit dans une plainte lugubre, c’est pas une entrée, ça, mais une sortie.
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Vidéo de Gabriel Garcia Marquez
Les hanches de Marilyn Monroe, le décolleté de Jayne Mansfield, les lèvres de Pamela Anderson… Eh bien, non, Playboy, ce n’est pas que ça. Le magazine créé par Hugh Hefner à l’aube des années 1950 est bien plus qu’une simple revue de charme.
Fer de lance de la révolution sexuelle dans une Amérique traumatisée par le maccarthysme puritain, le magazine se fait le lieu d’expression d’une autre culture, au fil d’entretiens au long cours avec ceux qui ont marqué les décennies suivantes.
Politique, cinéma, littérature, musique, sport, faits divers : à travers un demi-siècle de rencontres "Playboy", c’est un panorama éclairé et décalé que nous vous proposons d’explorer. Avec, en filigrane, les remous des combats des droits civiques, le choc de la guerre du Vietnam, les relents de la guerre froide, l’évolution de la sexualité, la lutte pour l’émancipation des femmes – jusqu’à l’importance de la bière chez Paul Newman.
Bref, le magazine offre un autre regard, à l’avant-garde des changements sociaux. L’entretien de Donald Trump en 1990 en est l’illustration, et nous rappelle combien la réalité a parfois du retard sur la montre du lapin rose.
Pour en savoir plus : https://bit.ly/2B3l31c
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