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ISBN : 2072491797
Éditeur : Gallimard (31/12/2014)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 294 notes)
Résumé :
"Le visage en sang, Jacques hurle: "Mes yeux ! Où sont mes yeux ?" Il vient de les perdre à jamais. En ce jour d'azur, de lilas et de muguet, il entre dans l'obscurité où seuls, désormais, les parfums, les sons et les formes auront des couleurs."

Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, incarcéré à Fresnes puis déporté à Buchenwald. Libéré après... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (114) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  27 janvier 2015
Un instant d'exaspération… avec ma critique largement rédigée, qui disparaît !!! Je ne vais pas me laisser décourager … d'autant que je quitte très à regret ce très beau livre, qui m'a fait connaître une « belle personne », écrivain-philosophe-enseignant de talent, mais resté totalement méconnu. Nous ne pouvons qu'éprouver une large reconnaissance à l'encontre de Jérôme Garcin… à nous faire partager son admiration envers Jacques Lusseyran
Cette biographie, hormis les émotions que nous ressentons successivement au fil des coups du destin qui auraient dû abattre cet homme mais l'ont au contraire renforcé dans son appétit de la Vie, du monde , de la Connaissance sous toutes ses formes…nous offre d'autres sentiments intenses , remuants, bouleversants ; lorsque l'auteur explique la ligne constante des raisons de son travail d'écrivain et les sujets qui perdurent au fil du temps : rendre immortels par l'écriture ses « très chers disparus ». L'extrait qui suit l'explique fort justement…
« Une fois encore, une fois de plus, je pense à mon père, né à Paris, quatre ans après Jacques Lusseyran, passé lui aussi par la khâgne de Louis-Le-Grand, fou de littérature, amoureux de la langue du XVIIIe, éditeur accompli, mais écrivain empêché, dont la mort accidentelle en pleine nature, au printemps de 1973, à l'âge de quarante-cinq ans, dessine une ligne droite que je n'aurai jamais fini de vouloir prolonger dans des livres brefs peuplés de jeunes morts qui continuent de vivre, de lire, et d'écrire. (p.180) »
Nous songeons à plusieurs écrits, « Olivier », son jumeau décédé prématurément, « Bleus horizons », sur l'écrivain, La Ville de Miremont, fauché si jeune, lors de la première guerre…, mais également son excellent texte hommage à Jean Prevost (lui aussi, fauché dans ses jeunes années)
Il me tarde de me plonger dans les « mots » de ce « Voyant aveugle »….qui m'a séduit par son caractère lumineux, sa passion pour l'écriture, la philosophie, l'enseignement, les femmes, La vie sous toutes ses facettes… et « cerise sur le gâteau »…se profile derrière le visage de Jacques Luysseran, celui d'un autre écrivain-philosophe, si cher à mon coeur… Je voulais nommer « Albert Camus » que notre écrivain-résistant a rencontré…sans omettre la rencontre en septembre 1942, d'un professeur agrégé de Lettres, Jean Guéhenno, qui le marquera durablement ; je vous retranscris un extrait de Jérôme Garcin, décrivant cet étudiant brillant devant ce professeur admiré :

« Dans un Paris vert-de-gris, il enseigne le droit des peuples à être heureux. Jacques Luysserand lui trouve une voix ancestrale qui a « les douceurs de Virgile, la bonhomie de Montaigne et la bravoure de Michelet ». Il boit les paroles de ce moraliste humble qui vante d'autant plus le devoir de se surpasser qu'il doute de ses dons littéraires et se dit sans cesse tenté par « la naïveté ». Il ignore que, dans la résistance, Guéhenno s'appelle Cévennes comme Jean Bruller se nomme Vercors, mais il sait que jamais il n'a connu « maître aussi noble et d'une si totale conscience » (p.70)

Je dis, redis à l'infini le plaisir intense de cette lecture-découverte absolue…qui va m'entraîner maintenant vers les mots et les écrits de Jacques Luysseran… j'enchaînerai sans doute, ensuite, la relecture de Jean Guéhenno, dans la foulée de l'enthousiasme de cette biographie captivante…
.Je termine cette chronique un peu désordonnée sur une déclaration d'amour fou de jacques Luysseran à l'Existence et à la nécessité de l'écriture qui transfigure tout…
"Je le répète, il n'y a rien d'autre. Les jours où j'ai écrit, je Suis. Il peut m'arriver tout ce qu'on voudra. J'aime le monde et tout ce qu'il contient. Si je n'écris pas, je suis infirme.". S'il écrit, il n'est donc plus handicapé. Il vit mieux, plus fort, plus haut. (p. 154)
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carre
  05 septembre 2016
Jacques Lusseyran méritait bien ce livre tant son parcours fascine, force l'admiration et le respect. Tombé aveugle à la suite d'un accident pendant son enfance, élève brillant, il s'engage dans la résistance malgré son handicap, arrêté en 1943, il connaitra L'horreur des camps nazis (Buchenwald),en réchappera pour mourir à 47 ans dans un accident de voiture. Un destin forcément peu banal, qui méritait cette mise en lumière.
Pourtant si l'histoire est forcément forte, j'ai eu du mal à avoir de l'empathie pour cet homme admirable et respectable. le style de Garcin est à mon avis pour beaucoup dans ce sentiment d'inachevé, ce style suranné, cette manière de mettre à distance le lecteur (en tout cas moi) m'a empêché d'éprouver l'émotion que cette histoire appelait. A lire assurément ne serais-ce que pour saluer la vie de Jacques Lusseyran, malgré ma réticence quant au récit propre.
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palamede
  16 février 2017
Aveugle à l'âge de huit ans, jeune résistant déporté à Buchenwald, professeur dans des universités américaines - faute d'avoir pu enseigner en France à cause de son handicap -, le brillant Jacques Lusseyran surmonte les épreuves comme touché par la grâce.
Cet homme semble guidé par une étonnante lumière intérieure : " Jamais il n'évoque ses souffrances, toujours il remercie le ciel de lui avoir fait découvrir la sidérante faculté de l'homme à combattre la mort, à résister à ce qui le détruit. " Ce qui ne fait pas de Jacques Lusseyran un saint car souvent son amour des femmes a primé sur ses obligations conjugales et paternelles.
Mais un homme exemplaire malgré tout, qui montre le chemin pour atteindre à l'essentiel : " s'exercer à fermer les yeux est aussi important qu'apprendre à les ouvrir " écrit Jérôme Garcin. Un auteur que je découvre très inspiré, qui multiplie les envolées lyriques signifiantes en accord parfait avec le personnage.
Et si, comme le souligne Garcin, il reste peu de chose de la courte vie de Jacques Lusseyran, ce livre remarquable contribue largement à remédier à cette injustice.
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tynn
  23 février 2015
"Lisez le Voyant de Jérôme Garcin"!
Après la belle et enthousiaste critique de Fanfanouche, j'ai bien peu de choses à ajouter.
Résistant oublié, Jacques Lusseyran méritait cet hommage littéraire, pour ce destin si particulier, cette fulgurance dramatique de vie: aveugle par accident dans l'enfance, résistant à 17 ans, déporté vers Buchenwald à 20 ans, injustement oublié de ses contemporains français au retour des camps.
Interdit de Fonction Publique pour cause de cécité (incroyable!), il trouvera reconnaissance et avenir professionnel aux Etats Unis, où son travail d'écrivain a toujours été réédité.
Et comme s'insurge son biographe: "En France, rien!"
Jérôme Garcin nous dresse un portrait attachant d'un jeune homme doué, charismatique, intuitif, comme "extra-lucide" pour sentir ou juger situations et individus, capable de sublimer sa cécité et sa petite lumière intérieure pour s'affranchir des épreuves intolérables des camps.
Un homme qui n'échappe pas à sa part d'ombre et aux controverses des bien-pensants par une liberté de vie défiant morale et bienséance ( le puritanisme américain étant ce qu'il est...)
En marge de la vie personnelle de l'homme, un livre juste et nécessaire, une leçon d'espoir en rapport avec le handicap. Un récit très émouvant.
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Sando
  17 mars 2015
Né en 1924, Jacques Lusseyran devient aveugle à l'âge de huit ans suite à un regrettable accident survenu à l'école. Loin de se laisser anéantir par cette perte irrémédiable, le jeune garçon décide de faire de sa cécité une force et non un handicap, développant ses autres sens ainsi que son intelligence et prouvant à tous que l'on peut être aveugle et clairvoyant à la fois.
Jeune homme brillant et charismatique, il intègre le prestigieux lycée Louis-le-Grand à seize ans. La France est alors occupée par les allemands. Jacques Lusseyran se retrouve à la tête d'un petit groupe de résistants : « Les Volontaires de la Liberté » avec lequel il publie le journal « Défense de la France », dénonçant la propagande et l'oppression allemandes. Une activité dangereuse qui lui vaudra d'être arrêté et déporté au camp de Buchenwald en 1944. Libéré un an et demi plus tard, diminué et amoindri, Jacques Lusseyran comprend que, malgré cette expérience traumatisante, son amour de la vie est plus fort que tout et parvient à surmonter cette culpabilité d'avoir survécu.
Amant attentif et prévenant, il devient un homme à femmes, accumulant les conquêtes et les mariages. Amoureux des lettres, il écrit ses mémoires ainsi que de nombreux romans et pièces de théâtre qui ne seront jamais publiés et part enseigner la littérature aux Etats-Unis. Mais c'est en France qu'il mourra, dans un tragique accident de voiture, à l'âge de quarante-sept ans, injustement oublié de ceux-là même pour qui il s'est battu…

Que dire après une telle lecture ? Les mots me manquent et celui qui me vient d'abord à l'esprit c'est « merci ». Oui, merci à Jérôme Garcin d'avoir réhabilité le nom de ce héros de la résistance tombé dans l'anonymat. Merci de l'avoir fait connaître au grand public et de m'avoir donné envie d'en apprendre plus sur cet homme d'exception en lisant notamment « Et la lumière fût », son autobiographie. Les quelques extraits cités laissent présager une plume délicate et un esprit à la fois tendre et passionné.
Celle de Jérôme Garcin d'ailleurs n'est pas en reste ! C'est la première fois que je lisais un texte de cet auteur pourtant confirmé dans le paysage de la littérature française et je regrette de ne pas avoir tenté l'expérience plus tôt tant j'ai été séduite par la finesse de sa plume ! Malgré l'aspect quelque peu factuel de l'écriture biographique, les phrases sont fluides, presque poétiques et rendent parfaitement hommage à la figure de Jacques Lusseyran. Certains passages m'ont semblé un peu pompeux, mais comment reprocher à l'auteur son exaltation pour son sujet ?
Un amour pour la vie et une foi en l'homme sans bornes, un esprit brillant et éclairé, une grande sensibilité alliée à une incroyable force de caractère, tel est le portrait lumineux et flamboyant dressé par Jérôme Garcin d'un homme qui ne peut que forcer le respect et l'admiration. « le voyant » est une biographie romancée à la fois édifiante et bouleversante, qui invite le lecteur à regarder le monde avec des yeux nouveaux… A lire absolument !

Un grand merci à Babelio et aux organisateurs du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs pour cette très belle découverte !

Challenge Variétés : Un livre basé sur une histoire vraie
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critiques presse (4)
Lexpress   06 mars 2015
Ainsi résumée, la vie de Jacques Lusseyran ne fait qu'intriguer. Sous la plume de Jérôme Garcin, elle fascine.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Culturebox   24 février 2015
Dans son dernier livre "Le Voyant" (Gallimard), Jérôme Garcin raconte l’histoire méconnue de Jacques Lusseyran. Devenu aveugle à 8 ans, après des études brillantissimes, il crée son propre réseau de résistance. Trahi, il sera déporté à Buchenwald où il parviendra à survivre malgré son handicap. De retour, lui qui rêvait d’enseigner les lettres, la France lui interdira cette fonction.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Bibliobs   19 janvier 2015
Lusseyran [...] rejoint les Etats-Unis où il est tenu pour un héros, à l’égal d’un de Gaulle. Sa seconde vie commence, plus énigmatique, dont Jérôme Garcin démêle peu à peu tous les fils, dans un récit aussi poignant qu’inspiré.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   16 janvier 2015
La postérité n'avait pas daigné s'appesantir sur cet homme remarquable, rejeté de son vivant des bonnes consciences qui ne lui ont pas pardonné ses frasques. Jérôme Garcin lui rend grâce avec une sincérité pleine de chaleur alliée à une écriture belle et humble pour rendre ce livre exceptionnel.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (185) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   17 mars 2015
Il fait une découverte stupéfiante. Au lieu de tourner ses yeux morts vers l'extérieur, il les oriente vers l'intérieur, en lui-même, où il peut vivre, courir, dessiner, où tout est plus stable et plus amical qu'au-dehors, où rien ne distingue le jour de la nuit, où les ombres n'ont plus leur place, où il peut déplacer à sa guise l'horizon, où il a le sentiment d'aborder un continent neuf et vierge [..]
Alors il éclate de joie : ses yeux ne sont pas fermés, ils sont seulement renversés.
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fanfanouche24fanfanouche24   21 janvier 2015
(...) le peintre Jean Bichier, alias Jean Hélion, qui s'était évadé en 1942 d'un camp de Silésie où il était détenu, fit poser Jacques Lusseyrand. Il voulait faire son portrait. "ce que je cherche à peindre, lui dit-il, c'est ton regard. Je vois qu'il n'est pas dans tes yeux. Mais je vois qu'il a sa place dans ton visage: une région plus large dont j'aperçois le contour." . Et il précisa: "Un portrait, c'est fait pour montrer comment un homme fleurit au-dessus de lui-même" (p.60)
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fanfanouche24fanfanouche24   26 janvier 2015
A ses élèves qui veulent connaître la philosophie des Lumières, savoir si Diderot est matérialiste et Camus, pessimiste, ou si Mallarmé est "compréhensible", il ne donne pas de réponses définitives. Au contraire, il leur démontre que rien n'est aussi simple, que la littérature n'est pas une science exacte, il leur "donne des soucis" pour le plaisir de les faire penser par eux-mêmes. (p.151)
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araucariaaraucaria   01 décembre 2016
Il dit que la cécité le rend plus heureux encore, plus affamé de ce que la terre peut offrir. Elle métamorphose l'enfant parisien en vrai paysan. Dans les rues et sur les boulevards de la ville, tout fait obstacle, tout est piégé. Il n'est pas rare qu'il entende des mamans chuchoter à leur progéniture : "N'allez pas jouer avec lui, vous voyez bien qu'il est aveugle!", comme jadis l'on préconisait de bien se tenir à distance des lépreux. Au contraire, à Juvardeil, la nature n'est jamais hostile et les nourrices ne sont pas suspicieuses. Il y est un garçon comme les autres.
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araucariaaraucaria   30 novembre 2016
Rien, pas l'once d'une plainte, pas l'ombre d'un regret, pas trace d'une quelconque amertume, pas la moindre colère, pas non plus de protestation, et jamais de jalousie. Aucun sentiment bas, nulle révolte vaine. Au contraire, une paix avec soi-même, une harmonie avec le monde, une équanimité souterraine, un optimisme ravageur, une vaillance hors norme, une foi d'airain, et même une manière de gratitude pour le destin qui, en le privant de ses yeux, en lui ayant refusé le spectacle de la beauté à l'âge des premiers émerveillements, développa chez lui ce qu'il nommait le regard intérieur.
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Videos de Jérôme Garcin (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jérôme Garcin
Le 28.04.2019, Jérôme Garcin recommandait, dans ?Le Masque et la plume? (France Inter), la lecture des ?Entretiens avec Chaval?.
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