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EAN : 9782070131631
160 pages
Gallimard (02/02/2011)
3.88/5   121 notes
Résumé :

A la veille de ses six ans, Olivier fut fauché par une voiture. Il ne survécut pas à l'accident. II était le frère jumeau de Jérôme Garcin. Olivier a grandi en lui, en même temps que lui. Une présence fantomatique qui lui a donné très tôt le goût du repli, et un étrange rapport à l'existence. Dans ce récit, Jérôme Garcin remonte le fil de ses souvenirs, met en regard... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
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CoccinelleDesLivres
  03 mars 2020
« Je suis né le 4 octobre 1956, à minuit pile. Toi, juste après. Tu m'as laissé la priorité. Je devais être pressé de sortir, en éclaireur. Mais tu as été le premier à partir, en reconnaissance. »
À l'âge de six ans, le frère jumeau de Jérôme Garcin, Olivier est fauché par un automobiliste qui prend la fuite.
Jérôme Garcin à travers ce récit autobiographique décrit avec grande finesse les aphtes du vide, du manque.
Comme bon nombre de personnalités dont il rend hommage en partie ici, il est impossible de se remettre de la perte d'un enfant. Impossible de se remettre de la perte d'un jumeau alors que dans le ventre de la mère, les bébés se cajolaient déjà mutuellement.
Jérôme Garcin rend un bien bel hommage à la littérature ainsi qu'à l'écriture. Il ne serait peut-être pas devenu écrivain sans le départ précipité de ce frère, écrire devient une urgence absolue pour exorciser la douleur. Les livres quant à eux lui ont servi à poursuivre ses rêves d'Olivier. Chaque personnage était prétexte à imaginer Olivier.
Sans pathos, à pas feutrés, ce récit aborde bon nombre de thèmes autour de la gémellité avec beaucoup d'amour, de clairvoyance et avec un souci du mot juste dont chacun d'entre eux est choisi avec tact pour un rendu de grande beauté.
Un récit que j'ai aimé lire, dans lequel je me suis sentie bien, un récit réconfortant et libérateur, inutile de crier à l'amour du frère parti trop tôt pour comprendre combien un couple gémellaire peut être déraciné sans son autre. Inutile de s'apitoyer pour ressentir les différents replis et refuges pour panser l'âme.
C'est doux et empreint de vérités qui nous rappellent l'importance de se raccrocher aux fondamentaux pour continuer à avancer, les livres, la musique, le théâtre, autant de fils qui maintiennent le cordon ombilical à la vie.
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Jmlyr
  06 août 2020
Première rencontre littéraire pour moi avec cet écrivain reconnu au style de qualité, qui m'a surtout émue par la pudeur dégagée dans ce dévoilement de soi. Une blessure terrible que celle de la perte d'un jumeau à l'âge de 6 ans, celui où l'on apprend à lire et écrire.
Un lien gémellaire si fort qu'il étonnera toujours les non-jumeaux, et le deuil de cette moitié de soi est quasi impossible.
Un récit touchant et juste, mais qui reste positif à mon sens, et qui permet de ressentir et comprendre comment l'on se construit sur un tel drame dans une famille de médecins de renom, où la connaissance, la littérature, la culture et l'art ont occupé une place prépondérante.
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ninachevalier
  25 février 2016
OLIVIERJérôme Garcin – récit, nrf – Gallimard ( 158 pages, 15€)
La mort d'un enfant ne cesse d'inspirer les écrivains, d'où en exergue une citation de Mallarmé qui a vécut le drame de perdre très jeune sa mère , puis fut très affligé à la disparition de sa soeur Maria , puis de son fils Anatole , âgé de 8 ans.
Dans ce récit , Jérôme Garcin se met à nu , nous ouvre son coeur. Il nous laisse entendre la conversation « conciliabule permanent », jusqu'alors inaudible pour les autres ,qu'il entretient avec son « si présent l'absent » qui le visite « en frôlant de son aile d'ange , son épaule ». Depuis quatre ans, confesse-t-il, ses liens tiennent «  de l'apostrophe, de l'invocation, de la prière ». C'est à 53 ans qu' il réussit , ayant pris de la distance, à confier par écrit ses pensées,ses questionnements, ce qui le taraude. Ne pas lui rendre visite plus souvent le fait culpabiliser. Il lui exprime sa gratitude d'avoir appris, grâce à lui, qu' « on écrit pour exprimer ce dont on ne peut pas parler, pour libérer tout ce qui, en nous, était empêché », et découvert la possibilité de converser avec lui « par la seule magie des mots ».La page blanche comme confidente , mieux qu'une analyse pour formuler son cri de révolte, car « survivre à un jumeau est une imposture ».
Difficile pour lui, de célébrer son anniversaire sans raviver les rares souvenirs communs, « figés à 5 ans » .Difficile d'effacer les images de la tragédie dont il fut témoin qui lui reviennent en boucle, d'autant que le traumatisme est décuplé pour des jumeaux. Il soulève la délicate question concernant la façon de dévoiler une disparition à un enfant. Dire la vérité ou faire croire que le défunt vous voit et prendre la réalité de plein fouet à l'âge adulte? N'est-ce pas la raison pour laquelle il cherchait à débusquer Olivier dans « les mers agitées de blés mûrs »?convaincu qu'il avait fugué.
Jérôme Garcin replonge dans son passé, ressuscite son double «  la moitié dont il se sent amputé »,il imagine ce qu'il aurait pu devenir. Il feuillette l'album photos ,s'étonne de ne nous restituer que des lambeaux de leur enfance,ne s'expliquant pas ce flou .Leurs portraits se tissent en parallèle. Il se remémore sa première rentrée , se sentant mutilé; les réunions familiales; leur complicité à Noël: unis par l'amour, trésor inestimable; relate ses cauchemars. On le voit se reconstruire , acquérir la maturité très tôt, « devenu un vivant pressé » , chercher un frère de substitution. Il revisite son adolescence fracassée par la mort du père. A 17 ans,le voici « escorté par deux ombres ».
On découvre qu'à 18 ans il s'est nourri d'ouvrages traitant de la perte d'un enfant, ce qui lui ouvrit des pistes pouvant l'aider à la résilience. le pouvoir salvateur de la littérature «  qui prolonge la vie des disparus »et permet de dompter « l'innommable douleur » se confirme. Il trouve asile au royaume du papier,convoquant Rimbaud, Radiguet ,Bousquet, ainsi que la correspondance entre Gérard Philipe et Georges Perros, affirmant qu' « on ne lit bien que pour se retrouver »,persuadé d'appartenir à la même société secrète, débordant de compassion pour ces condamnés et tétanisés de douleur . Il reconnaît être attiré par les romanciers ayant vécu des épreuves similaires et entre facilement en empathie avec ces héros fauchés, rendant un hommage particulier à Philippe Forest. S'étant aussi documenté sur la gémellité, il fut troublé par les allégations trouvées dans un recueil de la regrettée, Jacqueline de Romilly «  cette grande helléniste », admirable de sagesse.
Il privilégie la compagnie des chevaux capables de vous «  décrasser », passion héritée de son père, glissant sa fascination pour les spectacles de Bartabas. Mais celle qui est à la source de sa métamorphose , dont il brosse un portrait dithyrambique n'est autre qu'Anne-Marie «femme claironnante,sa force vitale, sa jumelle positive », rencontrée à 20 ans. A eux deux « ils ont su faire du passé un présent perpétuel ».
Jérôme Garcin signe un récit poignant, pétri de tendresse pour sa famille refuge ,empreint de sincérité, dans lequel il montre comment la littérature , la nature et le cheval lui furent de précieuses béquilles . Récit traversé par la voix d'Olivier qui emprunte au cinéaste Radu Mihaileanu l'injonction: « Va,vis,et deviens »Le lecteur sera sensible au souhait de l'auteur: « considérer qu'il a joliment vécu »et refermera «  ce petit tombeau de papier sur un sourire éternel ».On peut subodorer Jérôme Garcin, réconcilié avec son passé et apaisé. Ce mémorial de papier où tous les mots sonnent comme des mots d'amour ne se révèle -t-il pas une vraie catharsis?
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Herve-Lionel
  13 août 2022
N°1666 - Août 2022
Olivier – Jérôme Garcin- Gallimard.
Dans nos sociétés occidentales, on vit comme si la mort n'existait pas, en en repoussant l'idée pour plus tard, en évitant de trop y penser. Elle fait partie de la vie, en est simplement la fin comme la naissance en est le début. Quand elle intervient dans nos vies, sans le moindre préavis, à la suite de la perte prématurée d'un être cher, parent ou enfant, la réalité s'impose à nous dans toute sa cruauté. On peut l'accepter quand le cours des choses est normal, mais quand il est bousculé et même inversé, cela fait de ceux qui restent des êtres à part, en quelque sorte en dehors de temps. Jérôme Garcin évoque la mort accidentelle de son frère jumeau à la veille de ses six ans et la fuite criminelle de l'automobiliste responsable.
L'auteur confie qu'il a toujours eu du mal à parler de ce frère jumeau, de son accident mortel, de son absence, du deuil. Il précise qu'à ses yeux, écrire sert à exprimer ce que les paroles ne peuvent décrire, que la page blanche, dans le silence et la solitude, est la meilleurs confidente. Il pense même qu'il ne serait peut-être pas devenu écrivain s'il n'y avait eu ce bouleversement dans sa vie à cause de l'exorcisme des mots, parle de sa gémellité, du manque de ce frère qui, plus qu'un autre, était une partie de lui-même, de cette nécessité d'écrire pour lutter contre sa mort, l'oubli et de l'inextinguible tristesse qui se doubla pour lui, quelques années plus tard, de la mort prématurée de son père. Il évoque les mots qui sommeillaient en lui depuis longtemps et qui ont enfin réussi à sortir. Il a, en effet cinquante trois ans quand il réussit à s'exprimer sur ce sujet, comme une lettre dont il aurait longtemps ajourné la rédaction. Cela fit de lui un vivant au milieu de deux fantômes. Il recherche dans la littérature et l'équitation un remède à sa souffrance. J'y vois surtout une forme de solitude, d'impuissance à vivre normalement, autrement que dans une sorte de monde à la fois virtuel et torturé par la certitude de n'être pas comme les autres à cause du malheur injustifié qui vous frappe. Il y eut le repli sur soi, la recherche personnelle dans les textes littéraires ou scientifiques consacrés à la gémellité, le mutisme que la rencontre d'Anne-Marie Philippe qui allait devenir son épouse et la mère de ses enfants, a brisé. Je me dis que la douleur d'avoir perdu son jumeau a en quelque sorte été contrebalancée par cette rencontre et elle a gommé par sa seule présence et son vécu, le vide laissé par Olivier. Jérôme Garcin a eu la chance unique de croiser son double, son complément, son sauveur et l'hommage qu'il lui rend est bref mais émouvant.
Je lis avec plaisir Jérôme Garcin depuis longtemps parce que c'est un bon écrivain, que j'aime son style qui honore notre si belle langue française, son érudition, parfois un peu trop marquée, autant que sa démarche de tirer de l'oubli des êtres d'exception qui n‘ont pas toujours eu la consécration méritée. Je connaissais l'existence de ce récit mais j'en ai longtemps différé la lecture, peut-être parce que je redoutais de n'y pas trouver ce que j'y cherchais, sans d'ailleurs trop savoir quoi, quelque chose comme de l'apaisement ou peut-être une forme de complicité dans la souffrance, compte tenu du thème choisi. A tort peut-être, j'avais chargé cette lecture nécessairement attentive d'une fonction particulière qui me tenait à coeur. le livre refermé, je ne suis pas sûr que ma quête ait été satisfaite non à cause de l'auteur qui déroule son histoire personnelle dans cette langue si fluide que la lire est pour moi toujours un plaisir, mais peut-être simplement à cause de moi parce que notre parcours est unique, comme notre peine. J'en retiens une sorte d'impression bizarre que ce livre en principe dédié à Olivier dévie parfois en une sorte de monologue d'outre-tombe évoquant seulement Jérôme.
Une histoire aussi intimement émouvante ne peut que générer qu'une réaction personnelle, parfois surprenante et bien souvent illogique pour le commun des mortels. On peut tenter d'en combattre les effets dévastateurs en cultivant les souvenirs, l'amitié, la pratique de la religion… Jérôme Garcin qui est écrivain a sans doute, grâce à cette évocation, tenté d' exorciser cette peine (y parvient-on jamais et même le temps ne fait rien à l'affaire) mais cette démarche d'écriture, au demeurant parfaitement respectable et de nature probablement à aider des lecteurs, me laisse quelque peu dubitatif. Je ne suis pas sûr que les mots soient à ce point apaisants, que l'écriture soit vraiment cet exutoire dont on nous parle si souvent. Ils ont peut-être un rôle libérateur dans l'immédiat mais à long terme j'en doute. Un écrivain puise dans sa propre vie, faite comme pour chacun d'épreuves et de joies, l'essence même de son oeuvre, mais je me suis demandé si l'écriture a toujours ce pouvoir cathartique face à une place définitivement vide.
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Chouchane
  07 juin 2011
Comment Jérome Garcin transforme un sujet particulièrement sombre, la mort d'un jumeau à l'âge tendre de 6 ans, en un monologue lumineux dans lequel il parle à son frère perdu. Ce faisant, il nous livre une réflexion essentielle sur la vie, l'amour, l'amitié, le fait d'être père. Il écrit des mots merveilleux sur les gens qu'il aime, sa femme, ses enfants, sa mère, Bartabas son ami. Ses sentiments coulent, fluides et sans réserve. Moi qui n'ai ni jumeau, ni cheval, qui ne suis ni un homme, ni un écrivain, j'ai eu l'impression que ce livre parlait de moi. Par quelle magie, ce frère et ce père mort, ces douleurs sont devenus des couleurs, des scintillements qui ont éclairé mes heures de lecture. Vous aimerez.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
CoccinelleDesLivresCoccinelleDesLivres   03 mars 2020
Les jumeaux s’aiment déjà, durant des mois, dans le ventre de leur mère. Ils dialogueraient, s’observeraient, se toucheraient, multiplieraient l’un vers l’autre des gestes lents auxquels le liquide amniotique conférerait une manière de grâce détachée, d’insouciante félicité. Des échographies auraient même révélé, à partir de l’instant où la vision commence à se développer chez le fœtus, un incroyable baiser des jumeaux : deux petits nageurs qui s’enlacent et deux bouches qui s’embrassent dans l’insondable nuit intra-utérine, image sidérante d’un amour d’avant l’amour, d’une étreinte physique et peut-être mentale qu’ils chercheront en vain à reproduire tout ton long de leur vie.
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CoccinelleDesLivresCoccinelleDesLivres   02 mars 2020
Parmi tout ce que tu m’as appris, il y a d’abord ceci : on écrit pour exprimer ce dont on ne peut pas parler, pour libérer tout ce qui, en nous, était empêché, claquemuré, prisonnier d’une invisible geôle. Et qu’il n’y a pas de meilleure confidente que la page blanche à laquelle, dans le silence, on délègue ses obsessions, ses fantasmes et ses morts. Tu m’as révélé l’incroyable pouvoir de la littérature, qui à la fois prolonge la vie des disparus et empêche les vivants de disparaître.
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krol-francakrol-franca   23 avril 2011
Depuis combien de temps, Olivier, ne suis-je pas allé fleurir ta tombe ? [...] Mais je ne sais pas m'adresser aux sépultures. J'ai perdu le langage qu'on apprend au catéchisme et qu'on pratique dans les églises. Je suis discourtois avec le Ciel, maladroit avec ses intercesseurs. Rien de ce qui est trop élevé ne m'attire - j'aime le monde à hauteur d'homme et que le sacré s'accomplisse sur la terre, dans un geste simple, une offrande discrète, la beauté d'une lumière de velours adoucissant la pierre. Je préfère les lieux de mémoire aux lieux de culte, où l'on professe : "ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites." Mes morts vivent en moi. Ils me tiennent compagnie. Ils voyagent et respirent à mon rythme."
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fanfanouche24fanfanouche24   08 février 2014
Je crois à la secrète communion de tous ceux qui ont perdu un être chéri, plus particulièrement un enfant, et que relie une abondante littérature de l'infortune. Elle repose sur une illusion capitale: chaque expérience du deuil est unique, irréductible, en apparence incomparable, et pourtant, dès qu'elle est couchée sur le papier, elle devient universelle, chacun de nous peut s'y reconnaître. On y lit ce qu'on a le sentiment d'avoir soi-même écrit. (p.48)
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l-opulence-de-la-nuitl-opulence-de-la-nuit   29 septembre 2012
Une part de moi est dans le présent décomposé, l'autre part dans le passé recomposé. J'ai la passion de l'ordre et une attirance pour la sauvagerie. J'aime et je déteste plaire. Je suis enfantin et grave. Trop raide et trop souple. A la fois très susceptible et indifférent au qu'en-dira-t-on. D'une pudeur maladive et capable, comme ici, sans aucun gêne, de me mettre à nu en public. Sociable et misanthrope, bavard et mutique, enraciné dans la terre meuble et aspiré par les ciels équivoques.
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