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EAN : 9782070131631
160 pages
Éditeur : Gallimard (02/02/2011)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 107 notes)
Résumé :

A la veille de ses six ans, Olivier fut fauché par une voiture. Il ne survécut pas à l'accident. II était le frère jumeau de Jérôme Garcin. Olivier a grandi en lui, en même temps que lui. Une présence fantomatique qui lui a donné très tôt le goût du repli, et un étrange rapport à l'existence. Dans ce récit, Jérôme Garcin remonte le fil de ses souvenirs, met en regard... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  03 mars 2020
« Je suis né le 4 octobre 1956, à minuit pile. Toi, juste après. Tu m'as laissé la priorité. Je devais être pressé de sortir, en éclaireur. Mais tu as été le premier à partir, en reconnaissance. »
À l'âge de six ans, le frère jumeau de Jérôme Garcin, Olivier est fauché par un automobiliste qui prend la fuite.
Jérôme Garcin à travers ce récit autobiographique décrit avec grande finesse les aphtes du vide, du manque.
Comme bon nombre de personnalités dont il rend hommage en partie ici, il est impossible de se remettre de la perte d'un enfant. Impossible de se remettre de la perte d'un jumeau alors que dans le ventre de la mère, les bébés se cajolaient déjà mutuellement.
Jérôme Garcin rend un bien bel hommage à la littérature ainsi qu'à l'écriture. Il ne serait peut-être pas devenu écrivain sans le départ précipité de ce frère, écrire devient une urgence absolue pour exorciser la douleur. Les livres quant à eux lui ont servi à poursuivre ses rêves d'Olivier. Chaque personnage était prétexte à imaginer Olivier.
Sans pathos, à pas feutrés, ce récit aborde bon nombre de thèmes autour de la gémellité avec beaucoup d'amour, de clairvoyance et avec un souci du mot juste dont chacun d'entre eux est choisi avec tact pour un rendu de grande beauté.
Un récit que j'ai aimé lire, dans lequel je me suis sentie bien, un récit réconfortant et libérateur, inutile de crier à l'amour du frère parti trop tôt pour comprendre combien un couple gémellaire peut être déraciné sans son autre. Inutile de s'apitoyer pour ressentir les différents replis et refuges pour panser l'âme.
C'est doux et empreint de vérités qui nous rappellent l'importance de se raccrocher aux fondamentaux pour continuer à avancer, les livres, la musique, le théâtre, autant de fils qui maintiennent le cordon ombilical à la vie.
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Jmlyr
  06 août 2020
Première rencontre littéraire pour moi avec cet écrivain reconnu au style de qualité, qui m'a surtout émue par la pudeur dégagée dans ce dévoilement de soi. Une blessure terrible que celle de la perte d'un jumeau à l'âge de 6 ans, celui où l'on apprend à lire et écrire.
Un lien gémellaire si fort qu'il étonnera toujours les non-jumeaux, et le deuil de cette moitié de soi est quasi impossible.
Un récit touchant et juste, mais qui reste positif à mon sens, et qui permet de ressentir et comprendre comment l'on se construit sur un tel drame dans une famille de médecins de renom, où la connaissance, la littérature, la culture et l'art ont occupé une place prépondérante.
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ninachevalier
  25 février 2016
OLIVIERJérôme Garcin – récit, nrf – Gallimard ( 158 pages, 15€)
La mort d'un enfant ne cesse d'inspirer les écrivains, d'où en exergue une citation de Mallarmé qui a vécut le drame de perdre très jeune sa mère , puis fut très affligé à la disparition de sa soeur Maria , puis de son fils Anatole , âgé de 8 ans.
Dans ce récit , Jérôme Garcin se met à nu , nous ouvre son coeur. Il nous laisse entendre la conversation « conciliabule permanent », jusqu'alors inaudible pour les autres ,qu'il entretient avec son « si présent l'absent » qui le visite « en frôlant de son aile d'ange , son épaule ». Depuis quatre ans, confesse-t-il, ses liens tiennent «  de l'apostrophe, de l'invocation, de la prière ». C'est à 53 ans qu' il réussit , ayant pris de la distance, à confier par écrit ses pensées,ses questionnements, ce qui le taraude. Ne pas lui rendre visite plus souvent le fait culpabiliser. Il lui exprime sa gratitude d'avoir appris, grâce à lui, qu' « on écrit pour exprimer ce dont on ne peut pas parler, pour libérer tout ce qui, en nous, était empêché », et découvert la possibilité de converser avec lui « par la seule magie des mots ».La page blanche comme confidente , mieux qu'une analyse pour formuler son cri de révolte, car « survivre à un jumeau est une imposture ».
Difficile pour lui, de célébrer son anniversaire sans raviver les rares souvenirs communs, « figés à 5 ans » .Difficile d'effacer les images de la tragédie dont il fut témoin qui lui reviennent en boucle, d'autant que le traumatisme est décuplé pour des jumeaux. Il soulève la délicate question concernant la façon de dévoiler une disparition à un enfant. Dire la vérité ou faire croire que le défunt vous voit et prendre la réalité de plein fouet à l'âge adulte? N'est-ce pas la raison pour laquelle il cherchait à débusquer Olivier dans « les mers agitées de blés mûrs »?convaincu qu'il avait fugué.
Jérôme Garcin replonge dans son passé, ressuscite son double «  la moitié dont il se sent amputé »,il imagine ce qu'il aurait pu devenir. Il feuillette l'album photos ,s'étonne de ne nous restituer que des lambeaux de leur enfance,ne s'expliquant pas ce flou .Leurs portraits se tissent en parallèle. Il se remémore sa première rentrée , se sentant mutilé; les réunions familiales; leur complicité à Noël: unis par l'amour, trésor inestimable; relate ses cauchemars. On le voit se reconstruire , acquérir la maturité très tôt, « devenu un vivant pressé » , chercher un frère de substitution. Il revisite son adolescence fracassée par la mort du père. A 17 ans,le voici « escorté par deux ombres ».
On découvre qu'à 18 ans il s'est nourri d'ouvrages traitant de la perte d'un enfant, ce qui lui ouvrit des pistes pouvant l'aider à la résilience. le pouvoir salvateur de la littérature «  qui prolonge la vie des disparus »et permet de dompter « l'innommable douleur » se confirme. Il trouve asile au royaume du papier,convoquant Rimbaud, Radiguet ,Bousquet, ainsi que la correspondance entre Gérard Philipe et Georges Perros, affirmant qu' « on ne lit bien que pour se retrouver »,persuadé d'appartenir à la même société secrète, débordant de compassion pour ces condamnés et tétanisés de douleur . Il reconnaît être attiré par les romanciers ayant vécu des épreuves similaires et entre facilement en empathie avec ces héros fauchés, rendant un hommage particulier à Philippe Forest. S'étant aussi documenté sur la gémellité, il fut troublé par les allégations trouvées dans un recueil de la regrettée, Jacqueline de Romilly «  cette grande helléniste », admirable de sagesse.
Il privilégie la compagnie des chevaux capables de vous «  décrasser », passion héritée de son père, glissant sa fascination pour les spectacles de Bartabas. Mais celle qui est à la source de sa métamorphose , dont il brosse un portrait dithyrambique n'est autre qu'Anne-Marie «femme claironnante,sa force vitale, sa jumelle positive », rencontrée à 20 ans. A eux deux « ils ont su faire du passé un présent perpétuel ».
Jérôme Garcin signe un récit poignant, pétri de tendresse pour sa famille refuge ,empreint de sincérité, dans lequel il montre comment la littérature , la nature et le cheval lui furent de précieuses béquilles . Récit traversé par la voix d'Olivier qui emprunte au cinéaste Radu Mihaileanu l'injonction: « Va,vis,et deviens »Le lecteur sera sensible au souhait de l'auteur: « considérer qu'il a joliment vécu »et refermera «  ce petit tombeau de papier sur un sourire éternel ».On peut subodorer Jérôme Garcin, réconcilié avec son passé et apaisé. Ce mémorial de papier où tous les mots sonnent comme des mots d'amour ne se révèle -t-il pas une vraie catharsis?
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Chouchane
  07 juin 2011
Comment Jérome Garcin transforme un sujet particulièrement sombre, la mort d'un jumeau à l'âge tendre de 6 ans, en un monologue lumineux dans lequel il parle à son frère perdu. Ce faisant, il nous livre une réflexion essentielle sur la vie, l'amour, l'amitié, le fait d'être père. Il écrit des mots merveilleux sur les gens qu'il aime, sa femme, ses enfants, sa mère, Bartabas son ami. Ses sentiments coulent, fluides et sans réserve. Moi qui n'ai ni jumeau, ni cheval, qui ne suis ni un homme, ni un écrivain, j'ai eu l'impression que ce livre parlait de moi. Par quelle magie, ce frère et ce père mort, ces douleurs sont devenus des couleurs, des scintillements qui ont éclairé mes heures de lecture. Vous aimerez.
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RanaZou
  21 juillet 2019
Jérôme Garcin, la cinquantaine en 2010, analyse dans son ouvrage "Olivier" l'absence qu'il ressent à suite à la disparition accidentelle de son "vrai" frère jumeau qui, à l'époque, allait sur ses six ans.
L'écriture est parfaite comme toujours, cependant le lecteur ne se sent pas impliqué dans le ressenti de l'auteur. Jérôme Garcin n'a pas réussi à faire partager ses émotions avec le lecteur qui éprouve une distance certaine. Peut-être est-ce voulu par l'auteur ?
Le récit reste émouvant malgré tout.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   03 mars 2020
Les jumeaux s’aiment déjà, durant des mois, dans le ventre de leur mère. Ils dialogueraient, s’observeraient, se toucheraient, multiplieraient l’un vers l’autre des gestes lents auxquels le liquide amniotique conférerait une manière de grâce détachée, d’insouciante félicité. Des échographies auraient même révélé, à partir de l’instant où la vision commence à se développer chez le fœtus, un incroyable baiser des jumeaux : deux petits nageurs qui s’enlacent et deux bouches qui s’embrassent dans l’insondable nuit intra-utérine, image sidérante d’un amour d’avant l’amour, d’une étreinte physique et peut-être mentale qu’ils chercheront en vain à reproduire tout ton long de leur vie.
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LadybirdyLadybirdy   02 mars 2020
Parmi tout ce que tu m’as appris, il y a d’abord ceci : on écrit pour exprimer ce dont on ne peut pas parler, pour libérer tout ce qui, en nous, était empêché, claquemuré, prisonnier d’une invisible geôle. Et qu’il n’y a pas de meilleure confidente que la page blanche à laquelle, dans le silence, on délègue ses obsessions, ses fantasmes et ses morts. Tu m’as révélé l’incroyable pouvoir de la littérature, qui à la fois prolonge la vie des disparus et empêche les vivants de disparaître.
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krol-francakrol-franca   23 avril 2011
Depuis combien de temps, Olivier, ne suis-je pas allé fleurir ta tombe ? [...] Mais je ne sais pas m'adresser aux sépultures. J'ai perdu le langage qu'on apprend au catéchisme et qu'on pratique dans les églises. Je suis discourtois avec le Ciel, maladroit avec ses intercesseurs. Rien de ce qui est trop élevé ne m'attire - j'aime le monde à hauteur d'homme et que le sacré s'accomplisse sur la terre, dans un geste simple, une offrande discrète, la beauté d'une lumière de velours adoucissant la pierre. Je préfère les lieux de mémoire aux lieux de culte, où l'on professe : "ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites." Mes morts vivent en moi. Ils me tiennent compagnie. Ils voyagent et respirent à mon rythme."
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fanfanouche24fanfanouche24   08 février 2014
Je crois à la secrète communion de tous ceux qui ont perdu un être chéri, plus particulièrement un enfant, et que relie une abondante littérature de l'infortune. Elle repose sur une illusion capitale: chaque expérience du deuil est unique, irréductible, en apparence incomparable, et pourtant, dès qu'elle est couchée sur le papier, elle devient universelle, chacun de nous peut s'y reconnaître. On y lit ce qu'on a le sentiment d'avoir soi-même écrit. (p.48)
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l-opulence-de-la-nuitl-opulence-de-la-nuit   29 septembre 2012
Une part de moi est dans le présent décomposé, l'autre part dans le passé recomposé. J'ai la passion de l'ordre et une attirance pour la sauvagerie. J'aime et je déteste plaire. Je suis enfantin et grave. Trop raide et trop souple. A la fois très susceptible et indifférent au qu'en-dira-t-on. D'une pudeur maladive et capable, comme ici, sans aucun gêne, de me mettre à nu en public. Sociable et misanthrope, bavard et mutique, enraciné dans la terre meuble et aspiré par les ciels équivoques.
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Vidéo de Jérôme Garcin
A l'occasion de la rentrée littéraire, France Culture s'associe à l'Obs pour vous présenter le choix des deux rédactions : une sélection de 10 nouveaux romans qui marqueront sûrement cette rentrée 2020. Nous commençons par la sélection de l'Obs, avec le nouveau roman d'Emmanuel Carrère, Yoga, aux éditions P.O.L, La Tannerie de Celia Levi chez Tristram, Comédies françaises d'Eric Reinhardt aux éditions Gallimard, mais aussi de la littérature anglo-saxonne avec Les Lionnes de l'américaine Lucy Ellmann au Seuil, ainsi qu'Histoire de la Nuit de Laurent Mauvignier chez Minuit. Côté France Culture, cinq grandes plumes également : Histoire du Fils de Marie-Hélène Lafon aux éditions Buchet-Chastel, Sous le Ciel des Hommes de Diane Meur chez Sabine Wespieser, Chavirer de Lola Lafon aux éditions Actes Sud, Autoportrait en Chevreuil de Victor Pouchet aux éditions Finitude et enfin Nickel Boys de l'américain Colson Whitehead Prix Pulitzer 2020.
Retrouvez la sélection des deux rédactions en présence de Sandrine Treiner, directrice de France Culture, Arnaud Laporte, producteur de l'émission Affaires culturelles du lundi au vendredi de 19h à 20h sur France Culture, Mathias Enard écrivain, producteur du nouveau magazine littéraire la Salle des machines tous les dimanches à 17h sur France Culture, Jérôme Garcin, rédacteur-en-chef Culture à l'Obs, ainsi qu'Elisabeth Philippe journaliste littéraire. Ils seront rejoints en seconde partie d'émission par Pascal Thuot, directeur général de la librairie Mille pages à Vincennes.
Les matins de France Culture de Guillaume Erner - émission du 27 août 2020 A retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/dix-livres-pour-la-rentree-litteraire-2020-la-selection-de-france-culture-et-lobs
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