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ISBN : 222632089X
Éditeur : Albin Michel (02/01/2019)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.72/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Fille d’un tueur en série et sœur d’une meurtrière à 14 ans, Adeline est devenue médecin, comme son père adoptif. Sa spécialité : la douleur, qu’une anomalie génétique l’empêche pourtant de ressentir. C’est dans son cabinet qu’elle rencontre l’inspectrice DD Warren, blessée à l’épaule sur une scène de crime. Elle a été poussée dans l’escalier mais n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé. Alors qu’elle se laisse doucement séduire par les méthodes de sa thérapeute, D... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  31 août 2017

Le hasard a voulu que je commence ce thriller alors que j'étais dans la salle d'attente du centre anti-douleurs. Un service à part de l'hôpital d'Arras spécialisé dans ce domaine, et vers lequel j'avais été dirigé en raison de céphalées récurrentes, difficiles tant à combattre qu'à gérer.
Plusieurs conseils m'ont été prodigués, tant au niveau des traitements que de l'hygiène de vie, mais jamais le médecin ne m'a demandé de donner un nom à la souffrance, ni de lui parler gentiment.
Sinon, voilà ce que ça pourrait donner :
- Bonjour Migraine, comment vas tu aujourd'hui ?
- ...
- Je ne t'attendais pas si tôt, d'habitude tu arrives plutôt le week end. Qu'est-ce qui t'amène ? Je constate que tu as préféré t'installer sur le côté gauche aujourd'hui !
- ...
- Bon, apparemment tu n'as pas grand chose à dire. Tu sais quoi ? Tu n'as qu'à partir et revenir une autre fois. Je te cuisinerai un doliprane à la béchamel ou une purée carottes-nurofen.
- ...
- Je suis désolé mais je n'ai vraiment pas beaucoup de temps à t'accorder aujourd'hui, j'ai une critique à rédiger.
Et le médecin ne m'a pas non plus parlé de nos corps qui sont régentés par les pompiers ( les médicaments, l'alcool : tout ce qui peut être ingurgité pour combattre le mal ou endormir la douleur ), les exilés ( nos traumatismes et nos émotions qui s'expriment ) ou les managers qui exigent quant à eux que l'on soit assez forts pour supporter la douleur.
Ces conseils seront cependant ceux reçus par D.D. Warren, personnage récurrent de la bibliographie de Lisa Gardner.
C'est le septième roman qui la fait apparaître ( après Arrêtez-moi ), mais respecter la chronologie des enquêtes m'a paru pour le coup totalement inutile : Il n'y a pas ou presque d'allusions à l'antériorité des principaux personnages.
La policière a été victime d'une fracture par arrachement de l'épaule gauche.
( Rien que de l'écrire, ça me fait mal )
"Les fractures par arrachement figurent parmi les lésions les plus douloureuses qui soient."
Les circonstances ? Elle ne s'en souvient pas. Elle est tombé dans les escaliers sur une odieuse scène de crime, après avoir tiré trois coups de feu.
Incapable de serrer son enfant dans ses bras ou de tenir une arme, D.D. Warren souffre le martyre depuis six semaines. Elle dort mal, elle est dépendante de son époux pour les gestes du quotidien.
Et c'est ainsi qu'elle sera amenée à rencontrer Adeline Glen, "une spécialiste des thérapies cognitives pour le traitement de la douleur."
Adeline aussi a un rapport complexe à la douleur.
"En raison d'une mutation génétique extrêmement rare du gène SCN9A, je ne sens pas la douleur."
L'insensibilité congénitale existe réellement, même s'il s'agit d'une maladie rarissime. On la croise davantage dans les séries télévisées ou les romans ( Ronald Niedermann dans Millenium, pour ne citer que lui ).
Ne jamais souffrir paraît de prime abord plutôt sympathique. Mais évidemment, la douleur est un besoin nécessaire, raison pour laquelle il faut lui être reconnaissant.
( J'ai cependant du mal à considérer comme très utiles mes maux de tête, et je doute que les personnes souffrant d'arthrose remercient leur corps à chaque crise )
"La douleur est très utile. C'est un signal d'alarme qui vous apprend à reconnaître le danger et à prendre conscience des conséquences de vos actes."
Et effectivement, dans les rares cas répertoriés de cette maladie, seuls 40% des individus arrivent à l'âge adulte. Les bébés se tranchent la langue en faisant leurs dents, les brûlures ont des conséquences désastreuses vu que le signal "c'est trop chaud" n'arrive pas jusqu'au cerveau, les coupures sont sans effet, et forcément, même si la maladie est reconnue à temps, le corps peut rapidement devenir un champ de ruines.
Aidée par son père adoptif, Adeline arrivera à l'âge adulte sans trop d'encombres, mais restera fascinée par cette notion de douleur.
Sa particularité ne s'arrête pourtant pas là.
Elle est née dans une famille pour le moins particulière.
Sa grande soeur Shana a été incarcérée à vie pour le meurtre d'un jeune garçon de douze ans. Elle même n'en avait que quatorze. En prison, elle réitérera ses exploits criminels en assassinant une codétenue et deux gardiens.
Cette femme incapable d'éprouver des sentiments, adepte de l'auto-mutilation, s'avère être tant une redoutable manipulatrice qu'une prédatrice. La relation ambiguë des deux soeurs, miroirs l'une de l'autre, sera largement explorée tout au long des 550 pages de ce thriller.
Quant à leur père, Harry Day, lui aussi traîne quelques casseroles.
"Si la souffrance est une preuve d'amour, alors notre père aimait beaucoup notre mère."
Il était quarante ans auparavant un célèbre tueur en série, auteur d'au moins huit meurtres. Il s'est suicidé avant d'être arrêté par la police.
Certains collectionnent les livres, les timbres, les papillons... Lui son truc c'était plutôt les lanières de peau humaine.
Ce qui peut réellement faire souffrir Adeline finalement, c'est sa famille. Son héritage. Et ses rares souvenirs.
Quant au tueur qui sévit aujourd'hui, celui que doivent découvrir D.D. Warren et ses collègues ( Phil, Neil ou encore son mari Alex, expert en scènes de crime ), il a un mode opératoire assez particulier.
"L'assassin était animé par le besoin compulsif d'écorcher sa victime."
"Même scénario : Victime écorchée, rose posée sur le ventre, bouteille de champagne posée sur la table de nuit."
Il entre chez ses victimes sans effraction, les exécute, et ensuite découpe des lambeaux de peau. Et pourtant, malgré le carnage et la mise en scène préméditée, il ne reste pas une seule goutte de sang ni trace d'ADN.
Quel est le lien avec un tueur mort quarante ans plus tôt ?
Qui imite les crimes d'Harry Day, et dans quel but ?
Comment Shana, enfermée depuis trente ans, pourrait être liée à cette vague de meurtres ?
Et si le goût du sang était transmis de père en filles, Adeline pourrait-elle être impliquée ?
"Vous ne ressentez pas la douleur, alors vous jouissez de celle des autres ?"
Qu'a vu D.D. Warren la nuit où elle a dévalé les marches, et pourquoi l'a-t-elle occulté ?
Même si je ne lis actuellement quasiment plus que des romans policiers, je me suis rendu compte avec A même la peau que ça faisait bien longtemps que je n'avais pas lu d'histoire de tueur en série, aux crimes particulièrement sanglants, choquants, répugnants et gratuits. Ce qui est bien la preuve que les genres du polar évoluent énormément puisqu'à une époque j'avais l'impression que les histoires de tarés qui prenaient leur pied à découper leurs victimes de toutes les façons possibles et imaginables envahissaient systématiquement mes pages.
Que l'horreur comptait davantage que la psychologie.
Heureusement, ici Lisa Gardner ne se contente pas d'une enquête sur une succession de meurtres macabres . Les thèmes abordés sont nombreux, et parler de la douleur ainsi, via le personnage attachant d'Adeline, est d'autant plus intéressant que ces nouvelles façons de soigner existent, même si elles rendent sceptiques de prime abord.
Qu'il s'agisse de la violence en prison, des foyers d'accueil, du rôle du patrimoine génétique ( "Le sang est une preuve d'amour" ) dans la criminalité, de la fascination du public pour les tueurs en série, de l'importance des liens familiaux ; les sujets demeurent variés et intéressants.
On est dans le rythme dès les premières pages, et même si celui-ci faiblit de temps en temps et que le roman aurait gagné en intensité avec quelques chapitres de moins, les rebondissements et les imprévus sont suffisamment nombreux pour vouloir connaître le mot de la fin le plus rapidement possible.
Malgré tout, plus j'ai avancé dans ma lecture et moins le roman a emporté mon adhésion. Déjà, les histoires de tueurs en série m'intéressent moins qu'avant, en tout cas si elles ne sont pas abordées sous un angle suffisamment original. Et sans être un expert des procédures policières américaines, j'ai trouvé le déroulé de l'enquête peu crédible.
D.D. Warren, blessée, est en arrêt à cause de sa blessure et attend que les affaires internes aient décidé de son sort au cas où elle aurait commis une faute professionnelle la nuit de sa chute.
Et pourtant, elle est de tous les interrogatoires, elle vadrouille sur chaque scène crime, elle est informée de chaque piste et continue allègrement à enquêter, soit-disant au titre de consultante.
Pour Adeline, c'est rapidement la même chose alors qu'elle n'est au départ que thérapeute. Alors oui, les deux femmes sont impliquées dans cette
affaire personnellement, menacées chacune à leur façon, mais leur implication dépasse l'entendement dans le cadre d'une enquête pour mettre la main sur un tueur récidiviste.
D'autres scènes, notamment dans la prison de haute sécurité, m'ont également semblé plus que tirées par les cheveux. J'ai souvent eu l'impression que l'intrigue avançait au détriment de tout réalisme, de toute subtilité. Et ça, c'est quand elle avance parce que ça n'est pas toujours le cas, plusieurs chapitres sans intérêt auraient pu être escamotés.
Le fin mot de toute cette histoire m'a lui aussi laissé un arrière-goût amer, tant la motivation de ces meurtres m'a paru invraisemblable.
Et pourtant, je ne suis pas du tout du genre à essayer de relever chaque invraisemblance, mais là elles m'ont vraiment sauté aux yeux et cette histoire, je n'y ai par conséquent jamais cru, totalement détaché des faits comme des personnages.
Et il reste trop de questions sans réponse.
Juste la moyenne donc pour mon second Lisa Gardner ( Sauver sa peau ne m'avait pas non plus laissé un souvenir impérissable ). Parce que malgré ses longueurs et ses incohérences, A même la peau m'a initialement intrigué voire absorbé et ce n'est pas parce que le souffle est ensuite retombé que je dois oublier le bon moment initial que ce roman m'a fait passer. En outre l'écriture est très agréable, et le livre se lit facilement même si on n'en garde pas forcément grand chose une fois la dernière page tournée.
En tout cas, la prochaine fois que vous aurez mal au dos ou que vous vous casserez une jambe, n'oubliez pas à quel point vous avez de la chance d'avoir aussi mal, quitte à parler tranquillement avec votre souffrance, pourquoi pas autour d'un thé et de petits gâteaux ?
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totopinette
  19 novembre 2018
Comme à chaque fois que je critique un roman provenant d'une opération Masse critique, je prends le temps de remercier les équipes de Babelio ainsi que l'éditeur. Je ne déroges pas à la règle et remercie donc Babelio et les éditions Albin Michel qui m'ont gentiment fait découvrir ce « petit » polars en avant-première. Qu'en est-il de mon avis sur ce roman ? Et bien, aux premiers abords, il est engageant. La couverture est suffisamment attrayante avec de belles couleurs vives … de quoi attirer le regard du lecteur. le résumé est suffisamment intriguant pour attiser la curiosité du lecteur fan d'histoires sur les tueurs en série. Donc, tout fonctionne. Et pourtant … 
Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que la qualité de la couverture de l'épreuve n'est pas la meilleure que j'ai vu. Elle marque vite … à la moindre page tournée. L'épaisseur du papier ne me semble pas adaptée au format, ni à l'allure générale que veut se donner ce roman. Il a l'air d'être de mauvaise facture, ce qui est dommage ! Puis, les lecteurs n'aiment pas avoir des couvertures abîmées puisque, souvent, ils traitent leurs romans comme des collectionneurs. Ou peut-être n'est-ce que moi ? Aurais-je un trouble du comportement ? Hummm … Possible, possible ! Dans tous les cas, je me dis et je l'espère vraiment, que cette couverture n'est prévue que pour l'épreuve et non pour l'édition finale. 
Passons à ce qui nous intéresse le plus. En commençant à lire le prologue, je me suis dit que ça allait être un terrible (dans le sens positif) moment de lecture. Ce petit aperçu de l'histoire m'avait déjà enivré. Malheureusement, dans les premiers chapitres, le soufflé retombe. Mais, il retombe vraiment. L'histoire devient lourde alors que l'écriture de l'auteur ne l'est pas du tout. C'est long, c'est lassant … Malgré de bons sujets tel que l'analgésie congénitale qui était très intéressante bien que peu fouillée (ce qui est relaté dans le roman est l'un des premiers articles de Google). Rien ne fonctionne réellement. le personnage principal D.D. est peu attachante tant elle est caricaturée (on retrouve le même stéréotype dans les enquêtes de Sharko écrites pas Franck Thilliez). À croire qu'il n'existait qu'un type d'enquêteurs pour des milliers de personnalités de criminels … Les gens ne sont-ils pas tous différents ? Pour ne rien vous cacher, je trouve que l'histoire d'Adeline et de Shana se serait suffit à elle-même. D. D. est son équipe étaient en trop à mes yeux. L'histoire était alourdie par leur présence et c'est vraiment dommage car, sans ça, on aurait entre les mains un thriller incroyablement sombre. Oui, j'adore les thrillers … Je me soigne pourtant ! du moins, j'essaies.
Les chapitres défilants, l'histoire a reprit son évolution et je suis devenu complètement accro à l'histoire. Mais … Parce qu'il y a toujours un mais ! C'était trop tard ! En appréciant ce que je lisais, je n'avais qu'une crainte c'était d'être à nouveau déçue. Ce qui n'arriva pas. Pas parce que l'identité du tueur est resté un mystère (non, je m'en suis douté dès le départ et le troisième meurtre a confirmé mes doutes) mais parce que je ne m'imaginais pas une telle fin. Une fin que j'ai apprécié même si affectivement j'aurais préféré une autre solution.
J'ai trouvé que le comportement qui liait Shana à Adeline décrit par l'auteur était particulièrement juste. Ce besoin de se sentir aimer par les membres de sa famille. Et même si on sait que ce n'est pas possible, que c'est illusoire. On s'y raccroche, sans cesse, tout au long de sa vie. L'échappatoire des enfants adoptés pour surmonter l'abandon était également dépeinte très justement. Il est plus facile de s'imaginer que ses parents biologiques (souvent rois, ou des personnages de grandes importances) aient choisi de s'éloigner de leurs enfants dans l'unique but de les protéger (d'une sorcière ou d'un groupe politique souhaitant la mort de l'héritier). On s'en sort comme on peut, me direz-vous !
On peut aussi noter une incohérence relativement incroyable. Comment le réceptionniste de l'immeuble d'Adeline a pu ne pas voir les ressemblances troublantes entre le nouveau voisin et le tueur à la rose ? Je ne comprends pas. Il n'était pas aveugle et aucun d'eux n'étaient grimé quand ils se sont présentés à lui. Comme quoi, il est difficile de mener une histoire sans aucune incohérence …
En somme, je dirais que c'est un roman qui aurait pu être au-dessus de ce qu'il est puisqu'il a toutes les cartes en mains. Dommage qu'il ait été rattaché aux enquêtes de D. D., qui pour moi ne colle pas avec l'histoire. Il aurait fallut une enquêtrice particulière … Un vrai profiler. Malgré tout, après les premiers et douloureux chapitres, c'était agréable à lire et relativement enrichissant sur le point pédagogique (thanatopraxie, analgésie congénitale, méthode d'acceptation de la douleur …).
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KRYSALINE555
  25 décembre 2018
Je commence par remercier infiniment les éditions « Albin Michel » et la masse critique de Babelio qui m'ont permis de découvrir enfin un roman de Lisa Gardner ! J'ai un autre roman de cet auteur au chaud dans ma « pile à lire » (la maison d'à côté) mais je n'ai pas encore trouvé le temps de le lire.
Donc quelle aubaine pour moi de découvrir l'auteur au travers d'un autre de ses romans : « A même la peau », moi qui suis une fana inconditionnelle des thrillers, policiers et autres romans psychologiques. La couverture m'a d'ailleurs de suite séduite ; belle, simple, sobre, des yeux bleus, des cheveux blonds et une belle tâche de couleur rouge : une rose, le tout sur fond noir.
Alors le personnage de D.D. Warren, enquêtrice à la brigade criminelle de Boston, semble être un personnage récurrent dans les thrillers de Gardner et du coup j'ai eu un peu peur d'être « larguée » n'en ayant pas lu un seul avant. Mais je me suis vite aperçue que cela ne présentait aucun handicap puisque les romans peuvent se lire indépendamment les uns des autres.
On commence donc cette histoire-ci, par une scène de crime particulièrement atroce puisque la victime a été entièrement écorchée post-mortem, sur laquelle D.D. Warren est revenue seule le soir après avoir renvoyé chacun de ses enquêteurs chez eux. Elle compte y glaner d'autres indices pour la mener sur une piste. Mais, alors qu'elle se croyait effectivement seule à fredonner une berceuse pour enfant, elle s'aperçoit trop tard que quelqu'un d'autre (le tueur ?) est aussi présent. Comme il y fait noir comme dans un four, elle glisse (ou l'a-t-on poussé ?) dans les escaliers en tirant trois coup de feu à l'aveuglette et fini avec une fracture par arrachement de l'épaule gauche ! Elle ne garde aucuns souvenirs de la scène en question, seulement cette douleur insupportable à l'épaule qui la handicape très fortement. Outre la blessure qui lui vaut un arrêt, elle est aussi suspendue temporairement tant que l'enquête interne déclenchée à cause des tirs n'aura pas statué sur les conditions dans lesquels ils ont été tiré.
En attendant elle est dirigée vers une thérapeute spécialiste de la douleur : le Dr. Adeline Glen, qui soit dit en passant présente une particularité génétique et non des moindres : elle ne ressent elle-même aucune douleur. Ce qu'on pourrait qualifier de « chance » n'en est en fait pas une, une malédiction plutôt puisqu'elle doit vérifier chaque soir qu'elle n'est pas blessée, coupée etc… Elle va donc aider D.D. à gérer sa souffrance par la méthode IFS (Internal Family System). Cette approche est de créer un dialogue intérieur entre les parties (sous personnalités) du patient et son « Self », instance centrale du psychisme, qui a les ressources pour clarifier, accueillir, soutenir et guérir les parties blessées de notre personnalité. Il s'agit de dégager petit à petit les charges et fardeaux (traumas, croyances bloquantes) douloureux portés par les parties blessées et traumatisées de notre histoire passé qui s'invitent encore dans notre présent (Source emdr-Marseille). Elle va ainsi l'inciter à donner un « petit nom » à sa douleur et l'encourager à lui « parler » et lui enjoindre de « partir ». D.D. très sceptique sur cette méthode, nomme néanmoins sa douleur « Melvin » !
C'est donc une D.D. amoindrie par sa blessure et censée être en arrêt qui va quand même continuer d'enquêter puisqu'il y a encore deux autres crimes commis avec les mêmes caractéristiques : victimes écorchées post-mortem, une rose en travers du corps et une bouteille de champagne sur la table de nuit.
La thérapeute va même s'adjoindre à l'enquêtrice car à bien y regarder ces crimes ressemblent étrangement à ceux commis 40 ans plus tôt par Harry Day, le père biologique d'Adeline. Et bientôt, sa soeur Shana, devenue meurtrière à son tour, va devenir une suspecte plausible même si elle est derrière les barreaux depuis 30 ans. Aurait-elle pu commanditer ces meurtres et bénéficier de complicité à l'extérieur de la prison ? ou même à l'intérieur ?
Adeline qui a d'abord été hermétique aux sollicitations de sa soeur, cède cependant à sa demande à la mort de son père adoptif et va la rencontrer une fois par mois. Elle cherche malgré tout et quoiqu'elle soit persuadée que ce ne soit possible, à reconstruire une « famille » qui aurait survécu à la noirceur de leur vie et aux crimes perpétrés par leur père. Elle refuse de croire à une sorte de fatalité généalogique… Mais Adeline a aussi un côté obscur qu'elle garde bien planqué sous les lames de son plancher...
Alors, c'est vrai qu'après un départ sur les chapeaux de roue l'histoire met un peu trop de temps à s'installer et le côté psychologique va prendre le pas sur l'intrigue et le côté « thriller ». Les personnages des deux soeurs sont assez fouillés. On comprend leurs relations complexes, leurs antagonismes. Les questions de l'inné et de l'acquis qu'Adeline se pose souvent.
Elles qui ont été placées en foyer d'accueil à respectivement 4 ans et 1 an, après le suicide de leur assassin de père et l'internement de leur mère en psychiatrie. Adeline sera adoptée par un médecin qui prendra soin d'elle et continuera à mener des études sur son cas. Elle ne manquera de rien et sera éduquée, fera des études et connaitra la réussite en tant que médecin. Shana quant à elle, n'aura pas cette chance : elle sera placée aussi dans une bonne famille d'accueil, mais elle commettra un crime à son tour à l'âge de 14 ans qui la mènera en prison car elle sera jugée comme une adulte. Par la suite en prison, elle tuera l'une de ses codétenues et deux gardiens. Pour cela elle prendra perpète.
D'où leurs questionnements : Peut-on échapper à son « destin », est-il « tracé » d'avance, échappe-t-on à ses origines, hérite-t-on de la violence, possède-t-on des gènes prédestinés au malheur, etc… Deux soeurs, deux cheminements différents, pour une fin plutôt détonante ! Pour un peu, la véritable intrigue et l'enquête menée par D.D. passerait presque au deuxième plan ! Mais que nenni ! puisque tout est lié ! Enfin, tout, sauf le coupable qui tombe presque comme un cheveu sur la soupe (ou du moins son mobile !) – d'aucuns disent l'avoir vu venir, moi pas !
Une petite réserve donc pour moi, sur la découverte du coupable et de son mobile, mais qui ne constitue pas en soi le fin mot du livre. Final qui au contraire m'a paru largement à la hauteur du récit et des protagonistes. Une sorte de réponse imparfaite à la quête existentielle que porte l'histoire.
Un thriller, assez réussi pour moi, même s'il semble y avoir une ou deux incohérences. La traduction qui gène parfois par son manque de fluidité, est là au contraire bien faite. Je m'en vais donc poursuivre la découverte de cet auteur avec d'autres titres et allez, pour la forme : une demie étoiles en moins pour les quelques questions qui me sont restées en suspens : 4.5/5
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Labibliothequedemarjorie
  19 décembre 2018
Je remercie les éditions Albin Michel et Babelio pour cette lecture.
"À même la peau" est une nouvelle enquête de la saga D.D. Warren. Une dizaine de romans sont déjà parus et celui-ci est le premier que je lis. Les titres ne se suivent pas et peuvent se lire séparément. Je n'en ai été aucunement gênée.
Au cours du récit, nous faisons la connaissance d'Adeline. Alors qu'elle est née dans une famille de criminels, elle est très jeune retirée à ses parents et est adoptée par un médecin qui souhaite suivre l'évolution de sa maladie. Cette adoption l'a sort de l'enfer. Sa réussite, elle l'a doit à son père adoptif qui a appris à l'aimer, l'a bien élevée et a financé ses études de médecine pour lui assurer un bel avenir.
Sa soeur n'a pas eu la même chance. En restant dans ce milieu familial douteux, elle prend le même chemin que leur père et commet son premier meurtre à l'âge de quatorze ans. Elle purge aujourd'hui une peine de prison à perpétuité.
Adeline a maintenu les contacts et lui rend visite chaque semaine.
D.D. Warren travaille pour la police. En pleine enquête, elle se blesse sérieusement en faisant une chute en arrière dans l'escalier. Lors de l'accident, elle tire trois coups de feu mais n'en a plus aucun souvenir. A-t-elle vu le meurtrier ? Était-elle en légitime défense ? Personne n'a rien vu, ce qui lui vaut une enquête interne. Durant sa convalescence, elle suit une thérapie de gestion de la douleur et arrive ainsi dans le cabinet d'Adeline.
Le thème de la douleur est particulièrement intéressant. Si l'enquêtrice a besoin de soulager le mal qui la ronge et de retrouver la mémoire, Adeline éprouve de drôles de sentiments face à l'absence de souffrances physiques. Comment traiter la douleur chez des patients lorsque l'on ne ressent rien ? le malaise ressenti pas les deux femmes est palpable dès les premières pages et dure tout au long du récit.
L'intrique est quant à elle très prenante. Des meurtres sauvages sont commis sur des femmes. le meurtrier laisse une rose et du champagne à côté des corps complètement écorchés. Des rapprochements sont faits par la police, les méthodes sont similaires à celles du "tueur à la rose", le père d'Adeline.
Pourquoi ? Adeline est-elle rattrapée pas son passé ?
J'ai aimé la plume de Lisa Gardner. L'écriture est fluide et le récit est vraiment bien écrit. On entre tout de suite dans le vif du sujet. L'alternance des chapitres entre les points de vue de D.D. et d'Adeline est vraiment bien menée. La tension monte, il y a du suspense qui tient en haleine du début à la fin. Une mention particulière pour la magnifique photo de couverture qui donne immédiatement le ton.
Haletant !

Lien : http://labibliothequedemarjo..
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parlesyeuxdesonia
  15 décembre 2018
J'ai eu le plaisir de recevoir le prochain livre de Lisa Gardner, auteur que j'apprécie beaucoup, le mois dernier et de le lire en avant-première. Je vais donc vous livrer mon avis sur son nouveau thriller
Dans ce nouveau thriller, Lisa Gardner nous raconte l'histoire d'Adeline une psychiatre reconnue dont la spécialité est la douleur. La douleur, un choix de spécialité bien étonnant pour cette psychiatre qui a pour particularité de ne pas ressentir la moindre douleur. En plus de cette particularité génétique qui ne lui permet pas de ressentir la douleur, Adeline cache un lourd secret, car Adeline a pour père biologique un tueur en série et une soeur qui est enfermée en prison à perpétuité en raison des nombreux crimes qu'elle a commis.
Le hasard mettra sur sa route la célèbre inspectrice D.D. Warren, qui victime d'une grave blessure à l'épaule, vient la consulter pour apprendre à gérer au mieux la douleur qui l'accable depuis lors.
Réfractaires aux méthodes de la psychiatre dans un premier temps, elle se laissera rapidement convaincre et aura pour elle beaucoup de sympathie.
D.D. se rendra rapidement compte que les meurtres sur lesquels elle enquête, des jeunes femmes scalpées, pourrait avoir un lien avec sa thérapeute dont le père biologique opérait de la même manière avec ses victimes des années auparavant.
Comme à son habitude, Lisa Gardner nous a concocté un thriller très addictif qui nous donne envie de tourner les pages avec avidité.
Petite remarque qui n'est pas forcément un reproche car cela change des autres livres de l'auteur dans lesquels D.D. Warren mène enquête, l'enquêtrice phare de l'auteur occupe un rôle moins important qu'à l'accoutumée. Si c'est elle finalement qui mène principalement l'enquête, malgré sa blessure et sa mise à pied, et que l'auteur évoque souvent D.D. et sa blessure, elle me semble plus effacée, moins présente et jouant un rôle moindre dans la détermination du coupable. L'auteur a misé sur Adeline et lui a accordé un rôle nettement plus important dans l'enquête.
Dans cet opus, l’auteur a réussi à rendre les protagonistes bien attachants même ceux auxquels l’on aurait jamais cru pouvoir s’attacher.
Je pense notamment à la sœur d’Adeline, qui bien que meurtrière et ayant un passif psychotique, n’est peut-être pas aussi horrible qu’il n’y parait.
Tout n’est pas blanc ou noir et certains des personnages sans trop leur concéder de circonstances atténuantes ont quand même dû faire face à un passé compliqué, à des événements qui ébranleraient n’importe qui à un âge charnière, qui ne leur a pas facilité la tâche dans la vie, dans leur développement et la construction de leur personnalité.
Par ailleurs, j’ai été agréablement surprise par une partie du dénouement. Lisa Gardner a su trouver une fin assez inattendue, en tout cas à laquelle je n’avais pas vraiment songé.
Bref, j’ai passé un bon moment en compagnie des personnages imaginés par l’auteur et je vous conseille vivement de vous y plonger à sa sortie.
Je tiens à remercier Babelio et les éditions Albin Michel qui ont eu la gentillesse de me faire parvenir ce roman en avant-première.
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   30 janvier 2019
Dans ce roman à la structure complexe, Lisa Gardner a choisi de travailler plusieurs sujets qui se croisent au fil des pages. Entre autres, la douleur, l’étrange possibilité de ne jamais ressentir de douleur, et le destin funeste d’une famille marquée par les crimes violents [...] Un polar absolument glaçant.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
alapagedesuziealapagedesuzie   13 février 2019
Un bébé dans un berceau, dans un arbre, tout en haut...
Se balance au gré du vent...
Si la branche casse, le berceau tombera...
Boum, boum, boum...
Tomberont bébé, berceau et le reste.
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Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   23 novembre 2018
Réfléchissez à la chose suivante : il y a dix ans, on a mené une étude sur le seuil de la perception de la douleur chez de grands athlètes, c’est-à-dire des individus qui accomplissaient en permanence des performances quasi inhumaines aux prix de sévères plans d’entrainement. La première hypothèse de cette étude était que ces sportifs devaient posséder un seuil de résistance à la douleur plus élevé que le commun des mortels, ce qui aurait expliqué leur capacité à pousser leur corps dans ses derniers retranchements. Mais, à la grande surprise des chercheurs, c’est l’inverse qui s’est révélé exact. En fait, la plupart des athlètes ont témoigné un degré de conscience à la douleur plus élevé que la moyenne et on a observé chez eux une plus grande activité du système nerveux central que le groupe témoin. D’après eux, leur conscience aiguë de la douleur contribuait paradoxalement à leurs performances. Leur réussite ne tenait pas au fait qu’ils auraient été inconscients de leurs limites ou de leurs blessures mais au fait qu’ils connaissaient les contraintes et collaboraient avec leur corps pour les dépasser. Pas à proprement parler une victoire de l’esprit sur la matière, mais une connexion du corps et de l’esprit qui leur permet d’enregistrer les sensations, d’ajuster leur comportement et de s’améliorer constamment.
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ElodieuniverseElodieuniverse   23 novembre 2018
Pour D.D., ils n'avaient pas sous les yeux une simple scène de crime, mais le plus intime et le plus ignoble des fantasmes d'un tueur.
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NatachaENNatachaEN   04 septembre 2017
La douleur est très utile. C'est un signal d'alarme qui vous apprend à reconnaître le danger et à prendre conscience des conséquences de vos actes. Sans elle sauter du toit peut paraître une excellente idée.
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NatachaENNatachaEN   06 septembre 2017
Autant notre assassin est un virtuose du crime, autant je suis de toute évidence une virtuose de l'enquête criminelle. Nous sommes faits l'un pour l'autre.
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Extrait de "À même la peau" de Lisa Gardner lu par Colette Sodoyez. Editions Audiolib. Parution le 16 janvier 2019.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/meme-la-peau-9782367628370
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