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ISBN : 2878442504
Éditeur : Faton (15/06/2018)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Figure éminente du romantisme, surtout connu en tant que peintre du cheval, Théodore Géricault (1791-1824) meurt à trente-deux ans, plus jeune que Raphael ou Watteau, laissant une production lithographique qui compte parmi les plus grands chefs-d'oeuvre du XIXe siècle. Formé par Carle Vernet, Guérin et l'Ecole des beaux-arts, ayant copié les maîtres au Louvre, Géricault échoue au prix de Rome en 1816, mais se rend à ses frais en Italie. Il introduit dans son oeuvre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Alzie
  31 décembre 2018
"Laissez-le faire, il y a en lui l'étoffe de trois ou quatre peintres, mais il n'en est pas de même pour vous" (p.14). C'est le sage Pierre Narcisse Guérin qui parle à ses élèves du plus fou(gueux) d'entre eux : Théodore Géricault (1791-1824). Rapportée dans la biographie succincte introductive la phrase qui fait sourire est en 1810 un bon jugement sur le tempérament de l'artiste. Deux tableaux plus tard (visibles aussi dans les premières pages) et la réputation de Géricault est établie, le mouvement l'emporte sur la ligne, il se démarque : "L'Officier de chasseurs à cheval chargeant", succès au Salon de 1812, et "Le Cuirassier blessé quittant le feu", oeuvre incomprise en 1814. C'est que l'antiquité idéalisée de David "sévit" toujours quand Géricault peint l'officier halluciné sur son cheval cabré puis le soldat blessé (pris à tort pour un lâche). Géricault fait entrer une figure de soldat inconnu dans la peinture d'histoire. Plus connu pour sa fameuse scène de naufrage que pour ses portraits d'aliénés par exemple, Géricault "célèbre inconnu" (selon Michel Régis, catalogue du bicentenaire de la naissance) est victime de l'aura romantique de sa trop brève existence. Immense dessinateur novateur en peinture, bousculant les genres, ignorant les hiérarchies, trouvant dans l'actualité de son époque (la fin de l'épopée napoléonienne et la Restauration) ou dans le secret de prédilections intimes puissantes les thèmes de son inspiration. De même sera t-il précurseur en lithographie, innovation qui attend ses géants au début des années 1800. C'est ce que ce catalogue est censé montrer. Géricault s'y initie au retour de son voyage en Italie fin 1817 et va s'y adonner jusqu'à sa mort. Il n'a pu que sentir ce que la lithographie pouvait offrir à ses géniaux élans de trait. Souvent cités par Delacroix, Nicolas Charlet d'abord et son ami Théodore Géricault qui lui emboîte le pas, sont deux pionniers de la lithographie en France. L'oeuvre lithographiée de Géricault c'est tout au plus une centaine de feuilles où sa signature apparaît (sur des lithos originales, d'après lui ou en collaboration avec Lami) que le musée Condé de Chantilly et les éd. Faton donnent à voir aux amoureux d'une esthétique en noir et blanc dans ce format carré attractif d'un catalogue d'exposition récent (2018).
Le musée détient un ensemble complet des lithos de Géricault depuis le legs du duc d'Aumale à l'Institut dont quelques pages relatent aussi l'histoire de la collecte. Rien en revanche sur Aloys Senefelder - qui vaut bien le duc en terme de notoriété -, et c'est juste un tout petit peu triste (et tristement français) un catalogue qui oublie à ce point de faire dialoguer l'art et la technique et d'évoquer la portée de la découverte. Car l'invention destinée initialement à l'industrie va révolutionner le monde de l'imprimerie et des arts au XIXe et tout autant les mentalités. Comme Dürer formidable graveur sur bois avait testé l'eau-forte sur cuivre au début du XVIe, Géricault pressent l'intérêt de ce nouveau media lithographique. Ses estampes et leurs notices, plus quelques dessins, études à la mine de plomb ou aquarelle, en témoignent. Après lui la lithographie sera un extraordinaire champ d'expérimentation et de recherches pour les plus grands artistes (Goya, Delacroix etc.). Il faut donc ici interroger des yeux des images issues d'une matrice en pierre... Même énergie et même véhémence de composition que dans les oeuvres peintes ou dessinées. L'animal sauvage, "Lion dévorant un cheval", sanglier, et cheval qui fascine tant Géricault depuis l'enfance sont là. Croupes, attelages, Chevaux de labeur, "Les Boueux", chevaux de poste à l'écurie, chez le maréchal-ferrant, "Cheval mort" (1823), chevaux de course, au combat. Et pour l'actualité du temps : officiers impétueux, scènes de charges, de la vie militaire. La fin de l'épopée napoléonienne et la guerre sont chroniquées par la débâcle du retour de Russie : charriots de désespérance chargés de blessés, grognards éclopés, bandés, amputés, préfigurant d'autres gueules cassées. Interprétation des poèmes de Byron ou illustration d'une chanson. Dans cet ensemble rare la "Suite anglaise" des voyages à Londres de 1820 et 1821 où Géricault est parti pour exposer "Le Radeau de la Méduse" qui rencontre un succès immense qu'il n'a pas eu en France. C'est à Londres qu'il peaufine sa technique lithographique et trouve dans la misère des rues touchées par la révolution industrielle naissante une inspiration nouvelle que sa fin trop précoce lui interdira d'explorer davantage. Un livre pour les inconditionnels de l'estampe et de Géricault dont je fais partie. Merci à Babelio et aux éd. Faton.

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Taraxacum
  08 janvier 2019
Ce que j'aime les livres d'art! Je pourrais passer des heures, je passe des heures en fait, plongée là-dedans à soupirer de bonheur devant la beauté que l'être humain, malgré ses innombrables défauts, est capable de créer.
C'est le deuxième volume que je lis dans la série Les Carnets de Chantilly, et je dois dire que j'ai bien envie de faire un tour par la librairie pour faire l'emplette du reste de la série. Très belle édition, au texte fort intéressant, avec une impression de grande qualité qui fait honneur aux lithographies de Géricault, je suis conquise!
Une première partie sur la vie de l'artiste, qui m'a permis d'apprendre qu'à peu près tout ce que je croyais savoir sur lui était en fait déformé, une seconde sur la collection de Chantilly et les Orléans en tant que mécène, et enfin le clou du spectacle: une partie catalogue dont je n'arrive plus à ressortir!
Merci à Masse Critique et à l'éditeur de m'avoir envoyé ce volume, et merci tout simplement à l'éditeur d'avoir publié ce petit bijou!
Ce qui est terrible, c'est qu'en plus d'acheter toute la série, j'ai aussi envie de retourner à Chantilly maintenant....
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isa-vp
  18 décembre 2018
Que serait devenue l'oeuvre de Théodore Géricault s'il avait vécu au-delà de 32 ans ? C'est la question que tous les amateurs d'art se posent aujourd'hui.
Figure du romantisme, cet artiste normand né pendant la Révolution, fut un des grands précurseurs de la peinture réaliste populaire du XIXème siècle. Passionné par les chevaux, il fut leur grand peintre et les représenta, toujours en mouvement, dans toutes leurs activités, des courses à l'attelage, du labour à la guerre.
Peintre et sculpteur engagé, il a représenté les souffrances de la guerre et la misère des pauvres gens. Il aurait aimé se consacrer à la peinture de l'histoire mais n'en aura pas le temps.
Il réalisa de très nombreuses études et esquisses et devint un des pionniers de la lithographie qu'il pratiqua durant les dernières années de sa vie, et qui n'ont connu le succès que plus de vingt ans après sa disparition.
Ce beau livre comporte une première partie passionnante sur la biographie de Géricault, s'en suit un développement sur le devenir de ses oeuvres, un peu fastidieux pour les néophytes, puis un catalogue très bien analysé, du seul tableau et de la centaine d'estampes exposés au Musée Condé à Chantilly. Une plongée intense dans l'art et la culture.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
TaraxacumTaraxacum   08 janvier 2019
Artiste maudit, célèbre mais toujours incompris, souvent réduit au statut de peintre de chevaux et de militaires, Géricault est encore largement prisonnier de son mythe. Souvent dépeint comme l'incarnation même du génie romantique, Géricault eut un destin cruel, mort prématurément à trente-deux ans, plus jeune que Raphaël ou Watteau, disparus tous deux à trente-sept ans. N'ayant commencé à peindre qu'après ses études secondaires et ayant été malade tout au long de sa dernière année, sa carrière n'a duré que quinze ans, apprentissage compris. Il est donc difficile de juger de son art, d'autant qu'il se caractérise par une grande diversité: de la Méduse au Four à plâtre et à l'Oriental assis sur un rocher, il a exploré différentes directions. A son décès, il cherchait encore sa voie, et nous ignorons comment il aurait évolué s'il avait vécu plus longtemps; [....].
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