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Maryvonne Ssossé (Traducteur)
ISBN : 2258078156
Éditeur : Les Presses De La Cite (12/03/2009)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 183 notes)
Résumé :
Et si une jeune scribe tenait entre ses mains le destin de l'Occident ?

Franconie, an 799, à la veille du sacre de Charlemagne. Fille d'un célèbre scribe bysantin, Theresa est apprentie parcheminière. Contrairement aux jeunes femmes de son âge, dont le rêve est de fonder une famille, elle n'aspire qu'à une chose : vivre parmi les livres. Mais un drame l'oblige à quitter sa ville et à se réfugier dans la cité abbatiale de Fulda. Là, elle devient la scr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
agenet
  24 avril 2014
Pour commencer, j'ai choisi, à part exception, de ne plus mettre d'étoiles. Une critique permet à un lecteur de se faire son propre avis quand les étoiles, elles, ne reflètent que le goût de celui qui les met (on ne va pas mettre beaucoup d'étoiles à un livre qu'on n'aime pas, fût-il excellent, alors que dans la critique, on peut nuancer). de plus, j'ai remarqué que chacun avait sa façon de les attribuer, que leur nombre ne représentait pas la même chose pour tous, et qu'elles sont en conséquence sans vraie valeur de représentation.
Ce roman, qui m'attirait pourtant beaucoup à première vue, est une petite déception. La faute à une quatrième de couverture qui m'en faisait attendre tout autre chose. Quand elle nous présente l'auteur comme enseignant à l'université, passionné d'histoire, ayant mis sept ans à écrire ce roman et ayant fait des voyages sur place pour des recherches, on s'attend nécessairement à un niveau élevé. Et de fait, je pensais trouver quelque chose de la veine des romans d'Umberto Eco. Malheureusement, on en est loin, mais sans doute suis-je trop exigeante.
Au niveau du style d'abord: il est assez agréable pour se lire facilement et se faire oublier, mais justement: il se fait oublier. Pas mauvais, mais rien de remarquable. Difficile de le juger cependant, car il s'agit d'une traduction. Je ne ferai donc pas de procès ou d'encensement à l'auteur quand il n'est responsable en rien du travail du traducteur.
Au niveau de l'histoire, l'auteur nous promettait un distrayant et éducatif voyage dans un époque peu traitée dans des romans. Et recherches il y a eu, cela se sent... un peu trop parfois. En effet, quand des personnages font des tirades bien longues pour expliquer à d'autres personnages comment fonctionne telle ou telle chose de leur époque (alors qu'ils doivent déjà le savoir ou qu'à défaut, vu les circonstances, cela devrait peu leur importer), on a l'impression que l'auteur étale un peu trop ses connaissances et de façon un peu maladroite à destination du lecteur. Quant à faire, j'aurais préféré que l'auteur prenne clairement le temps d'une explication en bonne et due forme de type descriptif plutôt que de la faire donner de façon artificielle par un personnage.
Surtout, s'il prend le temps de détails historiques qu'un lecteur ignorant cette époque n'aurait peut-être pas remarqués (et il aime ça, semble-t-il, vu le nombre de fois où est employé le mot scramasaxe), il commet ce qui est selon moi le pire des anachronismes: un personnage moderne. En effet, malgré le joli décor fouille fin VIIIè s., l'héroïne est clairement d'aujourd'hui, ce qui la rend fort peu crédible. Simple petit exemple: enfant, elle a vécu entouré d'esclaves, mais pour notre histoire, contrairement aux autres personnages, elle les considère à égalité avec elle -d'ailleurs, alors qu'elle a besoin de faire travailler sa terre, elle achète par humanité un esclave infirme (ce qui est stupide, mais bien entendu, ce sera le meilleur, le plus doué et le plus fidèle serviteur qui soit. Puisque c'est l'héroïne, elle ne peut s'être trompée dans son choix).
Du coup, sur le plan historique, aussi renseigné le roman soit-il, à cause de ce personnage, j'ai du mal à y croire. Et c'est regrettable, car derrière tout ça, il y a de vraies connaissances, mais l'auteur a fait le choix de préférer l'action et l'aventure à la crédibilité. Dommage (à mon goût en tout cas). Si j'avais lu les notes de l'auteur qui suivent le roman, je me serais méfiée. Il affirme lui-même que le contexte historique n'est qu'un "vernis qui fait briller les personnages", que l'essentiel est une intrigue rapide... quand je lis ça, j'ai envie de m'écrier: "pitié, dans ce cas, ne faites pas semblant d'écrire un roman historique, présentez-le d'emblée comme un roman d'aventure sans prétention autre". D'autant que des romans historiques où le contexte a une vraie importance et où l'ambiance compte autant que l'intrigue, il en existe de très bons, preuve que c'est possible sans ennuyer le lecteur qui, même habitué au rythme effarant des séries télé est encore capable de comprendre un livre un peu plus lent et complexe (de fait, malgré les affirmations de l'auteur, il y a des moments lents dans ce roman).
Au niveau de l'histoire, justement: on a du mal a retrouver la quatrième de couverture puisque l'intrigue annoncée ne vient que fort tard dans le roman, toute la première partie étant réservée à une intrigue "secondaire" plus ou moins artificiellement rattaché à la suite. Finalement, cette intrigue secondaire est meilleure que l'autre qui se veut trop spectaculaire (mais pourquoi diable les héros devraient-ils toujours changer le monde? N'est-ce pas suffisamment héroïque et beau s'ils sauvent seulement leur famille ou leur ville?) et du coup, peu crédible elle aussi.
Le personnage l'Alcuin est trop visiblement copié sur le personnage du Nom de la Rose (copie et non hommage puisque rien n'est notifié en ce sens. Alors que le personnage du Nom de la rose, justement, inspiré de Sherlock Holmes, ne s'en cache pas avec le clin d'oeil de son nom, Guillaume de Baskerville).
Quant à Theresa, j'en ai déjà parlé: trop moderne, elle est complètement déplacée dans ce roman qui se veut historique, d'autant plus que c'est l'héroïne parfaite et en ce sens parfaitement agaçante (elle est meilleure que tout le monde dans tous les domaines. Même dans ceux qu'elle ne connaît pas ou qu'elle pratique pour la première fois, elle en remontre aux gens expérimentés). Bien entendu, aucune part sombre en elle (et bien sûr, en plus, elle est jolie).
L'auteur a donc fait le choix de faire du distrayant sans plus, utilisant pour ce faire les deus ex machina, trous narratifs et autres clichés à sa portée pour faire du rythme et du suspens à moindre frais, n'évitant pas de ce fait les incohérences et facilités.
Et distrayant, ça l'est, certainement. ça reste efficace. Mais ça aurait pu être tellement plus.
En résumé, ce n'est pas du tout un mauvais livre, mais j'ai eu le sentiment d'une tromperie sur la marchandise avec la quatrième de couverture. Présenté, autrement, je l'aurais lu dans un autre état d'esprit et l'aurais sans doute plus apprécié. Pour ceux qui aiment l'aventure, "l'exotisme historique" sans chercher spécialement de réalisme à ce point de vue, il plaira sans doute beaucoup. Pour ma part, j'en attendais trop et j'ai eu plusieurs fois la tentation de l'abandonner en cours de lecture parce que je n'arrivais pas à y croire.
Il faut le lire en gardant à l'esprit que, bien que l'auteur soit espagnol, ce n'est pas un roman historique à l'européenne, mais bien un roman d'aventure à l'américaine et qu'il respecte les poncifs du genre.
Ce n'est bien sûr que mon avis et d'autres lecteurs en auront certainement un tout différent.
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Ptitgateau
  22 octobre 2013
Lorsque je suis tombée sur ce roman, je me suis réjouie, trop rapidement peut-être ! J'avais à ma disposition un roman historique portant sur ma période préférée : le moyen-Age et qui plus est, la période Carolingienne ! Bon début, présentation des personnages, avec sans surprise, apparaissant de façon très nette, les « méchants et les gentils » , une héroïne de caractère et très libérée pour l'époque, mais bon, ce ne serait pas la première fois (la papesse Jeanne et les piliers de la terre m'y ont habituée) . Ça se gâte et c'est vraiment regrettable, lorsque le lecteur s'aperçoit que l'intrigue promise sur la quatrième de couverture n'arrive que dans les cinquante dernières pages d'un roman qui en compte six-cents, et que fort bien documenté, ce roman étale des pages entières d'exposé maladroitement amenées et qui perturbent le rythme de l'histoire. La première fois, l'héroïne affirme qu'elle ne connaît pas bien la hiérarchie de l'Eglise, Alcuin d'York, moine de son état, la lui explique, c'est long et énervant parce que l'auteur n'a pas su inclure ces connaissances historiques de façon plus vivante. Et il recommence régulièrement au cours de l'histoire. Par ailleurs, cet Alcuin d'York est présenté comme une très pâle imitation de Guillaume de Baskerville dans le nom de la rose, menant des enquêtes et faisant des déductions hasardeuses, aucun lecteur ne sera dupe !
Lien : http://1001ptitgateau.blogsp..
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canel
  16 juin 2011
Fin du IXème siècle, avant le sacre de Charlemagne. le scribe Gorgias s'emploie à copier un mystérieux document visiblement très convoité. Sa fille Theresa, parcheminière, est contrainte de fuir Wurtzbourg et les siens. Après un périple, elle se réfugie à Fulda et devient scribe au service d'un moine, et se retrouve au coeur d'une énigme autour de mystérieux empoisonnements.
Un universitaire qui a passé sept ans à écrire un roman ? Cette présentation et les six cents et quelques pages avaient de quoi m'intimider. J'ai été rassurée rapidement. le style sobre et efficace, le contexte médiéval et religieux, les intrigues parallèles rendent le récit immédiatement captivant. L'immersion au sein du Moyen-Age est passionnante : famines, brigands, moeurs villageoises, vie et rivalités dans un monastère, pratiques curatives... Une histoire d'amour et le suspense induit par les enquêtes menées par le perspicace moine Alcuin viennent pimenter l'ouvrage. Dommage que le récit s'essouffle après la première moitié, que les intrigues piétinent... La fin est cependant suffisamment riche en surprises pour qu'on soit convaincu que cela valait la peine de persévérer !
De bons moments de lecture qui m'ont rappelé le savoureux ouvrage Les piliers de la terre de Ken Follett.
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katix
  19 novembre 2016
Fin 799.
On est à une année du sacre de Charlemagne qui fera de lui l'empereur d'Occident en plus d'être roi des Francs et des Lombards.
Et si ce titre d'empereur, attribué par la papauté, découlait d'un parchemin... à l'authenticité discutable ?
Charlemagne lui-même n'est pas très présent dans ce roman mais on retrouve l'abbé Alcuin (véritable théologien anglais proche du futur empereur) aux côtés de l'héroïne fictive Thérésa.
Mais surtout on vit en 799 comme dans un bon roman historique où l'intrigue est agrémentée de rebondissements, de trahisons et d'amour.
Ça se lit très très bien.
Et puis ce livre m'a rappelé qu'à défaut d'avoir réellement inventé l'école, Charlemagne avait rendu courante une vieille tradition germaine : trinquer avant de boire ! Ce n'est pas rien il me semble...
À la vôtre !
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CeCedille
  08 octobre 2012
Sombre histoire de manuscrit décisif pour l'avenir du christianisme, trafic de céréales sur fond de "mal des ardents", auxquels se trouve mêlés une jeune et jolie héroïne, apprentie scribe, engagée dans un combat pour la féminisation de sa profession... Les aventures de Theresa, s'inscrivent dans l'univers semi barbare d'un moyen âge de jeux de rôles, à la cour de Charlemagne, au coeur des intrigues d'avant son sacre. Tout l'arsenal du roman d'aventures est systématiquement exploité par le professeur Antonio Garrido, qui en analyse les ressorts dans une postface un peu naïve, célébrant " le divertissement du lecteur" comme règle cardinale. Complots, poursuites, rixes, amours, trahisons se succèdent sans répit, dans la froidure de l'Alamanie de la fin du VIIIème siècle. On se perd un peu dans les considérations savantes sur la donation de Constantin, mais on s'interroge jusqu'au bout sur la nature mystérieuse du moine Alcuin, philosophe, fin politique, technicien de la scène du crime et, à coup sûr, inventeur de la police scientifique. Si l'on ajoute que le lecteur n'ignorera plus rien du traitement des peaux en parchemins, du maniement du scramasaxe et de l'arbalète ou des débuts de la marine de commerce fluviale, on aura là assurément une instructive et distractive lecture de plage. Mais on se gardera de comparer "La Scribe" à "L'oeuvre au noir" ou au "Nom de la Rose", car si Antonio Garrido n'hésite pas à copier ses modèles, il ne joue assurément pas dans la même division.
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
PtitgateauPtitgateau   10 août 2013
Malgré les précautions qu'elle prenait, Helga s'était déjà trouvée ans cette situation. Les premières fois, elle avait suivi les conseils des matrones : se mettre nue, se barbouiller des miel et se rouler dans un tas de blé. Ensuite, il fallait recueillir avec soin les grains qui adhéraient au corps, et le moudre à la main, de gauche à droite, à l'inverse de la manière habituelle. Lorsque l'homme avec lequel on s'apprêtait à copuler goûtait du pain de cette farine, sa semence était neutralisée.
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PtitgateauPtitgateau   04 août 2013
- Mais comment une blessure superficielle...?
- Que ça vous plaise ou non, les choses sont ainsi. Les gens ne meurent pas seulement de scrofules et de pestilence. Au contraire, les cimetières sont pleins de personnes en bonne santé qui ont gagné l'au-delà à cause de simples égratignures. Un fébricule, quelques convulsions, et c'est l'adieu à cette vallée de larmes.
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agenetagenet   30 avril 2014
-- Quelqu'un veut-il m'expliquer comment une femme pourrait à la fois travailler ici et s'occuper de son mari? Qui préparera son dîner et lavera ses vêtements? Qui s'occupera de ses enfants? Ou alors les amènera-t-elle ici, pour faire entrer son troupeau de filles dans le métier?
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ElfikaElfika   03 juin 2016
Un livre qui rejoint l'étagère des "ça aurait pu mais non".
J'aime les romans historiques, d'autant qu'il y a un effort notable de documentation sur cette époque. On sent bien aussi la volonté d'apporter des rebondissements au lecteur et pourtant ça n'a malheureusement pas pris pour moi.
Le ton didactique du moine-qui-sait-tout ? L'héroïne intelligente mais pas fut-fut ? Bref c'est dommage mais tant pis.
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valamarsvalamars   27 octobre 2015
La mort ne se paye pas avec la mort. Dans ce monde où la vie est sans cesse menacée par la maladie, la famine, les guerres ou les rigueurs de la nature, il ne servirait à rien d'exécuter un criminel. la vie d'un assassin se mesure à l'aune de sa fortune, et selon cette valeur on ajuste l'amende.
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