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ISBN : 2070369064
Éditeur : Gallimard (11/01/1977)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 544 notes)
Résumé :
"Je sais parfaitement que la plupart des jeunes femmes aujourd'hui refuseraient de vivre en appartement avec un python de deux mètres vingt qui n'aime rien tant que de s'enrouler affectueusement autour de vous, des pieds à la tête. Mais il se trouve que Mlle Dreyfus est une Noire de la Guyane française, comme son nom l'indique. J'ai lu tout ce qu'on peut lire sur la Guyane quand on est amoureux et j'ai appris qu'il y a cinquante-deux familles noires qui ont adopté c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  17 juillet 2013
Jubilatoire, franchement drôle et tendre, mais aussi très touchant, décalé, pour s'achever en plein délire : un très beau roman original sur la solitude.
J'ai passé des moments incroyables en compagnie du python Gros Câlin et de son propriétaire Michel Cousin, trente-sept ans, employé modèle qui multiplie les subterfuges pour tromper sa solitude effarante et attirer l'attention, en particulier de Melle Dreyfus, une collègue de travail dont il est tombé amoureux.
Le python, il fallait y penser, c'est juste idéal. Pas vraiment l'animal de compagnie classique, mais ni casse-pied, ni bruyant, plutôt conciliant et très tactile. Ah, les gros câlins dont le héros raffole ! Quelle idée aussi de vivre avec un python en plein Paris : ça réserve forcément des surprises, et Émile AJAR, alias Romain GARY, entraîne son lecteur dans des rebondissements rocambolesques savoureux.
Finalement, j'admire beaucoup GARY d'avoir réussi ce tour de force d'être un remarquable écrivain dédoublé en deux auteurs. Avec ce premier roman signé AJAR, mon impression se renforce que AJAR, c'est GARY, le sérieux en moins et la gouaille en plus. Deux facettes d'un même miroir. Prodigieux !
Son sens de la formule fait mouche qu'il soit l'un ou l'autre auteur, et au-delà de l'humour, il nous donne matière à réfléchir. Ce roman n'est pas juste une fantaisie sortie de son imagination délirante.
Voyez vous- même quelques courtes citations :
" Il y a une mortalité terrible chez les sentiments.",
" La vie est une affaire sérieuse, à cause de sa futilité.",
" La tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres."
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Merik
  29 octobre 2017
Mr Cousin vit seul dans son deux pièces parisien avec son python Gros-Câlin de deux mètres vingt. Seul, vraiment ? Au lu de ses pensées en spirales digressives, en circonvolutions elliptiques ou autres louvoiements concentriques, on se demande en effet si ils sont pas plusieurs dans sa tête. Un vrai sac de noeuds que ses pensées écrites dans un but de traité scientifique, destiné à des curieux désireux d'en savoir plus sur la vie du python en cité. Mais un sac de noeuds à l'image de Gros-Câlin : "Je précise immédiatement par souci de clarté que je ne fais pas de digressions, alors que je m'étais rendu au Ramsès pour consulter l'abbé Joseph, mais que je suis, dans ce présent traité, la démarche naturelle des pythons, pour mieux coller au sujet".
Mais revenons à nos pythons. Si Cousin a décidé du haut de ses 37 ans de cohabiter avec Gros-Câlin, c'est sûrement à cause de ce "surplus américain » de lui-même « pour cause d'absence et de zéro", qu'il n'arrive pas à projeter sur un humain. Ah la solitude, et le besoin d'amour. C'est pourtant pas faute de fantasmer une idylle avec Mlle Dreyfus, sa collègue aux STAT en mini-jupe avec qui il voyage tous les matins en ascenseur entre Bangkok ou Singapore, sans presque lui adresser la parole.
Ce roman est délicieux, un délire virtuose, un vrai tour de force littéraire qui suit sans perdre le souffle les pensées pour le moins originales (parfois difficiles à saisir) d'un doux dingo attachant.
C'est drôle et jouissif, touchant aussi de tendresse refoulée.
Il y a aussi chez Gary un côté visionnaire qui m'impressionne : ce roman écrit en 1975 anticipe 30 ans à l'avance l'apparition des NAC (nouveaux animaux de compagnie) dans la solitude urbaine, le souci d'écologie avec un dernier chapitre réédité (mais les racines du ciel 20 ans plus tôt en avait déjà fait son sujet), l'invasion surpuissante de l'ordinateur (et en filigrane le risque des intelligences artificielles de nous supplanter) : « Et ce n'était pas peu, pas peu de chose, vu l'organisation mise sur pied par IBM pour empêcher l'erreur humaine, en vue de sa suppression.».
Un seul mot me vient à l'esprit, peut-être pas pour cet ouvrage en particulier, du moins pour cet auteur : génial !
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OlivierH77
  01 février 2015
Gros-câlin...et gros choc pour cette première rencontre avec Romain Gary ! Ce n'était pourtant pas forcément l'oeuvre la plus accessible et représentative du style de l'écrivain...Mais j'ai mis 5 étoiles, même si on n'est jamais sûr d'avoir tout compris. Saluons l'Artiste, avec panache et générosité.
L'intrigue est pourtant simple, M. Cousin qui vit à Paris et a un travail ennuyeux dans la statistique, s'est pris de passion pour les pythons. L'homme est pour le moins bizarre, et vit avec Gros-Câlin, son reptile chéri de 2,20 m dans son appartement. Toujours célibataire, son autre passion est sa collègue de travail, Irénée, une femme noire guyannaise avec qui il rêve de se marier.
Mais pourra-t-il la conquérir ? Ne se fait-il pas des films ? Y'a-t-il la place pour ces 2 amours ? Que faire d'un python dans une vie de parisien "normal" ?...et justement, cela tourne-t-il si rond que ça dans la tête de notre (anti)-héros ?
Disons-le, le style est extraordinaire, complètement unique. Des expressions, des formules très spécifiques reviennent comme un leitmotiv, elles tissent une petite musique originale. Loin d'être agaçantes, j'ai trouvé qu'elles traduisaient formidablement les obsessions du narrateur Cousin, et l'ambiance de schizophrénie permanente qui s'aggravera inexorablement pour cet homme-python (on ne sait plus très bien qui est qui, c'est l'osmose...) si seul...
J'ai eu pratiquement de bout en bout le sourire aux lèvres, et me suis surpris à éclater de rire à de nombreuses reprises : situations cocasses, dialogues surréalistes, et un art du contre-pied incroyable....une affirmation avancée à contre-sens de la logique commune trouve finalement une étonnante cohérence dans la tournure de pensée du héros. L'auteur s'en donne à coeur joie, c'est un festival, il transgresse, fait péter les limites et contre toute attente, fait ainsi honneur à la langue française.
Ce style ne nous fait pas oublier dans un second degré, un second temps, le grand désespoir, la solitude urbaine et peut-être l'absurdité de la vie qui étend sa toile au fil des pages.
Vivement d'autres lectures de Romain Gary, et heureusement son oeuvre est réputée riche en quantité, en qualité, et en diversité !
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gouelan
  15 août 2016
Michel Cousin est statisticien et vit à Paris. Il souffre de solitude au milieu de tous ces chiffres et de tous ces hommes, car lui n'est qu'1.
Il comble cette souffrance en se liant à un python. Le python lui ressemble, il s'enroule, fait des noeuds, il mue, et essaie de naître au monde.
Il vit de fantasmes en luttant pour se trouver une place dans cette ville.
Derrière cette métaphore du python, l'auteur nous révèle des vérités blessantes, angoissantes, sur la difficulté de vivre et d'être aimé. Une vision lucide de notre société, mise en lumière par l'humour, la tendresse et l'absurde. Parfois on se sent nous aussi un peu perdu au fil de la narration, aussi paumé et perturbé que Michel Cousin, ce personnage à la fois repoussant et attachant.
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Levant
  11 août 2015
Un lecteur non averti ferait connaissance de Romain Gary avec Gros-Câlin, il y a de grandes chances pour qu'il ne franchisse pas le cap de la cinquantaine de pages, tant il est déroutant, et classe de facto son auteur parmi les saugrenus à éviter.
N'espérez donc pas de lecture facile avec ce titre pourtant racoleur. C'est à dessein. Amateurs d'intrigues à suspens ou d'aventure sensuelle passez votre chemin. Vous êtes dans l'univers de Romain Gary, avec sa faculté d'abstraction, sa force de communication des émotions et son sens de la dérision. Dans ce registre, je recommande à ceux qui ne liraient qu'un extrait de cet ouvrage de le faire avec l'incursion de Gros-Câlin chez les voisins du dessous de chez Cousin, son héros ainsi nommé. (page 179, édition Folio) C'est du grand art.
La prouesse d'un tel ouvrage est dans sa faculté à l'énoncer de paroles sensées, portées par des propos incohérents. Et le travers du télescopage des idées. C'est l'expression de l'innocence du dément. Désordonnée mais surtout engendrée par la solitude et la carence d'amour. Et plus encore que d'amour à recevoir, d'amour à donner : "Je sais également qu'il existe des amours réciproques, mais je ne prétends pas au luxe. Quelqu'un à aimer, c'est de première nécessité". Le simple, dans sa modestie pitoyable.
Romain Gary n'a pas son pareil, non pas pour se glisser dans un personnage, mais pour y enfermer son lecteur. C'est parvenu à ce stade que ce dernier sera gagné par l'émotion. Car mieux que dans leur substance, c'est dans la forme des propos que le lecteur prend la mesure du désarroi de son héros. L'exercice est périlleux pour un auteur. Si le but c'est l'appropriation du personnage par le lecteur, il y a aussi grand risque de rejet. Il faut toutefois dire qu'à l'époque de la parution de ce livre, Romain Gary est arrivé au sommet de son art, à un stade de sa notoriété où il peut se livrer à des constructions extravagantes, des tournures syntaxiques et sémantiques qui sont autant d'outrages au bien écrire. La trivialité du vocabulaire est même dérangeante, voire choquante. C'est volontaire. Il cherche à communiquer un mal-être en mettant le lecteur lui-même mal à l'aise avec l'usage, et même l'abus, d'un langage très cru, très impudique.
Et suprême défi au monde littéraire, se jouant de la flatterie que pourrait lui valoir sa notoriété, il ira jusqu'à publier son ouvrage sous un pseudonyme, en parfait inconnu.
Mais voilà, le talent est là et on perçoit déjà dans cette publication le galop d'essai pour le prix Goncourt à venir. "J'étais en voie de disparition pour cause d'environnement" (page 285 - édition Folio) c'est déjà une expression qu'il aurait pu mettre dans la bouche de Momo, celui de La vie devant soi, qui paraîtra un an plus tard et vaudra à cet auteur "inconnu" la suprême récompense. La deuxième, pour cet arnaqueur sublime qui se sentait frustré d'avoir atteint le sommet après un premier prix.
Gros-Câlin, c'est l'expression d'un désarroi sans lamentation. La souffrance silencieuse d'un handicap, celle que procurent la solitude et l'indifférence. Ce cancer qui ronge les êtres dans la société moderne. Le serpent tropical dans la vie citadine, c'est une manière d'attirer le regard. C'est aussi un symbole. Celui de la froideur, au propre comme au figuré. La froideur du monde qui l'entoure et ne témoigne pas de cet élan de sympathie dont chacun a le plus grand besoin. En pareille sécheresse du cœur tout est bon pour glaner quelques gouttes de rosée, un peu de la fraîcheur de l'amitié. Tout sauf les lamentations. Question de dignité. La provocation peut elle aussi être un moyen. Un python affublé d'un nom ridicule, mais évocateur, est un bon moyen. Un nom mal-seyant pour un être froid, dénué de sentiments, mais un nom qui dit tout. Enroule-toi autour de moi, Gros-Câlin, je te communiquerai ma chaleur. Je m'occuperai de toi. J'ai besoin de m'occuper de quelqu'un, fût-il un manchot stupide qui mange des souris. Car voilà bien le problème, un serpent ça n'ingurgite que des êtres vivants. C'est là que l'auteur qui se passionne pour toute forme de vie touche aux limites de son stratagème. Et s'il est un suspens dans cet ouvrage, c'est bien le devenir de cet animal pour qui son nouveau maître se refuse à condamner la moindre parcelle de vie pour le nourrir.
Les idées se télescopent en désordre le plus complet dans l'esprit de Cousin, ce héros en souffrance. Il ira jusqu'à s'assimiler à cet être froid dont il jalouse l'indifférence face au monde qui l'entoure, et s'imaginer gobant des souris.
Dans sa schizophrénie, il explore les occasions de succès. Il se tourne vers Jean Moulin et Pierre Brossolette dont les portraits sont accrochés au mur de ce deux pièces trop banal qui constitue son univers sans chaleur. Faut-il être mort en héros pour trouver grâce aux yeux des autres ?
Je n'écarte pas l'idée que cet auteur habile et subtil eût imaginé avoir atteint son but s'il dérangeait son lecteur au point de lui faire abandonner son ouvrage avant la fin. Cela signifierait qu'il ne se supporterait pas dans la peau de Cousin.
Car la fin justement, quelle peut-t-elle être quand on a perdu la raison ? En désespoir de sympathie des autres.
Alors si d'aventure Romain Gary (alias Emile Ajar) vous a rebuté avec Gros-Câlin, réconciliez-vous d'urgence avec lui en vous délectant de La vie devant soi, par exemple. C'est du garanti. Et plus si affinité, bien entendu.
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Citations et extraits (157) Voir plus Ajouter une citation
SeshetaSesheta   03 juillet 2008
Je vais entrer ici dans le vif du sujet, sans autre forme de procès. L'Assistant, au Jardin d'Acclimatation, qui s'intéresse aux pythons, m'avait dit :
- Je vous encourage fermement à continuer, Cousin. Mettez tout cela par écrit, sans rien cacher, car rien n'est plus émouvant que l'expérience vécue et l'observation directe. Évitez surtout toute littérature, car le sujet en vaut la peine.
Il convient également de rappeler qu'une grande partie de l'Afrique est francophone et que les travaux illustres des savants ont montré que les pythons sont venus de là. Je dois donc m'excuser de certaines mutilations, mal-emplois, sauts de carpe, entorses, refus d'obéissance, crabismes, strabismes et immigrations sauvages du langage, syntaxe et vocabulaire. Il se pose là une question d'espoir, d'autre chose et d'ailleurs, à des cris défiant toute concurrence. Il me serait très pénible si on me demandait avec sommation d'employer des mots et des formes qui ont déjà beaucoup couru, dans le sens courant, sans trouver de sortie. Le problème des pythons, surtout dans l'agglomérat du grand Paris, exige un renouveau très important dans les rapports, et je tiens donc à donner au langage employé dans le présent traitement une certaine indépendance et une chance de se composer autrement que chez les usagés. L'espoir exige que le vocabulaire ne soit pas condamné au définitif pour cause d'échec.
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SeshetaSesheta   03 juillet 2008
Lorsqu'on a besoin d'étreinte pour être comblé dans ses lacunes, autour des épaules surtout, et dans le creux des reins, et que vous prenez trop conscience des deux bras qui vous manquent, un python de deux mètres vingt fait merveille. Cros-Câlin est capable de m'étreindre ainsi pendant des heures et des heures.
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SeshetaSesheta   03 juillet 2008
Je sais parfaitement que la plupart des jeunes femmes aujourd'hui refuseraient de vivre en appartement avec un python de deux mètres vingt qui n'aime rien tant que de s'enrouler affectueusement autour de vous, des pieds à la tête. Mais il se trouve que Mlle Dreyfus est une Noire de la Guyane française, comme son nom l'indique. J'ai lu tout ce qu'on peut lire sur la Guyane quand on est amoureux et j'ai appris qu'il y a cinquante-deux familles noires qui ont adopté ce nom, à cause de la gloire nationale et dur racisme aux armées en 1905. Comme ça, personne n'ose les toucher.
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PiatkaPiatka   15 juillet 2013
Mademoiselle Dreyfus m'a adressé la parole et elle est tout de suite entrée dans le vif du sujet.
- Et votre python, vous l'avez toujours ?
Comme ça, en plein dedans. En me regardant droit dans les yeux. Les femmes, quand elles veulent quelque chose...
J'ai été à ce point secoué que j'ai fait une gaffe. Une gaffe terrible.
- Oui, il vit toujours avec moi. Vous savez, dans l'agglomération parisienne, il faut quelqu'un à aimer...
Quelqu'un à aimer...il faut être con, quand même, pour dire ça à une jeune femme. Car ce qu'elle a compris, à cause de l'incompréhension naturelle, c'est que j'avais déjà quelqu'un, merci beaucoup.
Elle est très jolie. Je pourrais la rendre plus belle encore, dans mon imagination, mais je ne le fais pas, pour ne pas augmenter les distances.
Le nombre de femmes que j'aurais eues si je n'avais pas un python chez moi, c'est fou. L'embarras du choix, c'est l'angoisse. Je ne veux pas qu'on s'imagine pourtant que j'ai pris un reptile universellement réprouvé et rejeté pour me protéger.
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PiatkaPiatka   14 juillet 2013
- Je voudrais vous demander à titre personnel pourquoi vous avez adopté un python et pas un animal plus comment dirais-je ?
- Plus comment dirais-je ?
- Oui. Plus proche de nous, quoi. Un chien, un joli oiseau, un canari ?
- Un canari ? Plus proche de nous ?
- Ce qu'on appelle justement les animaux familiers. Un python, ce n'est tout de même pas quelque chose qui se prête à l'affection des siens.
- Monsieur le commissaire, dans ces affaires-là, on ne choisit pas, vous savez. C'est des sélectivités affectives. Je veux dire, des affinités électives. Je suppose que c'est ce qu'on appelle en physique les atomes crochus.
- Vous voulez dire...
- Oui. On rencontre, on rencontre pas. Je ne suis pas de ceux qui mettent dans le journal une annonce de vingt lignes qui désire rencontrer une jeune femme de bonne famille, 1,67m, châtain clair, yeux bleus, petit nez retroussé et qui aime la neuvième symphonie de Bach.
- La neuvième symphonie est de Beethoven, dit le commissaire.
- Oui, je sais, mais il est temps que ça change...
...Le commissaire n'y était plus du tout, par habitude.
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