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Critique de Didili


Didili
  10 novembre 2012
Ma découverte de Romain Gary a commencé en 2005 avec l'excellent "La vie devant soi " un livre que j'ai beaucoup aimé. Une belle histoire entre un petit garçon arabe Momo et une vieille dame juive Madame Rosa.

A l'époque j'avais déjà été surprise par le style de Romain Gary qui prenant comme narrateur Momo en adoptait alors le style et le verbe plutôt haut en couleurs. Ce roman reçut le prix Goncourt en 1975 sous le nom d'Émile Ajar.

Dans l'angoisse du roi Salomon le procédé stylistique est le même sauf que là c'est Jean qui prends la parole avec une gouaille et un style purement fantaisiste. Jean est un accro du dico. dans lequel il cherche toutes les solutions aux différents problèmes.

"Je suis un fana des dictionnaires. C'est le seul endroit au monde où tout est expliqué et où ils ont la tranquillité d'esprit. Ils sont complètement sûrs de tout, là-dedans. "


Monsieur Salomon est un vieux monsieur juif qui n'a pas envie de mourir et qui pour tromper son angoisse aide les autres par ses largesses (il a fait fortune dans le prêt à porter) et la création d'un centre d'appel téléphonique : S.O.S.

Il va recruter Jean pour être son chauffeur et son livreur de cadeaux et aide en tout genre.

Jean est un jeune homme plein d'empathie pour les autres et Monsieur Salomon trouve en lui très certainement ce qu'il a été à son âge. Une belle histoire entre ces deux hommes là va se construire, une belle histoire d'amitié inter-générationnelle.

Il y a le personnage de Cora Lamenaire l'ancienne chanteuse, ex amour de Monsieur Salomon qui va être une femme qui compte dans la vie de ces deux hommes de manière très particulière.

"La chanson réaliste est un genre qui demande beaucoup de malheurs, parce c'est un genre populaire. C'était surtout à la mode au début du siècle, quand il n'y avait pas la sécurité sociale et qu'on mourait beaucoup de misère et de la poitrine, et l'amour avait beaucoup plus d'importance qu'aujourd'hui car il n'y avait ni la voiture, ni la télé, ni les vacances, et lorsqu'on était enfant du peuple, l'amour était tout ce qu'on pouvait avoir de bien."

Il y a aussi des personnages secondaires assez sympas : Chuck, Tong, Aline et Monsieur Tapu entre autre.

" Chuck dit qu'avec l'humour juif, on peut même se faire arracher les dents sans douleur, c'est pourquoi les meilleurs dentistes sont juifs en Amérique. Selon lui, l'humour anglais n'est pas mal non plus comme arme d'autodéfense, c'est ce qu'on appelle les armes froides. l'humour anglais vous permet de rester un gentleman même quand on vous coupe les bras et les jambes, et que tout ce qui reste de vous c'est un gentleman. Chuck peut parle de l'humour pendant des heures parce que c'est un angoissé, lui aussi. "


Chukh énerve parfois Jean :

" C'est lui. C'est lui. Il passe son temps à se branler sur moi. Tantôt il dit que je suis métaphysique, tantôt il dit que je suis historique, tantôt il dit que je suis hystérique, tantôt il dit que je suis névrotique, tantôt il dit que je suis sociologique, tantôt il dit que je suis clinique, tantôt il dit que je suis comique, tantôt il dit que je suis pathologique, tantôt il dit que je ne suis pas assez stoïque, tantôt il dit que je suis catholique, tantôt il dit que je suis mystique, tantôt il dit que je suis lyrique, tantôt il dit que je suis biologique et tantôt il ne dit rien parce qu'il a peur que je lui casse la gueule. "


Dans ce livre il y a avant tout, le temps qui passe, la vieillesse, la peur de la mort, la peur de l'oubli, mais aussi l'amour.

" Quand on a aimé quelqu'un, il reste toujours quelque chose. "

" Quand vous êtes heureux, ça donne de l'importance à la vie, et alors on a encore plus peur de mourir."

Quand on sait que Romain Gary se suicidera peu de temps après la sortie de ce livre on comprends le rapport angoissé que Gary avait par rapport à la vieillesse. Il ne souhaitait pas devenir vieux ...

Un peu finalement à l'inverse de Monsieur Salomon qui nous dit :

Je vous préviens que ça ne se passera pas comme ça. Il est exact que je viens d'avoir quatre-vingt-cinq ans. Mais de là à me croire nul et non avenu, il y a un pas que je vous ne permets pas de franchir. Il y a une chose que je tiens à vous dire. Je tiens à vous dire, mes jeunes amis, que je n'ai pas échappé aux nazis, pendant quatre ans, à la Gestapo, à la déportation, aux rafles pour le Vél' d'Hiv', aux chambres à gaz et à l'extermination pour me laisse faire par une quelconque mort dite naturelle de troisième ordre, sous de miteux prétextes physiologiques. Les meilleures ne sont pas parvenus à m'avoir, alors vous pensez qu'on ne m'aura pas par la routine. Je n'ai pas échappé à l'holocauste pour rien, mes petits amis. J'ai l'intention de vivre vieux, qu'on se le dise ! "


Pour finir je vous dirais que j'ai apprécié ce livre mais que celui ci souffre de quelques répétitions et qu'il m'a paru long à certains moment. Je n'arrivais plus à apprécier Jean et le style m'a apparu un peu lourd parfois ... Néanmoins dans l'ensemble, c'est un livre intéressant.

Je vous invite donc à le lire et si vous ne connaissez pas cet auteur
je vous conseille de lire aussi et surtout le fabuleux "La vie devant soi"
que je garde précieusement pour occuper mes vieux jours.


Lien : http://imagimots.blogspot.fr..
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