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EAN : 9782070140541
112 pages
Gallimard (20/05/2014)
3.77/5   95 notes
Résumé :
Je pense ne plus avoir assez de vie devant moi pour écrire une autre autobiographie."
Ces paroles, dans cet entretien accordé par Romain Gary à Radio-Canada, serrent le cœur. Peu de mois après l'enregistrement, il mettait fin à ses jours, le 2 décembre 1980. Si l'on retrouve, dans la présente transcription de cet entretien, bien des confidences, des anec­dotes, des opinions déjà lues dans La Promesse de l'aube et La nuit sera calme, il faut le considérer com... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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enjie77
  01 novembre 2019
Quelle étrange sensation que cette lecture ! J'ai eu le sentiment, pendant tout le temps de ma lecture, que Romain Gary, assis devant moi, me racontait « le sens de ma vie ». Ces entretiens, accordés à Radio-Canada, peu de temps avant son suicide, le 2 décembre 1980, lèvent un modeste voile sur son oeuvre et sur son histoire !
C'est vrai qu'avec Romain Gary, nous ne sommes jamais certains de rien. Entre la légende dont il a entouré sa naissance, ses multiples noms d'auteurs et surtout, la mystification Ajar, qui lui a permis d'être le seul écrivain à obtenir deux fois le Goncourt, son image est entourée d'un halo opaque. Et rajouter à cela, toutes les théories des uns et des autres, il devient difficile de faire la part des choses. Mais certains biographes veillent comme l'excellente biographie de Myriam Anissimov, très fouillée, très bien documentée. Ce livre laisse transparaitre l'extraordinaire humanité de cet auteur qui a fait de sa vie un roman.
D'où l'intérêt de cet entretien qui vient en complément et met en lumière la complexité de cet auteur en rapport avec la complexité des évènements qui ont marqué sa vie. Mais il y a des passages comme les lettres que lui a envoyées Mina, qui fleurent bon la sincérité. Enfin, moi je veux y croire. Inconditionnelle, je lui pardonne tout et j'éprouve toujours ce même bonheur à mettre mes pas dans les siens.
Mina, quel impact elle a eu sur la vie de son fils ! Quel amour il lui porte ! Toutes ses injonctions, il les a réalisées mais a-t-il vraiment vécu sa propre vie ? Ce qui est certain c'est que Mina a mis au monde l'un des plus grands auteurs de cette deuxième partie du XXème siècle et je lui en suis reconnaissante.
Il ne parle pas de Jean Seberg. Mais pour ses lectrices et lecteurs, pour ses admiratrices et admirateurs, la fin de Jean restera un mystère !
J'ai écouté avec émotion ces instants où il raconte dans quelles circonstances il a écrit Education Européenne. Je me suis remémorée le billet de notre ami ODP31 qu'il avait écrit au sujet de ce livre. Comme quoi, nous entrons les uns et les autres, grâce et par la magie de la littérature, en résonnance avec les auteurs. Rien ne se perd !
A la fin de cet entretien, il dit :
« Je puis donc simplement dire que mon rapport avec les femmes a été d'abord un respect et une adoration pour ma mère qui s'est sacrifiée pour moi et un amour des femmes dans toutes les dimensions de la féminité y compris bien sûr celle de la sexualité. On ne comprendra absolument jamais rien à mon oeuvre si l'on ne comprend pas le fait très simple que ce sont d'abord des livres d'amour et presque toujours l'amour de la féminité ».
Et plus loin :
« Je voudrais simplement avoir encore le temps de continuer dans la même direction aussi longtemps que possible et je le dis tout de suite, pas tellement pour écrire d'autres romans et en tirer je ne sais quelle gloire, mais simplement par amour de la féminité, par amour de la femme et je crois que l'on trouvera cet amour, on trouvera cette fidélité dans mon nouveau roman qui s'appelle « Les Cerfs-Volants ». Et je ne voudrais simplement pas qu'il y ait plus tard quand on parlera de Roman Gary, une autre valeur que celle de la féminité ».
Chapeau l'artiste ! Jusqu'au bout tu auras été romanesque!
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JIEMDE
  11 juin 2021
« On ne comprendra absolument jamais rien à mon oeuvre si l'on ne comprend pas le fait très simple que ce sont d'abord des livres d'amour et presque toujours l'amour de la féminité …/… Et je ne voudrais simplement pas qu'il y ait plus tard, quand on parlera de Romain Gary, une autre valeur que celle de la féminité ».
Ainsi parlait Romain Gary quelques mois avant sa mort dans un entretien radiophonique autobiographique intégralement restitué dans le sens de ma vie, préfacé par le grand Roger Grenier. de sa naissance en Russie au début du XXe siècle à sa reconnaissance littéraire, Gary passe en revue toutes les facettes d'un homme aux mille vies.
Défilent ainsi le résistant, le soldat, le diplomate, le journaliste, le scénariste et, bien entendu, l'écrivain, le seul officiellement connu à l'époque avant la révélation posthume du double. Des anecdotes, drôles ; des rencontres, nombreuses, certaines plus marquantes que d'autres : l'admiration pour De Gaulle, l'irrésistible Groucho Marx, l'ami Gary Cooper et Jean Seberg, à la fois amour et blessure.
Si la première partie de sa vie marquée par la figure maternelle donne l'impression de relire La Promesse de l'aube, la confession finale sur le sens de la vie by Gary donne tout son intérêt au livre et surprend le lecteur peu familier de l'auteur. À l'aube de sa vie, il y parle écologie, identité ou féminité, avec simplicité et une touchante sincérité, même si avec un tel esprit, le doute de l'entourloupe subsiste toujours…
Et religion aussi, lui le catholique né d'une mère juive et d'un père orthodoxe : « Je pense que si le christianisme n'était pas tombé entre les mains des hommes mais entre les mains des femmes, on aurait eu aujourd'hui une toute autre vie, une toute autre société, une toute autre civilisation ».
Le livre refermé, une seule envie : vite, un Gary !
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LaSalamandreNumerique
  07 août 2019
Je n'ai pas toujours la motivation et le temps nécessaires pour réaliser des critiques très détaillées et, parfois, le livre s'y prête peu. Jusqu'ici je m'abstenais alors d'écrire mais plusieurs amis m'ont dit qu'un avis bref les intéresserait. Donc je tente ce que je vais intituler « critique sommaire » [CS] en inaugurant avec ce petit ouvrage d'un grand auteur que j'adore : Romain Gary.
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« le sens de ma vie » est un entretien retranscrit avec Romain Gary, sa spécificité étant que c'est sans doute le dernier avant son suicide et, d'une certaine façon, son testament. Qui connaît bien l'auteur ne trouvera, sauf dans la dernière partie, pas grand-chose qu'il n'aura pas lu ailleurs, en particulier dans « La promesse de l'aube » et dans « La nuit sera calme ». Pour autant cette synthèse et, surtout, la tonalité du récit proposent un nouvel éclairage sur cette personnalité fascinante et complexe. En ce sens je le conseille vivement à qui est passionné par cet écrivain. Ajoutons que la lecture est très agréable, sans surprise, avec des anecdotes savoureuses.
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En revanche et pour qui voudrait découvrir ce romancier je conseillerais plutôt de débuter par ses grands romans ou ses deux autres livres autobiographiques (3 avec « Chien blanc » d'une certaine façon). Mes choix seraient, sans classement particulier : « Éducation européenne » (premier livre écrit alors que Gary combattait pour la France Libre en tant qu'aviateur), « Les oiseaux vont mourir au Pérou » (recueil de nouvelles), Lady l'(très drôle), « Les têtes de Stéphanie » (distrayant et marqué par les expériences diplomatiques de Gary), « Les racines du ciel » (Goncourt et « premier roman écologique »), « Chien blanc » (témoignage très marquant sur le racisme aux USA ), « La promesse de l'aube » (Les relations du jeune Gary avec la femme parfois sidérante qu'était sa mère, ouvrage majeur), « Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable » (livre de réflexions sur l'impuissance et le déclin en général, des hommes comme de l'occident, fort intéressant), « Les cerfs-volants », livre optimiste écrit juste avant le suicide de l'auteur, charmant et profond… Je me limite à cette courte liste à regret tant les livres remarquables de cet écrivain sont nombreux !
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Bonnes lectures !
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Levant
  29 décembre 2016
Ce recueil tiré d'un entretien réalisé pour la télévision canadienne, quelques mois avant la mort de Romain Gary, est un formidable éclairage sur la vie et l'oeuvre de cet auteur fabuleux. Bien que beaucoup trop court. Comme le flash de celui qui revisite son existence avant de basculer dans l'au-delà.
Il suffit de lire cette subtile conception, pour l'agnostique qu'il a été, entre la parole du Christ et la féminité pour reconnaître l'aura qui gouverne sa pensée intime dans tous ses ouvrages.
Indispensable pour qui se passionne pour cet auteur.
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Desmotscritiques
  30 septembre 2014
Imaginez un homme dont la carrière se compose de métiers comme livreur tricycle chez un glacier, serveur, journaliste, garçon de course, écrivain, mitrailleur, navigateur, bombardier, aviateur, diplomate, ambassadeur, consul de France à Los Angeles, chargé d'affaires en Bolivie, porte-parole aux Nations Unies, scénariste à Hollywood, auteur, metteur en scène, réalisateur etc… Cet homme n'existe pas me direz-vous, ou alors c'est un caméléon. Oui, exactement, c'est Romain Gary. le caméléon qu'on pose sur un tapis écossais et qui ne devient pas fou mais écrivain, dixit De Gaulle.
Romain Gary est l'homme aux mille facettes qui peint le monde avec la fureur de vivre. Il retrace son parcours, quelques mois avant de se donner la mort, dans le Sens de ma vie, entretien radiophonique de 1980 ici retranscrit. Un livre époustouflant.
On découvre une vie de chevauchée fantastique truffée d'anecdotes hilarantes et d'épisodes burlesques. Avec Gary, tout devient possible.
Le petit garçon russe, fauché, réalise un à un les voeux de sa mère dévouée, qui le voyait déjà en haut de l'affiche. “Tu seras un grand écrivain, tu seras ambassadeur de France”. Gary s'exécute et incarne chaque fantasme édifié par la figure maternelle. L'histoire a fait de lui un tombeur, marié à la belle Jean Seberg, un affabulateur précoce, un pittoresque faussaire de lui-même (deux fois lauréat du Prix Goncourt), une canaille à l'humour irrésistible, un “cosaque casseur”. Ce portrait de légende est bien éloigné de celui du Sens de ma vie. Gary est un Autre, qui dit ne pas avoir choisi sa vie mais ayant été vécu (vaincu ?) par elle. Un homme objet plus que sujet. "Vous me demandez de raconter un peu ma vie, sous prétexte que j'en ai une, je n'en suis pas tellement sûr parce que je crois surtout que c'est la vie qui nous a, qui nous possède." Entre strass et désespoir, le portrait d'un homme complexe. Gary brouille les pistes. Qui est-il vraiment ? Nul ne le saura jamais. Un magicien qui a le sens du tragique.
Pour connaître le sens de la vie de Romain Gary, lisez ce livre. Pour connaître le sens de la fin sa vie, lisez sa lettre d'adieu ci-dessous :
Pour la presse. Jour J. Aucun rapport avec Jean Seberg. Les fervents du coeur brisé sont priés de s'adresser ailleurs.
On peut mettre cela évidemment sur le compte d'une dépression nerveuse. Mais alors il faut admettre que celle-ci dure depuis que j'ai l'âge d'homme et m'aura permis de mener à bien mon oeuvre littéraire. Alors, pourquoi? Peut-être faut-il chercher la réponse dans le titre de mon ouvrage autobiographique, La nuit sera calme, et dans les derniers mots de mon dernier roman: “Car on ne saurait mieux dire”.
Je me suis enfin exprimé entièrement.

Lien : http://desmotscritiques.tumb..
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critiques presse (2)
Telerama   18 mai 2016
Ce destin aventureux, on le connaît, car l'écrivain l'a maintes fois raconté, parfois aussi romancé dans ses livres, mais on ne se lasse pas de l'entendre décliner de nouveau.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro   13 juin 2014
Les entretiens qui paraissent aujourd'hui en disent beaucoup sur cette complexité et cet homme torturé, jamais satisfait de son sort.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Achab1970Achab1970   27 janvier 2023
...il faut que je vous dise une chose pour montrer le chemin parcouru dans la prise de conscience depuis la publication des Racines du ciel en 56. C'est que je m'étais trouvé à l'époque à la table de Pierre Lazareff, le directeur de France-Soir, et il y avait une vingtaine de personnalités parisiennes, et à propos de mon roman, les Racines du ciel, quelqu'un a prononcé le mot "écologie". Sur vingt personnes d'élite, intellectuels ou personnalités parisiennes, il n'y en avait que six qui connaissaient le sens du mot "écologie". C'était en 56 et seize personnalités si je puis dire d'élite, un mot que je n'aime pas beaucoup, ignoraient le sens du mot "écologie". Les Racines du ciel a donc été un très grand succès, c'est un livre écrit en vain pour la défense des éléphants puisque l'on en massacre aujourd'hui soixante-dix mille oar an et que l'épouse d'un des grands chefs d'état africains est ou a été la principale trafiquante d'ivoire - cinq mille tonnes d'ivoire arrivent chaque année.
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Achab1970Achab1970   27 janvier 2023
Je ne connais pas d'autres valeurs personnelles, en tant que philosophie d'existence, que le couple. Je reconnais que j'ai raté ma vie sur ce point, mais si un homme rate sa vie, cela ne veut rien dire contre la valeur pour laquelle il a essayé de vivre.
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enjie77enjie77   31 octobre 2019
Dans la Préface, Roger Grenier écrit :

"La première fois que j'ai rencontré Gary - je ne me doutais pas qu'il allait devenir un ami si proche - il venait d'avoir le Goncourt pour Les Racines du Ciel, et il débarquait de Bolivie. C'était à l'hôtel Pont-Royal. J'étais journaliste à l'époque et le hasard fait que je suis allé peu après en Côte d'Ivoire, dans la réserve de Bouna, où le garde-chasse Raphaël Matta venait d'être abattu par les Lobis, une tribu primitive, parce qu'il voulait les empêcher de tuer les éléphants. Ce malheureux Matta avait eu la tête chamboulée par la lecture des Racines du Ciel. Il a écrit plusieurs fois à Romain Gary. J'ai vu le marigot où il a été achevé à coups de casse-tête après avoir été atteint par des flèches empoisonnées. Bientôt une légende s'est installée, l'inverse de la réalité. On disait que c'était l'histoire de Matta qui avait inspiré le roman."

"Dans cette ultime confession, Romain Gary évoque Les Cerfs-Volants qui est à ce moment-là sur le point de paraître, son dernier roman, un des plus beaux et des plus émouvants."
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tamara29tamara29   26 mai 2018
L’humour de Groucho Marx est pour moi très important, comme tout humour en général parce que l’humour est l’arme blanche des hommes désarmés. […] L’humour des frères Marx est un humour agressif, il est une contre-attaque, c’est un combat à l’arme blanche de l’humour. Il est plus pacifique, plus calme, plus gentlemanesque chez les anglais, où il est également très puissant, et il a retrouvé sa forme virulente, sa forme d’arme d’autodéfense en Amérique grâce aux juifs, dans la grande école littéraire new-yorkaise où nous avons connu deux prix Nobel, d’abord celui de Saul Bellow, ensuite celui de Singer et dont les représentants sont très nombreux : Malamud, Bruce J. Friedman, sans oublier l’auteur du Complexe de Portnoy, Philip Roth.
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PiatkaPiatka   22 mai 2014
Je trouve que c'est ce que j'ai fait de plus valable dans ma vie, c'est d'introduire dans tous mes livres, dans tout ce que j'ai écrit, cette passion de la féminité soit dans son incarnation charnelle et affective de la femme, soit dans son incarnation philosophique de l'éloge et de la défense de la faiblesse, car les droits de l'homme ce n'est pas autre chose que la défense du droit à la faiblesse.
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