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ISBN : 2070381722
Éditeur : Gallimard (11/10/1989)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 44 notes)
Résumé :

Les rapports du comique avec l'anxiété sont connus depuis Bergson, Freud et Chaplin ; après Buster Keaton, W.C. Fields, les Marx Brothers et bien d'autres, Woody Allen nous en donne aujourd'hui une exemplaire illustration. Le burlesque devient le dernier refuge de l'instinct de conservation. Je tiens cependant à mettre en garde le lecteur peu familiarisé avec mon genre de drôlerie : je demeure entièrement fidèle aux... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
latina
  09 février 2016
Romain Gary écrit bien.
Il ausculte avec dextérité le sentiment vain de la vie, celui que ressent l'homme qui ne se sent pas à sa place, ou encore la femme vieillissante qui se débat dans les filets de ses rides.
Il décrit tellement bien la venue soudaine de l'amour : « Ils n'entendaient plus que le silence, leur silence à deux, plein d'un sourd battement intérieur, tellement plus fort que le fracas dont ils étaient entourés, les masques grimaçants et la bousculade accentuaient encore leur sentiment d'intimité et d'isolement et cette naissance certitude d'avoir gagné enfin une terre autre, vraie, d'être debout sur cette autre et enfin humaine planète que l'on peut seulement être deux à habiter. »

Je suis enchantée par l'écriture de Romain Gary. Je suis touchée par tout ce qu'il dit.
Mais ici, j'ai abandonné.
Ce roman raconte l'histoire d'amour entre une jeune actrice qui ne connait rien de la vie et un homme qui en connait tout, qui a été combattre en Espagne pendant la guerre civile, en France dans la Résistance, et qui s'apprête à partir en Corée. La jeune actrice a un mentor follement amoureux d'elle ; enfin, un homme qui se voudrait son mentor, et qui dirige sa vie. Celui-ci avait engagé un homme pour empêcher que se produise LA rencontre, celle qui chavire les coeurs, qui bouscule le destin.
Evidemment, la vie se moque complètement des obscurs desseins humains...

Pourquoi ai-je abandonné ?
Parce qu'il me semblait lire un traité. Les dialogues me paraissaient tellement artificiels, tellement « bien dits », tellement « philosophiques », insérés dans des situations assez irréelles, comme après une nuit d'amour, que c'en était risible.
J'aurais mille fois préféré lire un essai philosophique traitant de la condition humaine, des rêves et des faiblesses de l'homme. J'aurais savouré chaque ligne sans être gênée par les agissements des personnages.
Voilà. Tant pis, je déteste abandonner un livre, arrivée même pas à la moitié.
D'autres en parleront mieux que moi. Je leur fais confiance.
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Levant
  13 avril 2018
"Viens. Manquons de génie ensemble."
Cette invite que Jacques Rainier adresse à Ann Garantier, deux personnages des Clowns lyriques, est aussi celle que Romain Gary adresse à son lecteur. L'impliquant par là dans la responsabilité de l'échec de la quête d'absolu qui a été le credo de toute sa vie. Une vie dans laquelle il s'est attribué un rôle de filtre de la nature humaine, à extraire les qualités et piéger les défauts.
Parce que son lecteur, tout comme lui, est affublé de la même nature. Une nature qui avilit tout ce qu'elle touche : la politique, la religion, la planète, ses semblables, tout, absolument tout. Y compris l'art quand il veut y donner un sens. Et même et surtout l'amour. Amour que Romain Gary ne conçoit que sublimé. L'amour vrai qui ne doit rester "qu'aspiration à l'amour", quand l'amant n'est en réalité, du fait de sa nature charnelle, qu'un consommateur.
Thème central de cet ouvrage, l'amour. L'amour de son prochain. Surtout si ce prochain est une femme. Une femme idéalisée, au point de la vouloir inaccessible, divinisée. Plus haut que cela, un amour de la féminité qui ne sera assouvi que dans l'inassouvissement. Une féminité qu'il ne faut pas déflorer, au risque de la spolier avec ses pattes sales, trempées au bain glauque et nauséabond de la réalité.
Cet Ouvrage est une véritable mise à l'épreuve de son lecteur. Il teste son assiduité à accompagner l'auteur jusqu'à l'épilogue des déboires amoureux de Willie Bauché, célèbre réalisateur d'Hollywood dont on vante l'harmonie du couple, mais dont l'épouse, Ann, est finalement partie avec Jacques Rainier, un aventurier idéaliste, gagné à toutes les causes humanistes. Romain Gary embarque son lecteur avec lui pour le faire convenir de sa propre complicité au naufrage de l'amour. Une façon de briser sa solitude, "cette prière jamais exaucée." Un lecteur qu'il a pourtant décidé de malmener avec un festival de dérision, d'ironie, de cynisme, d'obscénité parfois, pour le mettre lui aussi face à cette responsabilité. Car il appartient à la même espèce. Un lecteur qu'il met cependant en garde en introduction - en page 10 édition Folio - une précaution oratoire qui donne le ton, en forme de défi d'affronter moqueries et agressions qui foisonnent dans cet ouvrage.
Un ouvrage construit comme la divagation d'une nuit d'ivresse, propre à faire défiler sous les yeux de son lecteur des tranches de vie abracadabrantesques, dans lesquelles il reconnaîtra ses propres turpitudes. Les plus insensées, les plus grotesques, auxquelles sa nature le condamne. Un ouvrage dans lequel il invoque à plusieurs reprises Albert Camus, et tant d'autres notoriétés de l'édition, avec qui il se ligue contre ceux qui, pétris de certitudes, sont persuadés d'avoir raison. Quand de raison il n'est point sur cette terre. L'absurde, fait aussi partie des accointances de ces deux confrères qui n'ont recours au Très-Haut que pour lui reprocher d'avoir conçu un être aussi bas.
Les élans de la plus grande sensualité dont est capable Romain Gary et qui abondent dans cet ouvrage peinent à maîtriser les égarements loufoques, voire lubriques, qui interviennent en leitmotiv et renvoient l'homme à sa bassesse. Il en est de même pour les tournures poétiques bien inspirées que l'on reconnaît chez Romain Gary, mais dont l'inclusion dans pareil texte tourne presque à l'incongruité. La liberté de ton se frotte en permanence à la dignité. Étrange dichotomie dans laquelle il faut chercher l'intention de ce roman : choquer autant que séduire pour crier autant suggérer un désarroi qui tourne à la névrose.
Plus encore que dans ses autres ouvrages, j'ai senti chez son auteur le désespoir suinter par tous les pores de la peau. Au point de percevoir cette fois l'exaspération face à l'impuissance à changer le monde. C'est bien dans l'intention qu'il faut chercher son sens à pareil ouvrage trop souvent déconcertant, mais qui appelle au ralliement pour sauver l'homme de sa propre nature. L'intention est louable. Impliquer le lecteur dans cette quête d'idéal lui est apparu comme un devoir.
"Les hommes manquent de génie. Dante, Pétrarque, Michel-Ange… Épaves du rêve! Qu'est-ce donc que le génie, si nul ne peut l'accomplir sans fin dans le cri de la femme aimée.
Viens. Manquons de génie ensemble."
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meeva
  05 août 2016
Jacques Rainier (c'est bien le même nom que dans "Clair de femme", mais ce n'est pas le même personnage) est un idéaliste en attente de son départ pour de grandes causes et de belles idées.
Mais c'est l'amour qu'il va rencontrer inopinément, incarné par Ann, femme mariée à Willie Bauché. Ann est une actrice et Willie un impresario, leur union est donc de raison.
Tandis qu'entre Ann et Jacques, c'est bien de l'amour complètement irraisonné, sous forme de coup de foudre et lune de miel improvisée.
Voilà, voilà…
Publié en 1979, un an avant la mort de Gary, c'est un livre totalement désabusé qu'il écrit. En réalité, à ce moment-là, Romain Gary met de l'ordre dans ses papiers, ce que l'on fait croyant ainsi mettre de l'ordre dans sa vie. "Les clowns lyriques" n'est rien d'autre que la réécriture de son quatrième livre publié "Les couleurs du jour".
Alors on entrevoit que ce cynisme face aux idéaux, cette désillusion sur la nature humaine peuvent être des conséquences de la guerre. Mais il est étonnant que ce roman passe si bien pour un roman de vieux lorsqu'il ne l'est pas et quand je dis « de vieux » j'entends « de quelqu'un au bout de sa vie ».
Certains démons sont sûrement trop encombrants dans la vie (pour les connaisseurs, pensez à "La danse de Gengis Cohn" avec le commissaire Schatz et son dibbuk). Il est sûrement usant aussi d'avoir compris trop tôt la vie si intensément et dans ces conditions, il est difficile de durer trop longtemps, usant du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, les écrivains ont le droit de disposer de leur personnage, surtout quand il s'agit d'eux-même.
Pour en revenir au livre "Les clowns lyriques", c'est un de ceux que j'ai le moins apprécié de Gary. Pour moi, c'est comme s'il était resté à l'état de brouillon ou d'ébauche (alors que c'est une réécriture, c'est gênant…)
Bien sûr, comme d'habitude, Gary a le sens de la formule, ce dont il use et abuse souvent. Mais cela ne fait pas tout et il a indéniablement manqué quelque chose à ce roman pour qu'il m'emporte vraiment en terre garienne : une consistance à l'histoire. Parce que celle-ci peut se résumer à la rencontre de deux amants et à la valse-hésitation du mari trompé.
Un petit plus tout de même : une évocation un peu plus profonde du baron, si tant est que l'on puisse parler de profondeur quand il s'agit du baron.
Pour les non-initiés à Gary, ne prenez pas le risque de commencer par celui-ci.
Retenant un éclat de rire monumental, drapée du dégoût le plus humain pour l'humanité, je passe mon chemin pour retourner en Normandie.

Lien : https://chargedame.wordpress..
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MarianneDesroziers
  29 mai 2012
Dans ce roman, Romain Gary nous raconte l'histoire de Willie Bauché et Ann Garantier, le génie du cinéma et la belle actrice, un couple mythique d'Hollywood... mais fabriqué de toute pièce par Hollywood. Elle, à trente ans, rêve encore du prince charmant, attend désespérément que l'Homme de sa vie apparaisse devant ses yeux, que l'amour se matérialise. Lui, cynique et mal dans sa peau, atteint de multiples maladies plus ou moins psychosomatiques, redoute plus que tout que sa femme ne tombe amoureuse d'un européen, comme Ingrid Bergman avec Rosselini et comme elle soit bannie d'Hollywood pour des années.
Il se méfie particulièrement la France et l'Italie, pays bien connus pour leurs séducteurs et engage un homme pour surveiller sa femme et empêcher les hommes de l'approcher. Lors de leur voyage en France, ce qui devait arrivait arriva : Ann rencontre Rainier, un homme étrange qui a perdu un bras à la guerre et a prévu de repartir en Corée. Leur histoire d'amour magnifiquement évoquée par Gary se déroule dans la douceur du Sud et le parfum des mimosas, dans une petite maison, à l'abri de l'agitation du carnaval de Nice où il se sont rencontrés.
La suite sur le blog : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.fr/2012/05/les-clowns-lyriques-de-romain-gary.html
Lien : http://lepandemoniumlitterai..
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metraux73
  18 juillet 2014
Une oeuvre où ironie et cynisme riment avec lyrisme. Une histoire d'amour, un mythe hollywoodien, la guerre, la paix, tout cela soumis au cynisme de Romain Gary. On retrouve ici le style piquant mais juste de l'auteur avec cette volonté prégnante de dévoiler toujours plus les sentiments qui font l'être humain. le sucre de l'histoire d'amour de l'héroïne balance avec l'acidité du monde qui l'entoure. Si ce roman de Gary n'est pas mon préféré il reste toutefois agréable à lire, mais il est vrai qu'avec un tel auteur le risque de se tromper semble faible.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina   07 février 2016
On n’a pas le droit de juger une idée sur ce qu’elle devient quand elle se concrétise. Elle n’est pas faite pour ça. Une idée se casse toujours la gueule quand elle touche terre. Elle se couvre toujours de merde et de sang quand elle dégringole de la tête aux mains.
Une idée ne peut être jugée par aucun des crimes que l’on commet en son nom, elle ne saurait être trouvée dans aucun des modèles qu’elle inspire.
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latinalatina   07 février 2016
La vie est une rencontre, avait écrit le philosophe Martin Buber. Encore faut-il donner une chance à la rencontre, donner une chance à la chance.
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LevantLevant   13 avril 2018
Les grandes amours ... existent bien sûr, mais seulement à la façon des lignes parallèles qui ne se rencontrent jamais.
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MarianneDesroziersMarianneDesroziers   29 mai 2012
On disait d'elle que c'était une femme froide -cette froideur qu'on accorde si généreusement aux femmes que seul le soleil intéresse. Depuis des années, elle avait toujours su qu'elle était là, quelque part, à l'attendre, à l'appeler, elle ne savait où, à San Francisco, à Rio, dans un bistrot de Paris ou sur une plage du Pérou, et tout le monde croyait qu'elle avait seulement le goût des voyages, des fugues soudaines à travers les continents.
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MarianneDesroziersMarianneDesroziers   29 mai 2012
Il ferma les yeux pour mieux sentir ses lèvres sur les siennes et pour qu'il n'y eût plus d'ailleurs, rien que la douceur de la vie au goût de femme.
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