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Béatrice Vierne (Traducteur)
ISBN : 285197906X
Éditeur : L'Herne (03/12/2009)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 170 notes)
Résumé :
Au XIXe siècle, le petit village anglais de Cranford vit au rythme des discussions autour du thé et des entorses aux convenances. Au fil des saisons, Mary Smith rend visite à ses amies et connaissances. Elle est ainsi témoin de tous les grands et petits événements qui bouleversent la société de Cranford : deuils, scandales amoureux mais aussi manque d'argent. Car ces dames de bonnes familles se doivent de dissimuler leur pauvreté sous le vernis de l'élégance.
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  12 juillet 2013
Cranford est typiquement ce que l'on pourrait appeler "un bled". Allez, une bourgade, soyons généreux !
Campagne anglaise, XIXème siècle, thé servi avec des scones et parties interminables de cartes, voilà, le décor est planté.
Les protagonistes ? Une tribu de "dames", plutôt vieillissantes et ridicules, petites bourgeoises et petites baronnettes qui... s'ennuient ferme ! et se sont créé un microcosme impénétrable à toute personne ne pouvant produire 12 quartiers de "cranfordesse".
L'action ? aucune avec un grand A mais une multitude en minuscule.
La plume ? Très belle, très stylée, très typique, très "so british".
Mon impression ? Je pensais devoir me faire couper une jambe plutôt qu'avoir à écrire ces mots mais l'élégance de l'écriture de Mrs Gaskell ne m'a pas exonérée d'un ennui latent et parfois même d'un sentiment d'agacement proche du désintérêt pour les "aventures" des dames de Cranford.
Cependant, il est clair que le tableau que brosse l'auteur de cette société aux vues étroites ne manque ni d'humour ni parfois d'ironie. L'auteur semble avoir pleinement conscience de la vacuité des existences de ses héroïnes et elle s'en amuse tout en souhaitant nous en amuser. le seul hic, c'est que je suis dans une période de lecture où je recherche l'aventure et l'émotion, deux éléments que je n'ai pas trouvés dans cette oeuvre à laquelle je reconnais tout de même de la tendresse et de la générosité mais aussi, hélas, une insupportable propension à couper les cheveux en quatre.
Une fois n'est pas coutume, je recommanderais plutôt l'adaptation BBC de "Cranford" et la lecture de l'excellent "Nord et Sud" du même auteur.
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Marple
  19 mars 2017
Je pensais avoir affaire à une romance... Pas du tout ! A Cranford, cette toute petit ville imaginaire, il n'y a quasiment que des femmes, essentiellement des vieilles demoiselles ou des veuves désargentées.
Difficile dans ce contexte de trouver un homme pour une histoire d'amour, alors autant dénigrer le mariage et se concentrer sur les petites choses du quotidien : le thé, les convenances, les ragots, les rares distractions, les autres dames de la bonne société, les parties de cartes.
Autant dire qu'il ne se passe pas grand chose dans la bourgade et dans l'ouvrage... J'ai ainsi attendu pendant longtemps que l'histoire démarre, d'autant plus que les personnes des premiers chapitres disparaissent ensuite et que je m'attendais à les retrouver par la suite.
Elle n'a jamais démarré, et pourtant je me suis régalée. Car ces tout-petits événements qui rythment la vie des dames de Cranford sont racontés avec une délicieuse ironie et beaucoup de tendresse. Malgré leur air guindé et leurs manies ridicules, elles ont toutes un coeur en or et une personnalité attachante. Dommage pour elles qu'elles n'aient pas eu la vie qu'elles méritaient, mais tant mieux pour nous lecteurs !
Challenge Multi-Défis 20/52
Challenge XIXè siècle 1/10
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juliette2a
  17 avril 2013
Ah ! Quelle merveille !! Comment peut-on être déçu(e) par Elizabeth Gaskell ? L'une de mes romancières favorites (avec Jane Austen et les soeurs Brontë) m'a de nouveau charmée grâce à Cranford. Ce roman est particulièrement touchant, et très original, puisqu'il traite de la vie des habitants de Cranford, qui ne sont (presque !) que...des femmes ! La narratrice, Miss Mary Smith, nous décrit son retour dans ce petit village si cher qu'elle a quitté, et les petits évènements qui animent le quotidien de ces vieilles dames, parmi lesquelles, Miss Deborah et Miss Matty Jenkyns, Mrs. Forrester, Miss Pole, Mrs. Jamieson ou encore Mr. Hoggins, l'un des seuls hommes du village !
Le récit est sublimement raconté, dans une écriture toujours passionnante, où l'on ne s'ennuie pas une seconde, et qui nous permet de redécouvrir avec plaisir la vie en Angleterre au XIXème siècle...
Que dire de plus ? Bien évidemment, j'ai beaucoup aimé ces vieilles dames, fidèles, dévouées, adorables et finalement, très humaines, qui nous enchantent par leurs réunions de "Préférence", leur mépris du mariage, et leur fierté pour leur Cranford bien aimée...
Je ne peux donc, encore une fois, que vivement conseiller cette auteure talentueuse, qui ne cessera jamais de m'émerveiller !
A lire !!
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kuroineko
  29 septembre 2017
Je découvre la prose d'Elizabeth Gaskell avec ces Dames de Cranford. Il aurait pu prendre le titre très balzacien de Scènes d'une vie de province.
Cranford est une petite bourgade du Nord-Ouest anglais, un peu en dehors des routes principales. Comme l'indique d'entrée la première phrase "Cranford appartient aux Amazones". En fait d'Amazones résident dans ce charmant endroit désuet des veuves et autres vieilles demoiselles s'efforçant de maintenir leurs rang et dignité avec, il faut bien l'avouer, peu de moyens (et pas que financiers...).
La narratrice, Miss Mary Smith, a grandi à Cranford mais l'a quitté. Elle y retourne cependant chaque année en visite chez l'une ou l'autre de ses chères vieilles amies, toutes ses aînées. Peu d'histoire à proprement parler mais la peinture de la vie calme et surannée qu'on mène dans la bourgade entre tricot et rumeurs (plus ou moins... terribles, plus ou moins... avérées...), parties de préférence et de cribbage, thé et derniers potins (qui souvent datent un peu... comme la mode vestimentaire de ces dames).
Elizabeth Gaskell nous offre un panel de délicieuses anecdotes, truculentes, piquantes ou grotesques (comment récupérer une fort belle dentelle avalée par un chat...).
En toute affabilité, on échange modèle de bonnet et petites piques et allusions, entre deux tartines beurrées. L'oeil de Miss Smith est grand ouvert et ne résiste pas à pointer les petites mesquineries et les ridicules de la féminité cranfordienne. Sans pour autant masquer l'affection qui lie toutes ces femmes.
Le ton du récit pétille d'énergie et de fine ironie. Il n'est pas sans rappeler la plume de Jane Austen. Même s'il se passe peu de choses à Cranford, on ne ressent aucun ennui à lire ces scènes du quotidien. La lecture - accompagnée cela va sans dire d'une tasse de thé - procure un moment très réjouissant. Et donne grande envie de retrouver rapidement la belle vivacité de Mme Gaskell.
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cmpf
  13 août 2016

“Avant toutes choses, disons que Cranford appartient aux Amazones. Tous les locataires d'une maison dont le loyer excède une certaine somme sont des femmes. Si un couple marié vient à fixer sa résidence dans la ville, d'une manière ou d'une autre l'homme disparaît.”. “D'ailleurs les dames de Cranford n'ont besoin de personne. Comme l'une d'elles un jour me le faisait remarquer, un homme dans la maison ne cesse d'être dans nos jambes.”
Ainsi nous avertit Marie, la narratrice, que nous allons être dans un univers de femmes.
Cette jeune femme de la ville voisine de Drumble fait des séjours réguliers chez ses amies de Cranford. C'est donc elle qui nous présente ces dames de la bonne société, mais pas très riches, bien que cela soit sans importance puisque avoir de l'argent serait vulgaire. Tout est codifié dans ce monde fermé, depuis l'heure à laquelle on peut se rendre dans les boutiques, jusqu'au nombre de broches que l'on se doit de porter selon la personne à laquelle on rend visite.
Les distractions sont peu nombreuses, des soirées ou l'on discute des petits évènements et ou l'on joue aux cartes. Il ne faut donc pas s'attendre à beaucoup d'action mais à un regard à la fois tendre et amusé sur les relations et les habitudes de ces dames.
Vous l'avez deviné, c'est humoristique.
Une chose m'a cependant un peu gênée , la narratrice a visiblement un peu de recul par rapport aux règles de Cranford, sinon elle ne pourrait nous en parler comme elle le fait, pourtant elle agit comme les autres en affirmant avoir les mêmes sentiments.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   02 juillet 2013
- Quelle infinité de livres il possède ! fit remarquer Miss Pole [...]. Et qu'ils sont donc poussiéreux !
- [...] Votre cousin doit être un homme exceptionnel !
- Oh oui ! assura Miss Pole. Il n'arrête pas de lire ; mais je crains qu'il n'ait pris des habitudes de sauvage depuis le temps qu'il vit seul ici.
- Oh, sauvage est un mot trop dur ! se récria Miss Matty. Moi, je dirais qu'il est excentrique, les gens très intelligents le sont toujours !
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Gwen21Gwen21   25 juin 2013
[Elle] présentait, dans l'ensemble, l'aspect d'une maîtresse femme, bien qu'elle eût certainement méprisé l'idée moderne qui voudrait faire de la femme l'égale de l'homme. Son égale, vraiment ! Elle savait bien, elle, que la femme était supérieure.
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Cath36Cath36   21 novembre 2013
Nous étions six : quatre pouvaient faire une table de Préférence et pour les deux autres il y avait le cribbage. Mais toutes sauf moi (les dames de Cranford me faisaient un peu peur quand elles jouaient aux cartes car c'était leur occupation la plus sérieuse) tenaient à faire partie de la table de quatre...Ce dilemme fut bientôt résolu quand on entendit un drôle de bruit. S'il était pensable que la belle-soeur d'une lady pût ronfler, j'aurais soutenu que Mme Jamieson était en train de ronfler...
"C'est une vraie joie" murmura Melle Barker à la table à jouer où, en dépit de sa médiocre connaissance du jeu, elle écrasait impitoyablement ses adversaires, "une vraie joie vraiment, de voir comme Mme Jamieson se sent bien dans ma modeste demeure. Elle n'aurait pas pu me faire plus d'honneur."
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Josepha_AnhJosepha_Anh   08 juillet 2014
" Tenez-vous bien ! lança Miss Pole, en se carrant sur sa chaise avec l'air décidé de quelqu'un qui sait fort bien ce qu'il faut penser de la vie et du monde (et ces quelqu'un là ne marchent jamais sur la pointe des pieds et ne s'asseyent pas non plus sur le bord de leur siège). Tenez-vous bien, Miss Matty. Ah, on ne changera jamais les hommes. Tous tant qu'ils sont, ils voudraient absolument nous faire croire qu'ils valent à eux seuls Samson et Salomon - trop forts pour être jamais vaincus ou terrassés - trop sages pour trouver plus malins qu'eux. Je ne sais pas si vous avez remarqué comme ils ont toujours tout prévu, mais sans jamais vous mettre en garde à l'avance contre ce qui va arriver ; mon père était un homme, voyez-vous, et je crois connaître assez bien le sexe."
Arrivée là, elle dut reprendre son souffle et nous aurions été fort heureuses de meubler la pause nécessaire à la manière d'un choeur antique, mais nous ne savions pas quoi dire, ni quel homme lui avait inspiré cette diatribe contre la gent masculine ; nous fîmes donc chorus de façon très générale, en secouant la tête avec gravité et en murmurant à mi-voix : "Quant à cela, oui, il faut bien dire qu'on a du mal à les comprendre !"
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nanoucznanoucz   18 février 2010
Leur habillement n'est pas assujetti à la mode : comme elles le disent elles-mêmes : "Qui se soucie de ce que nous portons, ici, à Cranford, où tout le monde nous connaît ? " Et si d'aventure, elles partent en voyage, leur raisonnement est tout aussi solide : "Qui se soucie de ce que nous portons, ici, où personne ne nous connaît ? "
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