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EAN : 9782848862996
Éditeur : Lucien Souny (02/02/2010)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Au tournant de la cinquantaine. Antoine Sognat, fortune faite à Paris, décide de regagner sa province natale. Issu d'une fratrie de treize enfants, ce fils de modestes agriculteurs s'en est sorti à la force du poignet en créant à Paris une entreprise florissante et en faisant fructifier ses bénéfices. Mais il porte en lui un obsédant regret : il rentre au pays le cœur vide. En ce début de XXe siècle où l'âge d'homme avance à grands pas, il sait en effet qu'est venu ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
petitsoleil
  18 mai 2015
Un roman régionaliste émouvant. Une histoire en trois temps, qui retrace le destin d'Antoine, un jeune homme issu d'une famille nombreuse, la vie de Marie, puis leur rencontre "sur le tard", Antoine étant déjà âgé, bien plus âgé que Marie ... un mariage d'automne ...
L'évocation pudique et sensible de ces conditions paysannes nous touche, vies de labeur, familles très nombreuses épuisant parfois les mères, travaux des champs de moins en moins rentables et qui ne nourrissent pas toujours toute la famille, récolte et travail du chanvre, de la laine de plus en plus concurrencés par les importations de coton ... En cela, le livre m'a rappelé "Les saisons et les jours", roman américain proche par les thèmes abordés.
Simple et touchante aussi, la peinture des progrès de l'instruction : l'ascension sociale possible pour ces Auvergnats se faisant par l'Ecole Normale, pour les jeunes instituteurs et institutrices, ou par un long exil à Paris, pour des travaux souvent physiques mais grâce auxquels certains Auvergnats pourront revenir au pays plus riches, plus tranquilles. Deux ascensions sociales bien différentes, illustrées par les destins de Marie et d'Antoine.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
petitsoleilpetitsoleil   18 mai 2015
Il y avait huit enfants à nourrir autour de François et Antoinette, qui attendait le neuvième pour la fin de l'année.
Avec toutes ces bouches à nourrir, les Sognat devaient travailler de plus belle. Les journées étaient longues. (...)

Antoinette dirigeait les opérations avec vivacité. C'était une petite femme active, très travailleuse, d'un naturel toujours gai, coquette malgré sa condition sociale. Elle fut la première du canton à posséder un parapluie. Un colporteur vendant fils, boutons et autres articles de mercerie une ou deux fois par an lui avait présenté cet accessoire insolite pour l'époque. Elle avait tout de suite été séduite (...)

Les soirées d'automne et d'hiver étaient interminables, fatigantes, seulement éclairées par l'âtre. Mais c'était le moyen le plus efficace pour améliorer l'économie familiale. Le chanvre se vendait bien, même si la fabrication de toiles à Montsalvy commençait à décliner avec la concurrence de l'importation de coton.
François se lamentait :
- Tout ce travail durant des mois ! Pourvu qu'on vende bien quand ce sera le moment.
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petitsoleilpetitsoleil   18 mai 2015
La plupart des Auvergnats n'envisageaient pas de spéculer en Bourse, ce qui leur paraissait trop risqué et malhonnête. Ils préféraient travailler sans ménagement, la seule façon à leurs yeux de s'enrichir honnêtement.
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petitsoleilpetitsoleil   18 mai 2015
[Le passage évoque les écoliers du village, comme Antoine, l'un des fils de François et Antoinette Sognat. Antoine a maintenant onze ans ...]
Ils entrèrent rapidement dans la maison Madamour, la plus grande bâtisse du village, dont deux chambres avaient été réquisitionnées par la commune pour faire office de salles de classe durant la journée.
Le temps n'était pas encore venu de construire des écoles, ni de rendre l'instruction obligatoire. Ici, loin de tout, on enseignait aux enfants sur place, presque à domicile, ce qui facilitait l'assiduité.

Une personne désignée par le maire pour sa compétence et agréée par l'évêque pour sa moralité chrétienne se chargeait de l'enseignement, qui restait toutefois élémentaire : lire, écrire, compter et prier représentaient les quatre aspects de l'instruction nécessaire mais suffisante.
Il régnait un froid glacial dans ces deux pièces au plafond haut et au confort spartiate où six longues tables et quelques bancs étaient installés chaque matin par les enfants (...) Mademoiselle Victorine était l'institutrice. Elle arrivait de Montsalvy chaque matin sur une carriole tirée par un cheval et conduite par son cocher. Elle tenait son rôle avec conviction et générosité. (...)

A Montsalvy, chef-lieu de canton, la place accordée à l'instruction n'était pas meilleure. Une seule salle de classe de cent places avait été installée dans l'ancien réfectoire des moines pour une population de mille trois cents habitants, et un seul instituteur présidait aux destinées éducatives
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petitsoleilpetitsoleil   18 mai 2015
Depuis le XVIIe siècle, les Sognat sont laboureurs, producteurs de chanvre, et ils élèvent un troupeau de moutons pour vendre la laine. Ils ont quatre ou cinq vaches dans cette modeste propriété du village haut de Lalo, à quelques kilomètres de Montsalvy.

Situé aux confins de l'Auvergne et du Rouergue, ce lieu est à la fois d'une rudesse et d'une beauté inimaginables pour celui qui n'y est jamais venu.
C'est un paysage de puechs (puys) et de combes creusées par deux ruisseaux : celui des Garrigues et celui du Combal. Lalo est installé à califourchon sur l'un de ces bras de terre maigre et de schiste, entre ces deux vallées.

L'été lui donne des contrastes presque insolents : le noir des zones d'ombre qui descendent jusqu'aux ruisseaux rivalise avec l'éclat du jaune des herbes folles et le mauve des bruyères. Ce théâtre de lumière est à peu près la seule richesse des lieux.

Les Sognat, pourtant, ne se plaignent pas de ce relatif dénuement. Ils ont été façonnés par ce pays. Ils le maîtrisent en même temps qu'ils y sont soumis. Ils ont appris depuis toujours à vivre ici, entre la rudesse de l'hiver et la chaleur des trois mois d'été.

Les Madamour, les Sognat, les Astié, les Couderc, les Brommet vivent là, presque en autarcie, depuis des siècles.
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petitsoleilpetitsoleil   18 mai 2015
Ici, la nature n'est pas généreuse, le sol est ingrat, pauvre, rocailleux, gelé une bonne partie de l'hiver, sec et poussiéreux l'été, mais on y est né, on y mourra sans doute, et entre temps il y aura eu du bonheur.
Ce paysage, ivre de beauté et de lumière, vous plaque dans la tête une envie de vivre et d'aller de l'avant avec courage.
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