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ISBN : 2742767819
Éditeur : Actes Sud (03/05/2007)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 256 notes)
Résumé :
C'est par la traque puis la vengeance d'un fugitif que débute ce recueil de récits, et c'est dans l'énigme d'un meurtre inexpliqué qu'il se referme. Comme si une part de la vérité du monde - la plus inhumaine, celle qui stigmatise l'histoire intime ou collective - devait à jamais défier notre raison. De toutes époques et de tous lieux, les personnages de ce livre ont cette expérience en partage, qu'ils assument dans la proximité de la mort. Désespérés ou lucides, il... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
marina53
07 juin 2013
C'est un recueil de quatre nouvelles que nous offre ici Laurent Gaudé. On voyage avec lui, de Saint-Malo à New-York, en passant par Lisbonne et Maputo, la capitale du Mozambique. Mais ce n'est pas un voyage comme on pourrait l'entendre mais plutôt une exploration de l'âme humaine.
Dans «Sang négrier», Gaudé nous raconte l'histoire de ces esclaves noirs qui profiteront d'une escale à Saint-Malo pour s'enfuir et celle-ci mettra le capitaine du navire dans l'embarras.
Au «Grammery Park Hotel», on rencontrera ce vieil homme nostalgique de la femme qu'il a tant aimée et qu'il tentera de retrouver dans les couloirs de cet hôtel.
Le «Colonel Barbaque», détruit par la guerre, décidera de quitter la France pour s'installer en Afrique, emportant avec lui l'ivresse meurtrière.
Dans «La nuit Mozambique», on fait la connaissance de quatre amis qui ont pris l'habitude de se réunir autour d'un convivial petit plat préparé par l'un deux pour se remémorer les bons comme les mauvais souvenirs.
Même si j'ai trouvé ces quatre nouvelles inégales, il n'en demeure pas moins que tout le talent de Gaudé est avéré ici. Il réussit à donner une force incroyable à ces récits, empreints de nostalgie, d'amour, d'amitié mais aussi de complexité, de remise en question de soi, de la mort et de la nostalgie. La magie opère comme à chaque fois avec Gaudé... Il possède ce don de nous entraîner avec lui dans ses histoires, aussi cruelles soient-elles.
Dans la nuit Mozambique... lumineux...
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TerrainsVagues
19 juillet 2017
Etant d'un naturel à dire oui dès qu'on essaye de m'imposer non (ou le contraire), je dois dire que les auteurs à succès, dans leur majorité, me laissent froid, enfin pas intéressé. J'en ai vu passer de la critique de titres de Laurent Gaudé et forcément avec cet esprit de contradiction (un peu chiant pour tout le monde parfois^^) j'ai toujours fui, jusqu'à ce qu'un billet sur « de sang et de lumière » provoque un désir du genre vital. Ayant succombé avec délice au recueil de poésie, j'ai déposé les armes et suis allé enrichir ma PAL avec trois Gaudé. Restant sur une mauvaise expérience sur un bouquin de nouvelles d'un certain R. et n'ayant peur de rien, j'ai attaqué « Dans la nuit Mozambique », un recueil de… nouvelles.
Là, comme ça, à chaud… quel pied!!!
Quatre nouvelles où souffle un chaud effroi, quatre nouvelles où les vents contraires dépoussièrent les âmes consumées, quatre nouvelles ou la mort flirte avec le berceau de l'humanité, l'Afrique. Quatre fins de règne, quatre destins, des dizaines de souvenirs, des milliers de regrets, montant tels des volutes de fumée ressusciter les actes manqués.
Une profonde humanité parcourt ces pages malgré les lâchetés, la bêtise, l'innommable. Un rayon de soleil perce au coeur de la tempête intérieure de chacun, que ce soit par une vieille nappe en papier griffonnée sortie d'un placard de trente ans jusqu'à la mort attendue comme une délivrance.
Chacun est là devant ses faiblesses et trouve la force de ne rien oublier dans la confession de fin de parcours, chacun trouve le courage d'assumer ce qu'il a fait de sa vie.
Gramercy Park Hotel, la deuxième nouvelle, m'a juste laissé KO ou chaos, je ne sais plus très bien, tant l'impression d'avoir déjà baigné dans une atmosphère semblable par certains cotés a été présente. Secoué, essoré, j'ai adoré… avoir la gorge serrée.
Si Dans la nuit Mozambique la tragédie épuise le rêve, l'écriture de Laurent Gaudé permet au lecteur
de ne pas sombrer dans le cauchemar en restant éveillé au monde.
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delfina
11 janvier 2013
Les nouvelles que nous propose Laurent Gaudé dans ce recueil, écrites entre 2000 et 2007, nous permettent de voyager à travers les différents continents et les différentes époques. Leur point commun est la remise en question de soi mais aussi de l'humanité face à la mort.
Le protagoniste principal de chaque nouvelle est confronté à la mort soit par la guerre, la maladie ou la violence de l'homme. Il fait l'analyse de sa vie et de ce qu'il a vécu au seuil de la mort.
Sang négrier narre l'histoire d'un commandant qui a vu cinq esclaves s'échapper de son navire à Saint Malo. une traque se met en place dans toute la ville pour retrouver les évadés. Seul un d'entre eux ne sera jamais rattrapé ni châtié comme ses compagnons d'infortunes et se vengera de ses tortionnaires. L'âme du commandant sera marquée pour toujours par les lynchages et la violence dont a été victimes les cinq esclaves. La violence de la nature humaine est au centre de ce récit.
Gramercy Park Hotel raconte les pensées, les souvenirs et les regrets de Moshe S.Cravicz suite à une agression très violente dont il a été victime en bas de chez lui. Il se remémore son unique amour, Ella, et de leur mariage au Gramercy Park Hotel. Ce récit est tout en finesse, sensible. cette nouvelle est ma préférée car elle permet la réflexion sur la vieillesse, sur le fait d'être le dernier des vivants d'un couple ou même d'un groupe de la même génération. de plus, ce récit met en avant l'idée de la nécessité de vivre l'instant présent.
La nouvelle le colonel Barbaque relate la vie de Quentin Ripoll, soldat psychologiquemet mort et détruit après avoir vu tant de morts et de violence dans les tranchées de la Guerre 14-18. M'Bossolo, soldat africain mort de la grippe espagnole, lui sauvera la vie. Révolté de voir que des soldats africain sont morts lors d'un guerre qui ne les concernait pas dans l'indifférence la plus totale, il quitte sa vie en France pour partir en Afrique. Lors d'affrontements entre les français colonisateurs et les africains, il choisira le camp de son pays d'accueil et se fera appeler Colonel Barbaque. Ce récit est celui qui m'a le moins touché. j'ai eu plus de mal à rentrer dans l'histoire et à m'identifier aux personnages. Cependant, il met en avant les horreurs de la guerre ainsi que la politique des états colonisateurs.
Dans « Dans la nuit Mozambique », Amiceto de Medeiros, le commandant Paseo, le contre-amiral Da costa et Fernando Pimenta se retrouve dans le restaurant que tient Fernando comme ils le font parfois. Paseo leur raconte l'histoire de la fille de Tigirka qu'il a retouvé morte après un lynchage sur son bateau sans qu'aucune raison ne lui soit donnée. Une nouvelle fois, la nature humaine est le point central de cette histoire : d'un côté la violence des hommes et de l'autre le questionnement sur la violence perpétrée.
Ces différentes nouvelles, parfois à la limite du fantastique où les êtres disparus continuent de hanter les personnes qui les ont cotoyés, touchent le lecteur grâce à l'humanité et la sensibilité qui s'en dégagent. N'étant pas friande de recueils de nouvelles, je me suis surprise à aimer Dans la nuit mozambique grâce aux histoires tout en finesse que Laurent Gaudé a su écrire. La lecture est agréable mais nous permet aussi de réfléchir sur l'Homme et son existence (la violence, la haine, l'amour…).
A lire….

Lien : http://mapetitebibliotheque...
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zabeth55
02 juillet 2014
Avec son grand talent, Laurent Gaudé emmène au coeur et sur les lieux de ses histoires.
A bord d'un négrier, nous accostons à Saint-Malo avec le remplaçant du capitaine Brissac pour assister à une impitoyable chasse à l'homme. Vieilli, demi-fou, ces souvenirs le hantent.
A New-York, au Gramercy Park Hôtel, Moshe, devenu vieux, laisse déferler son passé et revivre son ancien amour/
Avec le colonel Barbaque, on sillonne l'Afrique pour finir par se laisser dériver sur une barque.
A Lisbonne, on écoute les discussions de quatre amis, anciens de la Marine.
Tous ces récits sont magnifiques.
Quelle magie pour nous faire voyager et nous imprégner de ces pays.
Quel talent pour faire vivre ces personnages et nous donner l'impression qu'on les connaît.
Chaque histoire est un pur ravissement et c'est avec délectation qu'on entame la suivante.
Le point commun entre elles, c'est, au moment du vieillissement, la nostalgie de ce qui fut beau et le poids des regrets et des remords.
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Blacksad
28 novembre 2012
Je persiste à penser que Laurent Gaudé est un des meilleurs auteurs actuels. Comme à son habitude, l'auteur écrit de manière très poétique, la langue est superbe, et transmet ce qu'il faut pour que le lecteur puisse s'immerger dans son récit. Je crois qu'ici, ma préférence va à "Dans la nuit Mozambique", ainsi qu'à Sang Négrier, qui sont toutes deux superbes, mais dans des thématiques et des ambiances totalement différentes.
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Les critiques presse (1)
LeFigaro21 septembre 2011
Laurent Gaudé réussit à donner une force et une profondeur à ses récits. L'auteur excelle dans les portraits : ils ne sont jamais faits d'un seul bloc, il cherche à rendre la complexité de l'être humain.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
TerrainsVaguesTerrainsVagues19 juillet 2017
J'aurais du mourir là bas, dans les tranchées.
(...)
Et M'Bossolo... Le seul qui méritait d'avoir son nom gravé dans le marbre. M'Bossolo, disparu à jamais avec la fin minable des vrais désespérés. Je me souviens encore de la force de ses bras qui me tenaient serré sur son dos. La boue. Tout autour de nous. Il avançait, lentement, et je sentais,moi, qu'il ne céderait pas, que rien ne pourrait plus l'arrêter. Les tranchées s'ouvraient devant lui pour le laisser passer. La voix chaude de M'Bossolo me tirait des limbes et lavait déjà mes plaies. Cette voix que je n'ai plus jamais entendue.
(...)
Je suis devenu noir ce jour là. Lorsque le médecin a constaté le décès. Je n'ai rien dit. Je l'ai regardé une dernière fois. Je suis devenu noir dans la petite pièce étouffante de l'infirmerie où les malades toussaient comme des tuberculeux. Les nègres crèvent entassés les uns sur les autres. Ils crèvent d'être venus chez nous. Ils crèvent de subir cette pluie qui vous glace les os. Et d'obéir aux ordres de cette guerre dans laquelle ils ne sont pour rien. Ils crèvent là. Par obéissance. Et générosité. Et rien. Ni médaille. Ni merci. On constate leur décès avec la rigueur d'un gendarme. Renverra-t-on les corps aux familles? Non. Ces nègres là n'ont pas de famille. La patrie. Juste la patrie. Un cimetière municipal fera l'affaire. Je suis devenu noir en pensant que M'Bossolo allait avoir froid pour l'éternité.
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michel.carlier15michel.carlier1530 janvier 2013
C'était comme d'entrer dans un lieu saint . Il n'y avait pas d'orgue , pas de famille ni d'amis , nous étions seuls , mais c'était comme une cérémonie . Ce jour-là , à l'instant où nous sommes entrés , je t'ai épousée d'un serment secret . Dans cette cathédrale feutrée où des grooms diligents s'agitaient en tous sens , dans cette église du monde moderne , nous nous sommes mariés , sans apprêt ni prière , avec , simplement, le regard partagé des amants qui se désirent et se taisent . Une nuit de beauté . Nous avons mangé dans notre chambre . C'était une pièce vétuste . Le téléviseur était suranné , l'air conditionné faisait un bruit effrayant , mais la chambre était immense . Le lit aussi . Nous avons fait l'amour . Les cris poussés dans ces draps furent les plus beaux cris de ma vie . Tu as dansé sur le lit , à moitié nue , à moitié ivre . Je t'ai regardée longtemps . J'étais heureux . Tu le savais .Cette nuit est la nuit gagnée de notre vie . La seule , au fond , que nous ayons sauvée . Mais elle est là , dans mon corps , sur mes lèvres , au bout de mes doigts . Elle est là .Nous avions décidé de ne pas dormir . Tu me parlais de ce que tu voulais faire . Tu parlais d'un nouvel appartement , des enfants que tu voulais . Je te caressais les seins , tu me caressais la main . Au petit matin , nous nous sommes endormis . Tes rêves , alors , ont dû avoir la douce splendeur du sommeil des vainqueurs . La nuit du Gramercy , nous l'avons bue jusqu'à la dernière goutte .
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TerrainsVaguesTerrainsVagues18 juillet 2017
Je suis le dernier. Tous ceux à qui je pense, tous ceux qui peuplent ma mémoire, tous ces noms que je connais, qui me rappellent un visage, sont des noms de disparus. Je suis un vieux drogué. La longue pipe de ma mémoire, sur laquelle je tire des bouffées de passé, emplit mon âme de visages morts et de sourires blessés. Tu règnes au milieu d'eux tous, Ella. Vous m'avez tous abandonné. Je suis le seul en vie. Le dernier à tenir. C'est horrible de solitude. Plus personne qui se souvienne. Personne à qui je puisse dire ton nom. Vous êtes tous partis. Je pense parfois que j'aurais mieux fait de mourir avec toi. J'aurais évité trente ans d'oubli et de vieillesse. Si j'étais mort avec toi, nous aurions presque pu dire que nous avions vécu heureux. Ta vie fut trop courte et la mienne trop étirée. J'aurais pu abréger cette attente, mais je n'ai pas eu la force. J'aime la vie, même seul, même comme ça. Lorsque je serai mort, c'est vous tous qui, une seconde fois, disparaîtrez. Je vous repasse, un à un, dans mon esprit. Il n'y aura bientôt plus personne pour se souvenir de nous, pour savoir comment nous étions fiers et ambitieux, comme le monde était léger entre nos doigts d'enfants. Nous allons rejoindre le peuple des morts. Pourtant nous avons été jeunes, comme tous ceux là. La ville était à nous.
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bgnbgn06 octobre 2014
Il faut que tout s’achève et que ce soit ici. Alors je continue à vivre. Je courbe le dos en marchant. Je sais que l’on me suit. La pluie me cherche. Les oiseaux se moquent de moi. Ne riez pas. Ne croyez pas non plus que je me repente. Rien ne me lavera de mes fautes. Je ne demande aucune rédemption. Je suis laid, je le sais.
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RubinowyRubinowy12 juillet 2014
Vous me dévisagez. Vous avez peur . J'ai quelque chose de fiévreux dans le teint qui vous inquiète. Je souris. Je tremble. Un homme brulé pensez vous. Je ne pas les yeux.Je sursaute souvent, au moindre bruit au moindre geste.Je suis occupé à lutter contre des choses que vous ne voyez pas, que vous seriez même incapables d'imaginer. Vous me plaignez, et vous avez raison.Mais je n'ai pas toujours été ainsi.Je fus un homme autrefois.
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