AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2742769323
Éditeur : Actes Sud (28/09/2007)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4/5 (sur 1488 notes)
Résumé :
À Catane, le commandant Salvatore Piracci travaille à la surveillance des frontières maritimes. Il sillonne la mer, de la Sicile à la petite île de Lampedusa, pour intercepter les bateaux chargés d'émigrés clandestins. Un jour, c'est justement une survivante de l'un de ces bateaux de la mort qui aborde le commandant, et cette rencontre va bouleverser sa vie.

Ce roman de l'exil et de l'espoir illustre le destin de ceux qui iront, quoi qu'il arrive, au ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (259) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  25 juin 2012
Le merveilleux , le fantastique , l'incontournable , le légendaire - j'en fais trop là , peut-etre ? - le Soleil des Scorta , je l'avais trouvé...correct tendance grose baffe sur le coin de la truffe ! La chance du débutant qui en était , quand meme , à son troisieme roman , que je m'étais dit ! Que nenni , Eldorado vient confirmer le talent de ce tout jeune auteur Français en traitant d'un sujet d'actualité toujours aussi récurrent avec une justesse de ton ébouriffante ( dixit Kojak ) assortie d'un regard distancié ( dixit Dalida) propre à le crédibiliser !
L'émigration clandestine , une statistique globale objet de bon nombre de fantasmes irraisonnés pour certains ( Hortefeux , Besson...) . Un sujet puissant ou l'humain y aurait enfin toute sa place pour d'autres ! Piracci , Soleiman et Jamal , Boubakar ( rien à voir avec France Gall , merci !) , sont les héros désenchantés de ce conte crépusculaire . Quatre destins uniques , quatre trajectoires distinctes tendant vers un ailleurs sublimé , quatre brutales désillusions confrontées aux murs d'une réalité politique bien trop pragmatique pour leurs reves idéalisés!
Piracci , capitaine de frégate solitaire , se rend compte du non-sens de sa vie ! Sauveteur patenté de ces forçats de la mer Nord-Africains toujours plus nombreux à vouloir rejoindre l'ile de Lampedusa , véritable sésame pour l'Europe , il n'en reste pas moins celui qui les confie aux divers centres de rétention , synonymes de retour au pays assuré , une fois sa mission accomplie . Sa seule échappatoire , démissionner pour tenter d'expier ses fautes passées et renaitre en ce pays qu'il ne connait que par les diverses nationalités qu'il arraisonne : l'Afrique !
Soleiman et Jamal sont freres . D'origine Soudanaise , ils prennent le parti d'un déchirant déracinement au profit d'une vie meilleure , ailleurs...Leur union fusionnelle fait leur force et leur donne le courage nécéssaire à ce périple qu'ils savent dantesque , à défaut d'etre mortel !
Gaudé , d'une plume simple , sensible et évocatrice , place l'humain au coeur de ce drame magnifique et cruel . En véritable conteur fictionnel se basant sur une réalité avérée , il narre magistralement avec force détails le terrifiant voyage de ces otages en devenir ! Otages de passeurs indélicats ; de capitaines de navire n'hésitant pas à les abandonner en pleine mer apres les avoir spoilés de tous leurs biens ; de ces carabiniers frontaliers , beaucoup plus zélés qu'humanistes , toujours prompts à ouvrir le feu sur ces fantomes haves , dépenaillés et affamés mais cependant déterminés comme jamais lorsque vient le temps de l'ultime épreuve !
Leur chimere a un prix qui a souvent le goût du sang...
Un récit coup de poing présentant deux trajectoires diamétralement opposées appelées à se croiser sur fonds de croyance Africaine . le propos est douloureux mais le ton jamais larmoyant ! Gaudé fait dans le factuel vériste en nous brossant magistralement le portrait de ces doux utopistes , véritables aventuriers des temps modernes !
Un beau et grand bouquin à mettre entre toutes les mains afin d'appréhender ce fléau non plus comme un chiffre abstrait mais comme une tragédie concrete mortellement ancrée en l'Humain !
Eldorado , tout ce qui brille n'est pas or...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          877
litolff
  04 octobre 2012
Un beau roman, pétri d'humanité, de ceux qui font réfléchir le lecteur ...
Un thème toujours très d'actualité car la tragédie des Africains qui tentent de gagner clandestinement l'Europe au péril de leurs vies n'est pas près de s'arrêter : tragédie humaine car bon nombre d'entre eux trouveront la mort sur le chemin de l'exil, tragédie identitaire pour tous ceux qui abandonnent leur pays et leur identité dans l'espoir d'un meilleur futur et au prix de leur culture. Et au bout du voyage, pour la plupart, la désillusion et l'effondrement de leurs rêves d'un avenir meilleur... Tragique et lucide, jamais larmoyant, j'ai personnellement été beaucoup plus touchée par Eldorado que par le Soleil des Scorta...
Commenter  J’apprécie          730
isabelleisapure
  01 novembre 2016
Je m'attends au meilleur lorsque j'ouvre un roman de Laurent Gaudé, je sais que je vais découvrir une histoire exceptionnelle servie par une plume précise et élégante.
Et pourtant je ressors chaque fois, bluffé, émerveillée, étonnée comme à une première découverte.
Après « Ecoutez nos défaites », j'ai eu envie de me replonger dans un texte plus ancien et j'ai choisi « Eldorado ».
En s'emparant du drame des migrants, l'auteur met le doigt là où ça fait mal,
mais il le fait avec respect pour chacun de ces destins brisés.
Quelle soit financière ou mentale, c'est le coeur de la misère qui emplit ces pages. On est tout autant face à une grandeur d'esprit, celle qui fait la noblesse de l'homme, que face à la stupidité aveugle qui en fait toute sa bassesse.
Même si la route et longue, la volonté et la rage des hommes à vouloir gagner leur « Eldorado » est plus forte que les supplices endurés.
"L'herbe sera grasse, dit-il, et les arbres chargés de fruits. de l'or coulera au fond des ruisseaux, et des carrières de diamants à ciel ouvert réverbèreront les rayons du soleil. Les forets frémiront de gibier et les lacs seront poissonneux. Tout sera doux là-bas. Et la vie passera comme une caresse. »
C'est un bel enseignement sur la nature humaine que j'ai lu avec passion, en me laissant porter par les mots de l'auteur, pour les images, les médias s'en chargent quotidiennement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          660
michfred
  23 octobre 2015
Un fantôme a dû me caresser sans que j'y prenne garde, comme pour Salvatore Piracci, commandant du Zeffiro, du côté de Lampedusa, chargé d'arraisonner les barques -épaves des migrants venus du Soudan ou de Libye . Oui, un fantôme a dû me frôler, en passant. Comme si j'avais fait "entrer chez (moi) une ombre " ...
Des frissons partout.
Un livre plus tout jeune (2001) , mais d'une actualité brûlante, d'une acuité terrible, qui vous traverse comme un coup de poignard et ouvre dans votre confort une route violente et impérieuse dont le sillage n'a pas fini de vous hanter.
Salvatore, le mal nommé, sauve des vagues les malheureux migrants pour mieux les renvoyer dans l'enfer qu'ils cherchent à fuir- Soudan, Libye, Irak, Syrie...la liste s'allonge au fil des drames de l'actualité.
Il les sauve du naufrage pour mieux naufrager leurs rêves d'Eldorado.
L'Eldorado de cette Europe fantasmée, terre d'asile, de paix, de travail et de fraternité...Il les envoie dans des centres de rétention d' où ils seront aiguillés vers leur pays d'origine, vers leur enfer personnel...
Jusqu'au jour où une femme demande à Salvatore une arme pour abattre l'homme d'affaires véreux, armateur du Vittoria, le bateau-poubelle abandonné par son équipage en pleine mer avec tout son chargement d'hommes, de femmes et d'enfants promis à une fin atroce, et responsable, singulièrement, de la mort de son enfant...
Le récit épouse cette prise de conscience de Salvatore et suit le parcours croisé de deux routes inexorables.
Celle de Salvatore, d'Europe en Afrique, vers une sorte d'expiation- rédemption, sans illusion ni foi, dans la solitude et le désespoir.
Celle de Souleiman, d'Afrique en Europe, vers un Eldorado mythique, dans la solidarité farouche d'une fraternité de substitution - son amitié indéfectible pour Boubacar le Boîteux, pour tenter de faire pièce à la solitude et à l'effroi.
Le réalisme violent de certaines scènes- le siège du mur barbelé de la frontière marocaine, à Ceuta- se mêle à la dérive hallucinée de Salvatore, de plus en plus nu, seul, dépouillé de lui-même, jusqu'à atteindre une sorte d'existence poétique et divine, qu'il accepte comme un destin.
Un très beau livre, qui résonne avec une intensité particulièrement dramatique dans le contexte actuel..

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          575
Fandol
  14 janvier 2019
Dire que ce livre de Laurent Gaudé a plus de dix ans et qu'il est toujours aussi actuel !
Entre temps, les lieux de passage ont changé, on ne parle plus de l'île de Lampedusa mais les drames restent les mêmes, les rêves d'Eldorado sont toujours aussi vifs et les migrants toujours plus nombreux, pas seulement vers l'Europe de l'ouest mais aussi vers les États-Unis et sans doute ailleurs…
Laurent Gaudé ne m'a jamais déçu, que ce soit avec La mort du roi Tsongor, La porte des Enfers ou encore Écoutez nos défaites. Alors, quand Élodie a proposé cette lecture, je n'ai pas hésité et je ne l'ai pas regretté.
Dans Eldorado, il aborde le problème par l'autre bout, du côté de ceux qui sont censés empêcher les migrants de se réfugier chez nous. Il s'attache donc aux pas du commandant Salvatore Piracci qui fait une rencontre qui va changer sa vie, dans les rues de Catane, en Sicile : « Il patrouillait le plus clair de son temps au large de l'île de Lampedusa et partageait ainsi sa vie entre son navire, les escales à Lampedusa et son port d'attache, Catane. » Pour lui, rien n'avait changé avant cette femme. Il y avait eu les Albanais puis les Kurdes, les Africains, les Afghans toujours plus nombreux…
Alors, l'auteur nous plonge dans l'univers de cette femme qui avait pu embarquer à Beyrouth avec son petit garçon de onze mois, avec des Irakiens, des Afghans, des Iraniens, des Kurdes, des Somalis, soit cinq cents personnes abandonnées en pleine nuit par l'équipage, sans eau, sans nourriture. C'est la monstruosité de ceux qui exploitent avec un cynisme sans pareil la misère de leurs compatriotes.
Avant de retrouver le commandant sur sa frégate, une partie est consacrée à Jamal et à son frère, Soleiman, qui préparent leur départ de Port-Soudan… Nous les retrouverons plus tard. En attendant, Laurent Gaudé livre un passage palpitant qui prend aux tripes : « Reprendre les hommes à la mort. Les extirper de la gueule de l'océan. le reste, tout le reste, les procédures d'arrestation, les centres de rétention, les tampons sur les papiers, tout cela, à cet instant, était dérisoire et laid. »
Je ne peux en dire plus pour ne rien enlever à l'angoisse de la lecture de ce qui se passe ensuite. L'auteur nous emmène à Lampedusa, revient à Catane puis s'attache à l'épopée de Soleiman en Afrique du Nord, jusqu'à l'enclave espagnole de Ceuta.
Par une belle pirouette littéraire, Laurent Gaudé m'a offert un moment de grâce surprenant, une fin triste mais pleine d'espoir, peut-être la seule possible pendant que Soleiman tente d'atteindre ce qu'il pense être l'Eldorado
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          540
Citations et extraits (220) Voir plus Ajouter une citation
mumubocmumuboc   10 février 2019
Un combat entre lui et la mer. Rien d'autre. Reprendre les hommes à la mort. Les extirper de la gueule de l'océan. Le reste, tout le reste, les procédures d'arrestation, les centres de détention, les tampons sur les papiers, tout cela, à cet instant était dérisoire et laid. (p72)
Commenter  J’apprécie          40
mumubocmumuboc   10 février 2019
Il avait compris que le commandant entreprenait un de ces voyages qui ne se décrivent pas en termes de destination ni de durée. Il quittait tout. Sans savoir lui-même s'il reviendrait un jour ou pas. Alors Angelo recommanda son ami au ciel en se disant que les hommes n'étaient décidément beaux que des décisions qu'ils prennent. (p131)
Commenter  J’apprécie          10
mumubocmumuboc   10 février 2019
L'herbe sera grasse, dit-il, et les arbres chargés de fruits. De l'or coulera au fond des ruisseaux, et des carrières de diamants à ciel ouvert réverbéreront les rayons du soleil. Les forêts frémiront de gibier les lacs seront poissonneux. Tout sera doux là-bas. Et la vie passera comme une caresse. L'Eldorado, commandant. Ils l'avaient au fond des yeux. Ils l'ont voulu jusqu'à ce que leur embarcation se retourne. En cela, ils ont été plus riches que vous et moi. Nous avons le fond de l'œil sec, nous autres. Et nos vies sont lentes. (p111)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
mumubocmumuboc   10 février 2019
Je suis une bête qui fait mordre la poussière à ceux qu'elle croise. Je suis une bête charognarde qui sais sentir l'odeur de l'argent comme celle d'une carcasse faisandée. (p146)
Commenter  J’apprécie          20
mumubocmumuboc   10 février 2019
Depuis cette rencontre tout lui pesait davantage Le dégoût ne lui laissait guère de répit. Il rechignait à remettre ses pieds dans les traces de sa vie d'autrefois. Elle lui avait offert cela, peut-être, la gifle des pauvres, l'impérieux besoin de désirer. (p63)
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Laurent Gaudé (67) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurent Gaudé
Entretien animé par Maya Michalon Lecture par Ariane Ascaride.
D?Alexandre le Grand aux migrants de Lampedusa, de l?Afrique mythique au tremblement de terre d?Haïti, d?Hannibal le Carthaginois au terrorisme islamique, Laurent Gaudé entremêle dans son ?uvre les siècles et les continents, les guerres et les catastrophes, pour mieux révéler les convulsions et les possibles de notre temps. Cet écrivain n?a de cesse, au fil de ses récits, de mettre ses idées humanistes à l?épreuve de la fiction et de plonger avec douceur dans l?horreur du réel.
Dramaturge, romancier, nouvelliste, poète, il s?empare de l?écriture sous toutes ses formes afin d?explorer le vaste territoire de l?imaginaire. Prix Goncourt des lycéens et Prix des libraires pour La Mort du roi Tsongor en 2002, prix Goncourt en 2004 pour le Soleil des Scorta (traduit dans 34 pays), Laurent Gaudé est aujourd?hui l?un des plus grands écrivains français qui figure dans les programmes scolaires et enchaîne les succès en librairie.
Sur la scène de la Criée, avec la générosité qui le caractérise, il convie la comédienne Ariane Ascaride à lire ses textes, et le photographe Gaël Turine à projeter une série d?images réalisées en Haïti au cours d?un voyage commun qui l?a profondément marqué. Il évoquera sa passion pour le théâtre, son goût pour les voyages, mais aussi ses convictions et ses engagements, en premier lieu pour SOS Méditerranée et la question des migrants qu?il avait abordée dans son roman Eldorado, une ?uvre visionnaire, écrite il y a plus de dix ans. Un grand entretien tourné vers l?ailleurs et vers cet Autre que Laurent Gaudé sait si bien décrire en jonglant avec le pouvoir narratif de l?Histoire et la sonorité poétique d?une langue qui lui est propre. _
En savoir plus : ohlesbeauxjours.fr
+ Lire la suite
autres livres classés : migrantsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Laurent Gaudé

En quelle année est né Laurent Gaudé?

1965
1967
1970
1972

10 questions
101 lecteurs ont répondu
Thème : Laurent GaudéCréer un quiz sur ce livre
.. ..