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Cécile Pellissier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2210755336
Éditeur : Magnard (22/06/2009)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Salina, l'enfant de sel, petite étrangère venue d'on ne sait où, a été adoptée par le clan Djimba. Elle aime Kano, mais est contrainte d'épouser Saro. Brutalisée et humiliée, Salina refuse de se soumettre. Lorsque son mari meurt, Salina croit qu'elle va enfin connaître le bonheur... Mais ses espoirs se brisent rapidement. Elle ne se laisse alors plus mener que par la haine et l'esprit de vengeance, jusqu'à ce qu'une jeune femme lui apporte l'apaisement final. Cette ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  29 janvier 2015
Un vieil homme venu d'un monde lointain avec un bébé. Les pleurs incessants du nourrisson ne s'arrêtèrent que lorsqu'il atteint la ville. Les larmes avaient creusé des rigoles sur ses joues et sa peau avait le goût du sel. le clan Djimba qui la recueillit la prénomma Salina. Elevée avec les deux frères de la famille, elle se prend d'affection pour le plus jeune des deux, Saro. Malheureusement, elle est promise à Kano. Dès que son sang coulera, elle n'aura d'autres choix que de l'épouser et de lui donner des héritiers. Contrainte de se marier avec lui qu'elle hait de toutes ses forces, elle se jure de lui rendre la vie impossible, allant même jusqu'à délaisser l'enfant qu'elle a mis au monde. Lors du banquet du mariage, les barbares approchent, la guerre est imminente et tous les hommes s'en vont combattre, même Kano dont Salina espère la mort au combat...
Au coeur de l'Afrique ancestrale où Laurent Gaudé plante le décor de cette pièce en trois actes, l'on est soufflé par cette tragédie où s'entremêlent les passions, la haine et ce désir de vengeance qui anime Salina. Femme au tempérament de feu, elle n'aura de cesse de nourrir sa haine et de punir le clan Djimba. Contrainte à l'exil dans le désert, elle enfantera l'enfant de la haine. La colère et le mépris envers les Djimba la nourriront. Alternant les récits et les répliques, Laurent Gaudé nous offre une pièce épique aux héros au destin tragique. Porté par le souffle des mots, ce conte africain fait la part belle à cette femme si forte.
Salina, l'enfant de sel...
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palamede
  31 janvier 2019
Un drame antique venu d'Afrique.
Salina n'a que sa haine et son désir de vengeance pour laver l'affront des hommes. Forcée d'épouser le mauvais frère, toute une vie ne suffira pas à réparer ce qui a été brisé en elle.
Que l'on soit africaine ou d'un autre continent le poids insupportable des hommes est le même. Souvent les femmes, démunies face à la primauté masculine et aux traditions, n'ont d'autres choix que de s’incliner, et les quelques rebelles à subir l'opprobre de tous ou presque.
Laurent Gaudé, avec le style très particulier qui est le sien, fait une fois de plus mouche avec ce conte africain dédié à une femme qui refuse son sort. Les mots et les images de la tragédie de Salina, puissants et beaux, traduisent avec vraie amplitude une réalité universelle et intemporelle.
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zabeth55
  26 décembre 2018
Salina est une femme au destin tragique et solitaire.
A sa mort, son dernier fils raconte sa vie pour qu'elle devienne légende et que son âme repose en paix.
Salina, femme puissante et atypique au destin contrarié.
Salina qui eut trois fils, vécut trois exils.
Salina, forte et fragile habitante du désert.
Ah, Laurent Gaudé ! quel merveilleux conteur !
Comme il sait bien nous embarquer dans des vies improbables.
Comme il sait bien animer des personnages d'exception.
Le livre est court et se dévore en quelques heures et laisse en nous une part de Salina.
Encore un moment de bonheur littéraire que nous offre Laurent Gaudé.
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ValCar
  25 octobre 2016
Salina est une pièce de théâtre que mon fils a du étudier dans son programme de seconde générale . C'est par curiosité et pour pouvoir l'aider que je l'ai lue. Bon, allez, j'avoue et parce que je ne peux pas m'empêcher de lire un livre que j'ai entre les mains...!
C'est une pièce contemporaine, aux airs de tragédie grecque conçue dans un décor de désert africain, original non?
Ce qui la rend facile et agréable, c'est cette alternance de dialogues et de récits épiques des personnages.
Le texte se déroule sur plus de trente années, trente années de passions, de guerres, de sacrifices mais sous ces dunes ce sang : l'amour est omniprésent.
Salina est une enfant trouvée par un voyageur et recueillie par le clan des Djimba, peuple imaginaire. Elle est rebelle et si mystérieuse, on sent dès le début qu'une ombre flotte au dessus d'elle...
Adolescente, elle aime Kano, mais elle est contrainte d'épouser Saro le frère aîné de Kano.
Saro et Kano sont les fils de Sissoko le chef de la tribu Djimba et de Khaya son épouse.
Salina est délivrée de son mari violent et répugnant grâce une guerre contre une autre tribu.
Alors que Saro est blessé et agonise sur le champ de bataille, elle ne lui porte pas secours et le laisse mourir...Vengeance! La tribu finit par l'apprendre et elle est alors bannie de celle-ci.
Elle rejette et abandonne alors son premier fils Mumuyé aux Djimba, le dégoût qu'elle porte à cet enfant est difficilement supportable. Puis elle s'exile dans le désert où elle donne naissance à un deuxième enfant Kwane N'Krumba, qu'elle a conçu seule ? et qu'elle élève dans un esprit de haine envers la tribu Djimba en créant chez lui un désir de vengeance absolue.
Adulte, Kwane N'Krumpa revient dans la tribu Djimba et assassine le vieux Sissoko, en quelque sorte son grand-père, afin de venger sa mère.
Salina lui arrache ses vertèbres car, selon les croyances de la tribu, un mort ne peut trouver la paix que s'il est enterré avec toute les parties de son corps. L'auteur ne lésine par sur ses mots dans la description de ce meurtre et dans la profanation du cadavre, c'est insoutenable.
Salina éparpille ensuite les vertèbres de Sissoko dans le désert, afin que jamais personne ne puisse les retrouver. le vieux Sissoko ne connaîtra jamais la paix de son âme.
Mais Salina ne se doute pas que la vieille Khaya marche sur ses traces et Khaya ne le sait pas non plus! Elle parvient à retrouver une à une les vertèbres de son défunt mari sauf une !
Les deux femmes se rencontrent sans se reconnaître, cela fait tant d'années...On fait alors la connaissance d'une Salina aimante, dévouée pour cette vieille femme agonisante "petite mère, ne t'inquiète pas, je vais te soigner, je ne te laisserai pas..." et une Khaya fatiguée, résignée.
Quant aux deux frères devenus adultes, ils organisent un duel fratricide, l'un pour venger son père l'autre pour venger sa mère, quelle dureté dans leur propos, quelle haine ! Ce sont deux frères! Attaqués par une autre tribu au même moment, ils vont finalement combattre côte à côte et finiront par s'aimer en frères. Mais Mumuyé est gravement blessé, Kwane N'Krumba préfère lui donner la mort lui même , dans la dignité plutôt qu'il soit torturé et mis à mort par leurs adversaires.
Salina retrouve son fils Kwane N'Krumba blessé et à moitié enterré, celui-ci supplie sa mère de l'achever. Il ne pourra plus supporter cette vie, cette vie de vengeance pour laquelle il a été conçue.
Salina retourne à la tribu Djimba pour implorer le pardon à son premier amour Kano pour avoir exterminé sa famille ( c'est fou c'est pourtant elle la victime depuis le début!!) mais celui-ci refuse. Salina est considérée comme une sorcière, on l'évite, on la craint.
Elle est alors renvoyée seule dans le désert, elle n'a vraiment plus rien qui la raccroche à la vie. C'est fini, c'est injuste mais c'est fini...
C'est alors qu'Alika, la nouvelle épouse de Kano la rattrape pour lui offrir un cadeau, un cadeau d'adieu, un cadeau qui lui permettra de continuer de vivre...
Mais ça, je ne peux pas vous le dire...
Je vous conseille vivement de lire cette magnifique pièce, elle se lit en une heure et demi pas plus tant elle est passionnante et addictive.
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OSOLEMIO
  02 février 2019
Salina refuse de se marier avec Saro qui lui est imposé par le clan Djiamba qui l'a adoptée bébé, car elle aime le frère cadet Kano. Elle va rejeter cet époux brutal qui l'humilie et va lui faire un enfant en la violant ! Lors d'une bataille, elle va laisser Saro agoniser et de ce fait s'attirer le bannissement par la famille Djimba....
Elle part dans le désert ou elle va engendrer dans la haine un fils, Kwane N'Krumbra et elle va l'élever avec le gout de la vengeance...
Des années passent, et un jour ses 2 fils vont s'affronter en combat singulier...ils sont d'égale force mais Mumuyé le "batard " va être blessé par une balle ennemie et Kane N' Krumbra va le tuer avec un sabre takouba pour le laisser mourir dans l'honneur !
Mais Kane a eu le temps de découvrir l'estime et l'amour qu'il porte à son 1/2 frère , et de désespoir il va se laisser mourir dans le désert.
Salina réalise qu'elle a perdu celui qu'elle avait négligé et celui qu'elle a élevé dans la haine !
Elle va aller capituler devant ses ennemis de toujours, elle va être traitée comme une bête malfaisante, lapidée, insultée ...mais Kano vient lui offrir le pardon qu'elle refuse et, la douce Akila ( son épouse ) vient la réconforter !
Elle refuse de vivre avec eux et repart dans le désert crier sa tristesse, sa désespérance ....
Akila, qui a compris la détresse, les souffrances de Salina va lui apporter son dernier né à élever pour qu'elle puisse reprendre gout à la vie : c'est la paix des mères !
Salina va lui rendre la dernière vertèbre de Sissoko ( son beau père ) gardée pour l'empêcher de rejoindre ses ancêtres dans la mort !
Une belle tragédie classique, poétique avec une héroïne racinienne qui se bat avec courage, tenacité et grandeur face au destin pour avoir le droit d'exister, d'aimer, de haïr ...d'être une femme libre !
J'ai adoré cette pièce de théatre de Laurent Gaudé et le personnage de Salina !
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critiques presse (4)
Actualitte   17 décembre 2018
La langue de Gaudé, vibrant à travers Malaka, est une caresse sur nos âmes de lecteurs. Elle devient un chant d'espoir, pour toutes les femmes brisées, soumises et humiliées. C’est un texte où « tout s’achève et tout commence en même temps ». A lire à haute voix en attendant les fêtes.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeDevoir   19 novembre 2018
Le dernier roman de Laurent Gaudé, Salina, s’ancre dans un monde lointain, apparenté à l’Afrique saharienne, prenant racine dans une époque révolue. C’est un univers proche de celui des mythes anciens, mais qui, une fois apprivoisé, se révèle au plus profond de nous, intemporel et universel, puissant.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Liberation   22 octobre 2018
La sincérité de Gaudé n’est pas mise en cause. L’élan qu’il imprime à son texte en témoigne. Mais il ne parvient pas à mettre en œuvre la prose ascétique idéale qu’il vise. Quand il est content d’un épisode, il le répète.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   15 octobre 2018
Le dixième roman de Laurent Gaudé a la pureté toute simple des tragédies antiques, surchauffées par la hargne incendiaire d'une pétroleuse. En pointillé, il rappelle que les défunts ne continuent d'exister que si l'on s'en souvient.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   29 janvier 2015
Je suis morte, le corps entier dans la rivière,
Et l'eau fraîche a poncé ma vieille peau comme une pierre,
Jusqu'à ce qu'elle soit lisse et sans âge.
Je suis peut-être encore là-bas,
Bloquée entre deux branches d'arbres,
Ecoutant du fond de l'eau les bruits sourds de la vie.
Je suis peut-être encore là-bas,
Comme un galet de chair,
Témoin d'une vie révolue.
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marina53marina53   29 janvier 2015
J’ai satisfait les plaisirs du fils, on me congédie. Ils m’ont appris à saigner. Je vais leur apprendre à pleurer.
Commenter  J’apprécie          290
palamedepalamede   01 février 2019
« Le temps passe. » Cette phrase si courte à prononcer est une épreuve cruelle pour qui la vit dans la solitude. 
Commenter  J’apprécie          260
palamedepalamede   02 février 2019
... tout s’achève et tout commence en même temps.
Commenter  J’apprécie          260
lorettelaurelorettelaure   23 novembre 2018
Les hyènes viennent effectivement avec les premières lueurs du crépuscule……
Elles annoncent leur présence par leurs cris, longs, stridents, comme des grincements de dents. Ces cris de bêtes gourmandes font cesser un temps, les pleurs du nourrisson. A-t-il peur ? Sent-il, du fond de sa petitesse que ces bêtes vont planter leurs crocs dans sa chair, la fourrager, l’ouvrir avec appétit ? Son silence ne dure pas. Il se met à pleurer et ses pleurs guident les hyènes, qui s’approchent avec méfiance, découvrant que devant ce petit bout de chair qui les attire par sa faiblesse et sa vulnérabilité, il y a des hommes, une masse épaisse d’hommes, tout un village assis. Craignant de tomber dans un piège, mais attirées de façon irrépressible par cette chair qui leur est tendue, elles avancent en pliant l’échine, comme des chiens hésitants, redoutant le coup qu’on va leur porter. Elles couinent d’impatience. Puis, enfin, lorsqu’elles sont à deux mètres du paquet de linge, lorsqu’il ne reste plus qu’à étirer le cou et saisir par les crocs ces petits cris que rien ne fatigue, ….
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Videos de Laurent Gaudé (67) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurent Gaudé
Entretien animé par Maya Michalon Lecture par Ariane Ascaride.
D?Alexandre le Grand aux migrants de Lampedusa, de l?Afrique mythique au tremblement de terre d?Haïti, d?Hannibal le Carthaginois au terrorisme islamique, Laurent Gaudé entremêle dans son ?uvre les siècles et les continents, les guerres et les catastrophes, pour mieux révéler les convulsions et les possibles de notre temps. Cet écrivain n?a de cesse, au fil de ses récits, de mettre ses idées humanistes à l?épreuve de la fiction et de plonger avec douceur dans l?horreur du réel.
Dramaturge, romancier, nouvelliste, poète, il s?empare de l?écriture sous toutes ses formes afin d?explorer le vaste territoire de l?imaginaire. Prix Goncourt des lycéens et Prix des libraires pour La Mort du roi Tsongor en 2002, prix Goncourt en 2004 pour le Soleil des Scorta (traduit dans 34 pays), Laurent Gaudé est aujourd?hui l?un des plus grands écrivains français qui figure dans les programmes scolaires et enchaîne les succès en librairie.
Sur la scène de la Criée, avec la générosité qui le caractérise, il convie la comédienne Ariane Ascaride à lire ses textes, et le photographe Gaël Turine à projeter une série d?images réalisées en Haïti au cours d?un voyage commun qui l?a profondément marqué. Il évoquera sa passion pour le théâtre, son goût pour les voyages, mais aussi ses convictions et ses engagements, en premier lieu pour SOS Méditerranée et la question des migrants qu?il avait abordée dans son roman Eldorado, une ?uvre visionnaire, écrite il y a plus de dix ans. Un grand entretien tourné vers l?ailleurs et vers cet Autre que Laurent Gaudé sait si bien décrire en jonglant avec le pouvoir narratif de l?Histoire et la sonorité poétique d?une langue qui lui est propre. _
En savoir plus : ohlesbeauxjours.fr
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