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EAN : 9782812600647
119 pages
Editions du Rouergue (15/09/2009)
2.76/5   21 notes
Résumé :
" Nina voudrait dire un mot sur le village où elle a enfin mis les pieds, un mot de la chaleur, un mot qu'on dit à sa mère en rentrant le soir, mais une chose en entraîne une autre, si elle dit le village il faut dire l'escalier sombre, la maison haute, tout un écheveau qui se déroule comme les serpents sortent de la bouche des vilaines filles dans les contes. Alors Nina se tait. " Ils viennent ici depuis des années. Une maison de vacances, cachée dans une pinède mé... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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"Si rien ne bouge" est le second roman écrit par l'auteur, en 2009.

Le roman se passe sur une île méditerranéenne. C'est là que la famille de Nina passe chaque année les vacances d'été. Cette année un grand changement a lieu car Lise et Samuel, ses parents ont invité Sabine, une jeune adolescente de 17 ans issue d'un milieu défavorisé, à venir avec eux pour partager leurs vacances.

Pourquoi me direz-vous ? Parce que Nina étant fille unique, ses parents s'inquiètent de la voir toujours autant dans leurs jambes, de la voir s'ennuyer, de ne la voir fréquenter depuis son enfance qu'Alban, le jeune ado d'à-côté et ils aimeraient bien la voir un peu grandir.

Bien que Nina soit plus jeune, et Sabine plutôt mutique, les deux jeunes filles que tout oppose, deviennent très vite complices et Nina, qui semblait ne vouloir jamais grandir, devient de plus en plus indépendante, ne raconte plus rien à ses parents de ses journées à la plage, ni des garçons rencontrés, et créent une telle distance entre eux, que la situation devient intenable pour tout le monde, faisant regretter aux parents leur geste empli de générosité.

C'est alors que Samuel n'en pouvant plus décide d'emmener tout le monde en randonnée...

L'auteur a voulu parler de l'adolescence pas toujours facile à comprendre, mais aussi des relations entre deux ados qui peuvent devenir toxiques, Sabine poussant Nina à faire des choses pour lesquelles elle n'est pas prête, Nina voulant se détacher de son emprise mais n'y arrivant pas, les parents cherchant à intervenir mais ne réussissant qu'à aggraver la situation.

Le roman démarre en douceur, et même avec une certaine lenteur et se termine comme un thriller. le suspense va crescendo et la fin inéluctable que je ne vous raconterai pas, se termine par un nouveau mystère.

En fait, tout le livre est empli de mystère : le lecteur ne saura jamais ce que Sabine leur cache, ni qui sont ses parents. Son père est-il réellement mort comme elle l'affirme ? Sa mère est-elle cette jeune femme présentée à Lise comme telle ?

Il ne saura jamais non plus ce qu'il advient à Nina cet après-midi de chaleur où au lieu d'aller à la plage elle accepte d'aller dans la maison de Toni, l'ami de Sabine, l'enfant du pays, ni pourquoi elle se laisse entraîner à violenter Alban qu'elle connaît depuis son enfance.

Le lecteur doit lâcher prise, laisser libre cours à son imagination pour décider de ce qui se passe en réalité. Tout est dans les non-dits, les remarques, les regards, l'ambiance qui devient de plus en plus pesante et bien sûr dans l'écriture qui est remarquable.

L'auteur nous surprend, elle nous emmène en peu de pages (120 pages à peine) là où on ne pensait pas aller...

Elle dresse avec doigté le portrait psychologique de deux adolescentes de deux milieux différents et elle nous renvoie à nos propres peurs de parents, à travers le vécu de Lise et de Samuel, plutôt bobos et parents-poules qui pensaient faire avant tout une bonne action tout en distrayant leur fille, mais sont finalement pris à leur propre piège.

Leur ressenti est complexe car alors qu'ils sont au début, à la fois heureux de voir Nina grandir, ils se sentent ensuite dépossédés de leur fille, telle qu'elle était avant, puisqu'elle a changé d'un coup, et ne rêvent que de la retrouver ce qui est bien entendu, impossible à présent.

Un roman surprenant, qui aborde le sujet de l'adolescence sous un regard nouveau, celui de l'élément extérieur qui change tous les rapports de force entre les êtres d'une même famille, et les fait dont sortir de leur rôle habituel.


Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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N°431– Juin 2010

SI RIEN NE BOUGE- Hélène GAUDY – Éditions La Brune.

Une maison de vacances qui ne sert que quelques semaines par an, sur une île méditerranéenne avec pinède, piscine, la mer en contrebas, la maison des voisins... La même chose tous les ans depuis des années...

Le père, Samuel et la mère Lise ont invité Sabine (16 ans) à tenir compagnie à leur fille unique Nina, (14 ans). le lecteur se dit que jusque là, il n'y a rien de bien original pour une période de vacances, sauf que, rapidement, cette Sabine pose un problème. Les parents qui l'ont conviée à les accompagner se disent qu'ils ne savent rien de cette jeune fille dont le père est mort et dont la mère n'a pas vraiment donné l'impression de l'être lors d'une rencontre précédente. Son milieu social est différent du leur et cela se sent rapidement jusque dans les gestes les plus anodins du quotidien... Peu importe après tout, en vacances, les choses sont entre parenthèses, la vie est différente. Et puis il ne faut pas s'en faire et se poser des questions n'est pas vraiment de mise. C'est après tout un beau geste que fait cette famille aisée pour une adolescente moins favorisée...

Nina a avec ses parents des relations ordinaires, une petite complicité avec son père et avec sa mère parfois quelques difficultés, bref une famille ordinaire qui vit en autarcie. L'amitié souhaitée entre Nina et Sabine n'est cependant pas au rendez-vous. Les deux jeunes filles sont trop différentes Nina, qui est «  un enfant de vieux », est plus jeune, réservée, timide et même craintive tandis que Sabine est plus fruste, rebelle, libérée, peut-être plus expérimentée et avertie, plus âgée, plus perfide, plus « femme » en un mot. Elle se révèle même dominatrice, initiatrice ... de plus, elle ne semble faire aucun effort pour remercier les parents de Nina de cet intermède estival, ce qui, bien entendu perturbe un peu cette famille conventionnelle... Ces deux adolescentes semblent vivre cette période chacune à son rythme, à sa manière, sans réelle complicité...

Se succèdent des images de vacances adolescentes, le soleil, le farniente, un feu d'artifice et la rencontre de garçons. Toni forme avec Sabine un couple d'occasion et Alban, le fils des voisins retrouve Nina. On songe à des amourette de vacances, pourquoi pas? le drame final, davantage suscité que décrit, ne me fait pas changer d'avis, l'ennui a beaucoup accompagné ma lecture. le livre refermé, je suis assez circonspect!

Je suis peut-être passé à côté de quelque chose mais je ne suis pas sûr de partager les termes un peu laudatifs que révèle la 4° de couverture. L'écriture, simple et sans artifice, un peu brute parfois, ne m'a pas convaincu. Ce roman reste une sorte d'énigme pour moi, tout comme le titre puisé dans les paroles d'une chanson «  Regarde las-bas, au bout de mon doigt, si rien ne bouge, le ciel devient rouge ».

A la lecture de cette oeuvre, je n'ai pas vraiment eu envie de poursuivre la découverte de cet auteur.

Hervé GAUTIER – Juin 2010.http://hervegautier.e-monsite.com


Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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ILs ont voulu accueillir une jeune en difficultés, sans se renseigner plus que cela sur les parents, jamais rencontrés, ou la situation de famille. Ils ont un bon train de vie, sans difficultés majeures et une enfant unique. Nina arrive à l'âge ingrat de l'adolescence. Jusqu'ici, choyée par ses parents, elle n'éprouvait pas le besoin de sortir du cocon familial. L'arrivée de sa camarade de vacances va bouleverser les codes de cette famille. Si vous voulez savoir comme on fait rentrer le loup dans la bergerie, lisez ce livre ! Pauvres parents.


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C'est la quatrième de couverture qui m'a attirée, et ce roman que je croyais être le récit d'un apprentissage, du passage de l'enfance à l'adolescence, s'est révélé être un (presque) thriller psychologique. le huis-clos de cette famille bourgeoise qui accueille une ado défavorisée glisse doucement dans une violence sourde, baignée dans les non-dits, dans la provocation. Et le final, détonnant, s'achève lui-aussi sur une sorte de mystère, une situation ambiguë...

J'ai d'abord cru que l'intrigue ne m'emporterait pas tant le rythme de la narration, et le style (mais quelle est cette nouvelle mode, cette fâcheuse manie, de faire succéder des adjectifs sans les alterner par des virgules ? le souffle s'y perd, le lecture doit être reprise pour comprendre la phrase alors que le procédé narratif semble induire une accélération...je déteste ça !) m'agaçaient un brin. Et voila que l'ambiance l'emporte, le malaise se diffuse, et que je me prends au jeu. La tension monte d'un cran à chaque page, les profils psychologiques se dessinent plus précisèment, et la fin, cruelle, est inéluctable. Il était temps de chasser ce loup de la bergerie...

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Un peu plus d'une centaine de pages pour se faire balader par l'auteur pour une fin en eau de b...in ! de plus, le "mauvais rôle" étant donné à un pauvre toutou qui n'avait rien fait de mal : LA C'EST JUSTE DE TROP !!!

Impossible pour moi de comprendre où est censé nous mener l'auteure si ce n'est en bateau… sur une île !

Vraiment dommage car si j'ai lu ce court roman jusqu'au bout c'est qu'il n'était pas si mal ficelé au départ ; mais complétement "bâclé" sur la fin. Peut-être l'auteure aurait elle avoir la patience et la sagesse de mûrir davantage cet écrit avant de le faire publier.

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critiques presse (1)
Lecturejeune
17 février 2012
Lecture Jeune, n°132 - décembre 2009 - Un couple de petits bourgeois accueille Sabine, adolescente défavorisée, pour les vacances, dans leur maison familiale. Action bienpensante ? Désir d'apporter une compagnie stimulante à Nina, leur fille unique de 14 ans ? Après une période d'apprivoisement mutuel - Nina fait découvrir les beautés de la région à Sabine - le séjour se déroule paisiblement... jusqu'à ce que les relations entre les jeunes filles se dégradent et deviennent peu à peu malsaines. Car Sabine réussit à convaincre Nina de s'intéresser davantage aux sorties, à l'alcool et aux garçons, qu'à la pinède environnante. La tension entre les quatre personnages, en huis clos dans leur maison de villégiature, s'amplifie au fil des pages.
Hélène Gaudy décrit, avec beaucoup de justesse, la complexité des relations entre les parents et les adolescentes, mais aussi le rapport de fascination/répulsion et de dominé/dominant qui s'établit entre les deux jeunes filles. L'angoisse et la violence contenue des différents protagonistes envers l'inquiétante étrangeté de Sabine - dont personne ne connaît les origines ni même les parents - ne cesse de croître dans le roman. La fin de l'ouvrage devient presque insupportable tant la tension est à son apex. De plus, l'auteur ne conclut pas véritablement l'ouvrage, laissant le lecteur dans une position très déstabilisante. Ce surprenant refus d'achever l'histoire dérange et peut laisser le lecteur sur un sentiment mitigé. Marianne Joly
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (4) Ajouter une citation

Sabine n'a pas peur des détails mais reste compréhensive. Ce n'est pas grave que t'aies pas encore couché, t'es plus jeune que moi. Dans deux ans, quand t'auras mon âge, t'auras couché sûrement. Nina fait de moins en moins attention à ce que les mots de Sabine ont d'inhabituel, de brutal. Elle s'y coule avec une facilité déconcertante...

Ses parents sont étonnés du nouveau langage de leur fille.

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Quelque chose en elle s'est inversé. Quelque chose qui a à voir avec sa peau...

pourquoi n'a t-elle jamais ressenti cela, avant ? De quoi l'a-t-on tenue à l'écart, de quoi exactement, pour que lui soit étrangère cette sorte de joie qui doit bien, de temps en temps envahir les autres ?

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Au réveil, la forêt sera là, la même, se dit Nina pour que le sommeil la prenne tout à fait, pour cesser de se retourner dans le lit et s'endormir enfin, la forêt sera calme comme l'île au matin des roseaux. Son île de tous les ans, son île toujours pareille...

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Ils viennent ici depuis des années. Quand on a trouvé un endroit comme celui-là on n'a plus besoin de chercher ailleurs. Un lieu qu'on retrouve chaque été, exotique, constant, inchangé.

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Videos de Hélène Gaudy (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hélène Gaudy
En partenariat avec le festival Paris en toutes lettres, la BnF accueille chaque année deux écrivains en résidence littéraire. Cette année, Emmanuelle Bayamack-Tam et Arno Bertina proposent une restitution publique de leurs travaux respectifs.
Née en 1966, Emmanuelle Bayamack-Tam a publié aux éditions P.O.L. une douzaine de romans, ainsi qu'une pièce de théâtre, Mon père m'a donné un mari (2013). Elle a reçu le prix Alexandre-Vialatte 2013 pour Si tout n'a pas péri avec mon innocence et le prix du Livre Inter 2019 pour Arcadie (2018), une fable politique et écologique. Sous le pseudonyme de Rebecca Lighieri, elle écrit également des romans plus « noirs », tels Les Garçons de l'été (2017) et Il est des hommes qui se perdront toujours (2020). En 2019, elle publie éden, son premier roman pour la jeunesse.
Pour Emmanuelle Bayamack-Tam, la fonction de la littérature est de déstabiliser. Sa langue volontairement violente et organique aborde des sujets souvent provocants. « J'écris pour déranger. À commencer par moi-même. […] La littérature qui m'intéresse est celle qui fait bouger les lignes, qui déstabilise. Je n'attends pas qu'un livre me conforte dans mes idées reçues, ni qu'il me procure une sérénité factice. Quand j'écris, dès que je sens que le lecteur s'est tranquillement installé dans l'histoire, je le malmène. Je débusque toute position confortable, et je la détruis. », déclarait-elle en 2018.
Né en 1975, Arno Bertina a publié des romans et récits très variés, mais qui ont en commun la forme de l'enquête sur sa propre « identité mobile ». Je suis une aventure (2012) est une sorte de roman picaresque dont un des protagonistes est le tennisman « Rodgeur Fédérère ». Des Châteaux qui brûlent (2017) met en scène un huis clos d'une semaine entre des salariés d'un abattoir breton en grève et le ministre de l'Industrie qu'ils séquestrent. En mars 2020, L'Âge de la première passe, récit documentaire, relate le travail mené durant trois ans auprès de prostituées congolaises mineures.
Arno Bertina se dit également « passionné par les aventures collectives » depuis son année de résidence à la Villa Médicis en 2004-2005, durant laquelle il a coécrit la « farce archéologique » Anastylose (2006). Il a ainsi participé à toutes les aventures de la constellation d'écrivains à géométrie variable (Bruce Bégout, Mathias Énard, Claro, Maylis de Kerangal, Hélène Gaudy, Oliver Rohe…) qui s'est constituée en 2004 autour de la revue et des éditions Inculte.
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