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ISBN : 2072797616
Éditeur : Gallimard (20/09/2018)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 10 notes)
Résumé :
La drogue du viol est un thème à la mode, un sujet de société. Sauf quand le pantin qui tend ses seins et agite son cul, c’est vous, et que soudain, aveugle dans la nuit, vous êtes livrée à bien plus dangereux que des hommes, à votre imagination sans limites. Ils vous droguent. Ils vous violent. Personne ne le saura. Pas même vous d’ailleurs. Aucune preuve. Rien. Presque rien. Mais la vie ne sera plus jamais comme avant. Dans la nuit du Carmin, le club échangiste où... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Pivoine29
  18 mars 2018
La narratrice se réveille à l'hôpital, dans un sale état. Elle ne se souvient que d'une petite partie de sa soirée : le concert de rock auquel elle a assisté avec son amie Jules et le club échangiste où il l'a amené. Là les choses deviennent floues : une relation extatique avec un inconnu. Mais elle ne se reconnait pas dans les bribes de souvenirs qui lui reviennent. Elle est persuadée avoir été droguée. Mais elle n'a que la version de Jules pour y voir clair.
Anna, la narratrice, d'origine russe, est une femme à part. Journaliste TV, c'est une femme libre : elle s'est séparée après vingt ans de relation toxique avec son mari, un Argentin. Et venait d'en pincer pour Amar, un Berbère, dont elle était sans nouvelle depuis 10 jours : histoire finie à peine commencée ? Elle doit partir bientôt travailler à Hong Kong. Elle vit seule à la campagne dans un ancien bâtiment industriel. Attachée à ses origines russes et à son père, décédé, elle s'est tenir l'alcool. Mais pas la drogue. Tenace, elle cherche de l'aide autour d'elle, mais doit se débrouille seule pour découvrir la réalité. Son corps lui dit qu'elle a été droguée et violée. Mais peut-on porter plainte quand il n'y a pas d'autres témoins que son ami, et que si elle retrouve les acteurs de la soirée, ils risquent de se soutenir ? Comment porter plainte sans passer pour une femme délurée, qui l'a cherchée en allant dans un club échangiste ?
Tout le récit, à la première personne, suit la reconstitution par bribes de cette soirée. Forte tête, elle s'interroge et fait face. Son passé résonne avec celui d'Amar, son amant, homme au passé tortueux, mais qui l'aide à s'en libérer, sans agir pour elle. Une relation salvatrice pour une femme qui s'est retrouvé sous l'emprise d'hommes toxiques. Amar, comme un vieux sage, la pousse à y voir plus loin, à se reconnecter à ses ancêtres (qui ont fui l'Allemagne nazie, pour ceux qui ont pu y échapper).
Des personnages secondaires riches : Rémi, son chef, une relation de séduction platonique, une amitié infaillible [il agit à son niveau et fait jouer ses relations et connaissances informatiques pour faire fermer le club] ; l'avocate, concernée par le droit des femmes mais qui, au vu des éléments, lui déconseille de porter plainte, et de vivre. Huguette, sa voisine, qui savait, mais qui la soutient à sa façon. Et Jules, l'ami de 10 ans.
Un fait inhabituel dans un polar : la place de la sexualité au coeur de l'édifice romanesque, comme elle est un ressort vital. Oui les femmes ont des désirs ; oui elles prennent du plaisir. Et oui on peut se tromper. Ët oui ces relations peuvent être biaisées...
Un roman étonnant. Inhabituel. Glaçant parce qu'il peut renvoyer de la réalité. Mesdames, en soirée, si l'on vous offre un verre, allez le cherche vous-mêmes et ne le quittez pas des yeux...
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hcdahlem
  03 janvier 2016
Imaginez vous réveiller sur un lit d'hôpital sans pouvoir comprendre par quel mystère vous êtes arrivé là. La chose est déjà déstabilisante en soi, mais quand en plus les seuls souvenirs qui vous viennent en mémoire sont ceux d'un ami photographe vous déposant là, venant d'un club échangiste. « J'ai chanté. J'ai fait l'amour avec un homme. Au-delà des cinq premières minutes, je n'ai pas de visuel. »
Et cette certitude : « on m'a droguée, on m'a droguée. »
Petit à petit les pièces vont se mettre en place. Quel rôle à joué l'ami Jules ? Qui est ce Joël qui était aussi présent ? Lui a-t-on vraiment fait absorber la drogue du viol ?
« J'ai bien eu tous les symptômes… perte d'inhibition… somnolence… nausées… Mon cas est celui de milliers d'autres femmes (…) A forte dose ces produits se transforment en armes. Ils peuvent occasionner le coma, la dépression ou la mort. »
Le trou noir fait peu à peu place à quelques flashes, au karaoké, au bar, au sauna du club le Carmin. D'ami, Jules devient suspect, car il se contredit, livre des versions à la chronologie et aux acteurs changeants.
La certitude se fait petit à petit jour : Anna a été abusée durant ses trois heures de black out. Elle a été droguée et violée.
Dès lors se pose une question qui dépasse les soins hospitaliers et les analyses médicales. Que faire ? Porter plainte, mais contre qui et pourquoi ? L'interrogatoire au commissariat est très traumatisant. Car une femme victime de viol dans un club échangiste l'a sans doute cherché. « Une femme violée, c'est une meurtrière en puissance.»
Il faut dés lors mesurer les dangers des paroles et des silences. Pour son entrée dans la série noire, Brigitte Gauthier délaisse les codes du genre. Ici pas d'enquête, pas de policier, pas de procès. Après sa déposition, elle comprend qu'elle n'aura quasiment aucune chance de voir justice rendue. Que ses adversaires, à condition de pouvoir prouver leurs agissements, auront derrière eux bien plus que des arguments de défense : la bien-pensance d'une société qui n'admet pas les vies dites dissolues. Que le crime dont elle a été victime peut se retourner contre elle…
Dans les conte de fées, les victimes s'en sortent, le bien triomphe du mal et quelquefois, les mauvais sont vengés. Seulement voilà, dans le cas présent, il ne s'agit pas d'un conte de fées. Mais si le combat d'Anna pour se reconstruire ne sera pas totalement vain.
Un roman noir à conseiller aussi pour faire évoluer les mentalités sur l'un des crimes les plus odieux et sans doute le plus impuni de nos sociétés dites civilisées.
Lien : https://collectiondelivres.w..
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doublepage
  23 février 2016
Un sentiment étrange m'habite alors que je viens de terminer le roman de Brigitte Gauthier.
Est ce le sujet qui m'a dérangé( un viol après avoir été drogué), toujours est il que je ressens comme un malaise à cette lecture. Je n'ai pas vraiment adhéré à cette histoire, peut être est ce dû à l'incertitude qui règne tout au long de l'ouvrage .
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   03 janvier 2016
Je me réveille. Il est quinze heures. Jules est là. Il prend soin de moi comme s'il était de la famille. Ça me rassure de ne pas être seule. Il me demande comment je vais. Je fais une petite moue. Il me tend un verre de Doliprane.
« Je ne comprends pas ce qui s'est passé.
— Tu sais bien ce qui s'est passé.
— Non, pas vraiment.
— Tu n'as pas à t'en faire, je ne t'ai jamais lâchée. »
Jules a toujours su me donner l’impression que je n’étais pas seule au monde. Ses paroles m’aident. J’aimerais retrouver mes souvenirs mais je n’ai pas accès à toute une zone… Il y a eu le karaoké, le sauna, le bar et puis…
« Je me suis donnée à un mec… c’est ça ?
— Tu pourrais le reconnaître ?
— Non, enfin… Je ne sais pas. Il s’est penché vers moi.
— C’est venu naturellement. Tu l’avais bien… On peut dire tu… tu le pelotais. »
Je me souvenais d’avoir sucé un mec. Une sensation très ponctuelle. Juste cette douceur un instant dans ma propre douceur. Aucun mouvement, aucun acte, ni durée.
« Et tu faisais quoi ?
— Je te caressais les fesses… Au départ, j’étais côté fesses. »
Jules me tend mon yaourt.
« Il t’a caressé les pieds, les jambes et il est remonté tranquillement. Pas de manifestation évidemment de “non”, donc il a continué, il s’est rapproché… » Hypnotisée par ces images qui tournent en boucle dans ma tête, je commence à m’assoupir. Jules parle dans le vide. (p. 23)
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rkhettaouirkhettaoui   05 novembre 2015
Quand on vit en Nike toute l'année, entre deux séances de sport, se propulser en flamant rose le long du cours Lafayette, cela ressemblait à l'apprentissage de la poutre. Juchées sur nos talons de la nuit, on n'a pas le choix, on fait des petits pas, nos culs bien musclés prenaient l'allure d'une gelée anglaise qu'on secoue, on se tient plus droites et pour garder l'équilibre il n'y a plus qu'à jeter les seins en avant.
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rkhettaouirkhettaoui   05 novembre 2015
J'ai toujours eu peur du noir. Je n'aime pas les hôpitaux. Encore moins l'idée de m'y retrouver par surprise. Je ne dois pas être morte parce que je n'ai pas vu toute ma vie défiler. Je n'ai rien vu du tout.
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rkhettaouirkhettaoui   05 novembre 2015
J'avais toujours eu la capacité de me voir. Mes yeux bénéficient d'une fonction reverse. Ils peuvent filmer l'intérieur. C'est peut-être ce que les Orientaux appellent le troisième œil, celui qui permet de se voir à chaque instant comme si l'on se tenait devant soi de l'autre côté de la vie et qu'on pouvait suivre chaque geste, chaque tressaillement, de l'extérieur
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rkhettaouirkhettaoui   05 novembre 2015
J'avais toujours eu la capacité de me voir. Mes yeux bénéficient d'une fonction reverse. Ils peuvent filmer l'intérieur. C'est peut-être ce que les Orientaux appellent le troisième œil, celui qui permet de se voir à chaque instant comme si l'on se tenait devant soi de l'autre côté de la vie et qu'on pouvait suivre chaque geste, chaque tressaillement, de l'extérieur
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