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Alain Buisine (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253055204
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1991)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 136 notes)
Résumé :
Fables de vampires, histoires de doubles et de sortilèges, ce recueil évoque par bien des traits une taverne allemande d'Hoffmann, avec ses monstres inquiétants et ses fantômes grinçants. On y retrouve, en effet, les thèmes chers à la première génération romantique, et notamment sa fascination pour le fantastique venu d'Ecosse ou de Rhénanie. A ceci près, cependant, que Théophile Gautier imprime sa marque propre à cet univers trouble de la rêverie humaine : chaque r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
candlemas
  10 janvier 2018
Théophile Gautier est certes le chantre bien connu de l'art pour l'art des Emaux et camées (que je n'ai pas lus) ; mais il se saisit dans ses Contes et Récits fantastiques du roman fantastique gothique à la mode d'Hoffman, Mary Shelley et Bram Stoker. On est très loin du thriller angoissant moderne. Gautier nous plonge par touches délicates et poétiques dans des contes et récits puisant leur inspiration dans le rêve, l'exotisme et l'hallucination, ainsi que dans une connaissance érudite des temps anciens et des mythes.
A ce titre, malgré les prémisses parnassiennes bien présentes dans d'assez longues descriptions, on se meut encore en plein romantisme, mais pas seulement. Gautier s'échappe des classifications (gothique, romantique, parnassien...) par la richesse de sa langue et de la personnalité qu'il exprime : Ainsi, l'ambiance créée par Gautier évoque irrésistiblement les peintures symbolistes, les parfums lourds de l'orient, et les masques grimaçants dans la brume des canaux vénitiens. Mais à d'autres moments, ses personnages nous raccrochent à l'intrigue de manière plus moderne.
Personnellement, j'ai donc bien aimé, certainement autant pour la qualité de la langue et la beauté du phrasé (qui est aussi précis, et donc très lisible) que pour les récits eux-mêmes. Au delà de l'influence historique de Hugo et Balzac, j'ai pu apprécier l'esthétisme ironique de Gautier, qui renvoie à des cousins plus anglo-saxons, tels qu'E A Poe ou Oscar WIlde., en France plutôt à Gaspard de la Nuit ou aux ballades de François Villon.
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Nadou38
  15 juin 2019
Je ne connaissais que de nom l'auteur Théophile Gautier et c'est donc avec ce recueil «Contes et récits fantastiques» que je découvre sa plume, en compagnie de mon binôme jeeves_wilt. Et bien, il faut avouer que cette lecture fut un peu laborieuse...
Comment dire... Gautier m'a paru un auteur qui ait besoin d'étaler ses connaissances et sa culture pour avoir le sentiment de bien écrire. On est bien d'accord, c'est un ressenti tout à fait personnel.
Chaque petite histoire est prétexte à de longues, looooooongues descriptions chargées de vocabulaire soutenu (enfin pour moi en tout cas), de références littéraires, historiques et artistiques. A la base, c'est plutôt ce que j'apprécie, mais là, ça a été par moment l'overdose. Je n'arrivais plus à avancer, interrompue par mes recherches sur internet ou le dico, si bien que j'ai dû prendre le parti de laisser couler pour ne plus perdre le fil, ce qui est bien dommage vous en conviendrez.
L'autre élément qui m'a fréquemment agacée chez l'auteur, c'est sa vision de la perfection féminine qui ne peut être représentée que par une peinture ou une sculpture. Autrement dit, la perfection réduite à la plastique ce qui limite un peu la personne, n'est-ce pas ? Ce comparatif perpétuel à une oeuvre d'art me fut très pesant...
C'est vraiment dommage car l'auteur avait par ailleurs choisi des thèmes qui me paraissaient intéressants car offraient la possibilité de se projeter dans une autre époque avec cette vision romantique et/ou gothique du XIXème.
En effet, certaines nouvelles évoquent l'Antiquité (La chaîne d'or, le roi Candaule) dont la cité Pompéi (Arria Marcella, Jettatura), ou encore l'Egypte (Une nuit de Cléopâtre, le pied de momie).
Quelques nouvelles me furent agréables, je pense en particulier à Avatar et La toison d'or, où les femmes, merci, ne furent pas définies uniquement par leur belle plastique.
Bilan des courses : Ce recueil de Gautier m'a paru dans l'ensemble plutôt indigeste et je pense que mon aventure littéraire s'arrêtera là avec cet auteur. Avis semble-t-il partagé par mon compagnon de lecture, vu ce qu'il est ressorti de nos échanges.
Cela ne l'a pas fait, tant pis !
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Bibliolibra
  04 février 2012
Entre rêves douloureux et cauchemars amoureux, je me souviens de ces contes et récits fantastiques comme étant de réels assassins, à la fois tendres et cruels, du coeur et de l'esprit.
Univers rocambolesques d'êtres perdus, d'âmes en peine et d'anges déchus, j'ai tout particulièrement apprécié la Morte Amoureuse laquelle a réussi à s'extirper de son propre conte pour arpenter le fruit de mon imagination durant de longues nuits...
Des textes sublimes, une écriture fine et délicate, lire ces contes c'est se risquer à des voyages tristes et impétueux qui ne font qu'une bouchée de notre imagination.
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idevrieze
  05 mars 2013

Un homme va chez des amis et se retrouve dans une chambre d'amis pour le coucher. Alors qu'il y rentre le soir, tout se déroule comme dans un rêve. Les personnages sortent du tableau et commencent à danser. Et comme dans un rêve, le héros tente de dépasser sa peur. C'est là qu'il voit une charmante jeune femme au milieu d'eux, triste à en mourir mais tellement belle. Il décide de danser avec elle. Elle accepte et passe la nuit à danser avec lui et à parler. Ce jeune homme tombe très amoureux de cette jeune femme. Mais au lever du soleil, cette femme crie et disparaît. le jeune homme s'évanouit et s'aperçoit qu'il est seul dans la chambre et que la cafetière est brisée en mille morceaux !
Cette nouvelle est ici une nouvelle fantastique classique, une histoire de fantômes qui tentent de revivre un soir leur vie passée, d'accomplir ce pourquoi ils n'ont pas trouvé le repos. Il n'y a pas d'agression ici, et pourtant on ressent une énorme tristesse et aussi un peu d'effroi. C'est une métaphore de l'amour qui ne se réalisera jamais. La femme a pu connaître un moment d'amour et de bonheur une seule fois. Mais l'homme reste et va du coup être triste toute sa vie, car il ne peut avoir la femme aimée. Mais vaut il mieux ne pas connaître le bonheur du tout ou bien l'avoir connu une seule fois ? C'est sur cette interrogation que nous laisse l'auteur, en nous dessinant ce magnifique conte fantastique. La cafetière brisée reproduira ainsi le coeur brisé du jeune homme.
Un petit coup de coeur pour cette nouvelle que j'ai vraiment appréciée. On dirait une nouvelle à raconter au coin du feu lors d'une soirée Halloween.


Onuphrius
Un jeune artiste tente de peindre sa jeune amie, mais il sent une espèce de démon qui le condamne à faire ressembler le tableau à une autre personne. Jalouse, son amie le quitte. Il meurt et erre en voyant un autre homme usurper son talent.
Cette nouvelle est assez effrayante et parle un peu de la muse, du talent, ici représenté par une espèce de diable, de revenant. Ainsi, l'art est universel et ne dépend pas uniquement de l'homme. Quand un artiste disparait, il sera remplacé par un autre. Assez cruel non? Surtout qu'Onuphrius, lui, veut être un grand artiste et donc a une haute opinion de soi-même. Aussi, quelle est sa stupeur quand quelqu'un lui a "volé" son art et que sa fiancée ne se souviendra même plus de lui au bout d'un an. Cela relativise un peu les choses, l'importance que l'on a.
C'est en cela que cette nouvelle m'a fait réfléchir car enfin de compte, Théophile Gautier nous démontre qu'on n'est pas indispensable. Même s'il faut un démon pour le démontrer ^^


Ompale

Dans cette nouvelle-ci, on parle toujours de fantôme, mais qui s'est abritée dans une tapisserie fixée au mur, apparemment. Un esprit féminin, qui se sent seul, rode dans une tapisserie et se révèle au neveu du propriétaire du château (ou de la maison). Elle veut être aimée et faire découvrir les plaisirs au jeune homme. Bien évidemment, l'oncle refuse et vend la tapisserie. le neveu, lorsqu'il devient vieux, peut la reprendre mais laisse tomber.
C'est une très belle métaphore du désir, de l'initiation au plaisir que Théophile Gautier nous donne là. Car le désir n'est pas maître de lui même. Il permet toutefois de bien passer à l'âge adulte du moment qu'il reste contrôlé par la sagesse (l'oncle). D'ailleurs, lorsque le jeune homme devient sage, il renonce à ce désir là pour retourner aux aléas de la vie.
C'est aussi une petite métaphore du premier amour. Il démontre qu'on ne finit pas sa vie avec mais on garde un souvenir permanent de celui - ci


La Morte Amoureuse

Une petite nouvelle sur le thème du vampire que j'avais bien aimé, vous aurez la chronique ici


La pipe d'opium
Ici, une nouvelle totalement délirante sur une hallucination à l'opium. le jeune homme, après avoir fumé une pipe d'opium, se retrouve à rêver d'une femme nue qui n'a que du désir pour lui. Il voit des plafonds changer de couleur. Et il se réveille. C'est mignon comme tout, et je me demande à quel point l'auteur a fait des recherches pour la rédaction de son écrit :D

C'est toutefois un très bon conte sur le rêve (même un peu drogué pour le coup) qui permet de grandes métaphores sur la volonté de vivre des morts, celui de la jeunesse éternelle, qui nous met une petite morale à la Carpe Diem que j'ai beaucoup apprécié.

Le Chevalier Double
Vraiment un passage très sympa où l'on voit la matérialisation de deux périodes dans la vie d'un homme ou le reflet d'une double personnalité. Ici, une femme a un regard un peu coupable sur un Ménestrel et conçoit son fils le soir même avec son mari. Mais du fait ce regard juste, la faute retentit sur son fils qui aura deux personnalités : celle de son père et celle du ménestrel. Jusqu'au combat final avec lui-même, le fils ne pourra trouver la paix.
Ceci montre d'une manière un peu folklorique que la fidélité n'est pas que charnelle. Il suffit de pensées coupables pour qu'une famille entière souffre. Et jusqu'à l'extinction de cette pensée, la famille ne pourra pas être en paix.

Le Pied de Momie
Excellent conte sur un pied de Momie acheté par une personne pour se servir de presse papier. Est-ce une critique de l'auteur pour montrer qu'il faut être très puéril pour acheter des antiquités juste à des fins esthétiques, sans prendre en compte la valeur réelle de l'objet ? Sûrement. Mais cette fable fut très agréable à lire, sous des tons de Mille et une Nuit.
Elle serait réellement idéale pour une nuit d'Halloween

Deux acteurs pour un rôle
Cette nouvelle, par contre, montre la différence entre les rêves d'un homme jeune et les réalités d'un homme accompli. Cela montre par l'histoire d'un jeune homme ce à quoi on doit renoncer parfois pour le bonheur de sa famille. C'est en n'écoutant que son bonheur personnel que le jeune homme prendra peur, et pourra perdre son âme. C'est en pensant au bien de sa fiancée qu'il trouvera le bonheur et la sérénité.
C'est simple et efficace. J'aime beaucoup ^^

Le Club des Hachidins
Théophile Gautier nous fait une petite prévention anti drogue et je trouve cela toujours aussi drôle ! Il sait très bien décrire les délires que l'on peut avoir sous drogue. Nous permettant ainsi de nous rendre compte des méfaits d'une perte passagère de la raison. Je maintiens ma question : j'aimerai savoir à quel point l'auteur a enquêté sur ce sujet :)

Arria Marcella
Encore une histoire de fantômes amoureux. Il faut dire que c'est une recette qui marche. Un jeune homme se retrouve transposé dans le Pompéi de l'Antiquité et tombe amoureux d'Arria Marcella. Mais leur amour est impossible car elle est morte depuis deux mille ans. Aussi, lorsqu'il se mariera plus tard, il sera voué corps et âmes à son épouse mais gardera à tout jamais en tête cette passion dévorante jamais consommée.
Le message est clair : ne jamais s'abandonner à la passion sinon nous manquons à tous nos devoirs sociaux par la suite. Et nous ferons le malheur des autres (ici la femme qui passera sa vie à rechercher la maîtresse de son mari).

En bref, un recueil de nouvelles que j'ai adoré découvrir au fur et à mesures. Des classiques qui ne se démodent que très peu.
Lien : http://labibliodekoko.blogsp..
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Henri-l-oiseleur
  30 décembre 2017
Théophile Gautier reçoit la toute neuve tradition du roman gothique, du récit d'horreur, avec son imagerie et ses personnages typiques, de l'Allemagne (Hoffmann) et de l'Angleterre (Walpole, Lewis, Mary Shelley). Il reprend fidèlement ces thèmes et situations pour en faire des récits absolument méconnaissables, qui n'ont pratiquement plus rien à voir avec leurs modèles romantiques initiaux. D'abord, il travaille et cisèle sa prose en orfèvre, au point que le lecteur en oublie parfois l'histoire qu'il lit pour admirer la splendeur de la phrase, de l'image, du paragraphe. Puis il use et abuse de la citation ironique, bien dissimulée (car "ironie", en grec, veut dire dissimulation), en ayant l'air de céder à cette mode du fantastique et en la détournant subtilement : le lecteur relit "la version Gautier" du vampire ou du fantôme, et ne peut s'empêcher d'en sourire. C'est trop bien dit, c'est trop bien imité, comment avoir peur ? Un récit de Lovecraft ou une bonne histoire de Stephen King sont mille fois plus effrayants, avec leur prose bâclée, que les textes de Gautier, qui donnent sans cesse à admirer leurs charmes littéraires. Henry James signalait que même quand Gautier décrit les horreurs du siège de Paris en 1870, comme journaliste, il est trop séduit par les images qu'il décrit pour les rendre pathétiques. Il en va de même ici, et c'est pour le plus grand plaisir du lecteur qu'on lira ces contes, non pour la peur qu'ils inspirent.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
candlemascandlemas   19 janvier 2018
Arria Marcella... Pompéi...

Ses pieds, sans qu'il en eût conscience, le portèrent à l'entrée par laquelle on pénètre dans la ville morte, il déplaça la barre de bois qui la ferme et s'engagea au hasard dans les décombres.
La lune illuminait de sa lueur blanche les maisons pâles, divisant les rues en deux tranches de lumière argentée et d'ombre bleuâtre. Ce jour nocturne, avec ses teintes ménagées, dissimulait la dégradation des édifices. L'on ne remarquait pas, comme à la clarté crue du soleil, les colonnes tronquées, les façades sillonnées de lézardes, les toits effondrés par l'éruption ; les parties absentes se complétaient par la demi-teinte, et un rayon brusque, comme une touche de sentiment dans l'esquisse d'un tableau, indiquait tout un ensemble écroulé. Les génies taciturnes de la nuit semblaient avoir réparé la cité fossile pour quelque représentation d'un vie fantastique.
Quelquefois même Octavien crut voir se glisser de vagues formes humaines dans l'ombre ; mais elles ds'évanouissaient dès qu'elles atteignaient la portion éclairée. De sourds chuchotements, une rumeur indéfinie voltigeaient dans le silence.
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cdi_oehmichencdi_oehmichen   17 mars 2016
Le pauvre poète était à la torture, des gouttes de sueur ruisselaient de ses tempes. Quand tout fut fini, le dandy prit délicatement les rimes et les pensées d'Onuphrius par les ailes et les serra dans son portefeuille.

(Onuphrius ou les vexations fantastiques d'un admirateur d'Hoffmann)
P.42.
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sld09sld09   05 septembre 2017
Vous me demandez, frère, si j'ai aimé , oui. C'est une histoire singulière et terrible, et quoique j'aie soixante-dix ans, j'ose à peine remuer la cendre de ce souvenir. Je ne veux rien vous refuser, mais je ne ferais pas à une âme moins éprouvée un pareil récit.
(premières lignes de "La morte amoureuse")
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cdifrontoncdifronton   17 octobre 2016
Mon aïeul a fait la guerre dans les Gaules sous le grand Jules César.
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Videos de Théophile Gautier (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Théophile Gautier
Le poète et critique littéraire Théophile Gautier a lui aussi rendu hommage à Notre-Dame en son temps. C'était en 1838, avec l?un de ses plus beaux et plus longs poèmes. Plus de 150 vers qui célèbrent la grandeur de ce lieu qu'est la cathédrale de Notre-Dame de Paris.
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