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Claude Aziza (Éditeur scientifique)
ISBN : 2258088003
Éditeur : Omnibus (28/04/2011)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 6 notes)
Résumé :
"Monsieur, quoique vous soyez littérateur, vous devez avoir lu les Mille et une Nuits ?", demande au narrateur Schéhérazade dès qu'elle se présente à lui, au seuil de son salon, sur le ton de l'ironie, car nul n'est censé, dans les années 1840, ignorer l'œuvre qui remporte depuis plus d'un siècle un immense succès dans la traduction d'Antoine Galland.
Un feuilletoniste se voit contraint de raconter une histoire pour que Schéhérazade, dont l'inspiration s'est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
TINUSIA
  17 mai 2010
Cette histoire se passe il y a très longtemps.
On raconte qu'en ce temps-là,
Sharhyar était un roi puissant et respecté.
Mais cela ne l'empêcha pas d'être trahi et trompé par sa femme.
Ayant la certitude qu'on ne peut rien faire contre la ruse et la perfidie des femmes,
Sharhyar fit exécuter ses deux épouses et mille et un jeunes filles parmi ses esclaves.
Il décréta que chaque femme qu'il épouserait
N'aurait qu'un destin d'un jour et une nuit.
Il décima toutes les femmes de son royaume.
Bientôt, il ne resta plus que les filles de son vizir.
Shéhérazade,
La fille aînée, décida de défier son terrible destin.
Elle savait quelles sentences l'attendaient ;
Mais elle savait aussi qu'elle pouvait sauver l'espèce humaine.
Et son combat dura mille et une nuits...
Au matin de cette mille et unième nuit, l'imagination de Shéhérazade se trouva stérile... Consciente que sa tête serait mise à couper si elle n'enchantait plus le roi, elle partit, à la hâte, en quête de quelque feuilleton, de quelque nouvelle, qui pourrait combler les vingt-quatre heures d'un homme capable de n'être satisfait que de chimères.
C'est ainsi qu'elle rencontra Théophile Gautier, alors qu'il était vraiment peu disposé à écrire, puisque seule "fames facit poetridas picas" (seule "la faim transforme les poètes en pie") et qu'à ce moment il n'était pas dans le besoin.
Attendri cependant par la détresse de la jeune femme (et surtout par sa beauté), il lui dicta un conte qu'il avait imaginé.
C'est l'histoire de Mahmoud-Ben-Ahmed, "bien fait de sa personne, de visage régulier et de mine agréable, [...] qui avait formé le projet d'être l'amant d'une péri (génie, version féminine, de la mythologie arabo-persanne) ou tout au moins d'une princesse du sang royal".
Mahmoud résiste à tout autre convoitise, quelles que soient les prétendantes.
Un matin, alors qu'il se rend au bazar voisin, il surprend, derrière les rideaux de velours d'une litière, le visage dévoilé d'une fort belle dame.
Le voici épris de cette merveilleuse icône. Il n'aura de cesse que de lui donner corps.
Il parvient à retrouver la belle à laquelle il déclare, en vers, sa flamme nouvelle. Elle s'en laisse conter, et il apprend qu'elle n'est autre qu'Ayesha, la fille du calife. Transporté d'émotion, il se réjouit de n'avoir jamais dévié de son projet ! Il rimaille de plus belle, il ne cesse de versifier pour apprivoiser sa muse à laquelle, le nez dans ses ballades il déclame de précieuses galanteries, en oubliant de la contempler.
Lorsqu'enfin il relève la tête, Ayesha n'est plus la même. "C'est dommage qu'absorbé par la perfection de vos rimes allitérées, vous ne m'avez pas regardée tout à l'heure, vous auriez vu... ce que vous ne reverrez peut-être jamais plus. Votre voeu le plus cher s'est accompli devant vous sans que vous vous en soyez aperçu. Adieu, Mahmoud-Ben-Ahmed, qui ne vouliez aimer qu'une péri", lui déclare-t-elle en s'éclipsant à jamais.
Éperdu de la douleur de n'avoir pas su saisir sa chance, il ne s'aperçoit pas que Leila, une jeune et resplendissante esclave qu'il a recueillie pour lui éviter d'être tuée par son ancien maître, s'ingénie à lui rendre quelque joie de vivre et l'aime avec sincérité. Il ne sait, ce Mahmoud-Ben-Ahmed, ni donner, ni recevoir !
Lorsqu'enfin il condescendra à se défaire de ses chimères, il découvrira, médusé, qu'Ayesha, que Leila sont en réalité les différentes apparences de Boudroulboudour, une péri du premier ordre. Il épousera, aux yeux de tous, l'esclave Leila, mais c'est la fée, dans son coeur, qui le comblera de bonheur.
Théophile Gautier ne saura jamais si Shéhérazade eut la vie sauve grâce à ce mille et deuxième conte, mais la perspicacité de Sharhyar n'aurait-elle pas déjoué le sens profond de cette histoire ?
Lien : http://livresouverts.canalbl..
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Henri-l-oiseleur
  13 novembre 2015
Gautier est un prosateur magnifique, peut-être trop pour qu'on puisse lire sans fatigue de longs romans de lui : la page scintille de mille beautés et l'on a de la peine à la tourner pour suivre les aventures du héros. La difficulté est tournée dans le cas de ses contes et nouvelles, brefs par essence, ciselés comme des poèmes, où le romantisme fantastique est ironiquement tourné, cité, retournée et malmené par un narrateur qui ne se prend jamais au sérieux. On sait que Gautier était un causeur hors pair : les contes nous donnent un écho lointain de ses récits.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   14 novembre 2015
Il ne serait peut-être pas inutile, pour rendre plus vraisemblable l'invraisemblable histoire que je vais raconter, d'appendre à mes lectrices qu'à cette époque j'étais en vérité un assez joli garçon. J'avais les yeux les plus beaux du monde : je le dis parce qu'on me l'a dit : un teint un peu plus frais que celui que j'ai maintenant, un vrai teint d'oeillet ; une chevelure brune et bouclée que j'ai encore, et dix-sept ans que je n'ai plus. Il ne me manquait qu'une jolie marraine pour faire un très passable Chérubin ; malheureusement la mienne avait cinquante-sept ans et trois dents, ce qui était trop d'un côté et pas assez de l'autre.

(Omphale ou la tapisserie amoureuse, p. 59)
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TINUSIATINUSIA   15 mai 2010
Le sommeil est comme le bonheur, il fuit quand on le cherche.
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Videos de Théophile Gautier (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Théophile Gautier
Le poète et critique littéraire Théophile Gautier a lui aussi rendu hommage à Notre-Dame en son temps. C'était en 1838, avec l?un de ses plus beaux et plus longs poèmes. Plus de 150 vers qui célèbrent la grandeur de ce lieu qu'est la cathédrale de Notre-Dame de Paris.
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