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Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Gautier Théophile – Nouvelles de Jeunes-France et jeunes Cœurs : Profondément immoral Théophile Gautier ? C’est du moins l’opinion quasi-unanime des critiques de l’époque sur Celle-ci et celle-là, une des premières nouvelles d’une certaine ampleur qu’écrivit Théophile Gautier à ses 21 ans, l’âge de son héros Rodolphe. Elle fut saisie, expurgée par les censeurs mais vous rirez à la lecture de ce pastiche provocant et burlesque dans lequel Rodolphe, le byronien, essa... >Voir plus
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   29 juin 2015
Au reste, cet embonpoint n’est pas volé, car les muses de ces messieurs sont d’une voracité incroyable : il faut voir tous ces poètes lyriques à l’heure de la nourriture. M. Hugo fait dans son assiette de fabuleux mélanges de côtelettes, de haricots à l’huile, de bœuf à la sauce tomate, d’omelette, de jambon, de café au lait relevé d’un filet de vinaigre, d’un peu de moutarde et de fromage de Brie, qu’il avale indistinctement très vite et très longtemps. Il lape aussi de deux heures en deux heures de grandes terrines de consommé froid.

M. Alexandre Dumas demande régulièrement trois beefsteaks pour un, et suit cette proportion pour tout le reste. Quant à M. Théophile Gautier, il renouvellera incessamment l’exploit de Milon de Crotone de manger un boeuf en un jour (les cornes et les sabots exceptés, bien entendu) : ce que ce jeune poète élégiaque consomme de macaroni par jour donnerait des indigestions à dix lazzarones ; ce qu’il boit de bière enivrerait dix Flamands de Flandre.

M. Sandeau dîne passionnément, et Rossini a toujours l’âme à la cuisine ou aux environs. Le cuivre de son orchestre montre une certaine préoccupation de casserole qui ne quitte pas le grand maestro dans ses inspirations les plus sublimes.

Nos grands hommes sont de force à lutter avec inspiration, leur pensée peut être aussi affilée et tranchante qu’un damas turc ; ils ont un fourreau si bien matelassé et rembourré qu’il ne sera pas usé de longtemps.
Cependant, quoique la graisse soit à l’ordre du jour, il faut avouer qu’il y a quelques génies maigres : M. de Lamartine, M. Alfred de Musset, M. Alfred de Vigny, M. Arsène Houssaye, et quelques autres ; mais il est à remarquer que toutes ces gloires, dont les os percent la peau, sont des rêveurs de l’école de La Nouvelle Héloïse ou du Jeune Werther, ce qui est peu substantiel et peu propre au développement des régions abdominales
(p152/153)
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genougenou   29 juin 2015
Quant au plus fécond de nos romanciers, M. de Balzac, c’est un muids plutôt qu’un homme. Trois personnes, en se donnant la main, ne peuvent parvenir à l’embrasser, et il faut une heure pour en faire le tour ; il est obligé de se faire cercler comme une tonne, de peur d’éclater dans sa peau.

Rossini est de la plus monstrueuse grosseur, il y a six ans qu’il n’a vu ses pieds ; il porte trois toises de circonférence : on le prendrait pour un hippopotame en culottes, si l’on ne savait d’ailleurs que c’est Antonio Joachimo Rossini, le dieu de la musique.

Janin, l’aigle et le papillon du Journal des débats, effondre tous les sophas du XVIIIe siècle sur lesquels il lui prend fantaisie de s’asseoir ; son menton et ses joues débordent de tous côtés et passent par-dessus ses favoris ; l’habit et la redingote trop larges sont des chimères pour lui, et tout spirituel qu’il est, l’on n’oserait pas se hasarder à dire qu’il a plus d’esprit qu’il n’est gros.

L’art est aujourd’hui à un bon point, et M. Alexandre Du-mas aussi ; l’africanisme de ses passions n’empêche pas l’auteur d’Antoni de devenir très-dodu ; sa taille de tambour-major est cause qu’il ne paraît pas aussi gros que ses rivaux en génie, ce-pendant il pèse autant qu’eux. C’est M. de Balzac passé au laminoir.

On fait toujours payer trois places à Lablache dans toutes les voitures publiques ; si l’on veut essayer la solidité d’un pont nouveau, on y fait passer le célèbre virtuose. Il défonce tous les planchers de théâtre, et ne peut jouer que sur des parquets de madriers ou des massifs de maçonnerie ; son poids est celui d’un éléphant adulte.

M. Frédérick Lemaître remplit très exactement le pantalon rouge de Robert Macaire, et il ne paraît pas que les désagréments qu’il a éprouvés de la part des gendarmes l’aient beau-coup fait maigrir. Au contraire.

Byron, s’il n’était pas mort fort à propos, serait aujourd’hui fort gras ; on sait les peines qu’il se donnait pour éviter l’obésité, qui lui venait comme à un amoureux du Gymnase, car Byron ne concevait que les poètes maigres et les muses impalpables suçant un massepain tous les quinze jours : il buvait du vinaigre et mangeait des citrons, le naïf grand poète et grand seigneur qu’il était.

M. Sainte-Beuve commence à voir pousser, sous le poil de chèvre mystérieux de son gilet, l’abdomen le plus rondelet et le plus satisfaisant. Ô Joseph Delorme du creux de la vallée, qu’êtes-vous devenu ? – M. Sainte-Beuve est un grassouillet quiétiste et clérical qui promet beaucoup.

Eugène Sue, qui partage les idées de Byron, se désole de voir son génie lui tomber dans l’estomac.
... (p151/152/..)







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genougenou   29 juin 2015
Il était voltairien en diable, de même que monsieur son père, l’homme établi, le sergent, l’électeur, le propriétaire. Il avait lu en cachette au collège La Pucelle et La Guerre des dieux, Les Ruines de Volney et autres livres semblables : c’est pourquoi il était esprit fort comme M. de Jouy, et prêtrophobe comme M. Fontan. Le Constitutionnel n’avait pas plus peur que lui des jésuites en robe courte ou longue ; il en voyait partout. En littérature, il était aussi avancé qu’en politique et en religion. Il ne disait pas M. Nicolas Boileau, mais Boileau tout court ; il vous aurait sérieusement affirmé que les romantiques avaient dansé autour du buste de Racine après le succès d’Hernani ; s’il avait pris du tabac, il l’aurait infailliblement pris dans une tabatière Touquet ; il trouvait que guerrier était une fort bonne rime à laurier et s’accommodait assez de gloire suivi ou précédé de victoire ; en sa qualité de Français né malin, il aimait principalement le vaudeville et l’opéra-comique, genre national, comme disent les feuilletons : il aimait fort aussi le gigot à l’ail et la tragédie en cinq actes. (p88/89)

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genougenou   29 juin 2015
Nous et les catins, nous vivons sur le public, et notre métier a de grands rapports. Notre but commun est de lui pomper son argent par toutes les cajoleries et les mignardises imaginables ; il y a des paillards pudibonds qui ont besoin qu’on les raccroche, et qui passent et repassent vingt fois devant la porte d’un mauvais lieu sans oser y entrer ; il faut les tirer par la manche et leur dire : “Montez.” Il y a des lecteurs irrésolus et flottants qui ont besoin d’être relancés chez eux par nos entre-metteurs (ce sont les journaux), qui leur vantent la beauté du livre et la nouveauté du genre, et qui les poussent par les épaules dans le lupanar des libraires ; en un mot il faut savoir se faire mousser, et souffler soi-même son ballon… (p94)
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genougenou   29 juin 2015
Il lui fit voir aussi comment on s’y prenait pour trouver la rime riche ; il cassa plusieurs vers devant lui, il lui apprit à jeter galamment la jambe d’un alexandrin à la figure de l’alexandrin qui vient après, comme une danseuse d’opéra qui achève sa pirouette dans le nez de la danseuse qui se trémousse derrière elle ; il lui monta une palette flamboyante : noir, rouge, bleu, toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, une véritable queue de paon ; il lui fit aussi apprendre par cœur quelques termes d’anatomie, pour parler cadavre un peu proprement, et le renvoya maître passé en la gaie science du romantisme. (p99/100)
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Vidéo de Théophile Gautier
Le poète et critique littéraire Théophile Gautier a lui aussi rendu hommage à Notre-Dame en son temps. C'était en 1838, avec l?un de ses plus beaux et plus longs poèmes. Plus de 150 vers qui célèbrent la grandeur de ce lieu qu'est la cathédrale de Notre-Dame de Paris.
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Thème : Le pied de momie et autres récits fantastiques de Théophile GautierCréer un quiz sur ce livre