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ISBN : B001C9385W
Éditeur : Charpentier (30/11/-1)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 7 notes)
Résumé :
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ThierryCABOT
  25 mai 2013
Celui auquel Charles Baudelaire dédia "Les Fleurs du Mal", "le poète impeccable", "le parfait magicien des lettres françaises" souffre en général auprès du public lettré d'une certaine désaffection que n'explique pas à l'évidence la valeur de son oeuvre poétique.
Certes l'auteur du "Capitaine Fracasse", et du "Roman de la momie" peut d'autant moins rivaliser avec son prestigieux cadet que leurs vers respectifs à un siècle et demi de distance n'ont point la même résonance.
Certes l'élève a dépassé le maître mais quand on lit en 2013 "La comédie de la mort" tant admirée par Baudelaire, il est malaisé, voire impossible de balayer d'un revers de main la poésie de Théophile Gautier.
Dans tous ses recueils, pour peu qu'on veuille bien s'y plonger une heure ou deux, celui-là sème des textes d'une grande tenue littéraire dont quelques-uns notamment, plus inspirés que la moyenne, ont allègrement résisté à l'épreuve des ans.
De temps en temps même, il fait presque jeu égal avec Baudelaire. Après tout "Le pin des Landes" nettement moins célèbre que "L'albatros" n'a guère à rougir devant ce dernier. Pour décrire la condition du poète, force est de reconnaître que Gautier a su trouver non sans style et vigueur des images tout à fait inoubliables.
Son talent, quoi qu'on dise, n'en est pas moins aussi manifeste, aussi patent dans une bonne vingtaine de poèmes où il est aisé de déceler ce que Baudelaire lui doit, non en terme d'influence mais d'impulsion.
Parnassien avant la lettre, Gautier hélas n'est pas sans défauts."L'art pour l'art" brime sa spontanéité, le raidit, le statufie. L'aspect "bien léché" de ses vers fait trop voir l'artisan et pas assez l'artiste. Bien des extraits de "Emaux et Camées" sonnent creux à maints endroits et singent l'esthétique qu'ils prétendent défendre.
On aurait aimé que Gautier quittât son habit un peu étriqué, laissât vagabonder son imagination, bref se montrât mieux disposé à fendre l'armure.
C'est d'autant plus regrettable que lorsque celui-ci laisse aller sa plume et ne la soumet pas à des contraintes excessives, voient le jour des pièces beaucoup moins apprêtées, fortes, dignes d'estime, quelquefois remarquables.
"Ta forme connaît sa splendeur". Cette belle formule glanée au fil de l'exquis poème intitulé "A une robe rose", Gautier eût dû plus souvent la faire sienne.
Son oeuvre y aurait gagné en puissance et en harmonie.

Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-bl..
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Henri-l-oiseleur
  20 octobre 2015
L'émotion poétique que la lecture de Gautier peut procurer n'est pas d'ordre sentimental, mais esthétique. On se promène dans ses poèmes comme dans un musée aux rares visiteurs, et l'on va de merveille en merveille et de surprise en surprise. Gautier, chose étrange pour un Romantique, "manque de coeur" : Pas de sentiment, mais de magnifiques formes, des peaux que l'on caresse et non des âmes que l'on voudrait conquérir. Même Henry James, à la fin de la carrière de Gautier, notait qu'il était capable d'écrire un reportage merveilleux sur Paris affamé et assiégé par les Prussiens, comme un touriste détaché que les choses ne concerneraient pas.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
OrpheaOrphea   24 mai 2014
(España)

Le roi solitaire

Je vis cloîtré dans mon âme profonde,
Sans rien d'humain, sans amour, sans amis,
Seul comme un dieu, n'ayant d'égaux au monde
Que mes aïeux sous la tombe endormis !
Hélas ! grandeur veut dire solitude.
Comme une idole au geste surhumain,
Je reste là, gardant mon attitude,
La pourpre au dos, le monde dans la main.

Comme Jésus, j'ai le cercle d'épines ;
Les rayons d'or du nimbe sidéral
Percent ma peau comme des javelines,
Et sur mon front perle mon sang royal.
Le bec pointu du vautour héraldique
Fouille mon flanc en proie aux noirs soucis :
Sur son rocher, le Prométhée antique
N'était qu'un roi sur son fauteuil assis.

De mon olympe entouré de mystère,
Je n'entends rien que la voix des flatteurs ;
C'est le seul bruit qui des bruits de la terre
Puisse arriver à de telles hauteurs ;
Et si parfois mon peuple, qu'on outrage,
En gémissant entrechoque ses fers :
" Sire ! dormez, me dit-on, c'est l'orage ;
Les cieux bientôt vont devenir plus clairs. "

Je puis tout faire, et je n'ai plus d'envie.
Ah ! si j'avais seulement un désir !
Si je sentais la chaleur de la vie !
Si je pouvais partager un plaisir !
Mais le soleil va toujours sans cortège ;
Les plus hauts monts sont aussi les plus froids ;
Et nul été ne peut fondre la neige
Sur les sierras et dans le cœur des rois !
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OrpheaOrphea   23 mai 2014
(Poésies diverses)

Une âme

C'était une âme neuve, une âme de créole,
Toute de feu, cachant à ce monde frivole
Ce qui fait le poète, un inquiet désir
De gloire aventureuse et de profond loisir,
Et capable d'aimer comme aimerait un ange,
Ne trouvant en chemin que des âmes de fange ;
Peu comprise, blessée au vif à tout moment,
Mais n'osant pas s'en plaindre, et sans épanchement,
Sans consolation, traversant cette vie ;
Aux entraves du corps à regret asservie,
Esquif infortuné que d'un baiser vermeil
Dans sa course jamais n'a doré le soleil,
Triste jouet du vent et des ondes ; au reste,
Résignée à l'oubli, nécessité funeste
D'une existence vague et manquée ; ici-bas
Ne connaissant qu'amers et douloureux combats
Dans un corps abattu sous le chagrin, et frêle
Comme un épi courbé par la pluie ou la grêle ;
Encore si la foi... l'espérance... mais non,
Elle ne croyait pas, et Dieu n'était qu'un nom
Pour cette âme ulcérée... Enfin au cimetière,
Un soir d'automne sombre et grisâtre, une bière
Fut apportée : un être à la terre manqua,
Et cette absence, à peine un cœur la remarqua.
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OrpheaOrphea   23 mai 2014
(España)

Consolation

Ne sois pas étonné si la foule, ô poète,
Dédaigne de gravir ton œuvre jusqu'au faîte ;
La foule est comme l'eau qui fuit les hauts sommets,
Où le niveau n'est pas, elle ne vient jamais.
Donc, sans prendre à lui plaire une peine perdue,
Ne fais pas d'escalier à ta pensée ardue :
Une rampe aux boiteux ne rend pas le pied sûr.
Que le pic solitaire escalade l'azur,
L'aigle saura l'atteindre avec un seul coup d'aile,
Et posera son pied sur la neige éternelle,
La neige immaculée, au pur reflet d'argent,
Pour que Dieu, dans son œuvre allant et voyageant,
Comprenne que toujours on fréquente les cimes
Et qu'on monte au sommet des poèmes sublimes.
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coco4649coco4649   28 janvier 2016
LE POT DE FLEURS


Parfois un enfant trouve une petite graine
Et tout d'abord, charmé de ses vives couleurs,
Pour la planter il prend un pot de porcelaine
Orné de dragons bleus et de bizarres fleurs.

Il s'en va. La racine en couleuvres s'allonge,
Sort de terre, fleurit et devient arbrisseau ;
Chaque jour, plus avant, son pied chevelu plonge,
Tant qu'il fasse éclater le ventre du vaisseau.

L'enfant revient ; surpris, il voit la plante grasse
Sur les débris du pot brandir ses verts poignards ;
Il la veut arracher, mais la tige est tenace ;
Il s'obstine, et ses doigts s'ensanglantent aux dards.

Ainsi germa l'amour dans mon âme surprise ;
Je croyais ne semer qu'une fleur de printemps :
C'est un grand aloès dont la racine brise
Le pot de porcelaine aux dessins éclatants.
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coco4649coco4649   20 mars 2016
FRISSON



Les fleurs de la gelée
Sur la vitre étoilée
Courent en rameaux blancs,
et mon chat qui grelotte
Se ramasse en pelote
Près des tisons croulants.

Moi, tout transi, je souffle,
À griller ma pantoufle,
À rougir mes chenets,
Mon feu qui se déploie
Et sur la plaque ondoie
En bleuâtres filets.

Adieu les promenades
Sous les fraîches arcades
Des verdoyants tilleuls,
À travers les prairies,
Les bruyères fleuries
Et les pâles glaïeuls ;

Parmi les plaines blondes
Où le vent roule en ondes
Le seigle déjà mûr,
Par les hautes futaies
Au long des jeunes haies
Et des ruisseaux d'azur ;
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Videos de Théophile Gautier (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Théophile Gautier
Le poète et critique littéraire Théophile Gautier a lui aussi rendu hommage à Notre-Dame en son temps. C'était en 1838, avec l?un de ses plus beaux et plus longs poèmes. Plus de 150 vers qui célèbrent la grandeur de ce lieu qu'est la cathédrale de Notre-Dame de Paris.
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Thème : Le pied de momie et autres récits fantastiques de Théophile GautierCréer un quiz sur ce livre