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EAN : 9782757845516
480 pages
Points (11/09/2014)
4.07/5   136 notes
Résumé :
Randolph, fils d’un riche négociant en bois de Pittsburgh est expédié par son père en Louisiane pour y récupérer son aîné Byron, qui fait office de constable dans une exploitation forestière perdue au milieu des marais.

Les ouvriers sont rongés par les fièvres et l’alcool, et Byron, moralement dévasté par son expérience de la Première Guerre en Europe.

Un misérable saloon tenu par des Siciliens (la Mafia étend son bras tout-puissant j... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
4,07

sur 136 notes
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Crossroads
  31 juillet 2016
Huis clos forestier d'une intensité remarquable.
Prenez un lieu paradisiaque, porteur d'une douceur de vivre inégalée.
Pouf, pouf ce se-ra la scie-rie en Lou-i-siane !
Comme contexte hautement testostéroné et régulièrement imbibé, c'est cinq étoiles au guide de l'enfer sur terre.
En lieu et place du constable, placez-y un gars marqué par la Grande Guerre. Byron Aldridge fait le boulot en ressassant ses traumatismes guerriers, aidé en cela par la boutanche pas loin d'être devenue sa meilleure alliée.
Randolph, lui, missionné par son père, n'a d'autre but que de rééquilibrer les comptes de l'exploitation tout en tentant de renouer des liens par trop distendus avec son frangin.
Si le boulot est âpre, le saloon apparait libérateur.
Source d'innombrables conflits, il pourrait bien devenir le pivot central d'une guerre ouverte entre les Buzetti, heureux propriétaires un brin mafieux de ce bouge infâme, Jésus Marie Joseph, et les frères Aldridge.
Le Dernier Arbre, d'une puissance peu commune, fait montre d'une intrigue originale et d'un découpage au cordeau.
S'appuyant sur une industrialisation galopante faisant fi de toute considération idéologique autre que celle du profit, ce récit belliqueux s'enracine inexorablement en vous, porteur d'un contentement de lecture que l'on pressent rapidement allant crescendo.
De fait, difficile de ne pas s'attacher à tous ces personnages romanesques et à l'atmosphère suffocante qui ne manquera de vous affoler le palpitant.
Ambiance western, sauce Amérique sudiste des années 20, ce Dernier Arbre n'en finit pas de jouer avec nos nerfs, usant du curseur émotionnel comme d'un yo-yo, pour finalement lâcher les quatre Cavaliers de l'Apocalypse, précurseurs célestes d'un monde en voie de disparition.
Petite part d'humanité dans ce monde de brutes, ce phonographe incongru et ses airs d'opéra suspendant un court moment le temps et sa course folle...
4,5/5
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palamede
  16 décembre 2015
Ils vont couper la forêt jusqu’au dernier arbre, puis partir recommencer ailleurs. Ils, ce sont Les frères Aldridge, deux fils d’un riche négociant en bois de Pittsburg qui a envoyé, dans les années 20, l’ainé ramener le cadet, un traumatisé de la Grande guerre devenu le constable d’une exploitation forestière dans un coin paumé et hostile de la Louisiane.
Sur l'exploitation et autour d’un saloon tenu par la mafia locale, des ouvriers rongés par l’alcoolisme et la maladie sont gérés différemment par les deux frères. Là où l’un utilise la méthode forte, l’autre privilégie le dialogue pour apaiser les tensions de ce monde en vase clos, des hommes pauvres et qui le restent quand la communauté est dissoute à la coupe du dernier arbre.
La puissance d’évocation de la nature n’est pas la seule qualité de ce roman. Tim Gautreaux y décrit aussi remarquablement, en évitant l'écueil de la caricature, les rapports d'hommes pris dans les excès des débuts de l’industrialisation nés d'un libéralisme économique sans limites.
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horline
  27 novembre 2013
Le dernier arbre : le titre porte en lui la fièvre d'un monde lancé dans une course effrénée dans l'industrialisation, avec des scieries qui s'installent dans les forêts les plus inhospitalières, noyées dans des marécages nauséabonds mais riches de cyprès chauves. Découper, scier jusqu'au dernier arbre avant d'investir de nouveaux territoires, conquérir de nouveaux espaces où prolifère l'or vert, malgré les conditions de vie, malgré les obstacles…
Nous somme en Louisiane, à Nimbus, et la Louisiane des années vingt décrite par Tim Gautreaux est un monde perdu dans les marais, peuplé de moustiques, inondé de chaleur moite qui condamne aisément le sentiment d'humanité chez les hommes au profit du sentiment de survie. Véritable bourbier, ce bout de territoire retient captif dans ses eaux boueuses les hommes venus travailler car lorsque les marécages ne les rendent pas malades ou ne les tuent pas avec ses serpents ou ses alligators, ils doivent éviter les coups et les balles des Winchester vite dégainés sous l'effet de l'alcool seul réconfort dans cette vie de labeur.
Dans ce monde rustre et enclavé, abandonné à la loi du plus fort, il y a pourtant des personnages de bonne volonté : Byron le constable de la scierie et le nouveau patron Randolphe Aldridge.
Loin de se contenter de raconter une histoire de territoire ou de pionniers partis à la conquête de l'or vert, l'auteur raconte aussi une histoire d'hommes, une histoire de valeurs et peut être une histoire de rédemption…

« le dernier arbre » s'inscrit parfaitement dans la lignée des romans américains sombres qui s'intéressent à la population du Sud : il en a fait un récit qui met les hommes à l'épreuve avec un sentiment de promesse et de désillusion mêlées. Entre impuissance et rage sourde, sentiment d'injustice et sursaut d'orgueil, le style de Tim Gautreaux parvient à faire émerger une beauté silencieuse qui embrase lentement le récit avec une sorte de mystique de l'existence. Et pourtant, il y n'a rien d'évanescent, le lecteur est confronté à la brutalité des choses, la violence des hommes, le murmure du progrès, sans oublier cette petite voix interne entêtante qui résonne au creux de l'oreille du lecteur contemporain et qui s'élève face à la main dévastatrice de l'homme envers la Nature.
C'est un roman dense qui charrie des images belles et fortes. Coup de coeur.
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belette2911
  05 septembre 2015
Bienvenue à Nimbus, concession forestière des Aldridge, un des nombreux trous du cul de la Louisiane. Bienvenue dans un enfer chaud et humide.
Attention, regardez où vous mettez les pieds car il y a des mocassins d'eau qui se nichent dans les flaques boueuses. Et rien à voir avec la chanson ♫ tes mocassins et les miens ♪ car ici, nous parlons de serpents d'eau.
Dans ce roman, les gars, va falloir bosser dur durant de longues années, le temps de couper tous les arbres, des cyprès chauves. Scier les troncs, les débiter 6 jours sur 7 avant de vous saouler la gueule du samedi soir au lundi matin dans le bastringue tenu par un sicilien louche ayant des cousins mafiosi.
Oubliez les syndicats et les droits des travailleurs, car en 1923, seuls les riches ont des droits. Je ne vous parlerai même pas du cas où vous seriez de couleur… là, le mot "droit" n'existe même pas pour vous, hormis celui de fermer votre gueule.
Sans user d'artifices, l'auteur nous décrit l'Amérique des années 20, celle qui avance à pas de géant, qui industrialise tout, qui déforeste tout… le roman vous plongera dans un marais où les conditions de vie et de travail sont inhumaines, les accidents graves ou mortels nombreux et où le racisme, tel l'alligator dans le bayou, règne en maître.
Utilisant une multitude de personnages, tous bien travaillés, tous bien distincts – certains étant même très attachants – l'auteur explore une partie des années 20, avec tout ce qu'elles avaient de démesuré niveau progrès industriel (le téléphone et les constructions à tout va, en bois). Sans oublier le traumatisme de la Première Guerre, bien présent chez un des frères Aldridge, Byron.
C'est toute la vie de la concession forestière qui se déroule dans ce roman aussi profond que l'étendue des cyprès : les maladies, les accidents, le débit de boisson, la mafia qui tient les ouvriers par l'alcool, les putes et le jeu, ces hommes dépensant jusqu'à leur dernier sous dans ce bouge dégoutant.
La sueur a coulée sur mon front durant la lecture, non pas que le roman était pompant, mais il est tellement puissant que j'ai été emportée dans le bayou, suivant ses méandres tortueux et boueux, j'ai pataugé dans tout cela et j'en suis ressortie bouleversée, épuisée, secouée… L'âme de certains hommes est plus boueuse et tortueuse que les méandres de ce diable de bayou !
La tension est palpable tout au long de l'histoire, les salauds vous harcèlent comme un moustique la nuit, vous ne savez jamais quand ils vont frapper et c'est au moment où l'attention se relâche qu'ils en profiteront pour vous piquer définitivement d'une balle bien placée.
Il y a aussi dans ce récit de l'amour fraternel, celui d'un frère cadet (Randolph) qui ne sait rien de la Grande Guerre et qui voudrait aider son aîné (Byron) à se ressaisir, lui qui a vu les horreurs de Verdun. Un père aussi, qui voulait que son fil Byron fasse la guerre, qu'il soit un héros, qu'il aille au feu et qui ne comprend pas pourquoi il est revenu traumatisé, se réfugiant dans l'alcool et le fuyant comme la peste.
Tant de personnages dont j'ai partagé la vie, les souvenirs sur cette Amérique, tout ces gens que je dois quitter, maintenant, les laisser aller ailleurs, détruire une autre forêt (pour les Aldridge), reconstruire d'autres baraquements minables et continuer à se faire exploiter car une partie de ces pauvres gars, après 5 années de dur labeur, n'ont même pas mis un dollar de côté sur un compte en banque et repartent avec les mêmes frusques sur le dos.
Un grand roman coup de coeur qui ne vous laissera pas indifférent, un roman sur l'impitoyable capitalisme des années 20 dans une Amérique qui se gave de progrès technique au point de ne pas réfléchir et de détruire tout le capital « arbres ». Ici, c'est pas Zorro qui fait la loi, mais les Zéro qu'on a après les chiffres, sur un compte en banque.
Un grand roman presque en vase-clos, dans un décor dévasté par les crues, la boue… Une nature qui était magnifique mais qui sera dévastée car ici, on coupe les arbres jusqu'au dernier…
Enfile tes bottes, prends ta scie et regarde où tu marches, des fois qu'un alligator ou un serpent te mordrais… gaffe aussi aux mafiosi, comme ces animaux précités, ils n'aiment pas qu'on les dérange dans leur petit business…
Prends une Winchester à plusieurs coups et laisse-toi tenter par un verre de whisky frelaté dans le troquet. La paye n'est pas bonne, la boisson non plus, les conditions de travail sont merdiques, mais putain, tu vas lire un sacré bon roman !

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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alberthenri
  24 octobre 2016
Le dernier arbre, est publié en poche dans la collection "Grands romans points".
Il y est tout à fait à sa place, car c'est un grand roman.
L'histoire des deux frères Aldridge, réunis après la première guerre mondiale dans un entreprise forestière de Louisiane, tient tout à la fois du roman de meurs, du western et du roman noir.
Le talent de narrateur de Tim Gautreaux, éclate à chaque description, à chaque dialogue.
Nous vivons ce que vivent les protagonistes du roman, nous avons l'impression de lire, non pas une fiction, mais un récit vécu, tant la crédibilité du propos est grande.
Le tout restant une lecture très accessible sans grand effet stylistique.
Un peu à la façon de Simenon dépeignant la petite bourgeoisie provinciale, Gautreaux, raconte avec simplicité mais avec une grande force d'évocation, la vie d'une scierie dans l'Amérique rurale sudiste des années vingt.
Un vrai grand beau roman...
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   26 novembre 2013
Parti d’un microcosme situé nulle part, Tim Gautreaux signe un roman ample, âpre et généreux, qui embrasse les thèmes du racisme, de la guerre, de la fraternité. Une patiente remontée vers la lumière.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesEchos   30 octobre 2013
Un « Wild South Show » qui prêche la non-violence et l’anti-militarisme ? Vous n’avez pas fini d’être surpris par « Le dernier arbre », sans conteste l’un des meilleurs romans de l’automne.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress   03 octobre 2013
D'une violence infinie et d'une humanité intense, Le Dernier Arbre de l'inconnu Tim Gautreaux est un magnifique roman sur l'Amérique sudiste des années 1920, les séquelles de la guerre en Europe, l'Amérique ivre de progrès au mépris de toute morale sociale.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   12 mai 2014
Le principal défaut du curé, c'était d'écouter de façon délibérée les conversations qui ne lui étaient pas destinées ; il trouvait que les ragots constituaient les sons les plus intéressants que produisait l'âme humaine, non pas pour les vérités qu'ils pouvaient contenir, mais pour ce qu'ils révélaient du caractère de ceux qui les propageaient.
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encoredunoirencoredunoir   24 décembre 2013
Par-dessus le toit métallique abrupt d’une maison de trappeur, le patron de la scierie regardait une forêt de cyprès d’une hauteur considérable, n’appartenant pas à sa parcelle, et il passait le temps à calculer le volume de bois-d’œuvre qu’il pourrait en tirer.
Byron suivit son regard.
« Tu veux abattre tous les arbres de la Terre ?
-Il y en a pour une fortune, devant nous.
-Une forêt, c’est utile à autre chose qu’à fabriquer des volets et des bardeaux »
Son frère le considéra d’un air ébahi.
« À quoi, par exemple ?
-Eh bien, c’est beau à regarder, ne serait-ce que ça. »
Randolph se tourna de nouveau vers les arbres et fronça les sourcils.
« À regarder pour quoi faire? »
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alberthenrialberthenri   22 septembre 2016
Anthony Buzetti appréciait le fait que son bureau n'eut pas de fenêtres. C'était à travers l'une d'elles que l'on avait abattu son frère ainé d'un coup de feu, et sa mère s'était jetée d'une autre fenêtre en apprenant la nouvelle.
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alberthenrialberthenri   02 octobre 2016
J'ai tué beaucoup d'hommes ce jour- là Rando. J'ai appris à loger une balle de .30-06 juste au-dessous de la visière d'un casque, et cet après-midi là, c'était comme si je faisais exploser des potirons dans un champ, mais chaque potiron était un Dieter ou un Fritz qui avait dans la tête des pensées semblables aux miennes.
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Ana_KronikAna_Kronik   29 mars 2021
Merville perdit connaissance et commença à rêver des cavaliers qui avaient mis le feu à la grange de son père, parce qu'il ne voulait pas leur dire où il avait enterré ses pièces de monnaie. Il regarda les déserteurs pendre son frère par un pied à un chêne, annonçant qu'ils le décrocheraient quand le père aurait changé d'avis. Le petit Étienne ne pleurait pas; il était si maigre que la corde entaillait à peine sa cheville, et il se balançait patiemment, comme un poulet qui ne comprend pas ce qui va lui arriver. Son père leur dit qu'il n'avait jamais enterré de pièces et l'un des déserteurs sortit de sa vareuse tachée de boue un vieux pistolet à un coup. Le père de Merville tomba à genoux et leur dit que s'ils voulaient le punir, c'était son mulet qu'ils devaient abattre à sa place. Et les déserteurs, ayant assassiné tant d'hommes qu'ils considéraient la mort d'un bon mulet comme une tragédie bien plus grande encore, firent ce qu'il leur demandait.
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Videos de Tim Gautreaux (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tim Gautreaux
Avec Joss, libraire à Vannes (56), découvrez désormais une semaine sur deux un nouvel ouvrage. Romans, polars, beaux livres, littérature jeunesse : tout y passera !
Cette semaine, Joss vous parle de sa visite au Festival America de Vincennes, où elle a pu rencontrer la fine fleur des auteurs nord-américains, parmi lesquels :
- Tim Gautreaux, pour Nos Disparus (Seuil, 2014) - Paul Harding, pour Enon (Le Cherche Midi, 2014) - Joseph Boyden, pour Dans le Grand Cercle du Monde (Albin Michel, 2014) - Ayana Mathis, pour Les Douze Tribus d'Hattie (Gallmeister, 2014)
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