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EAN : 9782253259589
264 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (08/01/2020)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 53 notes)
Résumé :
1880. Un jeune homme, Dabilly, fuit la France et une carrière toute tracée à l’usine pour tenter l’aventure coloniale en Afrique. Dans une « Côte de l’Ivoire » désertée par l’armée française, quelques dirigeants de maisons de commerce négocient avec les tribus pour faire fructifier les échanges et établir de nouveaux comptoirs. Sur les pas de Dabilly, on découvre une terre presque inexplorée, ses légendes, ses pactes et ses rituels.
Un siècle plus tard, à Ams... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Sebthocal
  02 novembre 2018
D'une gouaille sans pareille, Gauz nous invite à revisiter l'histoire de France et du colonialisme. Charmé par ses inventions linguistiques, ça fuse dans tous les sens.
Mais le style devient vite lourd, empâté. Ça part dans les sens et on n'y comprend plus rien.
Son écriture originale et son discours engagé avait fait mouche avec son "vis ma vie de vigile immigré" dans "debout-payé", personnellement, ils retombent comme un soufflet avec "Camarade papa". Dommage.
Abandonné en octobre 2018.
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nadiouchka
  20 septembre 2018

Merci de votre patience et voici donc ma critique :
Et voilà, ma rencontre avec Armand Patrick Gbaka-Brédé, donc Gauz (né à Abidjan en 1971), a eu lieu hier soir et autant vous dire qu’elle a été plus qu’intéressante. J’ai presque envie de dire que l’écrivain « a mis le feu » à l’ambiance avec la chaleur de ses propos, son enthousiasme. De plus, avec lui, on se tutoie, à bas le « vous ». C’est ainsi et c’est plutôt lui qui a mené l’entretien tandis que ma libraire, Agnès, son cahier avec les questions sur les genoux, lançait quelques regards désespérés mais surtout amusés car elle n’arrivait presque pas à placer une parole. Mais Gauz a tout de même fini par lui donner l’occasion de parler un peu, de lui poser quelques questions par ci par là, afin d’éclairer les personnes présentes (salle comble…), celles qui avaient lu le livre et celles qui attendaient pour le faire.
Étant dans la première catégorie, il ne me restait plus qu’à prendre des notes, toujours assise au premier rang (celui des bons élèves…) pour retranscrire du mieux possible les propos de l’auteur. Chose pas facile car il était tellement emballé… Mais j’y suis parvenue (ouf !) et j’en ai rempli des pages de mon bloc-notes ! Je vais donc en garder pour moi-même car vous relater deux heures d’entretien enflammé ne serait pas aisé ici. Je vais aller à l’essentiel ce qui est déjà pas mal.
Gauz, surnommé « écrivain rouge, dans la peau d'un colonisateur blanc », pour ce deuxième roman, s’est glissé en effet dans la peau d’un colon blanc. Il s’agit d’une fresque coloniale écrite dans un langage tendre et humoristique. Le livre est composé de nombreux chapitres qui, pour certains, débutent par une petite légende (à lire) et dont les titres sont plutôt singuliers et pittoresques.
Avec cet ouvrage de la rentrée littéraire 2018, dont Gauz dit que c’est un chef-d’œuvre (tant qu’à faire sa promotion…), il nous embarque de la Hollande à la Côte d’Ivoire en passant par la France.
Deux voix principales se font entendre :
* Celle de Dabilly, un Blanc d’un petit village du centre de la France, au XIXe siècle ,
* Celle d’un gamin d’Amsterdam, un Noir (un siècle plus tard) qui va raconter le monde post-colonial avec le vocabulaire de ses parents communistes.
Pour écrire cette fresque coloniale (maître mot dans le livre), une idée qui taraudait l’auteur depuis pas mal de temps, il a choisi de le faire avec une langue musicale, exotique.
Pour commencer son livre, il s’est installé à Grand-Bassam et il assume sa double culture occidentalo – africaine ainsi que afro – occidentale. Pour lui, quand il vient en France, il est blanc et c’est ainsi qu’il a réussi à se mettre dans la peau d’un explorateur blanc du XIXe siècle.
Dans ce livre « le blabla » économiste est pour lui un « truc mou », trop politique, pas concret.
Les textes sont plutôt iconoclastes et les premiers chapitres nous laissent un peu sur le carreau.
Pour écrire, Gauz avait d’abord été invité à passer six mois à Marseille dans un superbe appartement mais où la terrasse de 100m2 était ridicule pour son travail. C’est ainsi qu’il est reparti à Grand-Bassam, première capitale de la Côte d’Ivoire. Dans son pays, on a aboli l’esclavage quand on n’a plus eu besoin de « négros ». De plus nombreux sont les « défenseurs » naturels : le moustique, la dysenterie, le vomito negro…. De quoi décourager pas mal de monde.
On retrouve donc Dabilly parti à l’aventure car pour Gauz, l’important est de « bouger », c’est-à-dire « voir plus loin », ce que font des hommes aux quatre coins du monde et même dans des régions que l’on dit inhospitalières.
Dabilly est une sorte de migrant. En arrivant en Afrique, il se met « à hauteur d’homme » et cherche « à se juxtaposer dans la société ». A partir du moment où le premier homme Noir a vu le premier homme Blanc, il a compris que l’Afrique était transformée.
Gauz dit qu’il apporte de la littérature française, lui un Noir - qu’on ne colonise pas l’Afrique mais qu’on cherche à agrandir la France – que le territoire africain a été imaginé comme une grosse usine.
Gauz joue avec la langue et comment a-t-il inventé la langue de l’enfant ? Par une juxtaposition des cultures. La langue est ré-inventée tous les jours, tout dépend des personnes que l’on a en face et cette langue est donc « élastique. »
Dans cet ouvrage, tout le monde parle français à sa façon, les cerveaux sont fabriqués pour façonner de l’esthétique.
Il y a un grand écart linguistique entre Dabilly et le petit gamin qui part d’Amsterdam, voyageant seul vers l’Afrique, désigné par Camarade Papa pour « le grand soir » africain. Ce faisant, il trouvera en Afrique la trace ce ses ancêtres.
Avec ces deux voix qui parlent à des époques différentes, on s’aperçoit que le Blanc a un complexe de supériorité tandis que le Noir, lui, a un complexe d’infériorité, mais surtout de « rabaissement » de sa personne. L’idée est de créer de la complexité : on enlève le pathos pour rester dans un discours compris par tout le monde.
Le XIXe siècle ne suffisant pas, on fabrique le XXe siècle. C’est un vrai « ping-pong » culturel. Il y a de l’anti-colonialisme, c’est-à-dire de l’internationalisme et non de la mondialisation.
L’idée forte de la migration, du racisme, est importante : il faut faire disparaître la couleur.
Avec le colonialisme, on trouve un rapport de violence et de domination. Ce n’est pas lié à la couleur de la peau mais à la position du dominant. La couleur est un filtre et on réagit toujours vis à vis d’elle qui est discriminante.
Mais une troisième voix se fait entendre de temps en temps : celle des légendes que l’on rencontre parfois au début d’un chapitre.
Dans ce livre, Gauz a donc décidé d’être Blanc : « Nous sommes tous le fruit de cette histoire de colonisation et le capitalisme fabrique du sentiment. »
Son mot de la fin : « La prochaine révolution est d’écrire de plus en plus de l’éducation populaire, de la stabilité, fabriquer des cerveaux suffisamment affûtés pour entendre l’herbe pousser. »
Joli non ?
Au final, une rencontre époustouflante de chaleur, de gestes ponctuant les mots, d’échanges et qui a bien changé de certains entretiens beaucoup plus calmes. Mais je ne me plains pas du tout, bien au contraire.
Il me reste à lire son premier roman « Debout-Payé » (avec lequel il s’est s'est fait connaitre en 2014 (Le Nouvel Attila), un court et percutant récit qui racontait la vie d'un étudiant ivoirien sans-papiers devenu vigile, portant un regard aigu et plein d'humour sur ses contemporains. Un énorme succès.), puisque j’avais d'abord lu « Camarade Papa » en vue de la rencontre et pour savoir de quoi l’on parlerait.
Un grand moment avec un écrivain passionné, entièrement plongé dans ses convictions, dans ses paroles, un peu comme « un griot. »
Merci encore Armand Patrick Gauz pour cette soirée d’où je suis ressortie dans le noir de la nuit mais avec la blancheur des propos et sans aucune barrière puisque tu avais décidé de repousser la table – présentoir avec tes livres afin d’être plus proche de nous. Tu a dit que ça faisait comme un barrage entre nous, donc tu las enlevé.
J’ai relevé cette phrase, je ne sais plus où : « Pour l’enfer colonial, Camarade Papa a raison et demi : aucun diable, juste la chaleur. »
****************************************
Bon, ce n’est pas tout mais ce soir j’ai une autre rencontre au même endroit et je vous en parlerai dès que possible, j’espère demain sinon lundi et on verra l’ambiance…. Donc à suivre pour un autre écrivain avec un autre livre : pas du tout le même genre, vous verrez.
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Fandol
  07 février 2019
La colonisation de l'Afrique, beaucoup en parlent, plus ou moins bien, mais Gauz qui avait étonné par son talent dans debout-payé, confirme avec Camarade Papa, une oeuvre originale qui éclaire sur les méthodes employées par Français et Anglais pour s'approprier les territoires africains.
Mêlant deux époques qui pourraient se rejoindre, Gauz m'a beaucoup amusé avec cet enfant formaté par un père militant communiste ardent, admirateur de Mao et de la révolution. Son vocabulaire est hilarant, ses formules sont tendres, réalistes, jouant avec les mots. Yolanda, la prostituée qui est derrière sa « vitrine à bisous », à Amsterdam où vit notre gamin, est comme une mère, la sienne n'étant plus là : « Quand elle m'a serré fort sur ses grands bonbons pour messieurs, j'entendais son coeur battre le tam-tam des Boni-marrons. »
Quand on laisse ce jeune homme qui part retrouver sa grand-mère en Afrique, l'auteur nous ramène subitement en 1880 avec un certain Dabilly qui traverse la France pour aller embarquer à La Rochelle afin de gagner les rivages de la Côte d'Ivoire.
Ça foisonne d'anecdotes, de rencontres avec des titres de chapitres peu conventionnels, quelques légendes africaines concoctées par Gauz pour agrémenter le tout.
Camarade Papa est un roman déroutant, emballant, passionnant souvent. Il réussit à faire le lien entre la colonisation de la Côte d'Ivoire et le retour d'un jeune noir élevé en Europe chez sa grand-mère africaine.
Même si je me suis perdu un peu avec tous les noms et les dialectes, j'ai aimé ces pages détaillant la découverte du pays. Sont bien décrits les appétits coloniaux et la soif de l'or des Européens qui ne reculaient devant aucun danger, aucune maladie pour s'adjuger de nouveaux territoires.
Enfin, je dois redire combien les aventures du protégé de Yolanda m'ont fait rire avec, en point d'orgue, la séquence de l'aéroport : désopilante !
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Cancie
  24 janvier 2019
J'avais été emballée par Debout Payé, aussi me suis-je réjouie quand est paru Camarade Papa, deux romans signés Gauz.
L'écrivain ivoirien nous livre ici une histoire de la colonisation inédite au travers de deux regards : celui d'un jeune homme blanc qui quitte son village, Abilly, près de Châtellerault, pour l'Afrique, à la fin du dix-neuvième siècle, et celui d'un enfant métis, issu de l'époque coloniale. À la mort de sa mère, en 1977, depuis Amsterdam, ce dernier est envoyé en Afrique retrouver ses racines.
C'est une histoire de la colonisation comme je n'en avais jamais lue. Sans mâcher ses mots, avec une écriture et un vocabulaire truculents, Gauz nous entraîne à Grand Bassam, première grande ville coloniale, de manière très originale, avec énormément d'humour mais aussi beaucoup de tendresse.
J'ai beaucoup appris et j'ai souvent souri à la lecture de ce roman, même si je me suis parfois perdue dans les personnages.
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AudreyT
  08 décembre 2018
*
La Côte d'Ivoire... C'est le point de rencontre des deux histoires de ce roman. La première est celle de Dabilly, un français qui se rend dans ce pays d'Afrique pour fuir sa ferme à la mort de ses parents. La seconde raconte la vie d'un enfant d'origine africaine et qui vit à Amsterdam avec ses parents.
Leur regard se croise malgré les années qui les séparent. le colonialisme, le communisme, le commerce et les tribus d'Afrique noire sont autant de thèmes abordés par Gauz dans ce roman qui l'a laissé sur le bord de la route...
L'écriture m'a paru compliqué, fouillie et notamment pour les passages avec l'enfant qui empreinte le vocabulaire communiste de ses parents...
Merci cependant à NetGalley et aux Éditions le nouvel Attila pour leur confiance.
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critiques presse (4)
Culturebox   18 décembre 2018
Après "Debout payé", le romancier franco-ivoirien livre une fresque coloniale qui embarque le lecteur de la Hollande à la Côte d'Ivoire, en passant par la France. Du XIXe siècle colonialiste au militantisme africain des années 70, "Camarade Papa" est un roman ample, engagé qui pose un regard inédit sur la colonisation.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Actualitte   11 octobre 2018
On rit d'une beauté. On ne se pâme pas. On ne hoche pas la tête en académicien de fortune. On rit franchement après un moment interdit et les frissons du beau s'y joignent. Incongru donc. Lisez, accrochez-vous au bastingage, goûtez cette langue et cette tendresse dans la violence de la vie.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   10 septembre 2018
Roman historique et fresque initiatique, Camarade Papa rend hommage aux peuples – Agni, Kroumen, Appoloniens… – qui ont eu à faire face à des aventuriers comme Marcel Treich-Laplène et Louis-Gustave Binger, venus conquérir leurs terres au nom de la France.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   27 août 2018
Gauz revient dans cette rentrée avec "Camarade Papa" (Le Nouvel Attila), une fresque coloniale qu'il rêvait depuis l'adolescence. Pour écrire ce second roman, l'écrivain s'est glissé dans la peau d'un colon blanc. Un livre écrit dans une langue d'une inventivité réjouissante. Un regard neuf sur la colonisation.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   05 septembre 2018
Yolanda est marron très foncé, comme Camarade Papa. Maman est marron très clair, comme moi. Nous sommes la tribu des marrons, dit Yolanda. Dans la rue, elle est la seule marron vendeuse de bisous. À chaque lutte de classe, elle me gronde en public. À cause des préjugements des yeux sur la couleur, le marron doit être exemplaire. Devoirs des marrons. Quand on est seuls tous les deux, elle dit : « Tu es très courageux.» Moi je sais juste que les plus petits doivent toujours se battre pour arracher aux plus grands leurs privilèges de classe. Marko-le-jaloux est le plus grand de la classe populaire…
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BazartBazart   16 août 2018
Des jours, des semaines, je ne sais quand Maman est partie. Je prends un livre sur son bureau. Camarade Papa éteint, pressé de sortir. Il ne dit rien. Il ne dit jamais rien. Sauf pour la lutte émancipatrice des masses laborieuses. On descend dans les escaliers en cage. On habite Sintannenstraat : rue Sainte-Anna, la maman de Marie. Devant la bouche de l’immeuble, les messieurs de la bande à Marie-Anna. Ce sont des suppositoires du grand capital. La police, forces rétrogrades aux ordres de la bourgeoisie, ne fait rien parce que le quartier est populaire. Warmoesstraat, on prend à droite. La rue de l’école. La rue des vendeuses de bisous aussi. Pendant que nous apprenons l’histoire, elles font le plus vieux travail du monde dans le plus vieux quartier de la ville.
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Charybde2Charybde2   29 août 2018
Sur la rive, une douzaine de fonctionnaires et représentants des factoreries. La quasi-totalité de la population blanche. Chacun est flanqué d’un boy dont la mission du moment est de réparer une injustice physiologique. Contre le soleil, la mélanine pour le noir ; pour le blanc, l’ombrelle tenue par le boy. Sont aussi présents porteurs mandés-dyoulas, tirailleurs sénégalais, groupes d’Aboureys, rebelles akapless. Des pagayeurs apoloniens prolongent odieusement leur nuit, allongés sous les ombres étoilées des rameaux de cocotiers phototropes aux longs cous tirés vers les vagues. Les Kroumens, encore plus flegmatiques que leurs rivaux, sont à peine visibles alentour. L’ethnologie de Grand-Bassam est complète.
Ce matin du 5 septembre 1893, la plage est bondée plus que de coutume. Les corps et les esprits sont tendus par un enjeu nouveau. Depuis quelques mois, cette côte est française, et avec elle tout ce qui vit et gît jusqu’au 10e parallèle, plus de six cents kilomètres au nord. C’est officiel, le Capitaine Ménard envoie aujourd’hui son premier gouverneur à la Côte-d’Ivoire. On sait depuis quelques années que dans ce pays les fouets et les balles peuvent soumettre, mais que seuls les symboles conquièrent. Parmi eux, l’entrée de scène est d’importance. Nous l’avons préparée. Nous ne répéterons pas les erreurs de l’Histoire. Aujourd’hui, la barre sera avec nous.
Sur le flanc bâbord, le premier esquif à se dandiner au rythme des flots est apolonien. Un treuil descend quelques caisses emmaillotées dans un filet. Lorsqu’arrive la pirogue kroumen, apparaît un homme blanc, immaculé du casque aux bottillons. Il est descendu dans la baleinière. Il se tient debout. De la plage, on a l’illusion d’un homme marchant sur les flots. L’index et le majeur dans l’eau, puis portés à ses yeux. Le signe est inusité depuis longtemps mais tout le monde le reconnaît. Les Kroumen élancent la baleinière tout en entonnant un refrain jamais entendu. Le vent porte à la plage les quatre mesures du mystérieux chant. « Ablééééé véno sioooon… » La foule se met à hurler. Les tirailleurs reconnaissent, se dressent et courent. Chassepot à l’épaule, s’aligner sur deux rangs. « Ablééééé véno sioooon, ablééééé véno sioooon… » La dernière mesure de La Marseillaise, paroles et accent kroument, ad libitum.
La baleinière porte bien son nom anglais surfboat. Elle glisse sur la « mère ». Les sept pagaies sont brandies au ciel, l’homme blanc est debout, drapeau tricolore à bout de bras, face altière, menton haut. En quelques manœuvres du barreur, la baleinière s’immobilise face à l’allée de tirailleurs. Clameurs et vivats. Ancien capitaine d’infanterie, ancien explorateur de la boucle du Niger, nommé premier gouverneur de la Côte d’Ivoire, Louis-Gustave Binger débarque à Grand-Bassam. Voilà comment revient la France officielle dans sa colonie.
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nadiouchkanadiouchka   05 octobre 2018
En créant la barre, la nature s’est chargée de mettre un brin d’équilibre dans les rapports entre blancs et noirs. Un bâtiment en panne, en péril, ou tout simplement mouillé au large, s’il veut commercer avec les indigènes, se signale en hissant un pavillon de couleur. Blanc pour les « Franssy », à cause de leur goût pour les défenses d’ivoire. Rouge pour les « Inglissy », grands vendeurs de poudre et de fusils. Noir pour les « Porttuguessy », trafiquants invétérés de « bois d’ébène », esclaves expédiés aux confis du monde connu.
P.12
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SebthocalSebthocal   01 novembre 2018
L’Histoire est un leurre, au mieux le compte rendu rieur d’un temps et son humeur.

Épigraphe, page 7, Le Nouvel Attila, 2018.
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Videos de Gauz (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Gauz
Gauz - On n'est pas couché 15 septembre 2018 #ONPC
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