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ISBN : 2371000043
Éditeur : NOUVEL ATTILA (28/08/2014)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 325 notes)
Résumé :
Debout-payé est le roman d’Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papiers à Paris en 1990. C’est un chant en l’honneur d’une famille, d’une mère et de la communauté africaine avec ses travers, ses souffrances et ses différences. C’est l’histoire politique d’un immigré et de son regard sur notre pays, à travers l’évolution du métier de vigile, de la Françafrique jusqu’à l’après 11-Septembre. C’est enfin le recueil des choses vues et entendue... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (93) Voir plus Ajouter une critique
carre
  13 juillet 2015
Un regard acide, doublé d'un humour ravageur, le bouquin de Gauz m'a enthousiasmé. Mais au delà de la légèreté que laisse au premier abord le roman, c'est aussi un portrait réaliste de la condition des africains débarquant en France, plein de rêves et d'espoir mais vite ramené par la dure réalité de la vie. le taf à la mode c'est vigile. de Camaïeu à Sephora, ces définitions pour définir les différents clients ou voleurs ! sont un vrai régal.
Puis, Gauz à travers le portrait de trois des leurs, propose une réflexion beaucoup plus fine, réaliste de la difficulté de faire sa place dans un pays ou les liens avec l'Afrique sont indéfectibles. Des années Pompidou aux attentats du onze septembre, il revient sur les difficultés pour s'y intégrer (papiers, logement, travail, le chemin est semé d'embuches).
Lu d'une traite, une belle découverte.
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Macha_Loubrun
  23 juin 2015
Gauz est un auteur charismatique très en verve, avec beaucoup de personnalité et il a si bien parlé de son premier roman, en mai dernier, lors d'un café littéraire au Festival Etonnants Voyageurs à Saint Malo, que je me suis empressée d'aller acheter son livre, Debout payé.
Il est à son image, intelligent, plein d'humour caustique et n'épargne personne. Gauz s'est d'ailleurs largement inspiré de sa propre expérience pour raconter l'histoire d'Ossiri, un étudiant ivoirien devenu vigile, debout-payé, un travail bien ingrat et fatigant pour financer ses études à Paris…
Ce court roman atypique est plein de saveurs, bouscule les idées reçues et peut parfois dérouter le lecteur… Gauz dans la vie comme en écriture emprunte des chemins innatendus et n'hésite pas à entrecouper son récit de longues listes de fines observations de nos comportements dans les magasins, comme une série d'instantanés venus nourrir son texte. Rien ne lui échappe, il scrute et décrypte nos faits et gestes, fustigeant au passage la société de consommation.
Gauz porte un regard sévère sur les relations politiques entre la France et l'Afrique, sur la place des noirs dans la société, sur les nouveaux temples de la consommation (Camaïeu, Séphora). Il passe tout à la loupe et nous fait pénétrer avec tendresse dans la communauté étudiante africaine, soumise aux clichés sur les noirs et aux soubresauts de l'actualité, comme les attentats du 11 septembre 2001.
Vous ne percevrez plus jamais les vigiles, de la même manière après avoir lu Debout payé, élu meilleur premier roman français 2014 par la rédaction de Lire.
Un début prometteur pour un roman revigorant qui se lit d'une traite.







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trust_me
  31 août 2014
« Les noirs sont costauds, les noirs sont forts, les noirs sont obéissants, les noirs font peur. Impossible de ne pas penser à ce ramassis de clichés du bon sauvage qui sommeillent de façon atavique à la fois dans chacun des blancs chargés du recrutement et dans chacun des noirs venus exploiter ces clichés en sa faveur. » La longue file d'hommes noirs qui montent les escaliers ce matin-là est venue chercher un job. Ils seront tous vigiles. Formation minimaliste, aucune expérience exigée, regard volontairement bienveillant sur les situations administratives, devenir vigile est le moyen le plus simple de décrocher un CDI pour les africains de Paris. « Ceux qui déjà ont une expérience du métier savent ce qui les attend les prochains jours : rester debout toute la journée dans un magasin, répéter cet ennuyeux exploit de l'ennui, tous les jours, jusqu'à être payé à la fin du mois. Debout-payé. »
Gauz raconte dans ce premier roman très autobiographique l'itinéraire d'Ossiri, étudiant ivoirien sans papiers devenu vigile dans le Paris des années 90. Il retrace aussi à travers lui l'histoire d'une communauté et l'évolution de ce métier particulier depuis la Françafrique jusqu'à l'après 11 septembre. On trouve entre chaque chapitre des interludes, sortent d'instantanées croqués sur le vif par Gauz lui-même lorsqu'il travaillait comme vigile dans un magasin de fringues de Bastille puis dans la plus grande parfumerie des Champs-Élysées. Autant de réflexions sur la société de consommation ou sur son travail, de portraits de clients et d'aphorismes particulièrement bien troussés. Exemples :
« Les jeunes de banlieue à qui l'on donne le titre abusif et arbitraire de racailles viennent se parfumer systématiquement au rayon Hugo Boss, ou avec One Million de Paco Rabanne, une bouteille forme de lingot d'or. Il y a du rêve dans la symbolique et de la symbolique dans le rêve. »
« Ennui, sentiment d'inutilité et de gâchis, impossible créativité, agressivité surjouée, manque d'imagination, infantilisation, etc., sont les corollaires du métier de vigile. Or, militaire est une forme très exagérée de vigile. »
« Une théorie lie l'altitude relative du coccyx par rapport à l'assise d'un siège et la qualité de la paie. Elle peut être énoncée comme suit : Dans un travail, plus le coccyx est éloignée de l'assise d'une chaise, moins le salaire est important.
Autrement dit, le salaire est inversement proportionnel au temps de station debout. Les fiches de salaire du vigile illustrent cette théorie. »
C'est très bien écrit, c'est drôle, empreint d'une ironie mordante qui fait mouche. le regard porté par Gauz sur sa communauté est aussi tendre que lucide. Cette lucidité permanente, cette fausse légèreté, cette causticité exempte de toute méchanceté donnent au récit une atmosphère douce-amère pleine de sensibilité. Une excellente surprise parmi les nombreux premiers romans de la rentrée et un auteur à la plume singulière qui mérite vraiment que l'on s'attarde sur son cas.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Fortuna
  17 février 2015
Un jeune africain débarquant sans papiers à Paris dans les années 90 pouvait tenter de se faire embaucher par une agence de sécurité dirigée par des Ivoiriens : le vigile noir était (est toujours) très prisé, particulièrement en région parisienne. Les employeurs n'étaient pas très regardants en ce qui concernait les papiers, les clandestins étant finalement des employés plus fiables, moins enclins à la revendication que les autres... Par le biais des sous-traitances, un vigile un peu dégourdi pouvait créer sa propre entreprise au bout de quelques années et s'installer dans un pavillon de banlieue…Mais pour la plupart c'étaient les chambres sordides partagées à quatre ou cinq dans des immeubles vétustes aux sanitaires défaillants. Et la précarité.
Et puis les attentats de septembre 2001 ont créé un tournant dans le monde de la sécurité : les vigiles noirs sont toujours demandés mais désormais embauchés par des Blancs.
De Camaïeu au magasin Séphora des Champs Elysées en passant par les Grands Moulins de Paris, des années 90 aux années 2000, l'auteur nous fait vivre la journée de ces « debout-payé » au fil d'anecdotes pleines d'humour et de vécu. Des soldes aux mille et une manières de resquiller ; des femmes voilées, des Africaines, des grosses, des maigres, des coquettes, des travestis, des hommes costumés, toute une population qui vient s'habiller, se maquiller ou se parfumer sans se soucier du regard attentif de celui qui surveille… C'est aussi le regard d'un immigré africain sur la société parisienne, qui permet ce décalage humoristique : un oeil neuf qui voit ce qui pour nous n'est qu'évidence et banalité. Et souligne les contradictions des uns et des autres sans aucun tabou.
Un texte à mi-chemin entre l'essai sociologique, le roman, l'autobiographie, un peu décousu, aussi bien par sa forme, que par ses retours en arrière dans le temps qui le rend parfois assez confus, mais qui reste une analyse intéressante d'un métier souvent peu considéré et de la vision raciale qui lui est attachée.
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Bazart
  25 novembre 2015
Dans ma chronique littéraire du roman " Ressources Inhumaines" de Frédéric Viguier je m'interrogeais sur le fait que le métier de vigile était de plus en plus un personnage central de films ou de romans de ces dernières années, ce qui est le cas cette année dans les longs métrages vus en salles comme la Loi du marché, Jamais de la vie ou le méconnu mais pourtant très réussi Que vive .
Observateur qui voit tout en étant parfaitement invisible aux yeux des clients, gardien impassable du temple de la ( sur)consommation, il faut dire que le vigile, de par sa position dans la société, possède un beau statut qui est parfaitement mis en avant dans un roman sorti quelques mois avant ces films dont j'ai parlé, il s'agit de Debout Payé de Gauz, qui fut un des succès venus de nulle part de la rentrée littéraire de 2014.
Paru fin aout 2014, noyé sous le flot des 600 autres roman, le livre sorti en grand format chez petit éditeur le Nouvel Attila s'est écoulé à plus de 20.000 exemplaires et fut récompensé de deux belles courrones, celle du meilleur premier roman français par la rédaction de Lire ainsi que celle de lauréat du prix Gibert-Joseph pour l'année 2014 -,
L'ayant raté à sa sortie, j'ai profité de sa récente publication au livre de poche et de sa sélection dans la dernière session de novembre du prix des blogueurs pour me faire une idée de ce (petit) phénomène littéraire.
La construction du livre de Gauz, très directement liée de ses expériences professionnelles est pour moitié un roman, pour l'autre moitié un recueil d'aphorismes plus légers mais souvent bien mordant et acides, constitués par la liste d'anecdotes et de remarques observées puis consignées par le vigile sur son métier, et sur les clients des magasins ( Sephora des Champs Elysées ou Camiaeu Bastille notamment) où l'auteur a travaillé....suite de la chronique sur le blog
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critiques presse (4)
Lexpress   17 octobre 2014
Avec un humour noir et bigrement loufoque, Gauz […] donne enfin la parole [aux vigiles]. Brutal, féroce et souvent maladroit, son petit livre vous fera l'effet d'une fouille au corps.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Culturebox   07 octobre 2014
Gauz a toutes les réponses, et bien d'autres encore. Son savoureux petit livre, bien écrit, est un témoignage inédit et précieux sur les usages du monde marchand d'aujourd'hui.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Culturebox   22 septembre 2014
Un portrait drôle, profond et sans concession des sociétés française et africaine, et un témoignage inédit sur ce que voient et ressentent les vigiles sous leur carapace.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Liberation   22 septembre 2014
Debout-payé est criblé de remarques acides qui ne sont pourtant pas l’essentiel du roman.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
domi85domi85   14 septembre 2018
Test
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Charybde2Charybde2   15 août 2014
Nouvelles recrues. La longue file d’hommes noirs qui montent dans ces escaliers étroits ressemble à une cordée inédite à l’assaut du K2, le redoutable sommet de la chaîne himalayenne. L’ascension est rythmée par le seul bruit des pas sur les marches. Les escaliers sont raides, les genoux montent haut. Neuf marches, un palier, plus neuf marches supplémentaires, font un étage. Les pas sont feutrés par un épais tapis rouge déplié exactement au milieu d’une cage trop étroite pour laisser passer deux hommes côte à côte. La cordée s’étire avec les étages et la fatigue. On entend souffler de temps en temps. Au sixième étage, le premier de cordée appuie sur le gros bouton d’un interphone cyclope surmonté de l’objectif noir d’une caméra de surveillance. Le grand bureau où tout le monde se retrouve en sueur, est un open space. Aucune cloison n’arrête le regard jusqu’à une cage de verre sur laquelle deux lettres marquent le territoire du mâle dominant des lieux : DG. Une baie vitrée offre gracieusement la vue sur les toits de Paris. Distribution de formulaires. À tour de bras. Ici, on recrute. On recrute des vigiles. Protect-75 vient d’obtenir de gros contrats de sécurité pour diverses enseignes commerciales de la région parisienne. Son besoin en main-d’œuvre est immense et urgent. Le bruit s’est très vite répandu dans la "communauté" africaine. Congolais, ivoiriens, maliens, guinéens, béninois, sénégalais, etc., l’œil exercé identifie facilement les nationalités par le seul style vestimentaire. La combinaison polo-Jean’s Levi’s 501 des Ivoiriens ; le blouson cuir noir trop grand des Maliens ; la chemise rayée fourrée près du ventre des Béninois et des Togolais ; les superbes mocassins toujours bien cirés des Camerounais ; les couleurs improbables des Congolais de Brazza et le style outrancier des Congolais de Stanley… Dans le doute, c’est l’oreille qui prend le relais car dans la bouche d’un Africain, les accents sont des marqueurs d’origine aussi fiable qu’un chromosome 21 en trop pour identifier le mongolisme ou une tumeur maligne pour diagnostiquer un cancer. Les Congolais modulent, les Camerounais chantonnent, les Sénégalais psalmodient, les Ivoiriens saccadent, les Béninois et les Togolais oscillent, les Maliens petit-négrisent…
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marcossormarcossor   05 septembre 2014
QUAND SONNE LE PORTIQUE. Le portique de sécurité sonne quand quelqu'un sort ou entre avec un produit qui n'est pas démagnétisé. Ce n'est qu'une présomption de vol, et dans 90% des cas, le produit a été payé en bonne et due forme. Mais il est impressionnant de voir comme presque tout le monde obéot à l'injonction sonore du portique de sécurité. Presque jamais, personne ne le transgresse. Mais les réactions divergent selon les nationalités ou les cultures.
- Le Français regarde dans tous les sens comme pour signifier que quelqu'un d'autre que lui est à l'origine du bruit et qu'il cherche aussi, histoire de collaborer.
- Le Japonais s'arrête net et attend que le vigile vienne vers lui.
- Le Chinois n'entend pas ou feint de na pas entendre et continue son chemin l'air le plus normal possible.
- Le Français d'origine arabe ou africaine crie au complot ou au délit de faciès.
- L’Africain se pointe le doigt sur la poitrine comme pour demander confirmation.
- L'Américain fonce directement vers le vigile, sourire aux lèvres et sac entrouvert.
- L'Allemand fait un pas en arrière pour tester et vérifier le système.
- L'Arabe du Golf prend un air le plus hautain possible en s'arrêtant.
- Le Brésilien lève les mains en l'air.
- Un jour, un homme s'est carrément évanoui. Il n'a pas pu donner sa nationalité.
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jabjab   03 octobre 2015
Révolution IL est désormais reconnu qu'il n'y avait que 7 prisonniers hagards enfermés à la Bastille le 14 juillet 1789. Autrement dit, il n'y avait presque personne à libérer. Mais l'Histoire retient plus les symboles que les faits. Si elle se répétait aujourd'hui, la prise de la Bastille libèrerait des milliers de prisoniers de la consommation.
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isabellelemestisabellelemest   03 janvier 2015
Dialogue
- Monsieur, monsieur, s'il vous plait, je ne vois pas ma fille. Vous ne pouvez pas m'aider à la trouver ? (Une vieille dame en panique au vigile)
- Décrivez-la moi, madame, s'il vous plait. (Le vigile)
- Elle est blonde avec des cheveux courts. Elle s'appelle Marion, et...(La vieille dame encore plus affolée)
- Calmez-vous, madame. On va la trouver, je vais faire passer une annonce. Elle a quel âge, votre fille ? (Le vigile)
- 40 ans ! (La vieille dame)
- Madame, à cet âge-là, in ne se perd pas dans un magasin ! (Le vigile)
- Mais vous ne comprenez rien, monsieur. C'est moi qui suis perdue ! (La vieille dame au bord des larmes)
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Gauz - On n'est pas couché 15 septembre 2018 #ONPC
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