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ISBN : 202106445X
Éditeur : Seuil (02/02/2012)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes)
Résumé :
L'homme a la canne grise, c'est le père de l'auteur, disparu en août 2010. Un Français d'origine catalane qui s'est engagé aux côtés des républicains espagnols avant de rejoindre la Résistance en Lozère. Mais ce père épique autant qu'admiré en cache un autre, plus fragile, guetté par la cécité. Entre présent et souvenirs, l'auteur se dévoile aussi, par touches discrètes, pudiques, sensibles.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Tempuslegendae
  05 mai 2013
Avec «La Fille» il y a trois ans, Michèle GAZIER avait entamé une réflexion sur les liens complexes l'unissant à sa mère. «L'Homme a la canne grise» vient en écho à cette exploration de l'intimité familiale. Son interrogation pose sur les parts d'ombre qui résistent au temps. Non qui s'agisse nécessairement de secrets. Son père n'avait simplement pas envie de raconter. D'origine catalane, il a connu les guerres espagnoles et la résistance française. Michèle GAZIER déroule le fil d'une existence écartelée entre les silences, les incertitudes, un sentiment aigu de la famille, et sans doute un certain dépit de «s'agacer des gamineries» et de ne pas toujours savoir donner sa part à la légèreté. Elle explique surtout comment son regard au monde a changé après un accident qui lui a fait perdre progressivement la vue. Comment il s'est mis à voyager à travers les récits des autres, notamment ceux d'Armande, improbable amante des derniers jours.
En miroir, le regard de la romancière, celle du «Fil de soie» ou «Le Merle bleu». C'est dire la délicatesse, la subtilité des émotions, et cette élégance à se livrer sans trop en dire, sans entrer dans l'infime. L'écrivaine montre ainsi comment chaque individu est unique dans son histoire, et universel par là même. Elle nous dit tout ce que nous ignorons de nos parents, tout ce qui ne passe ni par les paroles, ni par les sentiments, ni par les gestes. Tout ce que deuil suggère de singulier et de désespéré, car sans doute personne ne parle le même langage.
Un roman qui décrit magnifiquement la fragilité des attaches…
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pilyen
  12 juillet 2012
"L'homme à la canne grise" est le portrait plein de tendresse que dresse Michèle Gazier, ex responsable des critiques littéraires dans Télérama, autour de la vie de son père. Ce n'est ni la première ni la dernière qui prendra sa plume pour évoquer une figure paternelle. L'exercice ici n'est pas forcément original, l'auteur ayant choisi de retracer les moments forts de sa vie de manière chronologique et nous ne sommes pas du tout dans l'écriture épurée et intime d'une Annie Ernaux. Michèle Gazier préfère rechercher les événements, les anecdotes, pour éclairer celui qui vécut partagé entre une vie quotidienne rendue un peu morne par sa cécité et l'homme épris de liberté qu'il était dans sa tête.
La citation de René Char, "Avec celui que nous aimons, nous avons cessé de parler et ce n'était pas le silence." , placée en épigraphe du livre, résume parfaitement le propos. Il est beaucoup question de silences dans ce livre. Silence autour de son engagement en tant que combattant français auprès des républicains espagnols puis de son passé de résistant en Lozère. Silence autour de sa vie intérieure, intense, mais réservée à quelques rares priviligiés. Silence autour de cette vie de famille, coincé avec une femme dépressive et des enfants adorés. Et pourtant, ces silences n'en sont pas vraiment, parce que l'amour, même tu, est là, dans chaque geste, chaque décision importante, chaque renoncement. Michèle Gazier restitue avec émotion cette recherche de vérité dans le portrait de ce père, quasi aveugle, qui, toute son existence, a essayé d'écarter le brouillard jaunasse de sa vision mais aussi de sa vie. Il en ressort un homme à la personnalité double mais attachante. Il y a le héros, toujours jeune dans sa tête et dans son corps, même au seuil de la vieillesse, pétri d'idéaux et de justice et le mari, acceptant avec abnégation une vie de semi-infirme, quasi reclus auprès d'une femme malade. Et, malicieusement (?), à la mort de chacune de ses deux compagnes, sa fille note que ce sont les moments où elle l'a senti le plus libre, comme si ces unions avaient été des freins plus importants à ses ambitions, ses désirs que le fait d'être mal-voyant.
La fin sur le blog
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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fanfan50
  11 novembre 2015
C'est un beau récit d'une fille qui admire son père récemment disparu. Antoine P. qui a combattu à côté des républicains espagnols et qui pourtant s'est vu demander de prouver qu'il est français par un obscur policier de l'hôtel de Police au moment du renouvellement de sa carte d'identité.
Michèle Gazier au moment de la disparition a dû ressentir le besoin d'évoquer son père et elle a déroulé dans ce court récit tous ses souvenirs d'enfance et plus, jusqu'à ce 14 août 2010 où l'infirmière de la maison de retraite lui a annoncé son décès.
C'est bien raconté avec humour quelquefois (voir page 42 l'anecdote sur les rouges indisciplinés et misérables que leur chef, pour les faire avancer au pas, hurlait : Alpargata, zapato, alpargata, zapato !) mais avec tendresse le plus souvent.
Je n'ai pas lu son précédent récit "La Fille" consacré à sa mère mais j'ai été séduite par l'image qu'elle a su recréer de son père. Comme l'a dit son ami, Miguel de Castillo, un autre écrivain, en revenant sur son courage, sa dignité, sa droiture : "C'était un homme bien, et mieux que bien, de ceux qui ne tirent de leur bravoure ni avantages, ni gloriole".
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vdujardin
  13 octobre 2012
Un récit autobiographique comme un long cheminement du deuil facilité par la reconstruction des souvenirs proches et lointains avec son père. Egalement, sans que cela soit clairement dit, une quête des origines espagnoles, de la guerre d'Espagne dont ce père ne parle pas mais qui a laissé des traces, par exemple lorsqu'il nettoye les plaies de son fils. Par petites touches, sans ordre chronologique, plutôt dans l'ordre où les souvenirs resurgissent, Michèle Gazier retrace la vie de son père pour réussir à lui dire adieu...
Lien : http://vdujardin.over-blog.c..
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critiques presse (2)
Telerama   04 avril 2012
Dans ce livre émouvant, parfois drôle, et qui sait restituer la présence de cette figure paternelle, Michèle Gazier fait aussi vivre le destin d'une génération qui fut trop digne pour accepter d'être plainte.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lhumanite   19 mars 2012
Michèle Gazier ne dessine pas un portrait, elle fait ressortir la dualité d’un être qui avait aspiré aux lumières et avait dû s’aménager un territoire dans les ténèbres.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
fanfan50fanfan50   11 novembre 2015
Le dimanche, il aimait aller au marché qui se tenait autour des halles. Il en revenait les bras chargés de livres d'occasion qu'il achetait au poids à un camelot surnommé Camembert, lequel a plus fait pour la lecture que bien des bibliothécaires et des enseignants de l'époque. Camembert m'impressionnait, il me faisait un peu peur avec ses cheveux en bataille, ses chemises claires portées sous des gilets de tailleur ouverts sur son ventre rebondi. Une foule se pressait toujours autour de son stand et il permettait à ses fidèles clients, dont mon père, de rendre les livres achetés la semaine précédente et d'en reprendre d'autres pour à peine quelques centimes en sus. Mon père aimait dire qu'il avait fait sa culture chez Camembert. Il aimait les romans policiers et d'aventure, les biographies, les histoires exemplaires, l'Histoire. Lire le confortait dans sa manière de penser et de voir le monde, de combattre l'injustice. Il y trouvait le plaisir de l'ailleurs que l'on rejoint, immobile, de l'évasion sans bouger de sa chaise. Le plaisir de la connaissance aussi.
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fanfan50fanfan50   11 novembre 2015
"Avec celui que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n'est pas le silence."
René Char
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fanfan50fanfan50   11 novembre 2015
Ecrire dans l'immédiateté de l'événement relève à mes yeux plus du journalisme que de la littérature.
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fanfan50fanfan50   11 novembre 2015
Des années plus tard, ce prêtre qui m'a fait découvrir le bonheur des arts et de la nature a tenu à me faire comprendre que le lien l'unissant à mon père était une amitié vraie, de celles qui relèvent de l'échange, du partage. Chacun avait donné de soi, chacun avait reçu de l'autre.
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Vidéo de Michèle Gazier
Michèle Gazier - Silencieuse
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