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EAN : 9782070366484
160 pages
Gallimard (05/03/1975)
4.33/5   20 notes
Résumé :
Peu de livres peuvent se targuer, à l'image de celui-ci, d'être à la fois intemporels (de par l'impertinence et la pérennité de leurs propos), historiques (on touche à la quintessence de ce que les années 70 ont produit de mieux dans le registre), universels ( l'horreur du travail, des patrons et de la survie !) et généreux.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
L'An 01 de Gébé a été pour moi la découverte d'une pépite. Il s'agit d'une bande dessinée qui a également pour mérite d'être un essai politique engagé et impertinent qui s'emploie à imaginer le monde d'après 1968, en l'occurrence, un monde utopique sans aucune économie de marché galopante avec ses mauvais côtés, mais au contraire où sont mis en valeur et où sont prédominants l'esprit de solidarité et d'entraide, un mode de vie limité aux choses et besoins simples et utiles.

Découvrir ou redécouvrir cet ouvrage incontournable actuellement, à l'heure où une nouvelle ère se profile et doit se dessiner en tenant compte du "pourquoi et comment en est-on arrivé là ?" est propice à une réflexion de fond avec pour slogan premier "On arrête tout ; on réfléchit, et çà va pas être triste !".
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Parfois, le hasard fait bien les choses.
De temps en temps, j'exhume quelques livres de ma bibliothèque. L'envie de relire une vielle série, l'opportunité de la sortie d'une nouveauté qui me rappelle un titre plus ancien... voire l'accident pur et simple.
La sortie de Transperceneige -Terminus m'avait donné envie de relire Requiem Blanc, récit d'anticipation très noir de Rochette et Legrand. Ce récit de SF atypique m'a donné envie de relire également Life on Another Planet, l'excellent titre de Will Eisner qui est un autre exemple de science-fiction atypique. Mais je n'arrivais pas à remettre la main dessus. Mon système de classement est plus ou moins consciemment guidé par une logique assez aléatoire. Estimant qu'il est difficile, voire impossible d'aboutir à un système qui soit sans faille (à part une classification par numéro ISBN, je n'en vois pas) et satisfaisant. Je laisse donc faire en partie le hasard, fourant un peu où je peux, et advienne que pourra.
Ce fut le cas, lors de cette recherche de Life on Another Planet, séparé des autres Eisner pour une raison qui m'échappe.
Je suis alors tombé sur Tout s'allume de Gébé. J'avais acheté ce livre à se sortie en 2012, mais ne l'avais pas encore lu. Je ne me rappelais même plus de quoi il s'agissait, si ce n'est qu'il était présenté comme une sorte de suite à l'An 01. Cela fait justement au moins 2 ans que j'envisage de consacrer une note à cette joyeuse utopie, mais je ne m'y suis jamais attelé.
L'occasion était trop belle.
J'ai enfin lu ce petit livre assez étrange qui mèle bande dessinée, textes et quelques expériences narratives originales d'associations multiples .
Soyons clair, la connection de ce livre à L'An 01 ne tient qu'au fait qu'il explore une thématique similaire, tout en étant le témoin de l'évolution de la pensée de Gébé.
Le constat de départ est simple.
La société actuelle ne convient plus au peuple, si elle lui a jamais convenu.
Elle est stupide, obtuse, nulle…
Il faut la changer!
Dans L'An 01, qui s'inscrit dans la continuité de l'esprit de Mai 68, Gébé pense que les aspirations des gens au changement sera un moteur suffisant pour initier cette révolution.
Une étincelle suffirait à tout enflammer.
Il ne s'agirait pas d'une insurrection violente ou d'un acte spectaculaire.
Il s'agirait d'un simple simple pas de côté.



L'image qu'il utilise est celle du navetteur. Il prend le même train tous les matins pour faire le même trajet qui le conduit au même bureau, où il exécute le même travail abrutissant.
Et si un jour, face à la porte du train, au lieu de faire un pas vers l'avant pour monter dans le train, il faisait un pas de côté?
Ce pas de côté, c'est le refus de continuer. Marquer un temps d'arrêt, et utiliser ce temps pour réfléchir. D'ailleurs, il sous-titre L'An 01:
On arrête tout, on réfléchit et ce n'est pas triste.
De là, à raison d'une page hebdomadaire dans Hara-Kiri, il dresse les plans d'un grand projet à faire ensemble. Il imagine cette société à l'arrêt, ne produisant que le strict nécessaire, réfléchissant à une nouvelle société plus libre.
Mais L'An 01 ne se résume pas aux pages de Gébé. Ce fut une vraie aventure collective qui a duré plus de 2 ans. Les lecteurs intervenaient, donnaient leur avis, imaginaient leur propre version du pas de côté... progressivement, l'idée d'un film s'est imposé. Un film à faire ensemble, tourné à la sauvage avec un mélange d'amateurs, de pros (Alain Resnais), de débutants (Jacques Doillon, la troupe de Splendid, Gérard Depardieu, Coluche…).
Pour Gébé, le changement est tout proche. Il est inévitable, joyeux et spontané.
Les idéaux libertaires de mai 68 sont encore proches.
Mais L'An 01 n'a pas eu lieu dans la réalité. Dans une scène du film, un employé de banque (joué par un tout jeune Coluche) parle de son père et de son engagement dans L'An 01 (sa participation à la 3ème manifestation à bicyclette, à un défilé du 14 juillet au cours du quel la foule et les troufions se sont barrés, bras dessus, bras dessous). Il termine en expliquant que son père a assisté à la projection du film de L'An 01 au premier rang et que depuis, il ne l'a plus vu, mais qu'il doit être heureux.
De là à dire que l'An 01 n'aura qu'un spectacle, un happening qui n'aura débouché sur rien, il n'y a qu'un pas. Cette dernière scène est-elle le résultat d'une prise de conscience de Gébé ? Que cette aventure qu'il a initié restera un “spectacle”?
En 1979, Gébé publie Tout s'allume en feuilleton estival.
Le choc pétrolier est passé par là. Pompidou puis Giscard ont enterré les velléités de changement. Les conditions de L'An 01 ne sont plus réunies.
L'évolution de la pensée de Gébé est claire. Elle témoigne aussi d'un certain pessimisme. Cette révolution est plus que jamais nécessaire mais elle ne sera pas spontanée. Il semble intégrer ce que pense Cavanna depuis les premières heures d'Hara-Kiri: que le plus grand obstacle au changement, ce n'est pas la connerie de ceux qui nous gouvernent, mais la connerie qui prévaut dans le peuple, de ces cons qui suivent les cons qui les gouvernent, sans se poser de question.


l'illumination qui évoque également la prise de conscience ésotérique et le troisième oeil

Pour que ce changement survienne, il faut qu'une avant-garde pour l'initier. Un simple pas de côté ne suffit plus. Gébé imagine des camions qui sillonnent la France pour illuminer les volontaires. Ces camions proposent une prise de conscience, acte assimilé à une prise de sang par les badauds. Au terme d'une procédure précise qui vise à débrider le cerveau en connectant le neo-cortex et le siège de la conscience primaire, tout s'allume.!.
Par certains aspects, la procédure de débridage du cerveau employée évoque le lavage de cerveau, l'illumination spirituelle bouddhique et les techniques de l'Eglise de scientologie. La prépondérance de la technologie rend aussi cette procédure inquiétante. Gébé soufflé le chaud et le froid. Les évolués, comme se nomment ceux dont le cerveau a été débridé, présentent des revendications ambiguës, dont celle de constituer une sorte d'état dans l'état. Une élite pour en chasser l'autre ?
Je ressens très vite une inquiétude qui se déroule au fil des pages. Qui affrète ces camions ? Dans quel but ? Gébé imagine une association mystérieuse, aux ressources et aux motivations obscures. Tout au long de ce feuilleton, Gébé semble lui-même hésiter. Il ressent la nécessité de tels éclaireurs mais il pressent également l'aspect dangereusement anti-démocratique intrinsèque à cette démarche. Il est difficile de ne pas y voir le spectre du totalitarisme. Si ce système est mauvais, faut-il pour autant se jeter dans les bras de la première alternative venue sans se poser de question? Ne sera-t-elle pas pire ?


La procédure d'illumination passe par une série de stimulii pour préparer le cerveau

Cette analyse plutôt sombre me vient peut-être parce que je lis ce livre plus de 35 ans après sa parution. Peut-être qu'à l'époque, le ton paraissait encore lien d'espoir.
Mais Gébé explorer encore une fois cette nécessité de changer la société et les obstacles qui l'empêche.
Mais il ira encore plus loin dans les moyens.
En 1971, il suffisait d'un pas de côté.
En 1979, il fallait débrider artificiellement les cerveaux
En 1982, il faut faire table rase. Dans Lettre aux survivants, il imagine une famille de français moyens claquemuré dans son abri-anti-atomique, alors que la surface de la terre est ravagée par la guerre nucléaire. L'isolement de cette famille est soudain brisée par l'arrivée d'un facteur qui, depuis la surface, leur rend visite et leur lit des lettres. Qui est ce facteur ? Qui a écrit ses lettres? Pour préparer les survivants à reconstruire le monde, mais un autre monde. Un mode qui a appris des erreurs du monde précédent. Pour changer la société, il faut la détruire et espérer que celle qui renaîtra de ses cendres sera meilleure…
Gébé n'a guère d'espoir.




On pourrait ajouter qu'en 1989, il imagine L'Age de Fer, fantaisie noire qui présente un monde entièrement manufacturé, ou tout est en fer: vêtement, plantes, eau… le triomphe de l'artificiel sur le naturel, de l'ordre sur le désordre, de la machine froide et cruelle sur l'humain.
Gébé reste un poète, mais l'utopiste du début des années 70 a laissé la place à un artiste qui n'a plus guère d'espoir. Peut-on lui donner tort ?
Lien : http://labdmemmerde.blogspot..
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Vous aimez Mai 68, la contestation sociale, les mouvements étudiants, la volonté d'aller à contre-sens de la société ? Oui ? Alors c'est le genre de livre que vous devriez aimer (j'ai adoré et je le revendique). C'est l'esprit de la contestation sociale (celle qui à ratée) des années 70, le moment où l'on dit merde à tout et qu'on recommence à zéro, partant vivre dans le Larzac. On fait table rase, on repart à neuf, c'est la remise en route de tout le bazar, c'est l'an 01 !

L'an 01, c'est avant tout une BD, mais qui fut également adapté en film, un vieux film en noir et blanc avec plein de vieux acteurs (genre Gotlib, Coluche, l'équipe du splendide encore non connue, Depardieu jeune et beau gosse ...), qui fut apparemment un petit succès (je n'en ai pas les chiffres officiels donc je ne m'avancerais pas plus que ça). Actuellement la BD est très dur à trouver, on ne l'imprime plus depuis des années, malgré les rééditions de l'Association (ce qui est fort dommage d'ailleurs) mais en cherchant un peu on trouve le film.


Pour ne pas faire trop durer la chose, je vous propose de commencer rapidement par les défauts : c'est moche, désordonnée et brouillon. Bon, là le cadre est campé. C'est du dessin qui n'est pas beau. Mais alors vraiment. On ne distingue pas toujours tout. Ensuite, c'est une belle saloperie à lire, avec des cases dans tout les sens, du texte écrit en spirale parfois, des pavés énormes à lire (du genre une page énorme) et des sens de lectures qui sont aléatoires. Parfois il faut relire plusieurs fois pour s'assurer d'avoir bien compris. Et vu les pavés, la lecture est tout sauf fluide. Mais en même temps, l'histoire est très déconstruite, on a droit à une succession de petit sketch, des idées en vrac, des planches sans grand rapport entre les deux. Justement d'ailleurs, le mélange entre avant et après l'an 01 est très peu construit et du coup il faut un peu réfléchir en le lisant. C'est un gros défaut, mais en même temps, il faut comprendre que cette BD sort pas mal des cadres conventionnels puisqu'elle est faite avant tout pour un journal. Son passage en BD n'est pas prévu exactement, et du coup la forme s'en ressent.

Par contre le fond est nickel. Une idée de génie à germée dans l'esprit de Gébé : la révolution de mai 68 fait avec des moyens différents. Pas de révolution armée, pas de mobilisation. Juste un appel à la démobilisation générale. Et tout le monde se démobilise. Cette idée, c'est les fameux trois personnages sur la couverture : "On arrête tout, on réfléchit, et c'est pas triste". L'idée est exploitée sous plusieurs formes, en faisant le bilan des années 70, en montrant le fameux An 01 et ensuite en continuant avec ses fameuses nouvelles façons de vivre. C'est un avant-pendant-après la démobilisation générale.

Et c'est là tout le sel de la BD, une idée utopiste que j'aurais quasiment qualifiée de géniale, mais malheureusement elle est un peu trop utopiste sur certains points. Mais par contre, je ne peux que applaudir des deux mains lorsque je vois cette sublime idée de l'abolition de la propriété, cet ouvrier sur le trottoir en train de lire Platon et disant "On en fait tout un foin, mais finalement ça se laisse lire". Et tant d'autres petites perles à la fois d'humour mais également d'inventivité, ces louanges de la vie au grand air et à la culture pour tous, à l'arrêt de l'abrutisation des masses etc ... C'est également un appel à la révolution simple. On s'arrête, et on réfléchit. C'est bateau, mais c'est simple. Et au final, c'est superbe. Génial.

Le seul défaut dans cette utopie de "sale hippies", comme on dirait aujourd'hui, c'est qu'il ne va pas à fond dans certains aspects, notamment autour de la bouffe ou des vêtements. Mais c'est bien représenté, et l'envie m'a pris d'arriver dans l'an 01, de partager la folie de ces "doux dingues", qui vivent comme ils l'entendent et sans attaches, détachés de tout. C'est assez remarquable quand on le lit, cette façon de mettre en scène une société qui semble parfaite. le tout à beau dater d'il y a maintenant plus de trente ans, il reste une excellente utopie, toujours autant intéressante.

En résumé, cet ouvrage difficile d'accès est avant tout une utopie, sacrément bien décrite, qui nous fait rêver et voyager. C'est une excellente BD, compliqué à lire, mais très bien campée, aux idées qui fusent en tout sens et dont plus d'une mériterait qu'on s'y attarde vraiment. L'ensemble est assez indigeste pris en gros, mais en lisant tranquillement, petit à petit, la douce folie et l'espoir qui sont contenus dans les pages ressortent et ne peuvent que nous toucher également. Une belle mise en scène, et je pense vraiment qu'elle vaut les utopies de tant de grand maitres (comme Thomas More par exemple). En clair, c'est le genre de BD à lire.
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Ce livre est tout simplement réjouissant, c'est un pur moment d'optimisme et de gaité.
Dans les dessins et les textes qui brisent toute structure les idées foisonnent qui nous appellent à réinventer l'existence.
"On arrête TOUT, on réfléchit et c'est pas triste". Merci Gébé, et maintenant je vais me regarder, une fois de plus, peut-être, le film...
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Résolution 1 : « On arrête tout. » Telle est la proposition de Gébé à ses lecteurs de Charlie au début des années 70. Réfléchir ensemble à ce qui se passerait et filmer tous ces « pas de côté » : l'imagination qui prend le pouvoir pour de vrai.
(...)

Ces pages de matériaux permettent d'aller plus loin, de mieux cerner sa genèse et de comprendre les retombées de cette utopie qui agita le début des années 70, déparant des ressassements dogmatiques et autres bavardages : une révolution sans armes ni barricades. On rêve en grand, avec une majuscule. On explore l'infini des possibles. On s'en donne à coeur joie et ce n'est qu'un commencement. de la très savante exploration de quatre exemples de représentations de l'activité cérébrale selon la méthode de l'investigation sensorielle à la poétique rosbeef-party, l'imagination de Gébé, portée par la dynamique collective qu'il a enclenchée, ne connait plus de frontière et c'est fichtrement bénéfique de s'y plonger en ce début d'année. Un catalogue de bonnes résolutions !

Article complet en suivant le lien.
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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critiques presse (2)
Du9
08 décembre 2014
Avec L’An 01, Gébé nous invite dans une révolution joyeuse où la simple idée d’un mouvement collectif, qui rejette pacifiquement et dans l’allégresse les entraves de la société, revêt une certaine forme de poésie.
Lire la critique sur le site : Du9
BDGest
03 décembre 2014
La grande force du travail de Gébé tient dans sa manière de s'adresser à l'intelligence des lecteurs. Chaque gag, case ou morceau de dialogue est là pour engager la réflexion et provoquer une réponse. Par la suite, l'auteur intègre à ses planches les lettres et suggestions de son audience, créant ainsi un véritable dialogue.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Je sais. Je ne traverse pas dans les clous.
Je poste une critique dans les citations.
Mais parfois, rarement, une réédition est plus qu'une réédition.
Et ce magnifique album, qu'on se le dise, n'est pas une réplique du livre publié, en 1972, dans la "Série bête et méchante" des éditions du Square.
C'est une sorte de panorama élargi de "l'An 01".
On y retrouve des pages publiées préalablement, en 1971, dans "Il est fou" et, en 1977, dans "cracher dans l'eau ne fait plus de ronds".
On y retrouve le livre publié en 1973, augmentée de plusieurs pages antérieures et postérieures à l'édition originale.
Car l'An 01 avait continué dans "Charlie" la route que Gébé avait commencé dans "Pilote"...
Mais l'An 01, c'est quoi, au fait ?
Pour les plus jeunes, pour ceux qui n'ont jamais vécu que dans un monde où tout est interdit, déconseillé, pour ceux qui sont nés en même temps que l'interdiction de fumer et que l'interdiction de parler sans avoir eu la parole, peut-être est-il utile de rappeler que l'An 01 est un livre indispensable, un film qui ne l'est pas moins, une formidable aventure collective et une véritable "Utopie".
Il demande un petit effort d'imagination.
On arrête tout, on réfléchit et c'est pas triste ...
"Et si au lieu de faire un pas en avant, comme le demandent les tacticiens de la société nouvelle, nous faisions un pas sur le côté ?
- Un pas de côté et tu t'assoies à côté de ta chaise de bureau ...
- Un pas de côté, à la chaîne, tu n'es plus en face des trous, tu boulonnes dans le vide ...
- Au cinéma, tu n'es plus en face de la caisse et tu entres sans payer.
Au poil ! ...
Il s'agit de chercher des trucs pour sortir de l'ornière.
Par exemple, échanger les appartements, échanger les maisons, échanger les autos, pour commencer ...
Gébé est un poète, un utopiste.
Avec cette bande-dessinée, il a posé, des centaines d'années trop tôt, la première pierre du monde où l'homme sera beau, intelligent et généreux.
Il nous l'a offerte comme un programme du spectacle que l'on admirera demain, comme un mode d'emploi de ce que, si l'on était raisonnable, l'on devrait faire dès aujourd'hui.
Merci Gébé pour ce petit moment d'intelligence et d'espoir ...

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Résolution 1
- On arrête tout
Résolution 2
- Après un temps d'arrêt total, ne seront ranimés - avec réticence - que les services et les productions dont le manque se révélera intolérable. Probablement : l'eau pour boire, l'électricité pour lire le soir, la T.S.F pour dire "Ce n'est pas la fin du monde, c'est l' AN 01, et maintenant une page de mécanique céleste".
Résolution 3
- Les individus ne consentant plus à déléguer leurs pouvoirs, toutes les formes d'autorité, ainsi que les hiérarchies de toutes natures, perdront leur emprise avec leur raison d'être, très naturellement et sans douleur.
Résolution 4
- Le temps d'arrêt sera mis à profit par tous pour acquérir la somme des connaissances recensées au 1er de l' AN 01, somme considérée comme indispensable pour pouvoir décider de la suite et du cours à donner, en toute logique, aux actions collectives futures...
(extrait des "Aspirations collectives de résolutions prenant effet à partir du 1er de l' AN 01 et applicable par accord tacite et collaboration libre de toutes les personnes vivantes ce jour et après" - Chapitre "Ils l'ont fait")
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L'an 01, ici entre vos mains, a tout l'air de pouvoir être considéré juste comme un livre.
Mais en son temps, l'an 01 a été beaucoup d'autres choses : d'autres livres, un film, des chansons, une aventure collective peu commune, et surtout une Utopie extraordinaire.
Si cette Utopie avait été plutôt une révolution, on n'aurait peut-être aujourd'hui plus rien de ce qui nous rend la vie impossible : patrons, horaires, administration, police ; sans parler des sida, vaches folles, trous d'ozone, organismes génétiquement modifiés, et autres immondices qui n'auraient jamais pu exister dans le monde simple et raisonnable rêvé par Gébé ...
(Avant-propos de la réédition de "l'Association")
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Du film, Delfeil de Ton écrira : "Si ça devait durer 50 ans, on mourrait dans son fauteuil de cinéma, heureux"...
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Résolution 2 : Après un temps d’arrêt total, ne seront ranimés – avec réticence – que les services et les productions dont le manque se révèlera intolérable. Probablement : l’eau pour boire, l’électricité pour lire le soir, la T.S.F. pour dire « Ce n’est pas la fin du monde, c’est l’AN 01 et maintenant une page de Mécanique céleste.
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Video de Gébé (21) Voir plusAjouter une vidéo

Merci Bernard : émission du 22 mai 1983
Au programme de l'émission les sketches suivant : "Reconstitution"; "Fridax"; "Connaissez vos droits"; "Tourtereaux"; "Nouvelles brèves"; "Torture"; "Message personnel"; "Le cadeau de Merci Bernard"; "Insultes sur terre battue ";Et la une du journal "Merci Bernard " : "Le Ministre des WC renvoie son chef de cabinet" (auteur TOPOR, RIBES, GEBE).
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