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Critique de Lutin82


Lutin82
  14 février 2018
Antoine Lefort, jeune homme fortuné, est à la tête des entreprises Lefort, un mastodonte dans le paysage économique de cette France de 1864. A cette époque, Louis-Napoléon Bonaparte dirige le pays, mais contrairement à ce que nous enseignent nos manuels scolaires, il n'est pas le premier Président de la République (ni le premier homme élu au suffrage universel), c'est honneur revient à l'habile Charles Maurice de Talleyrand.

Sans doute êtes-vous surpris par ces « contorsions » historiques, et vous me diriez de réviser mes bases sur l'Histoire de France. Mais, voilà, le Baron Noir nous offre outre une aventure de « super-héros » steampunk, une légère uchronie qui participe grandement à son charme.

En effet, c'est au détour d'une phrase dans la première novella que nous apprenons la nouvelle surprenante de la mort de Napoléon I°, le 2 décembre 1805 à la bataille des Trois Empereurs (Austerlitz). Après un temps de régence assez bref ainsi qu'une guerre de succession finalement assez courte, la France réussit à se doter de sa deuxième République dès 1813. Par conséquent, exit les révolutions de 1830 et 1848; notre pays s'épargne les périodes d'instabilité, et savoure les bénédictions d'une énergie déployée sur l'essor national. Les sciences et les technologies en sont les principales bénéficiaires, alors que l'Hexagone connaît un demi-siècle doré où le progrès technique est fulgurant. A tel point que l'aviation basée sur le plus lourd que l'air (aéroplane) – à contrario du plus léger que l'air (dirigeable) – pourrait voir le jour avec de l'avance… de quoi révolutionner l'avenir.

Cette parenthèse uchronique et historique permet de vous situer le contexte des événements et des aventures d'Antoine et de son alter ego le Baron Noir; aventures qui tournent autour d'objets et d'artefacts technologiques. Ainsi, Oliver Gechter s'assure-t-il de ne commettre aucun impair quant aux technologies mises en oeuvre tout en patinant son cadre d'une agréable ambiance steampunk.

L'autre avantage de ce choix ingénieux consiste à se poser en héritier du roman populaire du XIX° siècle – avec un temps d'avance 😉 – et d'injecter dans le récit cette atmosphère positive et bienveillante que nous pouvons lire dans des récits de Maurice Leblanc ou de Jules Verne (mais aussi E. Rostand, E. Sue,…), tout en la modernisant dans le rythme, le ton et le rendu. Effectivement si le Baron Noir, s'inspire de cette veine romanesque, le livre est bien ancré dans notre « modernité ». Je ne serai pas étonnée qu'il ne prenne pas de ride les années passant.

Revenons, à notre protagoniste principal, un homme à la tête d'une entreprise florissante et innovante. La nuit, il joue au redresseur de torts, avec une panoplie à mi-chemin entre l'armure et la machine à vapeur. Un ingénieur aéronautique, Clément Ader (oui, oui, le pionnier de l'aéronautique) participera à améliorer les gadgets du Baron Noir, combattant nocturne, noctambule et nyctalope du crime. le vieil Albert, son fidèle majordome s'avère également un compagnon et une ressource de choix. Son passé ajoute quelques cordes à son arc qui seront fort utiles pour le justicier masqué…

Quoi? Je vous fait penser à Batman ?

Le rapprochement n'est pas du tout accidentel; Olivier Gechter joue cette carte avec audace et efficacité. Son Baron Noir précède l'américain de près d'un siècle et n'a rien à lui envier à la vue du contexte. Soyons chauvin, si la chauve-souris s'oppose à de très fortes parties avec une panoplie digne de la NASA, notre chevalier servant se montre résolument entreprenant et réfléchis (enfin presque). Il ne s'agit pas d'une resucée surfant sur le succès des comics, mais d'un emprunt fort mis en valeur, avec son originalité propre et une veine purement française. Et j'ai trouvé culotté d'associer à Antoine Lefort, un majordome dénommé Albert, en référence au Alfred de Bruce Wayne.

Même les antagonistes de notre justicier entre en résonance avec les adversaires du Batman (le vautour, Catwoman,…)

Il y a quelques facilités scénaristiques (la fenêtre ouverte, la fille ligotée sur le lit, le coup de carabine, la batterie dans l'atelier,…), ficelles un peu voyantes, mais le tout fonctionne parfaitement et ne cherche pas à cacher sa filiation.

critique plus complète sur mon blog
Lien : https://albdoblog.com/2018/0..
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