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EAN : 9782375790472
Éditeur : Critic (24/05/2018)
4.03/5   47 notes
Résumé :
Sur la Grande Île de Colme, quand on sait mettre toute morale de côté, la vie offre de nombreuses opportunités. Boire, voler, rudoyer ou tuer, tel est le quotidien de Hent Guer, un guerrier redoutable, et de Pic Caram, un Sorcier aux Rubans. Tous deux écument routes et cités, à la recherche de proies faciles.
Toutefois, leurs plans se trouvent contrariés lorsqu’un matin de gueule de bois, Hent constate, impuissant, la disparition de Pic. Sur la Grande Île de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Alfaric
  18 juillet 2018
Dans "Rubans de soie rouge", on suit Hent Guer le mercenaire barbare homme à tout faire remuer ciel et terre pour retrouver son client / gagne-pain / coéquipier Pic Caram. de fil en aiguille, ses investigations l'emmènent à infiltrer un rassemblement d'homme-chats maudits...
Dans "Les Sortilèges de la Mer d'Os", dans la Cité-État d'Isamir Hent Guer et Pic Caram sont missionnés par l'Étouffeur du peuple Arimiar pour assassiner Bikkir la Protectrice du peuple... Bon an mal an nos antihéros se retrouvent du mauvais côté d'une lutte classe contenant un petit arrière-plan lovecraftien...
Dans "Drao Druber", on suit un Vidocq médiéval fantastique amant de la strong independant woman Mirnie Skavoc qui prend comme une affaire personnelle l'enlèvement du dénommé Haber San-San... On se demande comment ce récit policier écrit à la première personne est relié à nos antihéros jusqu'au moment où SPOILERS !
Dans "Comment le Grandsang Forn Velveille fut évincé", l'occasion faisant le larron Hent Guer et Pic Caram prennent la place d'Elctor Smopel et Viore Erette avant de se présenter à l'aristocrate botaniste Forn Velveille persuadé que l'acquisition d'un soirisier peut lui assurer l'immortalité... Nous sommes dans un Agatha Christie fantasy où chacun est persuadé de remporter le gros lot !
Dans "Nés de la boue", après avoir travaillé pour l'affameur du peuple van Jalmoa le Petitsang nos deux compères travaillent pour ledit peuple à la recherche de ses enfants perdus... Et c'est tout naturellement que leurs recherchent les mènent vers un laboratoire clandestin se servant des enfants perdus comme incubateurs humains. Ils se font d'autant plus une joie de tout casser que tout cela appartient à leur précédent employeur !
Dans l'épisode final qui est intitulé "Impitoyables" et qui représente la moitié des pages de l'ensemble, nous ne suivons plus les heurs et malheurs de Hent Guer et Pic Caram mais ceux de leurs précédentes victimes alliées pour les châtier ! Nous suivons ainsi Joanni la guerrière-sorcière de Scalèpe promise à un grand avenir, son frère jumeau Aleo qui tient tout du super-héros, l'espionne Asté / Yasi qui après son calvaire est désormais protégée par la Sorcière des Écumes et des Sels, Imatec Kar le révolutionnaire populares en quête de vengeance de Bikkir, Drao Druber le Fouillevie en quête de vengeance de Mirnie Skavoc, ainsi que Forn Velveille qui consacre ses derniers instants d'humanité à se venger de Hent Guer et de Pic Caram...
Thomas Geha / Xavier Dollo connaît parfaitement les vibes de la Sword & Sorcery, cette fantasy d'avant JRR Tolkien dénommée par Sprague de Camp et définie par Michael Moorcock (tous les deux ayant R.E. Howard dans le rétroviseur ^^) à une époque où il n'y avait guère de différence entre une Fantasy appelée « Sword & Sorcery » et une Science-Fiction appelée « Sword & Planet »... J'ai reconnu ici l'auteur du "Sabre de Sang" : cela fait toujours plaisir de voir un auteur développer sa personnalité, et tout cela m'a donné matière à réfléchir !
Le très bon youtuber JPDepotte explique que dans l'alchimie d'un roman interviennent les ingrédients que sont le style, le milieu, la fiction et le message. Il a parfaitement raison, mais il faut moduler pour les littératures de l'imaginaire. Il faut doser les niveaux de difficulté du style et de complexité de l'intrigue, chapeautés par le choix déterminant Populares / Optimates... Et après cela, il y a les curseurs propres à la Fantasy :
- Noirceur / Candeur
- Gravité / Légèreté
- le dosage du réalisme
- le dosage du merveilleux
- le dosage entre action et aventure d'un côté, et intrigues et complots d'une autre côté
Et c'est là le seul et principal reproche que je puisse faire à l'auteur car après un serial plutôt humoristique empruntant à Fritz Leiber et à Jack Vance on a un feuilleton plutôt tragique empruntant à Michael Moorcock et Karl Edward Wagner...
Le binôme grand costaud / petit roublard est un archétype et un classique de la Fantasy mis en avant par le duo Fafhrd / Souricier Gris inventé par Fritz Leiber. Simon R. Green l'a repris en mode tragi-comédie, Terry Pratchett l'a repris en mode pastiche et burlesque, Scott Lynch l'a repris avant de dériver vers la romantic fantasy, Pierre Pevel l'a repris en mode cape & épée version Cartouche, Michael J. Sullivan a été voir du côté d'Alexandre Dumas avant de naviguer entre R.E. Howard et J.R.R. Tolkien, et Joe Abercrombie a adapté le duo à la sauce version Quentin Tarentino.... Je ne sais pas trop où Thomas Geha a voulu nous emmener, mais ses antihéros donnent matière à réflexion : Hent Guer se pose en parfait crevard avant de se déclarer révolutionnaire, et Pic Caram est perdu par les rares actes de charité dont il a pu témoigné... Malédiction du grimdark issue de GRR Martin ???

PS: et n'oublions l'illustration de couverture de Xavier Collette qui nous a permis d'éviter de la Dark Fantasy à fleurs ^^
Lien : http://www.portesdumultivers..
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Aelinel
  22 octobre 2018
Trois raisons m'ont incité à lire ce roman et bouleversé l'ordre de lecture de ma PAL gigantesque :
– La couverture absolument magnifique de Xavier Collette dont j'avais également beaucoup aimé les illustrations dans la bande dessinée le Soufflevent d'Andoryss.
– Les avis dithyrambiques et unanimes sur la blogosphère (Le Bibliocosme, Blackwolf, Célindanae, Dup de Book en stock et Les lectures du monstre) et de mon libraire Mathieu.
– La venue de Thomas Géha le 27 Octobre prochain, à la librairie Décitre de Grenoble organisée dans le cadre du Mois de l'Imaginaire.
Je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps mais cette lecture a été un véritable coup de coeur, au point d'en avoir lu avant-hier les deux derniers tiers tellement j'étais avide de connaître la suite.
Sur l'île de Cosme et plus précisément dans le Royaume d'Adimala, situé à l'est, sévissent deux joyeux lurons prénommés Hent Guer et Pic Caram : le premier est un redoutable guerrier originaire de l'île de Scalèpe chargé de protéger le second, un magicien aux rubans capable de manipuler les corps et les esprits des hommes. Si leur but est l'appât du gain, il faut bien avouer que leurs entreprises se soldent la plupart du temps par un beau désordre leur valant de profondes inimitiés et des rancoeurs. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les deux compagnons ne sont pas vraiment étouffés par le sens de l'empathie, ni par leurs scrupules. Mais, la donne risque de changer lorsque Pic s'évapore mystérieusement après une soirée bien arrosée…
Je suppose que vous l'avez deviné dès la lecture du titre mais Des Sorciers et des Hommes est bien une référence au fameux ouvrage de John Steinbeck intitulé Des Souris et des Hommes. Hent Guer serait ainsi l'homologue de Lenny Small, le géant un peu bébête qui ne contrôle pas toujours sa force (bien que Hent ne soit pas aussi décérébré que Lenny) et Pic Caram, celui de George Milton, plus intelligent et plus vif d'esprit. Comme dans le roman de John Steinbeck, les deux personnages sont souvent en vadrouille en quête d'aventure et d'emploi lucratif.
Ainsi, Des Sorciers et des Hommes se divise en deux parties distinctes. La première est formée de quatre nouvelles et d'une novelette correspondant aux périples des deux comparses au sein du Royaume d'Adimala. Chacune d'entre elles a une intrigue propre et se déroule dans un lieu différent ; elles peuvent donc se lire de manière indépendante. En revanche, la seconde partie plus homogène est une novella qui est la suite logique de tous les évènements disséminés dans les chapitres précédents et s'apparente à une conclusion. D'après Blackwolf, on appelle ce format un Fix up (plusieurs nouvelles dont les trames se rejoignent afin de former un tout cohérent).
En ce qui concerne la première partie, j'ai eu comme sensation de départ, un enchaînement de chapitres un peu disparate et décousu, ne sachant pas vraiment où voulait en venir l'auteur (exception faite du chapitre 3 dont j'ai trouvé le dénouement absolument remarquable). En réalité, elle s'inscrit dans la pure tradition du Sword and Sorcery des années 30. Hent ne fait-il pas référence à ces héros virils façon Conan le Barbare, aimant taper sur tout ce qui bouge, tuer sans vergogne, manger et boire à l'excès et trouver le réconfort dans la couche d'une femme? Excepté que dans Des Sorciers et des Hommes, ce modèle est mis à mal. Hent et Pic apparaissent alors comme des antihéros pour lequel le lecteur développe un sentiment ambivalent : à la fois, on a envie qu'ils réussissent dans leur entreprise et en même temps, on réprouve leurs actes (meurtre, vol, mensonge, comportement éhonté à l'égard des femmes, etc…).
Et c'est justement là qu'intervient la seconde partie menée de manière tout à fait brillante et remarquable. En effet, les éléments de l'intrigue développés précédemment s'imbriquent les uns dans les autres à la façon d'un puzzle, les personnages secondaires laissés au second plan dans les nouvelles, prennent le devant de la scène dans la novella (notamment, les femmes) et enfin, cette conclusion se veut une lutte (peut-être une parodie?) contre les valeurs traditionalistes mises en avant par la Sword and Sorcery (patriarcalisme, exacerbation des valeurs virils, misogynie, etc…). Ainsi, les personnages féminins comme Yasi, Joanni, Mirni et Imatec apparaissent comme des femmes de pouvoir, fortes, indépendantes, des guerrières qui luttent pour la justice ou pour leur propre revanche.
En conclusion, Des Sorciers et des Hommes est un roman remarquable à plus d'un titre : fluide, doté d'un brin d'humour, d'une intrigue haletante et de personnages hauts en couleur. Mais, il possède également un double niveau de lecture que ce soit au travers de ses références littéraires citées ci-dessus ou de l'adéquation du roman avec les valeurs actuelles de notre société (exit, les femmes belles mais stupides qui servaient de faire-valoir aux héros virils de la Sword and Sorcery). Il me tarde donc de rencontrer l'auteur, samedi.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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Dionysos89
  09 octobre 2018
Après une certaine période où il avait interrompu son travail d'écriture, Thomas Geha relance la machine avec Des sorciers et des hommes, roman remarquable à différents égards.
Un « buddy roman » de fantasy
Des sorciers et des hommes est avant tout un roman faisant penser aux fameux « buddy movies » : un roman de copains, avec un duo de choc, le tandem savoureux d'un guerrier et d'un sorcier associés dans un but commun. D'un côté, il y a Hent Guer, mercenaire qui trucide sans vergogne et sans remords ; de l'autre, il y a Pic Caram, sorcier aux rubans… qu'est-ce qu'un sorcier aux rubans ? c'est un des rares magiciens qui persistent dans ce monde à pouvoir manipuler la vie des gens en discernant autour d'eux des rubans sur lesquels ils peuvet agir. Comme le dit lui-même l'auteur, Des sorciers et des hommes met en scène des « salopards sans scrupules » et clairement ces deux-là en font partie d'un bout à l'autre du roman. L'auteur les place dans une géographie toute neuve avec un monde de fantasy centrée sur la grande île de Colme où se disputent de nombreux États comme la Heptarchie insulaire d'Évandir ou le protectorat d'Aamir, et où on rencontre des endroits aussi dangereux que la mer d'Os ou les villes d'Isamir, Hob-osijel et Vuratulu (dommage cependant que la carte ne soit pas dans une meilleure définition).
Un roman à épisodes bien structuré
Certains appellent ce type de romans un fix-up, pourquoi pas ; en tout cas, Des sorciers et des hommes présentent six épisodes : une novelette, quatre nouvelles et une longue novella qui clôt le tout. Ce sont clairement les personnages qui portent l'histoire plus que tout le reste. À ce propos, là où le lecteur s'attend au départ à suivre deux compagnons de route partis sur les sentiers de la gloire, on finit par trouver bien autre chose. D'autres personnages sont explorés sans vraiment prévenir : au moins le lecteur n'est pas laissé dans ses petites habitudes, au point même où parfois la chronologie du récit est chamboulée. Avec des « seconds rôles » comme Joanni la guerrière, Bikkir la mafieuse ou Drao Druber l'enquêteur, il y a de quoi passer de bons moments, et même de quoi avoir l'impression de faire notre retour dans un univers proche du Sabre de Sang. Tous ces éléments et ces récits imbriqués qui finissent par se rejoindre en une novella conséquente forment une structure en arabesques qui n'est pas si courante ; peut-être est-ce là une référence au style caractéristique de la magie aux rubans.
Quelques prises de risques
En-dehors de ces aspects plus génériques, il faut noter un certain nombre d'aspects plus personnels à l'auteur. Ainsi, le premier parti-pris est celui de la « sword & sorcery », il est clairement mis en lumière par Thomas Geha lui-même et il faut reconnaître que nous sommes en plein dedans. Ce n'est plus trop d'actualité dans les sorties littéraires de fantasy, mais ici le cocktail est détonnant : des héros amoraux, une certaine brutalité, la sorcellerie peut y être épique mais clairement pas héroïque, d'autant que les menaces surnaturelles sont légion ; la sword & sorcery de Thomas Geha est bien une « dark heroic fantasy », terme que le cher Apophis ne reniera évidemment pas. Toutefois, et comme souvent dans ses romans et nouvelles, l'auteur réussit à rendre son histoire touchante : les sous-intrigues mettent en scène des personnages affaiblis qu'on ne peut que plaindre et, pourtant, même dans des situations pathétiques, il arrive à nous faire sourire sur des petites choses de la vie quotidienne.
Pour conclure, Thomas Geha est reparti pour un tour avec un nouveau roman de fantasy où il fait la part belle à la sorcellerie et à une ambiance débridée, cela fait plaisir à lire.
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Soleney
  13 février 2021
Ça vous dit de vous mettre dans la peau des plus odieux personnages le temps d'un roman ?
Hent Guer et Pic Caram sont respectivement mercenaire et sorcier aux rubans et emploient leurs talents à piller, tuer, voler, violer leur prochain. Pas de sentimentalisme ici : si on croise un mourant sur le bord du chemin, c'est qu'il a été détroussé, et donc qu'il avait des possessions intéressantes. Dommage d'être arrivé après la fête...
Sur six histoires qui se suivent (pas tout à fait des chapitres, mais pas exactement des nouvelles non plus), on voit donc nos deux compères abuser allègrement de ceux qui croisent leur route, réduire à néant une race presque éteinte, tuer une puissante bienfaitrice pour le peuple, punir ceux qui leur mettre des bâtons dans les roues, achever deux hommes et leur voler leurs identités pour récupérer une récompense…
À côté de ces malfrats, des personnages secondaires complexes font de leur mieux pour adoucir les injustices de ce monde malgré leurs imperfections. Ce sont en général des gens qui vont s'opposer à notre duo sans scrupules et s'en prendre plein les dents.
En fait, à de multiples reprises, on a sacrément envie de voir les protagonistes se prendre une bonne raclée…
En achetant ce livre, je m'attendais certes à des antihéros, mais des antihéros attachants, un peu bouffons, peut-être retors à cause de leur incompétence, et lié par une profonde fraternité. Il n'en est rien : Hent et Pic ne sont pas attachants DU TOUT. Ils sont même particulièrement compétents dans leur domaine d'expertise : la nuisance.
À cause de cela, ma lecture était plus pénible que prévu.
Pourtant, le livre est très bien fait. Les événements se succèdent, nous dévoilent habilement l'univers de cette grande île qu'est Colme et la personnalité poisseuse de nos protagonistes. Par petites touches, on découvre un peu de leur passé. Tout d'abord, Pic disparaît, ce qui nous montre l'étendue de son importance : les sorciers aux rubans sont précieux, convoités. Mais cela nous dévoile aussi l'étendue de ce qu'Hent est capable de faire lorsque sa source de revenus disparaît…
Par la suite, nos deux compères s'en viennent remplir un contrat à Isamir, près de la Mer d'Os. Lors de leur mission, ils s'aperçoivent que leurs employeurs sont de belles enflures souhaitant assassiner une de leurs opposantes : une personnalité bienveillante oeuvrant pour une société plus juste. Cela arrête-t-il nos deux vénaux compères ?
Pas le moins du monde, évidemment !
La troisième nouvelle est centrée sur un personnage inconnu : Drao Druker. Un Fouillevie ayant enquêté il y a vingt ans de cela sur l'étrange disparition d'un enfant. Un homme bon, travaillant avec méthode, non pour son gain personnel, mais pour rétablir la justice. À priori, rien à voir avec Pic et Hent… À priori seulement.
Par la suite, nous revenons auprès desdits malfrats, qui se permettent d'achever deux personnes blessées sur le bord de la route afin d'usurper leur identité. le but ? Récupérer le fruit d'un soirisier. Un arbre extrêmement rare, ne fleurissant qu'une fois tous les cinquante ans et dont la rumeur affirme que manger ledit fruit accorde l'immortalité…
Le guerrier et le sorcier sont ensuite appelés à l'aide par deux pauvres villages dont les habitants se sont ruinés pour pouvoir se payer leurs services. On leur demande d'enquêter sur de nombreuses et inquiétantes disparitions d'enfants. le moins qu'on puisse dire, c'est que l'enquête du duo souffre de la comparaison avec celle de Druo : pas de méthode, pas d'esprit d'investiture, aucun respect pour les familles et les disparus.
Toutes ces histoires convergent vers la dernière qui, à elle seule, représente la moitié du recueil. Un épisode beaucoup plus dense qui fait la part belle à tous les opposants de Pic et Hent (enfin, ceux qui ont survécu…), qui se décident à se retrousser les manches et à mettre fin aux agissements de ce terrible duo. Au bout d'un moment, ça commence à bien faire !
Si vous êtes arrivés jusqu'à cette dernière partie, vous serez certainement comme moi, à craindre pour la vie de ces personnes souhaitant se dresser contre un duo particulièrement vicieux. On les connaît bien, maintenant, et on sait qu'ils ont la couenne plutôt dure… Quel parti choisira l'auteur ?
Une histoire originale, en somme, dont la narration change des romans de fantasy plus classique.
Petit point sur l'univers.
La grande île de Colme se divise en plusieurs royaumes : une heptarchie composée d'îles mineures, un grand royaume central d'Arimiya, le Flossol : pays mystérieux qui a soudainement décidé de fermer ses frontières, coupant l'île en deux, et l'île des barbares de Scalèpes, qui borde la dangereuse Mer d'Os.
La culture de Scalèpe, terre d'origine d'Hent, est très intéressante. de prime abord très « barbare », sans foi ni loi, n'obéissant qu'au plus fort, on apprend rapidement que ce peuple est en fait matriarcal. Peut-être même un peu sexiste : dans un temple, les hommes et les femmes sont hermétiquement séparés ; seules les femmes peuvent accéder aux plus hautes fonctions sociales selon le préjugé qu'elles gèrent mieux les questions administratives, et elles seules peuvent s'adresser à Fïr, la mère démone. Je me suis beaucoup amusée à découvrir une culture présentée si négativement (d'autant qu'on n'en voit que son fruit le plus pourri : Hent Guer !).
Il est d'ailleurs assez curieux de devenir aussi « consommateur de femmes » que ce dernier quand on a grandi dans une telle culture… Je ne le qualifierai pas de misogyne, car finalement il traite les femmes comme des ennemis aussi dangereux que les hommes et ne semble pas éprouver le besoin de les cacher dans la cuisine d'une maison. Mais Hent ne s'intéresse qu'à la plastique des femmes et à leurs compétences au lit.
Juste entre cette île et Colme, se répand la dangereuse Mer d'Os. Il est interdit d'y pécher : les poissons ne sont pas comestibles et certaines personnes y révèrent la Sorcière des Écumes et de Sels, une déesse mystérieuse et impitoyable.
Le royaume d'Arimiya (dans lequel se passe la majeure partie de l'action), est un pays très classique de medieval fantasy. Une « base », en quelque sorte, qui ne dépaysera pas les novices de la fantasy.
Et puis ce fameux Flossol, qui a imposé un « rideau de fer » en plein milieu de Colme… M'est avis que l'auteur n'en a pas fini avec cet univers. Il laisse volontairement de vastes zones d'ombre : nul ne sait ce qu'il se passe sur la partie ouest de Colme. Des sorciers et des hommes fourni une très bonne introduction à un roman, voire une saga se déroulant dans le même univers. Il présente un univers riche, une faune et une flore uniques, et laisse deviner une Histoire avec beaucoup de potentiel.
Et bien évidemment, personne n'aura manqué le clin d'oeil au Des souris et des hommes de Steinbeck ;) Je ne l'ai pas lu, malheureusement, donc je ne saurais dire si ces deux romans sont comparables. Mais un jour, peut-être !
J'ai mis une semaine pour terminer ce roman de seulement 300 et quelques pages. Ce qui est un record dans le mauvais sens du terme^^ Mais je pense que la faute n'est pas seulement imputable aux quelques lourdeurs narratives. Il me semble aussi que je ne suis pas trop d'humeur à lire en ce moment (damn !!).
Et je conclurais sur cette magnifique couverture des éditions Critic. du bel ouvrage qui a bien su faire son travail – me faire acheter ce roman XD Bien joué, monsieur Xavier Collette !
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celindanae
  25 juin 2018
J'ai acheté ce roman de Thomas Geha le dernier jour des Imaginales alors que je ne l'avais pas prévu dans ma liste d'achat. Mais il est bien connu que l'on ne peut pas être raisonnable lors des Imaginales, et ce n'est pas ma PAL qui me contredira. En tout cas, je ne regrette vraiment pas cet achat car j'ai adoré ce livre. C'est le premier roman que je lisais de l'auteur dont j'avais découvert la plume dans des nouvelles, mais certainement pas le dernier.
Des sorciers et des hommes est un roman surprenant à plus d'un titre: sa construction en premier lieu, ses personnages et son intrigue à tiroirs ensuite. le roman est en effet composé de plusieurs épisodes, 6 au total. Chaque épisode est construit comme une nouvelle et le dernier est beaucoup plus long. Les deux premiers épisodes étaient parus dans l'anthologie officielle du salon fantastique Dyrméa en 2017. Les épisodes sont liés par l'univers dans lequel les histoires se passent mais également pas les deux personnages centraux au récits: Hent Guer et Pic Caram. Ils ne sont pas les personnages principaux de chaque épisode mais au centre des récits. Les épisodes semblent ainsi discontinus et ont des points de vue différents, cependant tout prend forme de manière habile et fort cohérente. J'ai vraiment adoré cette structure, à la fois originale et très bien faite. C'est pour moi un gros point fort du roman.
L'auteur classe son roman dans la sword & sorcery, ce qui étant donné le titre va très bien. Thomas Geha nous offre clairement une fantasy plutôt sombre même si on y trouve de l'humour caustique. Les deux personnages principaux sont des mercenaires sans aucun, mais vraiment aucun scrupules, pour qui seul l'argent importe et prendre du bon temps également bien entendu. Ils veulent être libres et vont de contrats en contrats sans se soucier de la morale, de la justice et assument totalement leurs actes. Hent Guer est un guerrier, un barbare de Scalèpe. Pic Caram est un sorcier aux rubans, ne vous fiez pas au nom, c'est une magie très puissante et dangereuse où il s'agit de manipuler les rubans ou fils des personnes. Cette magie peut être bénéfique et permettre de soigner mais comporte aussi une part de monstruosité, et être mortelle.
L'univers du roman est assez détaillé avec une touche d'exotisme. J'ai beaucoup aimé les qerins que l'on peut d'ailleurs voir sur la très belle couverture signée Xavier Colette. Ils font de sympathiques montures très utiles pour voyager. Tout le récit se déroule sur l'île de Colme qui semble plutôt grande. Une carte assez détaillée accompagne d'ailleurs le livre.
Hent Guer et Pic Caram sont au centre des récits mais il y a beaucoup d'autres personnages secondaires qui sont également très travaillés. Ces personnages enrichissent beaucoup le récit et permettent d'avoir plusieurs points de vue. J'ai beaucoup aimé notamment Drao Druber, sorte de policier au grand coeur. La place des femmes est aussi à souligner avec des femmes ayant des rôles importants dans la société et ayant une personnalité fortes et bien construites. La mercenaire Yasi est touchante et la guerrière Joanni est un personnage qu'on aimerait revoir.
L'intrigue au départ apparait simple mais elle se complexifie vite au fil des différents récits et forme une intrigue à tiroirs grâce aux récits enchâssés. le roman est très rythmé et se lit très bien, on tourne les pages avec l'envie de connaitre la résolution des différentes histoires. Les scènes d'action sont très visuelles et dynamiques. le dernier récit comporte une tension presque palpable. La plume de Thomas Geha est fluide et très vivante.
Des sorciers et des hommes est donc un roman surprenant dans le très bon sens du terme. La construction du roman accompagnée d'une tonalité sombre avec de l'humour, une plume dynamique maintenant de l'action et un intérêt pour des personnages sortant de l'ordinaire en font un excellent roman. Une grande réussite!
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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critiques presse (2)
SciFiUniverse   02 août 2018
Le point fort de ce roman, outre un style dynamique qui rend la lecture très fluide, est la qualité d'écriture des personnages secondaires : ils prennent de l'épaisseur au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture du roman.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Elbakin.net   23 mai 2018
C’est la mise en scène de l’action et la capacité à maintenir en permanence l’intérêt du lectorat qui valorisent en premier lieu l’ouvrage. Néanmoins, les aventures de Pic Aram et Hent Guer ont de quoi séduire au-delà du cercle des habitués de la plume de l’auteur et des amateurs de récits courts et furieux.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   16 octobre 2018
- Pas un démon ne daigne me parler, alors que mes prières sont belles et sincères.
- Pourquoi les pries-tu alors ?
- Parce que malgré les nombreuses batailles auxquelles j'ai participé, je vis toujours. Ils doivent m’écouter, non ?
Commenter  J’apprécie          270
Dionysos89Dionysos89   07 novembre 2019
Un proverbe de Vuratulu disait ceci : « Tue ton ennemi, et tu te tueras d’ennui. » […] Prolongement du premier, un autre adage, plus amusant selon Pic, n’était cependant pas moins vrai : « Laisse ton ennemi pleurer, ses larmes étancheront ta soif pour l’éternité. »
Commenter  J’apprécie          80
Dionysos89Dionysos89   30 septembre 2018
Nombreuses sont les histoires que l’on raconte sur la mer d’Os. Aucune ne doit être crue. Toutes peuvent être vraies.
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AlfaricAlfaric   09 octobre 2018
Ce qui est fait appartient au passé et seuls les dieux jugeront nos fautes.
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AlfaricAlfaric   15 septembre 2018
Nous sommes tous des créatures de vengeances. Nous sommes tous impitoyables quand vient le moment.
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Videos de Thomas Geha (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Geha
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Disponible en novembre 2020 https://www.humano.com/album/37523
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