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ISBN : 9791091555333
Éditeur : Atelier des Cahiers (26/09/2017)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Quelles questions la Corée soulève-t-elle sur l'essence de ce qui fait la ville ? En quoi l'histoire urbaine de Séoul nous instruit-elle sur notre propre conception de la modernité ? Pourquoi ne construirait-on pas des grands ensembles au coeur de la ville ? Et si le droit à une vue dégagée depuis son appartement était aussi important que la protection des vieilles pierres qui sommeillent au coeur des centres historiques ? Que nous dit de la société coréenne l'esthé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
LightandSmell
  04 avril 2018
Avant de parler du fond, il convient de parler de la forme dans la mesure où d'une part, la qualité du travail éditorial mérite qu'on s'y attarde un instant et que d'autre part, la forme et le fond de cet essai sont intrinsèquement liés. Urbanités coréennes est le troisième ouvrage de L'atelier des cahiers que je tiens en main et le deuxième que je chronique. Et j'y retrouve ce souci de publier un livre aussi intéressant qu'agréable à lire : couverture avec rabats et un effet presque cartonné, papier épais ce qui est important pour que les différentes photos du livre ne se voient pas au verso par effet de transparence, photos de qualité, contenu enrichi avec des QR codes renvoyant à des films, des bandes-annonces, des critiques cinématographiques… Tout est mis en place pour assurer une expérience de lecture complète et immersive. La seule chose que j'ai un peu regrettée et qui m'a parfois un peu frustrée, c'est que beaucoup des QR codes ouvrent des documents qui ne sont pas traduits en français ou, au moins, en anglais.
Ensuite, ce livre est original dans sa forme puisque issu du forum cinéma-sciences sociales ‘Urbanités coréennes », organisé à la Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris, il propose, ni plus ni moins, que de permettre de comprendre les villes coréennes par les films. Pour ce faire, les différents participants à l'ouvrage, à travers quatre grandes parties (Séoul et la grande modernité, Un imaginaire XXL : les architectures du futur, Les coulisses de la ville verticale et Jardins secrets et marges urbaines) répondent à des problématiques en rapport avec les villes coréennes en s'appuyant sur des films qu'ils résument, et surtout analysent. Sont également rapportées des discussions issues des tables rondes organisées lors du forum.
La démarche d'utiliser les films, un média populaire non pas dans son sens péjoratif, mais dans l'idée qu'il est accessible à tous, est originale. Cela permet à des personnes non-coutumières des questions d'urbanisme, et a fortiori dans une société aussi éloignée de la nôtre que la société coréenne, de s'intéresser à ce sujet sans être complètement perdues. Cette manière, volontaire ou non, de rendre ces différentes problématiques accessibles à tous est l'un des points forts de cet essai qui, malgré la diversité et la multiplicité des sujets abordés, reste relativement abordable. J'écris relativement, car certains propos ou certaines notions m'ont parfois paru un peu abstraits…
J'ai néanmoins trouvé passionnantes les analyses des films présentés dans l'ouvrage : à partir de scènes et/ou de décors, des déplacements des protagonistes… qui n'auraient pas particulièrement marqué le spectateur lambda, les auteurs arrivent à souligner l'importance de la ville ou des lieux d'habitation en tant qu'espace géographique, mais également en tant qu'élément d'organisation des relations entre les individus. Nous nous rendons alors compte à quel point une ville peut influer sur les individus que ce soit à travers les types de constructions, leur taille (grands ensembles…), la manière dont elle favorise l'émergence de quartiers prisés par certaines catégories de population, la place laissée à la nature et aux individus dans l'espace public…
A travers cet ouvrage, les auteurs montrent également que la ville est un peu le témoin du passé et des évolutions sociétales, mais aussi politiques. En fonction du contexte politique local et national, les villes peuvent ainsi se voir repensées et réorganisées. C'est d'ailleurs révoltés que nous découvrons les conséquences néfastes de l'organisation des Jeux Olympiques de 1988 à Séoul puisque cet événement international a conduit les autorités à déloger, sans solution satisfaisante de relogement, les populations les plus pauvres. C'est que cette catégorie de population, en plus de gêner les chantiers de rénovation urbains, n'était pas forcément compatible avec l'image de modernité que le gouvernement voulait donner de la Corée. Cet exemple est l'un de ceux qui m'a le plus marquée, car il montre comment des autorités peuvent rendre presque invisibles des individus « gênants » en supprimant leurs espaces dans la ville. Il faut dire que gigantesques par leurs tailles et leurs nombres d'habitants, les villes coréennes contribuent à faire rayonner cette idée de « miracle économique coréen », une image incompatible avec les laissés-pour-compte qui n'ont pas réussi à faire de ce miracle le leur.
Sans tous les énumérer ou les détailler, cet essai aborde de nombreux autres thèmes comme la question des logements sociaux, un type d'habitats qui n'existait pas jusqu'à la fin des années 1990 puisque les Coréens étaient plutôt dans un système d'entraide entre voisins. La démocratisation du pays et les événements survenus durant les JO ont marqué une évolution dans ce domaine. D'ailleurs, les villes asiatiques et ici, Séoul étonnent par leurs capacités à évoluer rapidement, les autorités n'hésitant pas à construire et à démolir au gré des besoins. Malheureusement, les changements semblent souvent résulter de logiques financières, spéculatives et politiques, et sont loin de découler des véritables besoins des habitants. Un décalage dénoncé et combattu par Chung Guyon, un architecte maintenant décédé qui plaçait l'individu au coeur de ses projets. Bien que finalement, sa philosophie et ses enseignements aient plus marqué les esprits que ses quelques réalisations, sa manière de prendre en compte les besoins des personnes pour leur proposer des constructions qu'elles peuvent s'approprier m'a beaucoup plu et m'a semblé un moyen d'atténuer l'anonymat voire la dureté des grandes villes. Et si finalement, la vision humaniste et quasi philosophique de cet homme était le devenir de la ville coréenne voire de toutes les villes ? Faire renouer le dialogue entre les politiques, les citadins et toutes ces personnes qui construisent les villes de demain ne serait-il pas, en effet, le premier pas pour que chacun puisse enfin y trouver sa place ?
En conclusion, avec un taux d'urbanisation de 85%, on comprend aisément que la question des villes coréennes est un sujet à la hauteur de ce pays, c'est-à-dire complexe et passionnant. A travers des films coréens, leurs analyses et l'intervention de différents professionnels, les auteurs vous proposent un ouvrage qui offre une plongée dans les villes d'un pays qui demeure encore trop peu connu en France. D'un abord simple bien que parfois peut-être trop abstrait, cet essai devrait plaire aux amateurs d'architecture et à ceux qui s'intéressent à la question de l'aménagement des territoires, mais aussi aux simples curieux qui aiment à découvrir d'autres pays.
Lien : https://lightandsmell.wordpr..
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maripole
  29 juillet 2018
« Urbanités coréennes » est un ouvrage écrit sous la direction de B. Joinau et V. Gelézeau à partir d' un forum cinéma – sciences sociales organisé lors de l'année France – Corée 2016. « Urbanités coréennes » est une exploration de l'espace et du sens des villes coréennes, mais aussi une exploration méthodologique des modes de réflexion sur les villes ici et ailleurs. Ouvrage exhaustif, très bien conçu et d'une grande qualité, qui satisfera la curiosité des amoureux de la Corée et des cinéphiles. Pour une lecture plus proche de cet ouvrage, je recommanderai les diverses critiques publiées sur Babélio ainsi que l'excellente chronique de Clothilde P. sur le site de Koreancoffeebreak.com.
« Urbanités coréennes » m'amène à m'interroger sur le concept des Smart Cities, concept large s'il en est. A 60 kilomètres de Séoul se situe la ville de Songdo, ville laboratoire, terrain de jeu et d'expérimentation du groupe Cisco. Vitrine futuriste, elle témoigne d'un intérêt croissant pour les nouvelles technologies et leur impact sur la vie quotidienne dans un souci pratique et écologique. (Je renvoie avec beaucoup d'enthousiasme aux « carnets de voyageurs » Bouts du monde , qui dans leur numéro 35 et sous la plume de S. Buret, présentent un papier sur la Corée du Sud). de nombreuses interrogations en découlent, telles que le rapport entre travail et loisir, la notion de société de contrôle, sécurité, gestion de la consommation des ressources, empreintes écologiques, éducation..
Dans un autre ordre d'idées, on pourrait aussi être amené à se demander ce qui manque à Séoul pour rivaliser avec d'autres grandes villes asiatiques. Très proche historiquement et géographiquement, Tokyo a évolué différemment au fil du temps et regroupe une multitude de petites villes, qui ont toutes leur ambiance et mode de vie ambigu (exubérant et froid à la fois).
le modèle de Pékin n'est certainement pas à reproduire, avec ses autoroutes urbaines sans fin et son niveau de pollution extrême. Quant à Pyongyang ?
Que devra inventer Séoul pour être LA ville du futur ? Où en est-elle en terme de multi-ethnicité, de lien avec son passé, de lieux de sociabilité de ses habitants (le e-commerce transforme les galeries marchandes en lieux d'échange, nous apprennent les auteurs avec bonheur), de la place de la nature (la réputation des jardins japonais n'est plus à faire, qu'en est-il des jardins coréens ?). Excès de verticalité ?
Doit-on y voir un échec de la modernité ? de nombreuses personnes, n'arrivant pas à s'intégrer à la ville, repartent à la campagne (ceux qui rejettent la logique financière et la vitesse de Séoul, et ceux qui ne peuvent faire autrement).
Dévorez ce livre, vous en sortirez grandi, émerveillé de tant de science, d'érudition, et curieux d'en savoir d'avantage.
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Khiad
  01 août 2018
J'ai lu ce livre dans le cadre de la masse critique Babelio du mois de juin, consacrée à la littérature de non fiction.
Je remercie Babelio ainsi que les éditions L'Atelier des Cahiers pour cet envoi.
J'avais sélectionné ce livre parce que j'aime beaucoup tout ce qui touche à l'Asie et, bien entendu, la Corée du Sud en fait partie. Je me suis dit qu'il serait sympa d'en apprendre un peu plus sur ce pays qui me fascine un peu, je l'avoue.
Et effectivement, ce fut un livre intéressant. Par contre, de mon point de vue, je ne le conseille que si vraiment le sujet plait au lecteur. Sinon je pense qu'il peut vite devenir assez lourd et indigeste (j'avoue que certains passages m'ont parus un peu plus durs à suivre).
Ce livre a vu le jour suite à l'année France-Corée (2016) et au forum « Urbanités Coréennes ».
J'ai aimé la mise en forme, les sujets abordés, suivi de débats autour dudit sujet, les photos inclues qui donnent un peu de légèreté à l'ouvrage. Sans oublier les QR codes et les nombreux ouvrages/films/documentaires conseillés. J'ai aussi beaucoup apprécié que cet essai se centre autours de documentaires et de films pour alimenter ses arguments et sa vision des choses. Bon, malheureusement pour moi, je n'en avais vu aucun, mais... j'ai noté quelques titres qui pourraient m'intéresser. ^^
J'ai aussi beaucoup aimé le fait qu'il soit mentionné les mangas ainsi que les dramas. J'ai tout autant apprécié la petite partie qui traite des différentes perceptions de l'habitat entre les films et les dramas. Sans oubli la référence à la chanson Gangnam Style de Psy. ^^
Pour en revenir au contenu de ce livre, il traite des villes coréennes sous bien des aspects : la place de la nature dans la ville, les expansions, les lourdes conséquences des Jeux Olympiques de 1988, la modernité, la vitesse de l'évolution des villes, la présence des minorités en leur sein, les immeubles et les perception qu'en ont les habitant de ce pays... le tout appuyé par des films et des documentaires qui sont résumés puis analysés pour nous permettre d'en saisir toutes les subtilités. Parce que oui, certains détails sont subtils et je suis certaine que je ne les aurais pas relevé si j'avais été seule devant mon écran.
En résumé, j'ai apprécié ma lecture qui m'a permis d'en apprendre plus sur ce pays que j'aime beaucoup. J'ai vraiment apprécié la forme donnée à ce livre qui est assez ludique et donne un peu de légèreté à cet essai qui aborde énormément de points différents, plus que l'on ne pourrait croire de prime abord. Ce qui tend à prouver que la Corée est un pays bien plus complexe qu'il n'y parait.
Lien : http://booksfeedmemore.eklab..
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zaphrina
  01 juillet 2018
Ne l'ayant pas payé, je n'ai pas à me plaindre mais j'avoue que 22euros c'est un prix un peu élevé à mon sens. Maintenant, si on se penche sur le contenu, on change un peu d'avis. En effet, ce livre croise l'art coréen avec l'urbanité et son évolution. On découvre par le biais de documentaire, d'architectes ou de films l'évolution de Séoul. Cette évolution ne s'est pas faite sans mal. Les auteurs mettent en avant des explications concernant les aspects sombres de cette volonté de modernisation et de reconstruction.

On y aborde l'après guerre pour commencer. Il fallait tout reconstruire. Néanmoins, tout n'est pas rose. On aborde ensuite la dictature coréenne. Je ne connaissais pas cette période historique. J'ai pu la découvrir par ce prisme. C'était vraiment intéressant. J'ai pu en apprendre plus également sur la période des JO de 1988 et ce qui a été fait. Des populations ont été renvoyées de chez elles. Il existe un documentaire sur le sujet. Je pense que si je le trouve, je le regarderai.

On aborde d'autres thématiques surtout celle concernant les minorités et leur place en Corée mais également dans l'art. Comment ce sujet est traité. Il y a tellement de films et documentaires sans parler des livres que je pense crouler sous toutes ces sources d'informations. J'ai beaucoup apprécié ce passage montrant que les minorités sont exclues pendant longtemps des projets. Heureusement, les choses changent. On y aborde également l'écologie et la place réel de l'homme dans la société coréenne. La place de la femme y est abordée plus rapidement.

Ce livre utilise le prétexte de l'urbanité pour aborder beaucoup plus de thématiques que je ne l'aurai cru. Et c'est tant mieux. On nous dévoile une Corée beaucoup plus complexe et surtout l'envers du décors avec une belle part donné à l'histoire.

En bref, j'ai beaucoup apprécié cette lecture qui me confirme que cette maison d'édition est à suivre sur la Corée du Sud.
Lien : https://lessortilegesdesmots..
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AndreeLaPapivore
  26 mars 2018
2016 était l'année de la Corée en France. En avril de cette année s'est tenu le forum « Urbanités coréennes » où architectes, chercheurs, créateurs français et coréens ont étudié les cultures urbaines du pays à partir de films et de documentaires. Les tables rondes du forum dont l'ouvrage est une recension se sont basées sur 8 documentaires et 3 films.
Urbanités coréennes se divise en quatre chapitres. le premier étudie Séoul comme symbole de la modernité depuis les années 1960. le deuxième chapitre s'intéresse aux grands ensembles architecturaux construits en Corée à travers des documentaires qui les remettent en question. le troisième analyse le phénomène des apateu danji (= "complexes d'appartements"), des « barres » d'immeubles comme celles construites en France durant les Trente Glorieuses ; à la différence de la France, pour les Coréens ils sont encore un signe d'ascension sociale et font l'objet de spéculations. Enfin, le dernier chapitre parle des marges urbaines et de l'agriculture urbaine, mouvement que les autorités ne prennent encore que peu en compte.
Le style de l'ouvrage est assez simple et facile à comprendre, seuls quelques passages sont inutilement compliqués. Cet ouvrage contient une riche iconographie avec de nombreuses photographies de paysages urbains de métropoles coréennes ou d'extraits de films / documentaires. Cependant je les trouve un peu petites. L'originalité de ce livre universitaire est qu'il est multi support : les auteurs utilisent souvent des QR Codes pour renvoyer à des vidéos (films et documentaires en intégralité ou leurs bandes-annonces) ou des sites internet. de même, les auteurs proposent à la fin du livre une bibliographie scientifique, quelques titres de romans et de bandes dessinées (manhwa) ainsi qu'une sélection de films "grand public" et de documentaires comme compléments sur le sujet. Chacun est résumé et les auteurs en font un petit commentaire.
Enfin, pour l'anecdote, j'ai compris grâce à ce livre le « Gangnam Style » du chanteur PSY : Gangnam est le quartier riche de Séoul, là où se fait la mode branchée coréenne.
Lien : http://andree-la-papivore.bl..
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