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EAN : 9782350686127
344 pages
Cairn (27/02/2018)
4.55/5   19 notes
Résumé :
Dans la cour de promenade de la maison d'arrêt de Fresnes, deux vauriens nouent une amitié indéfectible. Plus tard, Mounia, une jeune clandestine, viendra troubler le jeu. Une fois libéré, Milo s'efforce de suivre le droit chemin, guidé par le fil rouge du passé. Bordeaux, l'estuaire, les vignobles du Médoc, le bassin d'Arcachon, une villa engoncée dans l'hiver, au Cap ferret, en cherchant à faire la lumière sur l'histoire de ses grands-parents, deux soixante-huitar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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cicou45
  29 mars 2018
Epoustoufliant...Non, ce n'est pas une faute d'orthographe mais j'ai croisé une fois trois mecs, trois inconnus du côté de Neuilly ou Passy je ne sais plus qui m'on dit que lorsque je ne trouvais pas les mots, il fallait tout simplement que j'en invente qui "ne sont pas dans le dico".
Tout d'abord, avant de commencer cette critique, je tiens tout d'abord à remercier Babelio ainsi que les éditions du Cairn car il s'agir d'un ouvrage que j'ai reçu lors du dernier Masse Critique et grâce à eux, j'ai découvert cette pépite à côté de laquelle je serais probablement passée à côté si il ne figurait pas dans les livres proposé.
Époustouflant donc mais aussi émouvant et extrêmement dérangeant car s'approche à des vérités qui dérangent et notamment tout ce qui s'est passé suite à la construction d'abord puis au démantèlement de la jungle de Calais il n'y a pas si longtemps de cela et pourtant, ce sont encore des choses dont on n'aime pas trop parler.
Milo, notre protagoniste, se retrouve emprisonné pour un délit qu'il n'a pas commis : celui du braquage d'une banque. Il n'y a même pas participé mais il a eu le malheur de faire confiance, pour déconner, à des mauvaises personnes au mauvais moment. C'est en prison qu'il fait la connaissance de Kevin, un petit voyou chétif qui a trempé quelques temps dans divers trafics mais qui au vu de sa belle gueule d'ange, s'en prend plein la tête et c'est ainsi que Milo décide de le prendre sous son aile. Commence alors ce qui aurait pu s'avérer être une amitié solide comme du béton si, une fois sortis de taule tous les deux, Kevin n'avait pas voulu embrigader Milo dans ses nouvelles affaire : Oui, lui a-t-il assuré, avec tous ces migrants à la jungle de Calais qui ne demandent qu'à rallier l'Angleterre, il y a du blé à se faire mais Milo a promis à sa soeur Sophie que plus jamais il ne retournerai en cabane et il n'a qu'une parole. Ce qui lui a permis de survivre dans cet enfer est le carnet appartenant à sa mère, à moitié folle mais dans lequel elle a retranscrit la vie, ou du moins une partie de la vie de sa grand-mère, Léa. Il ne sait pas pourquoi mais cette grand-mère qu'il n'a jamais connu, l'attire tout d'un coup tout comme son passé. Soixante-huitarde jusqu'au bout des ongles, Léa ne s'est jamais mariée mais pourtant, elle a aimé, de cet amour que l'on nomme avec un grand A. Et si ce grand-père était toujours en vie ? Pourquoi sa mère à Sophie et à lui n'a-t-elle jamais pardonné à son père ? Qu s'est-t-il réellement passé au cours de ces années ?
Dès lors, Milo n'a plus qu'une seule idée en tête : essayer de déchiffrer le passé flou de sa grand-mère pour essayer peut-être de reconstituer les pièces manquantes du puzzle et comprendre ce qui aurait pu amener sa mère à sombrer dans la folie.
Au milieu de tout cela, il y a un autre personnage qui est extrêmement important et qui nous donne à voir ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique et qui nous explique pourquoi son obsession à elle était de s'immigrer en Angleterre : terre qui lui promettait la liberté et l'espoir d'une nouvelle vie. Elle s'appelle Mounia et est d'origine marocaine. Elle sait que si elle reste au pays, son père ne manquera pas de la marier bientôt et ce, sans lui demander son avis et ce de cela, Mounia n'en veut pas. Non, elle ne veut pas de cette vie-là, enchaînée d'abord à un père puis ensuite à un mari. Ce qu'elle veut, elle, en plus d'être une femme libre, c'est étudier. Arrivera-t-elle à s'émanciper de ce destin qui lui semble tout traxé d'avance sans qu'elle n'ait rien décidé ?
Toutes ces vies à moitié brisées vont se croiser ici et c'est pour tout cela que je dis que ce livre est une véritable bombe à retardement car l'on ne peut pas toujours arriver là où on le voudrait par sa seule volonté.
Un ouvrage poignant, déchirant, imprévisible, cruel parfois mais bon, ce sont aussi toutes ces choses qui font la vie. Une écriture extrêmement bien soignée pour des thèmes aussi forts et là, je ne peux que dire bravo et merci ! A découvrir et à faire découvrir !
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Patmarob
  27 octobre 2018
Dans « sous les pavés la jungle », Simone Gélin présente un roman aux problématiques résolument contemporaines.
Le personnage principal, Milo, 19 ans, est envoyé en prison ; sa naïveté et de mauvaises fréquentations l'ont poussé à des erreurs. Le séjour en milieu carcéral l'oblige à adopter rapidement un comportement de survie. Milo y rencontre Kévin, un jeune délinquant tétanisé par la violence de ses codétenus et la dureté des conditions de vie en prison. La première partie apparaît la plus réussie. L'intérêt du lecteur est pris dans la nasse carcélaire, et suit les réactions de Milo et de Kévin dans un milieu brutal et hostile. L'amitié des deux jeunes se poursuit après la prison. Milo veut retrouver une vie normale et ne plus connaître la prison. Sa soeur Sophie l'épaule, leur préoccupation se tourne vers leur mère enfermée dans un hôpital psychiatrique. Ils découvrent le journal de leur grand-mère, Léa, et cherchent à percer le secret de son passé et la folie de leur mère. Kévin tombe dans la délinquance. La « jungle de Calais », le bidonville des migrants, favorise les trafics en tous genres. Milou le retrouve, et prend conscience de l'impasse dans laquelle est enfermé son ami. Lors d'une fête organisée par des passeurs, il permet à une migrante, Mounia, de s'enfuir d'un piège qui mène des êtres humains à la prostitution. Le démantèlement du bidonville attire Sophie, photoreporter. Milo la guide, retrouve la maison où sont regroupées les femmes et libère Mounia.
Les péripéties mènent les protagonistes à Bordeaux, au Cap Ferret où ils retrouvent leur grand-père. Son décès les fixe sur les plages atlantiques. Kévin, poursuivi par la mafia albanaise, trouve refuge chez Milo. Les actions rebondissent … .La fin n'épargne pas les personnages, elle dévoile le mystère familial.
Le roman n'est pas un polar. L'enquête de Milo sur le passé maternel n'est pas la trame du livre. Elle resurgit comme élément de référence du déroulement romanesque. L'auteur retrace le passé militant de leur grand-mère Léa, pendant mai 68. Cinquantenaire oblige … le rappel de l'ambiance, des slogans permettent de saisir la personnalité de Léa. Mais c'est l'actualité qui s'impose : les prisons et la justice, la jungle de Calais, les problèmes migratoires… jusqu'aux affaires dénoncées aux dernières élections présidentielles… enracinent le roman dans les sujets de préoccupation actuels. Les fils de l'histoire et les espaces géographiques sont nombreux (trop ? car quelques péripéties manquent de crédibilité).
L'écriture apparaît fluide. Les phrases sont souvent courtes et invitent le lecteur à une représentation cinématographique. Quelques descriptions d'ambiances, de paysages sont travaillées (parfois sur-écrites ?) et rompent avec la rudesse des évènements. Les personnages restent attachants, leurs réactions sont empruntes d'humanisme et non dénuées de sentiments. le regard de l'auteur sur l'époque contemporaine est d'une froide lucidité, les parcours de Milo, Kévin, Mounia .. illustrent la brutalité des temps actuels.
Le roman est dense, marqué par des rythmes inégaux dans son déroulement. L'intérêt à la lecture est tenu par l'épaisseur des personnages, animés par l'énergie de la jeunesse mais happés par leur histoire et leurs choix.
Merci à Babelio pour l' « opération Masse Critique » et aux Editions CAIRN qui présentent dans sa collection « du noir au Sud » des polars qui ont pour cadre le Sud.
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chevalierortega33
  12 avril 2018
Un duo de personnages attachants, un peu à la façon de Hervé Commère et ses petits délinquants, repentis ou pas, que le présent violent va percuter. Deux « frères » vont partager leurs destinées après leur rencontre en prison qui a forgé leurs chaînes. Milo, le vertueux va enquêter sur l'histoire de sa grand-mère Léa, ce qui va donner à l'auteure l'occasion d'évoquer Mai 1968 à Bordeaux, les pavés … Kévin va vivre d'expédients à Calais, la jungle … La chronique documentée sur les événements de 68 est intéressante alors que la vie des migrants à Calais n'est que survolée : ce n'est pas le sujet du roman, malgré le titre.
Pas un polar car l'enquêteur arrive dans les tous derniers chapitres, pas un thriller car l'angoisse ne touche que quelques pages, un roman gris foncé où je regrette que le lecteur soit détaché de la narration, plutôt spectateur. Agréable moment de lecture cependant car l'auteur y pratique un style fluide avec une belle plume.
Merci aux éditions Cairn et à Babelio (opération masse critique)
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SophieWag
  29 mai 2018
Mai 68 Bordeaux : Léa 17 ans est amoureuse de Jacques qui est tombé aussi sous son charme pendant les manifestations. Sa mort précoce est un mystère, un secret de famille.
Octobre 2014 Paris : Milo, 19 ans à peine, est emprisonné à Fresnes pour un braquage auquel il n'a pas participé. Ses seules visites sont celles de sa soeur Sophie.
Juin 2016 Meknès : Mounia, bac en poche, quitte son pays pour rejoindre l'Europe de peur d'être mariée de force. Elle croisera Milo à Calais.
Milo est le petit fils de Léa. Pendant son incarcération, il va découvrir une partie de son histoire grâce à un cahier de texte que lui apporte sa soeur pour l'aider à passer le temps et sur lequel sa grand-mère relatait les évènements passés. En prison, il va faire la connaissance de Kévin, jeune délinquant peu sûr de lui, qu'il décide de protéger .
Dès sa sortie de prison, Milo part à la recherche de ses origines. Lorsque Kévin sort à son tour, ils reprennent contact mais Kévin trempe dans des affaires de plus en plus louches qui les emmèneront jusqu'à la jungle de Calais…
Un livre très touchant, très bien écrit, parfois un peu dur comme peut l'être la vie, très ancré dans la réalité ou plutôt « les réalités », celle de mai 68 et celle d'aujourd'hui. On va de Paris, à Bordeaux en passant par Calais et le Maroc. Un très beau livre.
Je remercie lecteurs.com ainsi que les éditions du Cairn car il s'agit d'un ouvrage que j'ai reçu et grâce à eux, j'ai découvert cette pépite à côté de laquelle je serais probablement passée….
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EmyL92
  03 mars 2020
J'ai acheté ce livre un peu par hasard depuis que j'ai découvert sa maison d'édition. Il ne faut pas trop se fier au titre ni à la couverture, pas plus qu'à la 4e de couverture. La « jungle » de Calais est certes présente, mais elle est loin de l'intrigue réelle. Alors si vous attendiez un polar sur les réfugiés ou migrants, passez votre chemin…
Même mal vendu en 4e de couverture, « Sous les pavés la jungle » est néanmoins est excellent bouquin de surcroît très bien écrit. Une histoire d'amitié qui se fait, se défait, se refait entre deux jeunes taulards, Milo et Kevin.
Milo est meurtri par la vie. Son passage en prison, sa rencontre avec Kevin vont le forcer à se pencher sur son passé, à comprendre sa propre personnalité, la raison de ses tourments.
La première moitié du livre, écrite au passé, décrit notamment l'univers carcéral et la difficulté de s'en débarrasser, même quand on le quitte. C'est très réaliste et poignant.
Dans la deuxième moitié, écrite, elle, au présent, on se projette complètement dans la vie de Milo et de ses comparses. Les scènes à l'hôpital sont elles aussi très saisissantes. On souffre avec ces blessés, ces accidentés de la route et surtout de la vie.
Avec l'aide indirecte et involontaire de son « ami » Kevin, Milo va finir par percer le secret de famille qui a conditionné toute sa vie.
Les courts chapitres de la deuxième moitié donnent beaucoup de rythme au récit et la belle plume de Simone Gélin sait nous capter.
Trois ou quatre petits bémols cependant. La ponctuation est très imparfaite. Des virgules où l'on attend plutôt des points pour respirer. Puis l'idylle naissante entre Kevin et une amie de Milo, qui n'est pas très réaliste, on y du mal à y croire…
Ensuite, plus « drôle », l'auteure n'a pas su résister à un américanisme bien connu. L'accident de voiture qui fait des tonneaux puis explose. Non, une voiture n'explose pas après un accident quel qu'il soit. Au pire l'essence répandue peut s'enflammer mais seulement si quelqu'un y met le feu, volontairement ou non, mais là il faut décrire et raconter pourquoi. Enfin, erreur de timing pour le TGV Bordeaux-Paris (p. 180). Même avant l'inauguration de la nouvelle ligne, le train ne mettait pas 4h30 pour joindre les deux villes (départ 20h, arrivée 0h30, « dernier métro »). Un détail. Juste pour rire…
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
cicou45cicou45   29 mars 2018
"Chaque vérité a son prix.
Kevin a payé pour l'avoir et Milo s'estimait prêt à braquer pour avoir la sienne? Il se croit toujours plus fort qu'il n'est.
Mais la vérité est une pute qui ne fait que tendre des pièges.
Lui aussi s'est vautré dedans.
Il regrette comme un malade de s'être entêté là-dedans. Il a fallu qu'il s'obstine. C'est bien fait pour lui. Il n'avait qu'à la laisser tranquille la vérité. Là où elle était enterrée deouis cinquante ans. Elle avait fait son oeuvre en son temps et assez de dégâts, réduite au silence, aujourd'hui, elle ne risquait plus de faire de mal à personne. Il ne fallait pas la réveiller."
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cicou45cicou45   28 mars 2018
"Le premier point à aborder c'est celui de la prison, il sait que c'est ce qui l'effraie le plus et cela ne l'étonne pas, il a souvent été à même de constater que lorsque les gens avaient connaissance de son statut d'ex-taulard, ils ravalaient illico leur sympathie. Ils ne pouvaient cacher leur défiance, voire leur répugnance, la prison, c'est une maladie qui laisse des stigmates sur la personne, comme la variole une grêle sur le visage."
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cicou45cicou45   27 mars 2018
"Parce que force est de constater que l'homme supporte, même le pire, quand il ne peut faire autrement, qu'il s'adapte pour survivre. Parce que les moyens qui semblaient avoir été précieusement collecté, mis à profit pour organiser la survie dans une situation d'extrême urgence, produire une illusion de société dans cette zone d'errance et surtout sauvegarder un restant d'humanité, cette part irréductible d'humanité qui résiste en dépit de tout et ne veut pas mourir même quand on a tout perdu."
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cicou45cicou45   27 mars 2018
"L'idée s'impose qu'il est vain de prétendre tout prévoir. Tu as beau essayer de diriger ta vie, de prendre de belles résolutions pour qu'elle aille dans le bon sens, elle n'en fait qu'à sa tête. Elle t'échappe."
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cicou45cicou45   29 mars 2018
"Il lui reste aussi son téléphone, qui ne lui sert plus à rien, parce qu'à part Milo, Kevin n'a plus aucun contact et il n'y a pas plus con ni plus cruel qu'un téléphone, quand on n'a personne à qui appeler."
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