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ISBN : 2251310150
Éditeur : Les Belles Lettres (13/10/2015)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Premiers bombardements à Madrid, 1937, derniers feux de la guerre au Panama en 1990. Entre ces deux dates, la journaliste américaine Martha Gellhorn a couvert les plus grands conflits, récits rassemblés dans son livre La Guerre de face, inédit en France, texte chéri des grands reporters.
Ses premières armes en Espagne, elle les fait aux côtés de son futur mari, Ernest Hemingway. Ils se sont rencontrés quelques mois plus tôt à Key West et ont aussitôt filé fai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
AntonNovak
  24 février 2016

"Octobre est un très bon mois pour survoler la Syrie. La vitesse du vent moyenne y est de 2,4 mètres par seconde. le vent ne souffle en rafales qu'une fois par mois et il ne pleut que tous les dix jours. » clamait, il y a peu, une présentatrice TV russe.
"A Barcelone, il faisait un temps idéal pour les bombardements", écrivait Martha Gellhorm dans un article de novembre 1938 et c'est une preuve, parmi tant d'autres, que La Guerre de Face est l'indispensable compagnon de chevet pour qui s'intéresse à l'actualité, surtout si l'on plaît à considérer subir, tacitement, un état de guerre permanente.
Découvrir la guerre -toutes les guerres- grâce au regard de Martha Gellhorn a tout de l'expérience immersive. C'est trembler avec l'auteur à bord d'un P61 -un avion joliment surnommé la Veuve Noire-, lors d'un périple aérien dont on peine à croire qu'elle puisse sortir intacte (est-ce le cas, d'ailleurs?). C'est embarquer à bord d'un navire-hôpital qui traverse la Manche comme il traverserait le Styx, transportant des hordes de blessés et de moribonds. C'est aller à Dachau où déjà un soldat s'exclame "personne ne va nous croire", c'est déjeuner avec un jeune allemand à l'époque du tribunal de Nuremberg et déjà voir s'affirmer le négationnisme. Martha Gellhorn est plus qu'une femme d'intuition ; elle témoigne sans cesse d'une parfaite clairvoyance et lire cet ouvrage, c'est revisiter d'un regard lumineux les principaux conflits, de la guerre d'Espagne à l'invasion du Panama (1990).
On se prête à rêver qu'on n'est pas en train de lire un recueil de reportages, mais un roman d'une grande lucidité, teinté d'un léger humour (ainsi cette traductrice qui lors d'une conférence de la paix à Paris, dit préférer les sommets de climatologues, les hommes de science étant "naturellement plus honnêtes et plus sérieux que les hommes politiques."), et qui serait, d'une certaine manière, le roman de la guerre.
Car La Guerre de Face n'est pas l'oeuvre d'une historienne, mais d'une femme qui a vécu la guerre -toutes les guerres- et témoigne avec sincérité et talent, démontrant entre autres une parfaite maitrise du montage et émaillant ça et là son texte de phrases claires comme de l'eau de roche ("L'Etat a échoué dans sa tâche : au lieu de procurer à l'homme une vie plus pleine, il l'a conduit vers une vie hantée."). En cela, elle semble avoir parfaitement compris les préceptes de celui qui fut son mari, Ernest Hemingway, et qui écrivait dans Paris est une fête : "Ce qu'il faut, c'est écrire une phrase vraie. Ecris la phrase la plus vraie que tu connaisses."
Au-delà du talent littéraire de Martha Gellhorn, la justesse de son regard surprend sans cesse ; elle semble dotée d'une capacité d'analyse hors norme, ou d'un instinct supérieur, car quel que soit le conflit qu'elle couvre, elle semble épouser naturellement la juste voie, avec la bénédiction de la lucidité, que ce soit lorsqu'elle évoque la guerre des Six Jours ou l'intervention étatsunienne au Panama, et qui est pour elle l'occasion de mettre en garde : "Nous ne pouvons vraiment pas avoir la réputation dans le monde d'une nation folle et cruelle qui s'ingère dans les vies des petites gens à la peau brune et qui ne nous ont jamais fait de mal.". No comment.
Obsédés par le règne actuel des images, on peut parfois oublier la primauté de la littérature, l'expérience unique qu'elle propose. La Guerre de face en est la parfaite piqûre de rappel ; cet ensemble de textes vaut toutes les photographies du monde.
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critiques presse (1)
Telerama   04 novembre 2015
La guerre d'Espagne, la libération du camp de Dachau -- qui l'a marquée à vie --, le Vietnam... Martha Gellhorn a rapporté de tous ces fronts des articles d'exception.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PecosaPecosa   27 juin 2019
J'ai loué la Causa de la République d'Espagne à la moindre provocation au cours des vingt dernières années et je suis lasse d'expliquer que la République espagnole n'était ni un rassemblement de Rouges sanguinaires ni des dupes de la Russie. Il y a longtemps aussi que j'ai cessé de répéter que les hommes qui ont combattu et sont morts pour la République, quelle que fût leur nationalité et qu'ils aient été communistes, anarchistes, socialistes, poètes, plombiers, salariés de classe moyenne, ou l'unique prince d'Abyssinie, étaient courageux et désintéressés, puisqu'il n'y avait aucune récompense en Espagne. Ils se sont battus pour nous tous, contre les forces combinées du fascisme européen. Ils méritaient nos remerciements et nos marques de respect, et ils n'ont obtenu ni les uns ni les autres.
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PecosaPecosa   28 juin 2019
Puis, nous avons vu la côte française et, soudain, nous nous sommes retrouvés au beau milieu de l'armada de l'invasion. Des gens allaient écrire sur cette vision pendant les cent ans à venir et qui l'a vue ne l'oubliera jamais. Tout d'abord, cela paraissait incroyable: il était impossible qu'il y eût autant de navires dans le monde. Ensuite, cela paraissait incroyable qu'une telle opération ait pu être planifiée. S'il y avait tant de navires, quel génie il avait fallu pour les rassembler ici, quel génie incroyable, inimaginable. Après le premier choc d'émerveillement et d'admiration, on commençait à regarder un peu partout, et à voir des détails distincts. Il y avait des destroyers et des cuirassés, des navire de transport, une ville flottante de vaisseaux énormes ancrés devant les vertes collines de Normandie.
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benlebbenleb   15 juillet 2016
Ces deux hommes étaient en train de réparer une ligne téléphonique le long du Rapido quand un obus était tombé tout près d'eux. Un éclat avait crevé l’œil gauche du Français, un autre avait pratiquement coupé la jambe du Martiniquais. L'homme à moitié aveuglé avait fait un garrot avec du fil téléphonique pour arrêter l’hémorragie et ensuite, comme la jambe ne tenait plus que par la peau et les tendons, il l'avait coupée avec son couteau. Il avait ensuite porté son camarade jusqu'à la route et il était parti chercher de l'aide.

Le Martiniquais ne cessait de répéter d'une voix douce dans son français un peu désuet : "J'ai beaucoup d'affection pour mon ami, mais il n'aurait pas dû me couper la jambe."
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OREILLYSOREILLYS   25 août 2018
La façon dont les gens restent à moitié sains d'esprit dans une geurre, j'imagine, consiste à suspendre en rande partie leurs capacités de raisonnement, à perdre l'essentiel de leur sensibilité, à rire dès qu'ils en ont la moindre occasion et à devenir, lentement mais sûrement, fous.
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OREILLYSOREILLYS   25 août 2018
Peut-être sommes-nous parvenus enfin au moment de vérité où il nous faut décider de ce qui est obsolète, la geurre ou le genre humain.
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