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EAN : 9782226445803
208 pages
Albin Michel (28/10/2020)
4.34/5   58 notes
Résumé :
« Et il prit conscience, à sa grande surprise, que son nouveau violon prenait peu à peu les contours non pas d'une femme - mais de toutes les femmes. »

Antonio, jeune luthier de Crémone, entreprend cinq voyages dans la région des "Montagnes roses" d'Italie dans le but d'acheter du bois pour ses violons. Ces voyages nous content une histoire d'amour passionnelle et silencieuse, une quête impossible, un monde d'arabesques et d'ivoire. Car là-bas, au le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Labibliothequedemarjorie
  24 janvier 2021
"La forêt aux violons" faisait partie de ma liste de Noël, et je l'ai trouvé sous le sapin. C'est après avoir lu l'avis coup de coeur de mon libraire que j'ai eu très envie de lire ce roman. Et quelle belle lecture !
Crémone, en Italie, au XVIIème siècle.
Nous suivons Antonio, luthier passionné par son métier, cherchant le meilleur bois pour la fabrication de ses violons. Pour le trouver, il décide de parcourir les montagnes roses, à plusieurs jours de routes à pied de chez lui. Il finit par s'arrêter dans un coin habité par une famille de bûcherons l'accueillant à bras ouverts. Antonio y reste plusieurs semaines et découvre les plus beaux épicéas. Une fois coupé, le bois doit sécher durant quelques années afin d'être utilisé. C'est ainsi que le luthier viendra très souvent loger chez ses nouveaux amis et verra y grandir une jeune fille, complètement fasciné par sa beauté.
"Tant que tu ne sauras pas pourquoi tu fabriques des violons, aucun son n'en sortira."
Cyril Gely nous fait découvrir Crémone, ville de musique et de lutherie, située au Nord de l'Italie, en bordure de la chaîne montagneuses des Dolomites. A cette époque, les habitants partent progressivement aux quatre coins du pays notamment après les guerres, afin de trouver du travail. La ville connaît pourtant une certaine notoriété et on vient de toute l'Europe pour y acheter les meilleurs violons.
Un très beau roman sur le parcourt d'un jeune luthier travaillant durant de nombreuses années sur la conception du plus beau violon à la tonalité exceptionnelle, et que l'on connaitra sous le nom du grand Stradivarius.
Une superbe lecture dans laquelle on se laisse bercer par le son du violon, si bien reproduit par les mots de l'auteur.
Lien : http://labibliothequedemarjo..
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Agneslitdansonlit
  16 avril 2021
Un très beau roman, une ode délicate et harmonieuse à la musique et à la féminité, qui servira avec puissance la passion d'un artisanat : celui de luthier. Une ode dans son sens propre autant que littéral : "poème lyrique destiné à être accompagné de musique".
Car la musique, bien que je ne sois pas du tout une initiée et encore moins une "pratiquante", je l'entendais presque au fil des pages.
L'écriture de Cyril Gely est douce, empreinte de sensations: les teintes miel, ou sombres comme le soir, des vernis employés sur le bois du violon; la couleur rosée des montagnes de Paneveggio; la grâce d'un dos féminin ; la caresse sucrée du nougat offert à chaque naissance; la douceur des fruits rouges déposés sur le pas de porte à la fin d'une journée de travail; la pureté des eaux cristallines d'un lac de montagne; la sonorité limpide et fluide de l'instrument fait d'un bois d'exception; le ravissement des incrustations de nacre sur la table du violon; les courbes esthétiques de la volutes, des éclisses et des ouïes...
Une douceur encore accentuée par une forme de récit proche du conte, avec des éléments récurrents qui reviennent de façon régulière, structurant la narration, comme un refrain.
Antonio mène cette symphonie, de sa naissance dans les Apennins à Crémone en 1644, à sa mort en 1737. Jeune apprenti confié par sa mère au maître luthier Amati, il est si passionné par l'art de la fabrication de cet instrument qu'il n'hésite pas à briser les violons dont le son ne le satisfait pas. Car il ne s'agit pas seulement de la pratique d'un artisanat, mais d'une quête à laquelle Antonio va dévouer toute sa vie, d'une incroyable longévité pour l'époque ! Autant dire qu'il pourra consacrer toute une existence à ce cheminement vers la perfection.
Et si ce roman nous plonge dans la musicalité et le royaume du son, il s'appuie avant tout sur l'esthétique, celle de l'instrument bien sûr, mais aussi celle des formes féminines qui inspireront le luthier toute sa vie, à commencer par le dos entre- aperçu de sa propre mère. le regard de bienveillance sur les figures féminines de sa vie, regard d'amour, mâtiné d'admiration, crée le cercle vertueux de cette quête.
L'harmonie et la plénitude se dégagent de ce roman conté, dont le point d'orgue aura été pour moi, (particulièrement inculte en histoire de la musique) la révélation du nom complet de ce jeune apprenti... Et le récit trouve là sa note finale qui clôt la symphonie.
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Axelinou
  20 janvier 2021
Anna, qui signifie « grâce » – la mère ;
Francesca, qui signifie « libre » – l'épouse ;
Silvia, qui signifie « forêt » – l'amante ;
Le violon – sa passion.
A la fois roman d'amour, roman sur la musique et biographie romancée, le tout soutenu par une écriture suave, onctueuse, esthétique, musicale et épurée.
Quand Antonio n'est pas content du son d'un violon, il le brise ! Ce qui n'est pas du goût de son maître luthier.
A la recherche de la perfection, Antonio désire le plus beau bois pour ses violons. Il le trouvera dans la forêt de Paneveggio dans les « Montagnes roses », 5 épicéas. Il devra attendre 10 ans que le bois sèche. Il fera 5 fois le voyage d'une dizaine de jours à pied. Dans ces montagnes perdues, il rencontrera Silvia, sourde et muette ; il rencontrera l'amour !
Ce sont les dos de Anna, Francesca et Silvia, les femmes de sa vie, qui lui inspireront la forme de ses violons.
Un livre émouvant à découvrir sans hésitation !
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- Parle-moi de tes violons, demanda Giuseppe le soir même.
- C'est un monde, répondit Antonio. Un monde avec deux petites fenêtres en forme de ‘f'. Et qu'y a-t-il à l'intérieur ? de la musique, divine. Entendre un violon c'est entendre Dieu. C'est entendre l'univers. L'inaccessible. Et pourtant il n'est fait que d'un peu de bois, de quatre boyaux de mouton pour les cordes, et des crins de cheval pour l'archet. Comme si le monde d'ici nous transportait vers un monde inconnu, avec assurance et certitude. Il y a soixante et onze pièces. Mais lorsqu'elles sont toutes assemblées, elles n'en forment qu'une. Et pour autant on ne fabrique jamais deux fois le même violon. Un bon luthier le conçoit toujours à son image, tant par la forme que par le son qui s'en dégage. Il y a une tête, des ouïes, un corps, des chevilles, une poignée. le chevalet qui maintient les cordes possède des pieds, des bras, des jambes, un coeur. Sans oublier l'âme. Sans elle le son n'existerait pas. Oui, on fabrique toujours un violon qui nous ressemble, ou qui ressemble à la femme que l'on aime. Comme une histoire d'amour.
pp. 40-41
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Lexx54000
  15 décembre 2020
Italie, XVIIème siècle, Crémone, le jeune Antonio est l'apprenti du très connu luthier italien de l'époque, Nicoolo Amati, jusqu'au jour où celui-ci le fiche à la porte. Ayant nul par où aller, il se réfugie chez un sculpteur de bois qui le prend sous son aile et rencontre la belle Francesca, qui devrait sa femme.
Antonio a le violon dans la peau, il décide donc d'entreprendre cinq voyages dans la région des "Montagnes roses" dans le but d'acheter du bois de qualité, et conclut un pacte avec le vendeur... Il découvre alors sa forêt aux violons, et une histoire d'amour passionnelle, musicale mais très silencieuse...
A travers le rose des montagnes, une jeune fille va émerveiller les sens d'Antonio et va lui inspirer le plus beau, le plus magnifique, le plus réussi des violons. C'est la naissance d'Antonius Stradivarius !
Cyril Gely raconte les prémices, la découverte, le perfectionnement, l'attente d'Antonio Stradivarius. le luthier surement le plus connu au monde. Quelle fascination de suivre la recherche de la perfection par un jeune homme du XVIIème siècle au caractère bien à lui !
"La forêt aux violons" est un roman d'amour qui se lit comme un conte initiatique, écrit avec passion, où on en ressort vibrant comme le son des cordes d'un violon.
La plume de l'auteur est poétique, musicale, apaisante, où la technicité du luthier et la création d'un violon est racontées avec grasse, brio et volupté.
Les notes de musique se font de plus en plus vibrantes d'émotion au fil des pages, la musicalité du récit vous enveloppe d'une douceur abyssal au coeur de cette montagne rose où la forêt aux violons vous attend à bras ouverts. N'attendez plus, partez à la découverte du violon parfait ! A lire absolument !
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Eurydiceladryade
  18 novembre 2020
Avec un goût prononcé pour l'esthétique, Cyril Gely nous offre, un récit sur la création. À la façon d'un conte, il narre la vie d'un jeune homme évoluant au XVIIème siècle au génie incommensurable du nom d'Antonio Giacomo Stradivari qui deviendra par la suite « Stradivarius », le célèbre luthier italien. C'est un roman hypnotique à l'écriture musicale et vibrante d'émotions. Une véritable recherche de perfection pour cet homme qui effectuera sur dix ans pas moins de cinq voyages dans la région des « Montagnes roses ». Des parenthèses dans sa vie qui le mèneront à son idéal et où il découvrira la passion. Une histoire d'amour étonnante à la prose enchanteresse.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LabibliothequedemarjorieLabibliothequedemarjorie   24 janvier 2021
Entendre un violon c'est entendre l'Univers. L'inaccessible.
Comme si le monde d'ici nous transportait vers un monde inconnu.
On ne fabrique jamais deux fois le même violon.
Un bon luthier le conçoit toujours à son image, tant par la forme que par le son qu'il dégage.
Il y a une tête, des ouïes, un corps, des chevilles, une poignée. Le chevalet qui maintient les cordes possède des pieds, des bras, des jambes, un cœur. Sans oublier l'âme. Sans elle, le son n'existerait pas. On fabrique toujours un violon qui nous ressemble, ou qui ressemble à la femme que l'on aime. Comme une histoire d'amour.
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AxelinouAxelinou   20 janvier 2021
« - Mais quand vas-tu construire ton fameux violon ?
Il répondait invariablement :
- Plus tard.
- Pourquoi plus tard ? De quoi as-tu peur ?
- Oh, je n’ai peur de rien.
- Eh bien alors, qu’attends-tu ?
Antonio esquissait un sourire et ajoutait, presque pour lui-même :
- Mes épicéas.
Francesca grognait, soufflait, et quittait la pièce en déclarant :
- Je n’ai pas trois enfants, mais quatre !
Antonio ne tentait pas de la retenir. Il hochait seulement la tête pour lui donner raison.
- Quatre enfants, admettait-il. Comme les cordes d’un violon. » pp. 156-157
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   15 avril 2021
- Je ne veux pas me disperser, disait-il. Je dois me focaliser sur mon étude.
- Quelle étude ?
- Le violon parfait.
Francesca l'observait avec des yeux ronds.
- Le violon parfait ?
Antonio hochait la tête.
Et tandis qu'il s'apprêtait à tourner les talons, elle ajoutait :
- Es-tu bien certain qu'il existe ? (P.111)
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AxelinouAxelinou   20 janvier 2021
« Ses longs cheveux dorés, trempés, couvraient la partie haute de son dos.
Son dos… Dans la lumière éclatante du matin. Sa peau si blanche, si fine, si soyeuse. Les contours de son dos, comme un violon.
Exactement les contours qu’il cherchait.
Tandis que le sapin était demeuré obscur le matin, mille violons épousèrent instantanément les formes de son dos.
Mille violons à la seconde. » p. 98
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SquirelitoSquirelito   14 décembre 2020
Qui a inventé le violon ? Personne ne le sait. Quand ? Nous ne le savons pas davantage. On pourrait croire que Dieu a créé l’homme afin qu’il crée le violon, comme s’il avait murmuré aux oreilles des premiers luthiers les secrets pour l’enfanter.
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