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Critique de BazaR


BazaR
  18 juin 2018
Un constat d'abord : Dark Moon n'est pas le livre que je préfère de David Gemmell.
Mais ‒ hop, hop, hop ! Je cours de l'autre côté du terrain pour me renvoyer la balle ‒ ce roman me confirme qu'un Gemmell même moyen se situe dans le haut du panier de la littérature fantasy. Plaisir assuré !

Dark Moon est un one-shot qui n'a pas besoin du contexte de l'univers Gemmell pour se comprendre (même s'il y est fait allusion à un Grand Chant). L'espèce humaine qui vit sur ce monde est aux prises avec des peuples que l'on peut interpréter comme des incarnations des concepts de Bien et de Mal qui viennent si bien se mêler au sein de l'âme humaine et permettre l'écriture de fabuleuses histoires. Les Eldarins (et les Oltors plus encore) fleurent bon la bonté pure et le parfum des roses. Ils sont en harmonie avec les forces premières de la nature, avec la vie. Ils se veulent sages mais ne voient l'univers que par le bon bout de la lorgnette. Ils sont tout bonnement incapables d'appréhender la haine, la vengeance, les péchés en général ; et ainsi ne sont pas omniscients.
Les Daroths incarnent le Mal. Enfin… par pour eux-mêmes bien sûr. Cette société de ruche monolithique et industrieuse se comporte comme une invasion de sauterelle dans un champ de blé. Ils tuent sans pitié (sans cruauté non plus je pense), ravagent les villes, épuisent la terre où ils s'installent. Pour les humains, ils sont Gengis Khan puissance douze.
Ces peuples avaient disparus, laissant les humains à leurs petites guerres mesquines.
Mais voilà que les Daroths sont de retour (oh, on aura bien une crétinerie humaine pour expliquer cela).

Voilà pour la mélodie principale, mais Gemmell aime les harmoniques. Il double l'incarnation Bien et Mal dans ses personnages humains. Côté « Mal », il invente Dace le guerrier implacable et violent qui se cache dans le corps de Tarantio. Que l'on est content de voir les pourritures se faire couper en rondelle par Dace. Mais il n'est pas contrôlable ; il pourrait tuer de braves gars sur un coup de tête. Il est inquiétant, c'est rien de le dire. Côté « Bien » c'est Duvodas, élevé chez les Eldarins et aussi prompt à la bonté qu'eux, prompt à l'altruisme aussi.
Gemmell peut alors jouer plus facilement avec eux qu'il ne le pouvait avec les monolithiques races non-humaines. Il est exceptionnel dès qu'il s'agit de faire exprimer une variété de sentiments à des humains, selon le contexte, le moment, les pensées qu'ils ressassent, les êtres qu'ils aiment. Il s'amuse avec les sentiments de Dace et de Duvodas, leur fait suivre des trajectoires opposées. Si Dace m'a fait penser à Bane de Rigante, Duvodas m'a fortement évoqué Anakin Skywalker. D'ailleurs, tant qu'on en est aux rapprochements avec Star Wars, les préceptes Eldarins sur l'amour porte ouverte pour la jalousie et la haine m'ont rappelé ceux des maîtres Jedi.

L'auteur nous offre bien d'autres portraits forts de personnages. Au premier plan Karis, une stratège aussi douée qu'Hannibal Barca. Une femme dont le comportement avec les hommes provient d'un traumatisme vécu dans son enfance. Ne nous en réserve-t-elle pas des surprises ? Un couple improbable, un destin christique. Splendide.
Et il y a aussi Sirano, le Duc que l'on pourrait surnommer « maudit » qui nous offre une palette de comportements successifs proprement jouissive.

Le roman contient son lot de batailles dantesques, et une fin presque sublime.
Qu'est-ce qui fait que ce livre n'est pas parfait alors ? J'y ai trouvé quelques longueurs au milieu et je n'adhère pas vraiment au sort des Daroths. Difficile d'en dire plus sans spoiler.

Encore une fois, David Gemmell joue avec les actes héroïques et maléfiques des hommes. Tout peut arriver de la part de n'importe qui. L'auteur ne donne pas de leçon, en digne compatriote de Shakespeare, il nous présente une nouvelle pièce du grand théâtre des hommes.

Je remercie mon amie de LC Fifrildi avec qui j'ai eu la chance de lire ce livre. Je ne l'attends pas pour écrire ma critique car je pars en voyage professionnel. A coup sûr son avis apportera une tonalité différente, plus… carolorégienne ;-)
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