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Critique de PoisonLady


PoisonLady
  03 février 2015
Lorsque l'on ouvre un roman dont l'auteur est aussi renommé, on s'attend forcément à quelque chose de très bon. le problème, c'est que Waylander est un roman à l'image du personnage éponyme: pas mauvais mais bourré de défauts. Des défauts sur lesquels il serait facile de fermer les yeux si l'auteur avait été quelqu'un d'autre, mais en l'état, Waylander a la saveur du début prometteur d'un auteur débutant. Or, Gemmel avait déjà du bagage lorsqu'il l'a écrit...

L'auteur nous jette directement dans l'action, ce qui, en soi, n'a rien de préjudiciable. Ce qui est déjà plus dérangeant, c'est que l'on n'aura pas le temps de connaître l'assassin impitoyable qu'est censé être le héros, sauvant quelqu'un "pour la première fois de sa vie" dés les premières lignes du roman. On a beau nous le décrire comme un sacré salaud, tout ce qu'on en voit, c'est un type même pas si bourru que ça et somme toute gentil même-s'il-dit-le-contraire... Et, plus dérangeant encore, c'est que tous les autres personnages de l'histoire supposés changer changeront de la même façon: d'un seul coup. Sans préavis, le prêtre pacifiste devient un guerrier averti et (presque) sans états d'âme. La jeune femme rebelle passe en un claquement de doigts de la haine à l'amour. le plus traître des hommes devient d'un seul coup pret à se sacrifier... La liste est longue, c'est ainsi tout au long du livre, et résulte de ces changements trop rapides un certain manque de crédibilité.
Que dire encore quand le héros pense à un ami qu'il n'a pas vu depuis vingt ans, et qu'il tombe sur celui-ci quelques jours plus tard?

Bref, des raccourcis et facilités qui additionnés à quelques clichés pas bien graves sur le passé des personnages, à un début particulièrement lent (la fameuse quête de l'armure ne débute pas avant un bon tiers du tome) et surtout au manque flagrant de descriptions (il faut quand même attendre presque la moitié du roman pour apprendre que le héros a les cheveux longs!) donnent un aspect très amateur à l'ensemble.
L'univers sombre auquel l'on s'attendait est également beaucoup moins noir que prévu, même si ça s'améliore (ou s'aggrave, c'est selon) un peu sur la fin. Mais là encore, un certain sentiment de bâclage se dégage du texte, comme s'il avait absolument fallu un quota de morts, quitte à faire dans l'expéditif. La conclusion de l'ouvrage est du même acabit, survenant presque sans prévenir, et l'épilogue s'avère pire encore, résumant en en ligne à peine ce qu'il advient des différents protagonistes!

Mais alors, pourquoi, pourquoi diable Waylander n'est-il pas un mauvais roman? Tout d'abord, Gemmel nous offre des scènes d'action sont parfaitement maîtrisées, rythmées, détaillées, bref, irréprochables.
Ensuite, le récit ne souffre d'aucune longueur et s'avère plaisant à suivre. Jamais inintéressant, notamment grâce au passage d'un personnage à l'autre, il nous permet d'avoir une vision globale des évènements et équilibre parfaitement action, politique, et évolution des personnages, aussi nombreux soient-ils. Bref, Waylander possède à côté de ses énormes défauts toutes les qualités que l'on demande à un bon récit de fantasy et d'aventure.

Donc Waylander n'est pas "mauvais", non. Et se lit avec plaisir. Ses défauts bien trop visibles l'empêchent toujours de devenir passionnant et immersif, et le rangent dans la catégorie de ces livres vite oubliés après la lecture, mais celle-ci demeure un moment sympathique.
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