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EAN : 9782072937521
384 pages
Gallimard (07/04/2022)
3.62/5   28 notes
Résumé :
Dix récits. Dix histoires de colonies futures, planétaires ou spatiales. Et huit lettres pour un mot qui porte en lui l'essence du space opera. Que Laurent Genefort revisite en maître via la multipolarité de son sujet : l'imaginaire colonial, l'idéologie coloniale, l'aventure coloniale, les horreurs coloniales…

La nature humaine sous l'éclairage de soleils exotiques et lointains, en somme. Le cœur battant de la science-fiction.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
thimiroi
  07 avril 2019
Nouveaux mondes...
Les dix récits qui composent ce recueil (neuf nouvelles, dont quatre sont inédites, et un court roman d'une centaine de pages profondément remanié) constituent autant de chapitres indépendants de la vaste fresque que nous offre l'auteur depuis plusieurs années, une épopée de l'humanité qui colonise l'univers grâce aux Portes de Vangk, des passages que nous ont laissés de mystérieux extraterrestres...
Mais peu de voyages dans ce recueil qui nous présente des histoires particulièrement variées se déroulant sur de nouveaux mondes, des colonies planétaires et des colonies spatiales, des astéroïdes aménagés ou des stations orbitales.
Et ces récits exotiques sont généralement dramatiques, car l’homme y est souvent confronté à l’altérité et à l’hostilité de créatures qu’il est incapable de comprendre, à l’isolement et à la folie dans des mondes inhospitaliers.
1) « Le lot n°97 » : un jeune homme est tellement fasciné par une œuvre d’art extraterrestre qu’il fait transformer son apparence physique par un série d’opérations chirurgicales pour lui ressembler…
2) « Le Dernier salinkar » : le « héros » tue des chasseurs qui se divertissent en massacrant une espèce inoffensive en voie de disparition ; une dénonciation de la cruauté gratuite de l'humanité.
3) « Le Bris » : une planète est recouverte par un océan animé qui, s’il prenait conscience des humains, les anéantirait probablement sans pitié. Le "héros" aspire à communiquer avec cette intelligence "différente"...
4) « Je me souviens d’Opulence » : Genefort reprend un procédé d’écriture anaphorique employé par Perec pour décrire le déroulement de la vie d’un colon sur la planète Opulence.
5) « Le Jardin aux mélodies » : la cultivatrice de fleurs chantantes a mystérieusement disparu…
6) « Longue vie » : les quelques colons restés sur un astéroïde se livrent une guerre impitoyable.
7) « T’ien-Keou » : dans un monde où s’est constituée une société qui fait coexister technologie et traditions extrême-orientales, un jeune homme ambitieux et sans scrupule se prépare à une terrible épreuve pour devenir membre d’un clan ; ce récit ( l’un de mes préférés) a d’ailleurs été adapté en bande dessinée.
8) « La fin de l’hiver » : des habitants d’un immense artefact, dont le fonctionnement s’est dégradé au point que la température est devenue glaciale, essaient de s’en échapper.
9) : « Proche-horizon : une belle évocation d'une humanité "différente" qui s'est associée à une autre espèce (des pseudo-insectes), au lieu de l'assujettir ou de l'exterminer ; mais une ambassadrice tente de vendre un procédé qui permettrait aux humains de dominer l'espèce en question...
10 « L’Homme qui n’existait plus » (court roman) : le responsable d’une station spatiale qui vient d’être abandonnée est retenu par un mystérieux persécuteur qui joue avec lui comme un chat avec une souris.
Ces nouvelles sont d’autant plus agréables à lire que l’écriture de Laurent Genefort est particulièrement travaillée, ce qui facilite évidemment l’immersion du lecteur dans ces univers étranges.
Le volume se termine par une « postface savanturière », dans laquelle Laurent Genefort revient sur les conditions de parution de ses différents récits, et d’une bibliographie des nombreuses œuvres de l’auteur par Alain Sprauel.
Il a souvent été dit qu’il était plus difficile d’écrire des nouvelles que des romans : il s’agit en effet d’obtenir le maximum d’effets d’un minimum de pages et de terminer souvent le récit par une "chute", afin de laisser dans l'esprit du lecteur une impression durable : peu d’écrivains français de science-fiction maîtrisent ce type d'écriture et ils sont d’ailleurs de moins en moins à s’y essayer...
Il faut donc vivement remercier Laurent Genefort pour ce recueil de très grande qualité.
P.-S. : quant à la présentation du livre, elle est particulièrement réussie (couverture glacée et magnifiquement illustrée par Manchu)
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Dionysos89
  07 mai 2019
Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas un roman que nous propose Laurent Genefort, mais plutôt un recueil de nouvelles, tout en restant sur ses thèmes de prédilection : découverte, exploration et acclimatation à de nouvelles planètes, donc planet opera et space opera sont au programme de cet ouvrage paru chez les éditions le Bélial’ !
Aventures diverses, identités multiples
Nous débutons l’aventure dans ces « Colonies », avec « Le lot n°97 » où un habitant de Fenua cherche l’inspiration artistique ultime et opte pour une transformation radicale de sa propre entité. Dans « Le Dernier salinkar », Lamal Thanis vit sur Patchwork et se prend de passion pour une créature animale qui semble tout à fait anodine, ce salinkar qui n’a ni instinct carnassier, ni instinct de conservation. « Le Bris » décrit un écosystème particulièrement exotique et contraignant pour les humains qui vivent à la surface de cet îlot. Une matière étrange, le sum, entoure la petite communauté qui persiste à survivre malgré ces conditions difficiles, mais en même temps elles n’ont plus de choix pour ce faire. « Je me souviens d’Opulence » des aventures planétaires ; les cinq suivants, eux, proposent des situations coloniales dans des contextes exclusivement spatiaux. La première, « Longue vie », met en scène Idun, une des anciens magnats d’un conglomérat industriel ayant colonisé un groupe d’astéroïdes ; avec les autres dirigeants qui ont bénéficié d’un rallongement de vie les rendant quasi immortels, elle participe à un jeu de survie qui s’éternise franchement, mais la fin approche. « T’ien-Keou » suit la préparation d’un jeune servant à sa future épreuve d’initiation afin d’entrer dans le cercle fermé de l’un des clans qui compose cette société issue des traditions asiatiques du Berceau. Pour « La Fin de l’hiver », des aventuriers tentent de s’échapper d’une technologie cloisonnant leur planète suite à l’isolement de celle-ci du reste du système des portes stellaires ; leurs découvertes les mèneront plus loin qu’ils ne pensaient. « Proche-Horizon » met en scène Olga, une espionne tentant de s’infiltrer dans une colonie qui occupe un astéroïde et qui a la particularité de vivre en harmonie avec une espèce animale parasitaire. Enfin, le court roman « L’Homme qui n’existait plus » qui clôt ce recueil approfondit l’idée de la survie en milieu hostile, dans un complexe spatial, avec un huis-clos immersif.
L’univers des Portes de Vangk
Tous ces mondes font partie intégrante de l’immense univers littéraire créé par Laurent Genefort, connecté par un réseau de portes spatiales, les Portes de Vangk. Mis à disposition des humains par une espèce inconnue et supposée, ces artefacts de transport permettent de relier des points particulièrement éloignés de la galaxie, tout en ayant une connaissance très parcellaire de cette technologie. Ainsi, c’est toute la galaxie (voire plus ?) qui est accessible aux habitants de la Terre (appelée le « Berceau » dans cet univers) et ils ne se privent pas de coloniser de nombreuses planètes. Cette toile de fond permet à l’auteur de multiplier les récits avec des références communes, dans des contextes à la fois chronologiques, géographiques et environnementaux très différents, notamment en proposant tantôt des livres-univers (Omale), des biographies d’une colonie (Lum’en) ou des récits plus classiques d’aventuriers dans d’innombrables situations possibles (voir la conséquente bibliographie de l’auteur présente en fin d’ouvrage, parfaitement mise à jour).
Questionnements sur la colonisation humaine
Laurent Genefort propose des situations très différentes et le lecteur a donc autant de possibilités de s’immerger dans des planet ou des space operas faciles à appréhender. Toutefois, l’auteur nous montre surtout, avec pessimisme ou avec réalisme selon votre angle de vue, que l’organisation sociale et politique terrienne a tendance à être seulement reformée telle que, dans un mouvement ultraconservateur renforcé par les nouvelles technologies. Pour l’instant, nous sommes clairement dans cette optique, c’est certain (il suffit de voir qui défend le transhumanisme actuellement). Le recueil porte ainsi bien son titre, car à chaque intervention humaine, c’est une nouvelle colonisation, au sens moderne du terme et pas seulement au sens antique, qui s’organise. Captation des ressources (organisée ou sans vraiment le vouloir/savoir), destruction d’espèces locales (par volonté ou par inadvertance) et construction de sociétés bien peu démocratiques sont les piliers des récits présents dans cet ouvrage. L’ensemble peut sembler assez pessimiste, mais on se laisse encore surprendre par plusieurs nouvelles à chute et enchanter par quelques trouvailles aux abords d’écosystèmes exotiques.
Un brin de déception donc, sûrement par manque d’habitude de lire des nouvelles de Laurent Genefort, là où ses romans permettent bien davantage d’exprimer la composition complexe d’univers entiers. Ainsi, le dernier récit est plus approfondi que les autres et marque peut-être davantage.
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BazaR
  29 juin 2019
Un recueil gâché par la fin. J'en suis encore pétri de frustration.
Laurent Genefort a regroupé ici un ensemble de nouvelles nous permettant de découvrir de nouvelles facettes de son univers des Portes de Vangk, ces « portes des étoiles » construites par la civilisation disparue des Vangk et qu'a exploité l'humanité afin d'étendre sa présence dans l'univers. La structure du recueil est double. Il est d'abord divisé en deux grandes parties : cinq colonies planétaires et cinq colonies spatiales, ces dernières ayant pour décor un astéroïde ou un artefact technologique. Volontairement ou non, cette division se double d'une présentation des nouvelles dans un ordre chronologique de parution inversé. Hormis la première nouvelle, le Lot n°97, qui date de 2000, les premières nouvelles sont inédites (ces dernières font toutes partie des « planétaires ») puis ont remonte le temps de 2000 à 1996.
Si certaines des nouvelles « planétaires » sont inventives – telle l'idée de la beauté comme clé de la reproduction d'un parasite dans le Lot n°97 – ou pourvues d'un « sense of wonder » à la Christian Léourier comme le Bris, l'ensemble reste de qualité moyenne. C'est un sentiment tout à fait subjectif hein ; je n'ai pas accroché à la forme stylistique de Je me souviens d'Opulence ni à l'énigme du Jardin aux Mélodies. Dans le genre colonies planétaires, Laurent Genefort nous a présenté mieux dans les diverses civilisations rencontrées par les Navis de la compagnie de transport spatial Spire dans la trilogie éponyme.
Les colonies spatiales forment un ensemble de rééditions autrement plus palpitant. La qualité des péripéties se combine avec des décors originaux où le « sense of wonder » (j'aime cette expression) joue à plein. La refonte de Highlander qu'est Longue Vie prend place sur des astéroïdes assemblés comme un collier de perles. T'ien-Keou, extrapolation technologique d'une Cité Interdite chinoise, est ma nouvelle préférée. La Fin de l'Hiver est une magnifique histoire de redécouverte des siècles après la chute de la civilisation, le tout dans un artefact en forme de cylindre. Quant à Proche-Horizon, elle nous permet de renouer avec les jusqu'au-boutistes du commerce rencontrés dans Spire, mis face à une civilisation humaine vivant en symbiose avec des êtres extraterrestres.
Et tout se termine avec cette novella longue et profondément ennuyeuse qu'est L'Homme qui n'existait plus. Une robinsonnade dans une station spatiale désertée dont j'ai eu du mal à venir à bout, même si la fin relève un peu le niveau.
Le malheur est que cette novella arrivant en dernier m'a laissé son goût pour le ressenti global. C'(est ça qui est le plus frustrant. Je n'arrive pas à « sentir » Colonies autrement que par ce goût amer malgré les très bonnes choses qu'il contient par ailleurs. Triste.
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jmb33320
  20 décembre 2019
Dans la postface à ce recueil de nouvelles Laurent Genefort s'explique sur son peu d'attirance pour le format court en général. S'il reconnaît tout à fait que beaucoup de nouvelles de SF sont des chefs d'oeuvre il se sent personnellement peu enclin à s'y atteler, au point d'avoir fait de « pas de nouvelle, bonne nouvelle » une sorte de devise. La bibliographie complète figurant en fin de volume indique bel et bien que le nombre de ses romans publiés (environ 50) est à peu près égal à l'ensemble de sa production de nouvelles.
Le paradoxe c'est que celles qui sont réunies ici, sous le thème un peu fourre-tout de « Colonies », sont vraiment réussies. 10 nouvelles sont au programme, en précisant que la dernière d'entre elles « L'Homme qui n'existait plus » tient davantage de la novella, beaucoup plus longue que les autres donc.
Je ne vais pas détailler mon ressenti sur chacune d'entre elle, d'autres l'ont peut-être déjà fait (en général je ne lis les autres critiques qu'après avoir écrit la mienne).
Laurent Genefort est un conteur et créateur d'univers hors pair, y compris dans cette compilation. J'y ai encore retrouvé un peu de l'émerveillement que je ressentais enfant puis adolescent à la lecture de mondes de SF particulièrement inventifs. En parcourant sa bibliographie complète je me suis aperçu que j'avais fait l'impasse sur tout un pan de ses romans : ceux qui sont classés en Fantasy. Je pense les découvrir prochainement.
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LeScribouillard
  17 juillet 2019
J'aime Laurent Genefort. Je crois même que c'est mon auteur SFFF français préféré, alors que je n'ai quasiment lu aucun livre de lui. Les Ères de Wethrïn ont des longueurs et quelques maladresses, mais renouvellent habilement les archétypes de la high fantasy, je n'ai pu lire que le début d'Omale, mais il me semblait un roman tout à fait respectable, et tous ses livres dont on m'a parlé, que la critique soit bonne ou mitigée, avaient franchement tout pour m'exciter. J'ai malgré tout longtemps pensé qu'il s'agissait somme toute d'un auteur dépaysant mais assez classique, avec de temps à autre un coup de génie, pas transcendant mais sympa, et puis j'ai vu cette critique qui a fortement relancé mon intérêt pour le bonhomme. Est-ce qu'on s'en ferait pas un petit bouquin ?
Colonies est donc le recueil de nouvelles avec lequel j'ai choisi de poser mon auguste séant sur le lit le plus proche (oui, parce qu'après le bac, j'ai trop la flemme de lire des romans), un de ses multiples écrits collaborant au méta-cycle des Portes de Vangk, des trous de ver assez capricieux construits par une race extraterrestre grâce auxquels les humains ont pu envahir la galaxie. Et pour vous donner une idée de l'ambition du gars, la principale saga de l'univers est le cycle d'Omale, une planète de Dyson qui s'étend sur une bonne huitaine de volumes.
Là où en revanche il se différencie d'un pachwork fourre-tout des différentes nouvelles qui pouvaient exister à travers cette diégèse, c'est que tous les textes présentés ont pour point commun de se dérouler sur un astre différent, et d'en décrire les différentes caractéristiques, ou, à de rares exceptions, les relations de celui-ci ou un de ses habitants avec le reste de l'Univers… ou même l'absence de relations.
Le lot n°97
Un collectionneur d'art obsédé par l'idée d'une beauté suprême achète un objet non identifié qui semble être le but ultime de ses recherches. Seulement, celui-ci le taraude, encore et toujours plus…
Y'a pas à dire, on a du grandiose plein les yeux, mais la fin coince un peu. Là où on pouvait attendre une chute lovecraftienne, Laurent Genefort choisit un chemin radicalement différent ; c'est tout à son honneur, mais l'explication qu'il donne au phénomène peine à convaincre tellement de nombreux paramètres entrent en jeu (comment la créature sait-elle ceci, comment libère-t-elle tel personnage, pourquoi ne pas le laisser comme tel, ect.). Elle n'en reste pas moins originale et surprenante.
Le dernier salinkar
C'est sans doute la nouvelle qui s'inscrit le plus profondément dans l'idée de colonialisme : nous y voyons une planète peu à peu se faire ratiboiser, piller toutes ses ressources, exterminer ses indigènes ou en utiliser à des fins de combat. le héros va se retrouver confronté au meurtre d'un des derniers représentants de l'espèce des salinkars, et, traumatisé, des années après, décider d'en sauver un…
L'idée donne une vague impression de déjà-vu, mais c'est extrêmement bien raconté. Laurent Genefort évite également le plaidoyer écologique à gros sabots avec un antihéros qui ne prétend à aucun moment le défendre : les salinkars ne sont par ailleurs d'aucune utilité ou presque à leur écosystème. Il en profite également pour dénoncer l'éducation violente, le refus des multinationales d'écouter la communauté scientifique ou les droits de l'Homme, le tout avec réalisme et sans lourdeur au point que la fin, en queue de poisson, constitue au final le seul gros défaut du texte.
Le Bris
Une planète s'étant retrouvée coupée du reste de l'Univers est recouverte par le sum (tout le long du texte, j'ai prononcé ça « seum ») une créature visqueuse qui n'est pas sans rappeler l'alien de la Longue Terre et surtout Solaris : pas moyen de vivre dessus sans qu'elle vous bouffe, quelle que soit votre forme de vie. Mais s'il y avait un moyen de communiquer ? La fin choisit délibérément de ne pas trancher, mais sait être iconique en nous proposant un dernier paragraphe marquant.
Je me souviens d'Opulence
1. Je me souviens que Laurent Genefort a décidé de faire un texte en hommage à Pérec.
2. Je me souviens qu'il place ça sur la planète Opulence.
3. Je me souviens que c'est le plus concis possible, donc direct, vif, qu'on peut lire quasiment chaque fragment comme une micronouvelle.
4. Je me souviens qu'il y avait des trucs vraiment jolis.
5. Je me souviens que malgré tout ça laisse sur sa faim ; on aurait pu relier les fragments entre eux et tisser des trames comme ça jusqu'à une chute tout à la fin, dommage…
Le jardin des mélodies
Une paisible ville de l'Amérique l'espace profond voit un meurtre se produire, et l'inspecteur va devoir tout résoudre. Chienne de vie.
On retrouve une nouvelle fois le gros défaut de l'auteur, créer des environnements très exotiques mais avoir parfois du mal à en faire quelque chose. Puisqu'une nouvelle fois la fin arrive un peu vite car la clé de l'énigme semble être trouvée un peu rapidement là où nous aurions espéré plus d'indices…
Longue vie
Les Lannister peuvent faire leurs bagages ; les propriétaires de ceintures d'astéroïdes l'ont eux aussi, la gniaque ! Déterminés à se buter jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un, une bande de cinglés a décidé ainsi de passer l'éternité, sans se douter que quand le jeu s'arrêtera, alors la vie du dernier survivant n'aura plus aucun sens…
C'est rythmé, sombre, tendu. On sent la solitude de l'héroïne, comme elle s'y est habituée, sa détermination à en découdre. Sans doute pas ma nouvelle préférée à cause de la chute qu'on nous annonce à l'avance, mais franchement, ça vaut son pesant de cacahuètes.
Tien'Keou
L'idée de nous immerger dans une autre culture que celle occidentale à travers la colonisation spatiale, outre le fait qu'elle est originale, est sacrément bien traitée. Nous sommes donc sur un astéroïde transformé en mégapole chinoise, où différents clans se battent entre eux tandis qu'une classe dominante, les Immortels, loge au coeur de celui-ci afin de préserver la pureté de la culture chinoise.
Si aucun questionnement n'est soulevé explicitement, Tien-Keou interroge : doit-on suivre une culture et légitimer tout ce qu'elle trafique dans l'ombre ? Guo y adhère totalement, c'est normal car ce n'est pas l'insupportable bad boy YA dernier cri qui vient flinguer tous les méchants dirigeants de dystopies du monde, qu'il n'a jamais rien connu d'autre et n'en connaîtra jamais. Cette caution réaliste n'en fait pas pour autant la dernière des andouilles, ce qui malheureusement va l'entraîner à travers un engrenage dans lequel il n'aurait jamais aimé s'engouffrer…
La fin de l'hiver
OK, là, ça va être très simple : Mad Max dans la glace… à l'intérieur de Rama ! Oui, il y a une explication cohérente à tout ça. du reste, il s'agit d'un survival extrême, avec un mélange high-tech / low-tech et un rythme effréné.
Proche-Horizon
Une station orbitale indépendante vit avec des insectes smybiotes particulièrement dégueulasses. Olga, jeune représentante d'une entreprise vendant des phéromones va bientôt l'apprendre à ses dépens…
Meh.
La protagoniste est présentée d'emblée comme un personnage louche, ce qui fait qu'on se demande comment ses pigeons vont découvrir ce qu'elle manigance, par le petit détail qui tue, du genre qui fait dire au lecteur sur l'auteur : « Ah bah il me l'a bien fait à l'envers, ce coup-là ». Mais non, rien de tout ça, et on débouche sur une fin qui rappelle beaucoup trop Alien. L'ambiance thriller, glauque et véreuse, reste cela dit réussie, même si ce n'est pas ça qui m'intéresse dans une histoire mais bien les ressorts scénaristiques.
L'homme qui n'existait plus
Une novella qui à la base ne devait contenir aucun personnage selon l'auteur dans une interview ; il y en a finalement un, mais généralement seul, pour la bonne raison qu'il est séquestré dans un trou paumé au milieu de l'espace. Pourquoi ? Comment s'en sortir ? Il va tenter de le découvrir.
Encore une fois, on a un côté thriller/roman noir très prononcé ; la claustrophobie et le réalisme prosaïque ne sont jamais loin, le personnage est un connard fini et celui qui l'emprisonne encore plus, le twist final rebat les cartes par une plume haletante. Et l'aspect psychologique est d'autant plus réussi qu'on sent une évolution chez le héros, qui, petit à petit, va aux yeux du lecteur être contraint de se trouver une rédemption… Mais est-ce vraiment cela que veut son geôlier ?
Postface
L'auteur raconte ici brièvement sa carrière, ses idées, ses influences. Et il en a : il cite ce qui est reconnu comme le meilleur de la SF anglo-saxonne, et plus largement de la littérature en général, prouvant ainsi au besoin une fois de plus que les grands auteurs sont de grands lecteurs.
Un mot sur l'édition en ligne
Je pourrais vous dire que c'est du boulot bâclé au point qu'on n'accepterait jamais ça sur un livre papier. Je pourrais vous dire que la mise en page de début de chapitre met des premières majuscules de la taille de deux lignes mais se comporte comme s'il y en avait quatre, le tout accompagné par une police hideuse dans le début de phrase qui suit, jurant avec celle normale et par laquelle elle est aussitôt remplacée. Je pourrais vous dire que des tirets surgissent au milieu des mots, que les espaces ne sont pas réguliers, qu'un carré s'affiche à la place de ceux-ci après chaque signe de ponctuation, que les alinéas sont quasi inexistants. Mais dans l'éventualité de me faire publier chez le Bélial' (car n'oublions pas que j'ai quelques textes dans les tiroirs), je me contenterais de chanter les louanges habituelles sur l'amour de la SF de cette maison et sa propension à ne pas publier tout et n'importe quoi.
Conclusion
Vous pouvez me croire par expérience, Colonies est un remède idéal contre les idées noires ; on ne s'ennuie jamais, les nouvelles sont variées, le dépaysement garanti. Restent parfois la difficulté de trouver une fin surprenante, ou des intrigues simples ou classiques, mais jamais simplistes, loin de là. C'est pas une balade vertigineuse à travers les portes de Vangk, mais franchement ça m'a rafraîchi les neurones et me donne envie de lire tous les autres livres de l'auteur. Parce que je vous avais pas dit que j'aimais Laurent Genefort ? Après, bon, c'est pour votre culture…
On civilise aussi chez : Apophis (Tien'Keou), Dyonisos…
Lien : https://cestpourmaculture.wo..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
thimiroithimiroi   08 avril 2019
Je me souviens de mon premier pas sur Opulence, au pied de la rampe du vaisseau, quand j’ai cru avoir écrasé un caillou et que le caillou saignait sur la mousse ; des larmes coulaient sur les joues de ma mère ; j’ai pensé que c’était à cause du caillou…

(Dans la nouvelle « Je me souviens d’Opulence », Laurent Genefort reprend un procédé d ‘écriture anaphorique employé par Perec, pour évoquer quelques moments de la vie d’un colon sur la planète Opulence, de son enfance à sa mort prochaine)
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BazaRBazaR   24 avril 2019
Adrien passa le reste de la journée à contempler la collection du musée étranger. Toutes les pièces avaient été photographiées et cataloguées. Au-delà de l'altérité des lots exposés, il tenta d'appréhender l'espèce qui les avait réunies. Une exposition était avant tout le reflet de la perception du monde de celui qui l'avait organisée, ou de la perception qu'il se faisait des spectateurs éventuels. Adrien savait toutefois cette tâche irréaliste. Rien ne prouvait que ce qu'appréciaient les créateurs du vaisseau-musée ne se situait pas dans l'ultra-violet, ou dans la gamme des ondes radio.
("Le lot n°97")
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BazaRBazaR   26 avril 2019
De petites bêtes volantes s'abattaient en grappe sur le mur d'acier, pour finir elles aussi dissoutes dans la boue. J'ai avisé un ver qui se tortillait.
"Comment ça s'appelle ?"
L'institutrice a haussé les épaules.
"Je ne sais pas.
— Et cette espèce d'insecte en fer de lance, là-bas ?
— On l'ignore.
— Et cet arbuste, là-bas, avec le plumeau ?"
Elle s'est énervée.
"Comment veux-tu que je le sache, Lamal ?
— Ben, vous ne leur avez pas donné de nom ?
— Pourquoi se donner cette peine ? Quand tu seras grand, ils auront disparu."
("Le dernier salinkar")
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Dionysos89Dionysos89   12 mars 2020
« On dit que l’on trouve une plus grande variété végétale aux abords des astroports.
— Parce que les équipages en transit transportent à leur insu des graines et des spores d’autres mondes ?
— Parce que les gens croient justement ça ; ils regardent mieux la nature autour des pistes et découvrent des espèces qu’ils n’avaient même pas remarquées devant leur propre maison.
— C’est vrai ?
— Que l’on trouve davantage de types de plantes ? Une légende, hélas. Les légendes sont ce qui pousse le mieux au pied des astroports. »

dans « Le jardin aux mélodies »
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BazaRBazaR   30 avril 2019
Je me souviens des sermons du père Anselm sur l’abomination représentée par les IA et les déviants sexuels ; et du chuchotement d'on-ne-sait-qui, depuis un banc du fond : "S'il y a des IA de la jaquette, elles ne sont pas dans la merde."
("Je me souviens d'Opulence")
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Videos de Laurent Genefort (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurent Genefort
Laurent Genefort vous présente son ouvrage "Les temps ultramodernes" aux éditions Albin Michel.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2587131/laurent-genefort-les-temps-ultramodernes
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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