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Ernst Scheidegger (Illustrateur)
ISBN : 2070786315
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 17 notes)
Résumé :
La découverte de l'atelier de Giacometti à travers des photographies de l'artiste au travail et des échanges entre Genet et lui permet de se rendre compte de l'importance d'un lieu et du cheminement des créations. Publié pour la première fois en 1963.

«Il n'est pas à la beauté d'autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu'il préserve et où il se retire quand il veut quitter le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
michfred
  18 mars 2017
Pour parler de l'art de Giacometti, ses statues, ses dessins, ses portraits, il fallait le regard et la plume d'un poète.
L'approche de Genet est essentielle, parce que, au contraire de celle de Charles Juliet, il refuse à sa démarche toute linéarité, toute historicité: donc, pas de parcours biographique, toujours un peu explicatif, anecdotique et distancié. Pas de mise en perspective de l'oeuvre- avant et après l'accident de voiture, la formation, l'importance du père, de la mère, du frère...
Genet est un "frère" de Giacometti: même fulgurance du regard, même acuité de la forme, même fraternité, même richesse dans la compréhension des êtres et des objets, même refus du social, même découverte des fastes de la misère, même divinisation des êtres et des objets les plus humbles - soudain saisis hors de leur temporalité, dans leur puissance essentielle, éternelle.
Même attirance pour les clochards ivres et les putains magnifiques.
Cet "atelier d'Alberto Giacometti" illustré des belles photos noir et blanc d'Ernest Scheidegger, tisse une sorte de va-et-vient halluciné entre la contemplation des oeuvres- le chien, le chat, les têtes sculptées, les silhouettes qui marchent, les portraits...- et les bribes de conversations entre le poète et l'artiste; fait la navette entre quelques anecdotes incongrues - l'Arabe aveugle, le Japonais portraituré, les femmes du bordel- et une pensée obstinée, comme une abeille en quête de son miel, une pensée pénétrante, fulgurante qui tente d'arriver au plus près de l'art de Giacometti.
Au hasard des visites dans l'atelier de son ami, au hasard des rencontres, des mots échangés, Genet s'approche au plus près du secret de l'oeuvre - et nous le rend palpable.
Au coeur de ce qui rend sa sculpture si vivante.
"Rien n'est plus en repos. C'est peut-être que chaque angle ( fait avec le pouce de Giacometti quand il travaillait la glaise) ou courbe, ou bosse, ou crête, ou pointe déchirée du métal ne sont eux-mêmes en repos. Chacun d'eux continue à émettre la sensibilité qui les créa. Aucune pointe, arête qui découpe, déchire l'espace, n'est morte."
Au coeur de ce qui rend sa peinture si étonnamment proche.
"A mesure que je m'éloigne ( j'irai jusqu'à ouvrir la porte de la cour, sortir dans la rue, reculant à vingt ou vingt-cinq mètres) le visage avec tout son modelé m'apparaît, s'impose - selon ce phénomène déjà décrit et propre aux figures de Giacometti - vient à ma rencontre, fond sur moi et se reprécipite dans la toile d'où il partait, devient une présence, d'une réalité et d'un relief terribles."
Une leçon de regard, une empathie communicative.
Pour moi, qui adore le sculpteur et le peintre, et qui aime le poète, une petite bible à glisser dans un sac, une poche, une trousse , une source à consulter sans cesse: un grand petit livre!
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fanfanouche24
  26 janvier 2014
Une découverte inattendue en fouinant à ma médiathèque.
Un texte fort intéressant, alternant des dialogues de Jean Genet avec Giacometti, des réflexions, questionnements sur les sculptures, dessins de son ami... la propre réalisation de son portrait... Un aspect complètement inattendu de Jean Genet, que l'on sent fortement interpellé par le travail de cet artiste...
Des passages étonnants sur l'ampleur du mystère contenu dans toute oeuvre d'art...
"C'est l'oeuvre de Giacometti qui me rend notre univers encore plus insupportable, tant il semble que cet artiste ait su écarter ce qui gênait son regard pour découvrir ce qui restera de l'homme quand les faux-semblants seront enlevés. Mais à Giacometti aussi peut-être fallait-il cette inhumaine condition qui nous est imposée, pour que sa nostalgie en devienne si grande qu'elle lui donnerait la force de réussir dans sa recherche. "
"L'oeuvre perd un peu de sa solennité. Par le moyen d'une familière reconnaissance je m'approche doucement de son secret...Rien à faire avec l'oeuvre de Giacometti. Elle est déjà trop loin. Impossible de feindre une gentille connerie. Sévère elle m'ordonne de rejoindre ce point solitaire d'où elle doit être aperçue."
Un texte passionnant qui élargit la réflexion sur la perception de l'Art, de la beauté, ses exigences, et sa dimension existentielle comme spirituelle.
Un texte emprunté que je relirai un jour... car il me faut avouer que certains passages ne m'ont pas été aisés à aborder...Je reste enchantée de cette lecture imprévue...
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nathalie_MarketMarcel
  07 octobre 2012
Un tout petit livre, avec de magnifiques photographies, à lire après une visite au musée.
Une rêverie de Jean Genet au milieu des sculptures de l'atelier, ses réflexions, un écho de ses conversations avec l'artiste. Hommage à l'homme à la peau ridée, créateurs de ces objets mystérieux.
De petits paragraphes qui se suivent, sans chronologie. Genet perçoit du sacré, des divinités lointaines dans les sculptures qui l'impressionnent. Quelque chose de plus profond de l'humain semble s'être réfugié dans ces têtes minuscules, ces silhouettes longilignes, ces surfaces crevassées, ces lignes superposées.
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mdlaix
  24 mars 2009
Certes, c'est un texte sur Giacometti, sur sa manière de sculpter et d'appréhender la matière. C'est aussi un témoignage d'amitié et l'occasion d'en apprendre beaucoup sur l'écriture de Genet et sa façon personnelle d'envisager l'art et la beauté.
FB
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   18 mars 2017
L'art de Giacometti n'est donc pas un art social parce qu'il établirait entre les objets un lien social - l'homme et ses sécrétions- il serait plutôt un art de une reconnaissance de la solitude de tout être et de tout objet. "Je suis seul, semble dire l'objet, donc pris dans une nécessité contre laquelle vous ne pouvez rien. Si je ne suis que ce que je suis, je suis indestructible. Étant ce que je suis, et sans réserve, ma solitude connaît la vôtre".
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orly672orly672   17 mars 2013
En face de ses statues, un autre sentiment encore: ce sont toutes de très belles personnes, pourtant il me semble que leur tristesse et leur solitude sont comparables à la tristesse et à la solitude d'un homme difforme qui, soudain nu, verrait étalée sa difformité que, dans le même temps il offrirait au monde afin de signaler sa solitude et sa gloire, Inaltérables.
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michfredmichfred   18 mars 2017
Il n'est pas à la beauté d'autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu'il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde. Il y a donc loin de cet art à ce qu'on nomme le misérabilisme. L'art de Giacometti me semble vouloir découvrir cette blessure secrète de tout être et même de toute chose, afin qu'elle les illumine.
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michfredmichfred   18 mars 2017
Le chien en bronze de Giacometti est admirable. Il était encore plus beau quand son étrange matière : plâtre, ficelles ou étoupes mêlées, s'effilochait. La courbe, sans articulation marquée et pourtant sensible, de sa patte avant est si belle qu'elle décide à elle seule de la démarche en souplesse du chien. Car il flâne, en flairant, son museau allongé au ras du sol. Il est maigre.
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michfredmichfred   18 mars 2017
Ces statues semblent appartenir à un âge défunt, avoir été découvertes après que le temps et la nuit - qui les travaillèrent avec intelligence - les ont corrodées pour leur donner cet air, à la fois doux et dur d'"éternité qui passe". Ou bien encore, elles sortent d'un four, résidus d'une cuisson terrible : les flammes éteintes, il devait rester ça.
Mais quelles flammes!
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Videos de Jean Genet (55) Voir plusAjouter une vidéo
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