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EAN : 9782070368600
384 pages
Gallimard (08/12/1976)
3.83/5   206 notes
Résumé :
Weidmann vous apparut dans une édition de cinq heures, la tête emmaillotée de bandelettes blanches, religieuse et encore aviateur blessé, tombé dans les seigles, un jour de septembre pareil à celui où fut connu le nom de Notre-Dame-des-Fleurs. Son beau visage multiplié par les linotypes s'abattit sur Paris et sur la France, au plus profond des villages perdus, dans les châteaux et les chaumières, révélant aux bourgeois attristés que leur vie quotidienne est frôlée d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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LiliGalipette
  03 mai 2013
La dédicace liminaire s'adresse à Maurice Pilorge, cet assassin de vingt ans que l'auteur pleurait déjà dans le condamné à mort.
Du fond de sa prison, Jean rêve à des « amants enchanteurs » et il convoque des hommes de papier pour combler sa solitude et son désir. Pour lui, le crime est beau et il exalte la beauté des criminels. « Je veux chanter l'assassinat puisque j'aime les assassins. […] Je l'ai dit plus haut. Plutôt qu'un vieux, tuer un beau garçon blond, afin qu'unis par le lien verbal qui joint l'assassin à l'assassinat (l'un l'étant grâce à l'autre), je sois, aux jours et nuits d'une mélancolie désespérée, visité par un gracieux fantôme dont je serais le château hanté. » (p. 107) La prison, pour Jean Genet, est une obsession : il l'a souvent pratiquée et il s'y sent chez lui. « Ma bonne, ma tendre amie, ma cellule ! Réduit de moi seul, je t'aime tant ! » (p. 121) Étrangement, il ne semble pas prisonnier et s'échappe de la geôle à force de fantasmes et d'imagination. Avec des coupures de journaux, entre réel et imaginaire, Jean recompose un univers.
Il est question d'un monde noctambule et voyou peuplé d'individus hauts en couleurs. Divine est un travesti renommé dans les bas-fonds parisiens, dingue d'un mac nommé Mignon-les-Petits-Pieds. L'étoile fulgurante de ce milieu canaille et brutal, c'est Notre-Dame-des-Fleurs, un jeune voleur éclatant de beauté, amant occasionnel de Divine et de Seck, un bel Africain. Sous la plume de Jean, on suit les liaisons souvent orageuses des tantes, des tapettes et autres pédales parisiennes.
Le narrateur, c'est Jean, très probablement Jean Genet, qui livre ses troubles et ses peines. « Ce livre, j'ai voulu le faire des éléments transposés, sublimés, de ma vie de condamné, je crains qu'il ne dise rien de mes hantises. » (p. 204) On retrouve dans ce roman les thèmes évoqués dans le condamné à mort : « Mes livres seront-ils jamais autre chose qu'un prétexte à montrer un soldat vêtu d'azur, un ange et un nègre fraternel jouant aux dés ou aux osselets dans une prison sombre ou claire ? » (p. 24) Dans sa langue si unique, qui mêle argot et poésie, Jean Genet chante une nouvelle fois les amours homosexuelles, ainsi que son obsession pour la beauté et la jeunesse masculines. C'est une littérature très particulière et un sujet qui peut en gêner, voire en choquer certains. Je ne prends pas position et je me contente d'apprécier, sans toujours la comprendre, la poésie foudroyante de Jean Genet, auteur passionné et torturé.
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Unhomosapiens
  28 mai 2022
C'est ce que j'appelle la littérature « coup de poing ». J'ai connu Genet avec le recueil de poésie « Le condamné à mort ». Ce que je viens de lire ce qui est considéré comme un de ses plus grands romans. C'est une description étonnante d' un certain milieu, celui des malfrats et de la prostitution masculine, dans le Montmartre de la fin des années 30 et 40. Des individus qui n'hésitent pas à tuer pour quelques pièces. On va donc suivre entre autre : Mignon, Divine, Notre-Dame-des-Fleurs… au cours de leurs turpitudes. Mais tous ces personnages, s'ils semblent bien réels, sont issus de l'imagination de l'auteur lui même incarcéré à Fresnes. C'est sa manière de survivre à la prison. Il magnifie ses personnages en en faisant les victimes rejetées par la société bourgeoise bien-pensante. Genet étale leurs frasques sexuelles, mi-provocations, mi-fantasmes en précipitant le lecteur dans leur vie quotidienne misérable. On remarquera qu'il décrit également magnifiquement la sensualité qui côtoie parfois les pires abjections.
La langue est extrêmement poétique, malgré la crudité lexicale, avec des images et des métaphores étonnantes. Pourtant, je me suis souvent ennuyé, tant les épisodes sont répétitifs et un peu fatigué par la richesse de cette langue mise au service de ses personnages. J'ai réussi à terminer le livre en lisant souvent en diagonale. La fin, est dans la droite ligne du roman et finalement sans surprise.
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colimasson
  25 septembre 2018
Il y avait une époque, avant la gay pride, le mariage pour tous et les études sur le genre, où être un pédé ou un travelo ne déchaînait pas une foule de questions métaphysiques destinées à détourner l'attention des spectateurs sur le but final supposé de la détente des pulsions sexuelles. Etre pédé jusqu'au bout (de la bite) impliquait une conscience claire de l'exclusion sociétale que cela impliquait. Rien à voir avec les pétales de rose qu'on envoie à tous ceux qui ont l'audace et l'originalité de n'être plus seulement hétérosexuel aujourd'hui. S'assumer était alors vraiment subversif et nécessitait de vivre dans un monde à part. Jean Genet décrit ce monde-là.

Le style est un peu vieillot, le monde décrit lui-même sent la poussière, mais ça reste un récit inspirant pour se rendre compte du chemin parcouru (dans le sens de l'involution sans doute) depuis. On tombe souvent dans les poncifs de la compétitivité sexuelle faite d'humiliations et de cruauté sans cesse renouvelée, mais qui suis-je pour dire si cela n'est pas une réalité forte et prégnante de l'homosexualité masculine ? Si vous ne vous intéressez ni à la question de l'homosexualité, ni à celle de l'hétérosexualité, ni à celle du transgenrisme, ce roman pourra quand même vous plaire pour ses passages décrivant des bites en pleine érection car – l'industrie de la pornographie ne cesse de nous le prouver – c'est ce qui plaît au plus grand nombre, femmes, pédés et onanistes en tête.
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johaylex
  15 octobre 2011
La plus belle plume française du XXè siècle et l'une des plus grandes de tous les temps. L'histoire n'est pas essentielle, une simple confession mêlée d'imagination, mais sublimée par une langue hors du commun.
Genet pousse l'exigence d'honnêteté et surtout d'écriture à un niveau que j'ai rarement eu la chance de rencontrer. Cette faculté à donner vie au sordide avec une telle beauté, une telle fluidité, m'a vraiment troublé: l'on croit pénétrer dans une pièce remplie de fleurs aux parfums capiteux, au décor raffiné, et l'on s'aperçoit qu'en ce lieu se tiennent des funérailles, que les fleurs couvrent l'odeur du rance. Alors, il y a la beauté du rituel, cette mise en scène parfaitement codifiée, cet exorcisme de la peur de la mort. Car Genet parle assurément de la Mort, sa lecture m'a semblé mortifère, mais Genet donne au Beau une nouvelle dimension, celle où le verbe s'élève réellement au rang d'Art.
Lien : http://johaylex.wordpress.co..
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MarcelP
  06 juin 2021
"Bien que je m'efforce à un style décharné, montrant l'os, je voudrais vous adresser, du fond de ma prison, un livre chargé de fleurs, de jupons neigeux, de rubans bleus. Aucun autre passe-temps n'est meilleur."
Une postérité encombrante travestit la crudité et la violence du premier roman de Jean Genet sous les fanfreluches criardes d'une certaine iconographie queer : l'univers interlope, hautement fantasmatique, de l'écrivain s'est -depuis 1944- édulcoré sous les oripeaux de l'autofiction gay, des bariolages arty ou du porno hardcore. Découvrir aujourd'hui "Notre-Dame-des-Fleurs" c'est remonter à la source d'un bataclan composé de cuir, de plumes et de foutre, c'est croiser les exécrations intimes d'un Hervé Guibert avec les tableaux d'autel de Pierre et Gilles, les taulards surmembrés de Tom of Finland ou l'esthétique drag queen.
Dans ce long poème tortueux, Genet, captif turgescent, projette sur les murs de sa cellote les ombres qui exacerbent ses désirs contraints. Les figures illustrant cette geste de la trahison et de la putasserie sont Divine -alias Louis Culafroy-, travestie du bitume, Mignon-les Petits-Pieds, son mac viril, Notre-Dame-des-Fleurs, un blond assassin juvénile et Seck Gorgui un "nègre" priapique, soit un quarteron de sempiternels fantasmes gay : le passif soumis, le mâle dominateur, le dévoyé et l'exotique.
Le romancier recouvre sa quincaillerie érotique d'une fumure d'abjection comme s'il fustigeait ainsi ses propres appétits. Chez Genet les anges sentent des pieds, les gitons ont des haleines empestées : un parfum de roses et de merde imprègne chaque page.
Cette mythographie de la tante cataracte en fusées poétiques, charriant perles et ordures dans un style parfois limpide, souvent chichiteux. Genet désarticule ses phrases, en casse le rythme, la poivre de mots précieux et d'obscénités faciles. On y retrouve les fioritures catholiques d'un Marcel Jouhandeau : à chaque ligne une évocation liturgique, des bouillons de guipures et de dentelles, des éclaboussures d'eau bénite, un fourbi de kitsch sulpicien sur un lit de crachats blasphématoires. Passant d'une époque à une autre, glissant d'un protagoniste à un autre, le roman finit par prendre l'apparence de ces vies de saints peintes par un Giotto ou un Fra Angelico sur les retables desquels, de la naissance à la mort, se chevauchent les faits et dicts d'un bienheureux.
Regard en biseau, voix mielleuse, Jean Genet chante les petites lâchetés, les délations sordides ou les crimes pitoyables. Point de flamboyance dans le mal, malgré les figures tutélaires d'un Weidmann ou d'un Pilorge... mais une mesquinerie honteuse. Ici on assassine en douce, on dénonce sans risque.
L'enfance et l'adolescence troublée de Divine, folle sublime, est un discret décalque de celle du romancier qui mêle réalité aux rêveries et semble adresser à la société des honnêtes gens son mot d'ordre, la réunion des deux patronymes ne pouvant ressortir du seul hasard*. Genet n'est jamais aussi émouvant que, une fois les fards et les poudres ôtés, lorsqu'il se présente le visage à nu : gosse de l'Assistance, voyou apeuré ou amoureux servile (superbe épisode des roses amours enfantines avec un chasseur de serpent).
Notre-Dame-des-Fleurs reste peu aimable qui associe, sous des festons rococos, une brutalité suave à des splendeurs acerbes. Avec ses outrances d'une époque révolue, le roman ne choque plus guère et son charme amphigourique m'a fréquemment rebuté. Ni lecture de dévotion assurément, ni oraison jaculatoire... une curiosité esthétique fastidieuse.
*Jean Culafroy, douloureuse sédition...
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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critiques presse (1)
Bibliobs   05 juillet 2021
C’est ce que sont avant tout les romans de Genet : de longs poèmes en prose, bâtards et parfois sublimes.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
Fabinou7Fabinou7   31 août 2021
"Je vous laisse libre d'imaginer le dialogue. Choisissez ce qui peut vous charmer. Acceptez, s'il vous plaît, qu'ils entendent la voix du sang, ou qu'ils s'aiment en coup de foudre, ou que Mignon, par des signes irrécusables et invisibles à l’œil du vulgaire, décèle le voleur... Concevez les plus folles invraisemblances. Faites se pâmer leur être secret à s'aborder en argot. Mêlez-les tout à coup par un soudain embrassement ou par un baiser fraternel. Faites ce qu'il vous plaira."
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Gwen85Gwen85   01 septembre 2012
Je veux chanter l’assassinat, puisque j’aime les assassins. Sans fard le chanter. Sans prétendre, par exemple, que je veuille obtenir par lui la rédemption, encore que j’en aie grande envie, j’aimerais tuer. Je l’ai dit plus haut, plutôt qu’un vieux, tuer un beau garçon blond, afin qu’unis déjà par le lien verbal qui joint l’assassin à l’assassiné (l’un étant grâce à l’autre), je sois, aux jours et nuits de mélancolie désespérée, visité par un gracieux fantôme dont je serais le château hanté. Mais que me soit épargnée l’horreur d’accoucher d’un mort de soixante ans ou qui serait une femme, jeune ou vieille. J’en ai assez de satisfaire sournoisement mes désirs de meurtre en admirant la pompe impériale des couchers de soleil. Assez mes yeux s’y sont baignés. Passons à mes mains.
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UnityUnity   11 février 2013
Bien m’en prit d’élever l’égoïste masturbation à la dignité de culte ! Que commence le geste, une transposition immonde et surnaturelle décale la vérité. Tout en moi devient adorateur. La vision extérieure des accessoires de mon désir m’isole, très loin du monde.
Plaisir solitaire, geste de solitude qui fait que tu te suffis à toi-même, possédant les autres intimement, qui servent ton plaisir sans qu’ils s’en doutent, plaisir qui donne, même quand tu veilles, à tes moindres gestes cet air d’indifférence suprême à l’égard de tous et aussi cette allure maladroite telle que, si un jour tu couches dans ton lit un garçon, tu crois t’être cogné le front à une dalle de granit.
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UnityUnity   20 janvier 2013
Mon esprit continue de produire de belles chimères, mais aujourd'hui aucune d'elle n'a pris corps. Jamais. Pas une fois. Maintenant, il suffit que j'entreprenne une rêverie, ma gorge sèche, le désespoir brûle mes yeux, la honte me fait baisser la tête, ma rêverie se casse net. Je sais qu'un possible bonheur m'échappe encore et m'échappe parce que j'ai rêvé.
L'accablement qui suit me fait semblable au naufragé qui, à la vue d'une voile, se croit sauvé quand, tout à coup, il se souvient que le verre de sa lunette porte un défaut, une buée : cette voile qu'il apercevait.
Mais alors ce que je n'ai rêvé demeure accessible, et comme je n'ai jamais rêvé de malheurs, ce ne sont guère que des malheurs qu'il me reste à vivre. Et des malheurs à mourir, car je me suis rêvé des morts splendides à la guerre, en héros, ailleurs couvert d'honneurs, jamais par l'échafaud. Il me reste donc.
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Gwen85Gwen85   01 septembre 2012
Déjà l’assassin force mon respect. Non seulement parce qu’il a connu une expérience rare, mais qu’il s’érige en dieu, soudain, sur un autel, qu’il soit de planches basculantes ou d’air azuré. Je parle, bien entendu, de l’assassin conscient, voire cynique, qui ose prendre sur soi de donner la mort sans en vouloir référer à quel-que puissance, d’aucun ordre, car le soldat qui tue n’engage pas sa responsabilité, ni le fou, ni le jaloux, ni celui qui sait qu’il aura le pardon : mais bien celui que l’on dit réprouvé, qui, en face que de soi-même, hésite encore à regarder au fond d’un puits où, pieds joints, en un bond d’une risible audace, il s’est, curieux prospecteur, lancé. Un homme perdu.
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