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ISBN : 1090175442
Éditeur : Serge Safran éditeur (04/02/2016)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 13 notes)
Résumé :
En juillet 1836, le couple Guidoboni-Visconti propose à Balzac de les représenter à Turin, tous frais payés, pour une affaire d'héritage. Cela tombe à pic : l'écrivain est ruiné après la liquidation La Chronique de Paris. Pour l'accompagner, l'auteur du Lys dans la vallée - le roman vient de paraître -, recrute un jeune page : Marcel. Habillée en homme, mariée, mère de famille, elle s'appelle en vrai Caroline. Et, fatalement, se noue une intrigue amoureuse d'un genr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
PetiteBalabolka
  14 avril 2016
Si comme moi, vous devez à Balzac vos premiers émois littéraires et que vous lui vouez une admiration indéfectible qui ne souffre aucune exégèse littéraire ayant l'ambition de le comparer à tel ou tel de ses contemporains (pour certains, tout aussi remarquables), ce livre n'aura pas manqué d'attirer votre attention et sans doute votre bienveillance.
J'avais donc un a priori très favorable en abordant cette lecture et une rieuse envie (j'avais écrit "furieuse" mais un clavier facétieux a eu envie d'afficher "rieuse" alors, laissons !) de monter dans la calèche en compagnie de M. de Balzac. Ah, certes, il a déjà de la compagnie, féminine bien que déguisée en homme (Georges Sand a fait des émules), en la personne de Madame Marbouty, une femme de lettres qui écrivit sous le pseudonyme de Claire Brunne comme nous le précise la postface.
Mais pour l'heure, en 1836 donc, c'est sous le prénom "Marcel" et façon page ou secrétaire, que Caroline Marbouty voyage vers Turin en compagnie de l'écrivain, subterfuge qui ne trompe guère mais qui a été choisi non pas tant pour ménager son époux qui l'a abandonnée que pour esquiver la jalousie de la comtesse Hanska dont Balzac est tombé amoureux malgré l'inaccessibilité matrimoniale et géographique de cette dernière.
Les amours De Balzac sont compliquées (à ce moment là, pas moins de quatre femmes gravitent dans ses pensées ou dans ses bras) ; ses finances sont au plus bas après la faillite de la Chronique de Paris, une revue royaliste qui devait servir ses ambitions politiques. Quant à la réception de son dernier roman, le lys dans la vallée, la critique procède surtout du règlement de comptes de la part de lettrés que Balzac a agacés ou vexés. C'est donc avec soulagement qu'il accepte la proposition de son ami, le duc Guidoboni-Visconti qui le mandate (avec les subsides nécessaires) pour gérer une affaire d'héritage à Turin. Après tout, n'a-t-il pas été "saute-ruisseau" puis clerc de notaire dans sa jeunesse ?
Après plusieurs jours dans l'espace confiné de la calèche créant une promiscuité que Balzac échoue à pousser à son avantage, les deux voyageurs, accueillis dans le luxe de l'hôtel Europa sont bientôt sollicités par l'aristocratie locale. Les voici invités dans des soirées mondaines où Balzac se distingue par son aisance naturelle, une sorte d'habitus qui surprend et séduit quelque peu Caroline/Marcel.
J'ai trouvé que Max Genève avait su, par le ton de son écriture, restituer cette ambiance tournée à la fois vers les arts et la culture mais aussi empesée par les usages en vigueur dans les sociétés aristocratiques du XIXème siècle. le contexte historique est présent, tel un substrat mais sans jamais prendre le pas sur le propos de l'histoire. Cet arrière-plan contextuel ne se limite pas à l'évocation des tensions géopolitiques autour de la Maison de Savoie. Il invite aussi à découvrir, au gré des pérégrinations De Balzac dans la ville ou des invitations auxquelles il répond, quelques-uns des sujets d'intérêt de l'époque comme par exemple, l'engouement pour l'Egypte ancienne ou bien encore la botanique qui tend à se transformer en véritable science.
Il ne se passe pas forcément grand chose au cours de ce voyage à Turin mais je ne m'attendais pas non plus à des péripéties débridées dans ce qui reste un épisode plaisant mais ponctuel de la vie De Balzac.
La qualité de l'écriture et surtout son harmonie avec le propos, l'originalité de l'approche de cet immense écrivain, la toile de fond XIXème, à la trame politique et sociale sont autant de raisons pour monter dans la calèche mais peut-être, ne suis-je pas tout à fait objective à propos de la compagnie que vous y trouverez,
Lien : http://leschroniquesdepetite..
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TRIEB
  24 mars 2016

Un voyage peut-il être l'occasion d'un répit ? Une séquence d'insouciance ?
On serait tenté spontanément de répondre par l'affirmative, à ceci près que le voyageur décrit par Max Genève dans son récit n'est autre qu'Honoré de Balzac, qui entreprend en juillet 1836 un voyage à Turin, car le duc Guidoboni-Visconti, membre éminent de la noblesse italienne a proposé à Balzac de le représenter pour une affaire d'héritage. Les circonstances de ce déplacement sont très négatives et périlleuses pour l'écrivain ; Il vient de publier le Lys dans la vallée, mal reçu par la critique et sort de la faillite retentissante de la Chronique de Paris, organe royaliste chargé de diffuser les idées légitimistes et orléanistes. le journal est bientôt en dépôt de bilan et Balzac est ravi d'accepter cette proposition, qui lui permet, provisoirement, d'échapper aux créanciers, à l'épuisement créé par des heures et des heures d'écriture et de consommation de café à haute dose.
Une personne accompagne Balzac dans son déplacement vers le Piémont : il s'agit de Caroline Marbouty, abandonnée par son mari et qui, surtout, a écrit, sur commande De Balzac, dans La Chronique de Paris une nouvelle, puis une deuxième, sous le pseudonyme de Marcel. « Il la trouvait fine séduisante, lui avait proposé de l'emmener en Touraine où il comptait passer quelques jours. (…) Alors quoi ? Bien sûr, il avait son idée en l'emmenant à Turin. (…) Il trouverait bien le moyen de l'attirer dans ses rêts, il fallait choisir le moment propice. du reste, il n'était pas amoureux, ce qui faciliterait le chavirement espéré. »
Ce couple, atypique, part donc pour Turin et Caroline se déguise en homme et se fera appeler Marcel, elle sera le page d'Honoré.
Dès son arrivée, Balzac rencontre des interlocuteurs prestigieux :les Visconti, bien sûr, mais aussi Salerano Sclopis,Luigi Colla ,l'avoué, la marquise de Cortanze, la comtesse di Barolo, et bien d'autres…Toutes ces rencontres, ces conversations, réceptions mondaines, ces linéaments d'intrigues vont donner à Balzac et à son accompagnatrice l'occasion de se jauger, de se juger aussi, et c'est peu dire que le curseur évolue :
« A défaut de pouvoir la posséder, il eût aimé la coucher sur le papier. La chose n'est pas si simple, une femme ne se décrit pas, elle se vit. (….) Balzac avait le dos tourné, mais voyait dans le miroir s'activer sa compagne de voyage. Elle avait ce jour-là renoncé au page, réintégré sa féminité, s'était coiffée, maquillée avec soin et pour finir avis déposé une goutte de parfum à la naissance des seins. »
Lors de la visite du jardin des Colla, Caroline met en évidence ses connaissances en matière de jardinage, elle dévoile son sens de l'esthétique, ce qui fait suggérer à l'un des personnages présents, Federigo, de l'inclure comme personnage dans son prochain roman.
Comparée à certains passages à George Sand, Caroline Marbouty, n'est pas seulement assimilable à une source de désirs et de sentiments pour Honoré de Balzac .Cette évocation de la femme de lettres berrichonne n'est peut-être pas due au hasard ; Max Genève l'a peinte, aussi, comme un possible avatar de l'émancipation féminine …
Un roman très plaisant, rempli de clins d'oeil sur la vie De Balzac, le dix-neuvième siècle, la noblesse italienne. Il suggère plus qu'il n'affirme ; il décrit plus qu'il ne juge. C'est donner au lecteur une liberté appréciable dans son ressenti à la lecture.
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lucia-lilas
  31 janvier 2016
Saviez-vous qu'au mois de juillet 1836, Balzac quittait Paris en calèche pour se rendre à Turin avec une jeune femme déguisée en page ?
Cet épisode pour le moins romanesque est le sujet du dernier livre de Max Genève : le Voyage de M. De Balzac à Turin.
Non, cette jeune femme n'est pas George Sand, elle s'appelle Marcel, de son vrai nom Caroline Marbouty, elle est mariée, a deux enfants et elle écrit à une époque où les publications des femmes sont rares.
En décembre 1835, Balzac directeur de la Chronique de Paris avait commandé une nouvelle qu'elle avait signée Marcel. Il lui en demandera d'autres et en lui proposant cette petite escapade, il espère obtenir davantage encore de cette jolie jeune femme. Seulement, Balzac est prudent, il ne veut pas que le grand amour de sa vie Mme Hanska, ainsi que ses autres maîtresses parisiennes Mme de Berny et Mme Guidoboni-Visconti apprennent qu'il voyage avec une jolie jeune femme, d'où ce déguisement qui, en réalité, ne trompe personne.
Ce voyage tombe à pic ! Balzac croule sous les dettes : son journal fait faillite; sans cet appui, ses vues politiques n'ont aucune chance de se concrétiser, le Lys dans la vallée se vend mal, et l'écriture de ses romans l'a épuisé.
Par chance, ses amis, les Guidoboni-Visconti lui demandent de les représenter à Turin pour une affaire de succession un peu compliquée : le romancier a quelques notions de droit, cela fera l'affaire!
Et nous voilà partis sur les routes avec Balzac et son petit page : Chambéry, la Grande Chartreuse, le Mont-Cenis, Turin. Les visites de la ville le long du Pô, dans les petites ruelles bien fraîches où flotte l'odeur des figuiers et des lauriers sont délicieuses. On pénètre dans les jardins de l'avocat Luigi Colla à Rivoli, on grimpe jusqu'à l'église Santa Maria del Monte dei Cappucini et l'on chevauche jusqu'à Superga pour découvrir les tombeaux des princes de Savoie. Les soirées, dans les belles villas aristocratiques, où Balzac est reçu en invité de marque, ont tout autant de charme…
C'est sans conteste un périple très documenté, agréable pour le lecteur qui découvre la ville aux côtés d'un Balzac devenu compagnon de voyage. Parenthèse peu connue de la vie de l'écrivain qui n'est pas représenté comme on a l'habitude de le voir : penché sur sa table de travail, même si cela finit par lui manquer. Quel homme !
J'avoue que j'aurais tout de même aimé en savoir plus sur cette femme, « Marcel », qui demeure trop souvent au second plan : qui était-elle vraiment ? Comment a-t-elle vécu cette aventure dans sa vie ? L'épilogue se recentre sur elle mais le mystère demeure… finalement, elle reste dans l'ombre du génie…
Merci à Babelio d'organiser ses Masses critiques et à Serge Safran éditeur d'y participer...



Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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natpiment
  27 février 2016
Comment rendre hommage à Balzac sans faire une biographie ?
Ce roman fort bien documenté, offre un agréable moment de lecture sur une anecdote de la vie De Balzac, un voyage de quelques semaines tout au plus, à Turin mais accompagné d'une jeune femme déguisée en homme ...
Je me suis demandée dans les 30-40 premières pages si cette anecdote était vraie ou non , comment une femme mariée et mère de famille de surcroît, pouvait s'émanciper ainsi du "qu'en-dira t'on " dans cette première moitié du XIXème siècle ? C'est l'épilogue nous éclaire sur le sujet
Et puis, j'ai plongé dans l'histoire .... Non pas que ce soit plein de rebondissements ou d'intrigues, non , cela reste facile et plaisant à lire .
Ce Balzac qui observe, nous sert une vision de la société de l'époque qui a envie de s'amuser malgré les convenances et réticences de l'Eglise. Ce sont surtout les portraits de femme qui m'ont plus, ces femmes autour De Balzac , celles qu'il rencontre et celles qui ne quittent pas son coeur et ses rêves.
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nilebeh
  23 août 2016
En 1836, le duc Guidoboni-Visconti propose à Balzac de le représenter à Turin dans une affaire d'héritage et de défendre ses intérêts, le tout entièrement pris en charge par lui-même. La proposition est acceptée avec joie, l'auteur étant en difficulté sur le plan financier, les huissiers à sa porte, son éditeur de plus en plus pressant. Il faut dire que le journal qu'il avait racheté, la Chronique de Paris, vient d'être mis en faillite.
Pour l'accompagner, il propose à la jeune et délicieuse Caroline Marbouty, mariée et mère de deux jeunes enfants, de l'accompagner. Mais son amoureuse lointaine, Eva Hanska étant un peu sourcilleuse sur le chapitre de la fidélité, il demande à la jeune femme de se travestir. le voilà donc escorté d'un tout jeune et charmant secrétaire prénommé Marcel. Les prélats qu'il va rencontrer au cours du voyage à Turin auront visiblement de sérieux doutes...
Un livre entre biographie légère et roman charmant qui nous fait voyager sous la plume pittoresque, pleine de malice,d'érudition et de légèreté de Max Genève et nous permet au passage de nous remettre en mémoire la vie et l'oeuvre De Balzac. Un joli moment de lecture !
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
natpimentnatpiment   27 février 2016
Tout ce qui comptait à Turin était venu voir Balzac et son page, l'attraction de la soirée. Parmi les invités , peu avaient lu l'auteur français, mais sa renommée avait franchi la frontière, et qu'il fût accompagné d'un séduisant jeune homme qui était peut être, s'il fallait en croire la rumeur , une célèbre romancière française habillée en homme, ajoutait une touche de mystère à l'évènement.
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TRIEBTRIEB   24 mars 2016
Il la trouvait fine séduisante, lui avait proposé de l'emmener en Touraine où il comptait passer quelques jours. (…) Alors quoi ? Bien sûr, il avait son idée en l’emmenant à Turin. (…) Il trouverait bien le moyen de l’attirer dans ses rêts, il fallait choisir le moment propice. Du reste, il n’était pas amoureux, ce qui faciliterait le chavirement espéré.
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