AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Dominique Wattwiller (Traducteur)
EAN : 9782266081207
639 pages
Éditeur : Pocket (18/03/1998)
3.93/5   228 notes
Résumé :
Être Margaret Thatcher ou rien. C'est toute l'ambition d'Eve Bowen, secrétaire d'État au gouvernement britannique. Jusque-là, pas la moindre erreur de parcours. Mère célibataire, elle a su émouvoir une partie de l'opinion et séduire l'autre par son conservatisme farouche. L'enlèvement de sa fille ruine d'un coup sa vie de femme et ses plans de carrière. Eve doit renouer avec le père de l'enfant, un homme rayé de sa vie depuis longtemps. Ce Dennis Luxford, devenu réd... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
3,93

sur 228 notes
5
7 avis
4
6 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
0 avis

Woland
  28 février 2008
Les Français n'ont pas le triste apanage de s'interroger sur les membres de leur classe politique et, autant qu'un excellent roman policier, "Le Visage de l'Ennemi" constitue une réflexion glaçante sur la nature et les motivations intimes des hommes et des femmes de pouvoir.
Dennis Luxford, rédacteur-en-chef de "La Source", tabloïd d'obédience travailliste acharné à démasquer les mille-et-un défauts des Conservateurs qui, à l'époque, tiennent encore le haut du pavé en Grande-Bretagne avec John Majors, reçoit un matin une lettre anonyme le sommant de "reconnaître publiquement son premier-né" faute de quoi il arrivera malheur à sa fille, Charlotte.
Le problème, c'est que la mère de l'enfant n'est autre qu'Evelyn Bowen, redoutable député tory devenue entretemps secrétaire d'Etat au gouvernement. Si Ms Bowen n'a jamais caché avoir eu un enfant illégitime, elle s'est toujours farouchement refusée à révéler le nom du père. Difficile en effet, pour les électeurs britanniques comme pour leurs élus et leurs éligibles, de concevoir une semaine de sexe pur entre un extrêmiste travailliste, rédacteur, qui pis est, d'un torchon à la solde des Wigs, et une extrêmiste conservatrice qui ne rêve que de durcir encore un peu plus la position du pays face à l'IRA. Surtout si la semaine en question a pris place lors d'un congrès conservateur où nos deux héros, alors plus jeunes d'une dizaine d'années, étaient journalistes pour des feuilles concurrentes.
Dès le départ, Eve Bowen voit en cette lettre et en l'enlèvement de Charlotte la main malveillante d'un Luxford qui ne rêve, selon elle, que d'abattre sa carrière et porter à travers elle un nouveau coup au gouvernement. Pas question donc de faire appel à la Police. Il suffit d'attendre : cette canaille de Luxford se lassera avant elle.
Luxford a beau protester, rien n'y fait. Aussi se résoud-il à une intervention officieuse de Simon St-James, dont il connaît très bien le frère, David. Malgré toute la bonne volonté de celui-ci, de Deborah et d'Helen Hunt, également entraînées dans cette enquête non-officielle, l'inévitable s'accomplit ; malgré la décision de Luxford de reconnaître officiellement "son premier-né" à la une de son propre journal, le corps de la petite Charlotte est retrouvé dans une rivière du Wiltshire. Après avoir été endormie, la petite a été noyée.
Je passerai sur la seconde partie de l'histoire - le fils légitime de Luxford sera également enlevé et l'on s'apercevra peu à peu que ce n'était pas la femme politique, encore moins le gouvernement, que visait dans cette affaire le meurtrier - si ce n'est pour vous certifier qu'elle est menée tambour battant (malgré quelques petites longueurs çà et là) et que, à une première lecture, il est impossible de deviner qui est l'assassin. Je vous rassure également : si la petite Lottie, enfant non désirée et enfant mal aimée, ne ressuscitera évidemment pas, le jeune Leo aura la vie sauve - avec le sergent Barbara Havers qui aura découvert la sinistre cachette où il était enfermé.
Car ce qui demeure le plus frappant dans "Le Visage de l'Ennemi", c'est la description minutieuse et quasi clinique d'Eve Bowen dont l'égocentrisme forcené et la paranoïa politique chronique vont condamner sa fille à mort. Pas un instant - pas un seul - cette mère ne songe aux tourments que ressent l'enfant kidnappée. Pas une seule fois d'ailleurs elle ne songe aux émotions ressenties par autrui. Bien plus que l'assassin, cette femme fait peur : l'assassin en effet est fou mais Bowen, elle, est secrétaire d'Etat ...
A l'issue de l'histoire, on se demande d'ailleurs si, lorsqu'elle affirme avoir "tout perdu", elle y inclut sa fille assassinée.
Autre "mère" à qui son effarant narcissisme interdit toute compassion : celle du constable Robin Payne.
Si vous lisez "Le Visage de l'Ennemi", je serai curieuse de savoir laquelle, de ces deux femmes, vous aurez trouvé la plus monstrueuse. ;o)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          81
mogador83
  19 juin 2019
Après m'être un peu ennuyé dans l'enquête précédente, j'ai été surprise par le peps de cette nouvelle enquête de Linley et Havers. le début de l'histoire laisse la part belle à saint James, Deborah et Helen et c'est très agréable. Un sujet passionnant autour de kidnapping d'enfants mêlant le monde politique et journalistique et surtout une fin de dingue avec un meurtrier que je n'avais même pas imaginé. En bref j'ai adoré ce nouveau tome avec plus de 700 pages dévorées en trois jours.
Commenter  J’apprécie          130
Thrinecis
  09 novembre 2019
Eve Bowen, sous-secrétaire d'état au ministère de l'Intérieur est une des personnalités les plus en vue du gouvernement conservateur et mène une carrière ascensionnelle depuis une dizaine d'années. Elle a une fille Charlotte, de 10 ans, fruit d'une erreur de jeunesse qu'elle a tout fait pour l'oublier, cachant même le nom du père à tous, y compris à son mari. Luxford, le père de Charlotte, écarté dès sa naissance par Eve Bowen, s'est marié avec une ravissante femme dont il a eu un fils et est devenu journaliste à la Source, un magazine de la presse à scandale aux orientations travaillistes qui déterre tous les ragots pouvant affecter le parti conservateur.
Seulement le passé resurgit brusquement avec le kidnapping de Charolotte et les exigences du ravisseur qui demande à Luxford de révéler son premier-né à la une de son journal sinon Charlotte sera tuée. Mais Eve Bowen s'y oppose farouchement préférant sauvegarder son image et de surcroît convaincue que Luxford a mis en scène ce kidnapping pour faire grimper les tirages de son journal et pour saborder sa carrière politique.
Malgré l'intervention de nos héros habituels, Saint-James, sa femme Deborah et Helen Clyde, les choses vont rapidement dégénérer, amenant Scotland Yard à intervenir.
Ce roman publié en 1996 manquait à mes lectures de la série de l'Inspecteur Linley. Je l'ai trouvé très réussi.
Un seul petit reproche : le personnage d'Eve Bowen en politicienne dure, carriériste, faisant passer ses propres intérêts avant ceux de sa fille est un peu outré, enfin je l'espère !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          74
ishtar76
  13 décembre 2020
ce thriller m'a bluffé. Littéralement. L'air de rien.
Franchement le début m'avait mise plutôt dans de bonnes conditions. Cette enfant séquestrée, le genre de truc qui vous met d'office dans l'ambiance. Puis ces premiers personnages qui se lancent dans une enquête qui tourne vite court, les trop longues descriptions de l'univers politique anglais. des villages typiques, ça faisait plutôt plan plan, tranquille, à la Barnaby et j'ai ressenti le manque de ne pas connaitre mieux cette série et cet univers. j'avais l'impression d'être une touriste et de passer à côté de quelque chose. Je n'ai en effet pas lu les sept précédents tomes. Et puis le dénouement qui m'a prise par surprise, je n'avais vraiment pas compris ce qui était en jeu, qui était vraiment visé et surtout l'identité du déséquilibré.
Ceci dit, le côté so british m'a vraiment convaincu même si ce n'est pas ce que je préfère habituellement, comme ce thé fort et les biscuits trop secs vers lesquels on revient toujours, comme ce style vieillot que l'on adore secrètement même si on ne le mettrait jamais chez soi. Comme la série Barnaby. Je pense que je tenterai les autres tomes et je recommande chaudement aux amateurs du thriller anglais.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Sevlipp
  30 décembre 2018
Je ne suis jamais déçue avec les polars d'Elizabeth George et là encore un bon moment de lecture.
Une enfant est enlevée mais sa mère politicienne ne veut pas prévenir Scotland Yard pour ne pas compromettre sa carrière.
Linsley et tous ses acolytes vont être mis à contribution pour retrouver l'enfant. Barbara Harvers peut-être être même trouver l'amour.
C'est rythmé, l'intrigue est intéressante dans le milieu politique et les tabloïd anglais et on ne voit pas venir la chute . On retient son souffle les 50 dernières pages. Je conseille donc "Le visage de l'ennemi" aux amateurs de polar.
Commenter  J’apprécie          70

Citations et extraits (5) Ajouter une citation
marina53marina53   09 avril 2012
Effectuant un rapide demi-tour, elle reprit à grandes enjambées la direction de son véhicule. Après avoir tourné le coin du commissariat, elle remonta l'allée, évita une poubelle et déboucha dans le minuscule parking. C'est alors qu'elle se félicita de porter des baskets.
Un homme en noir était en effet penché à mi-corps dans la Mini et, d'après ce qu'elle put en voir, il fouillait consciencieusement dans son sac.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
marina53marina53   09 avril 2012
Sur la table d'acier, le corps de Charlotte Bowen ne portait pour ainsi dire aucune trace, si ce n'est quelques ecchymoses près de la bouche, quelques marques de brûlure sur les joues et le menton et une coupure recouverte d'une croute sur un genou. La petite fille semblait endormie plutôt que morte.
Commenter  J’apprécie          30
TatooaTatooa   31 mai 2013
Charlotte Bowen se dit qu'elle était morte. Ouvrant les yeux, elle émergea au cœur du froid et des ténèbres. Le froid, elle était couchée dessus ; ce froid évoquait celui de la terre toujours humide du bac à plantes dans le jardin de sa mère où le robinet extérieur, en gouttant, dessinait une grosse tâche verte. Quant aux ténèbres, elles étaient partout. L'obscurité pesait sur elle telle une épaisse couverture.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
BoutonBouton   12 avril 2020
Charlotte Bowen se dit qu'elle était morte. Ouvrant les yeux, elle émergea au coeur du froid et des ténèbres. Le froid, elle était couchée dessus ; ce froid évoquait celui de la terre toujours humide du bac à plantes dans le jardin de sa mère où le robinet extérieur, en gouttant, dessinait une grosse tache verte. Quant aux ténèbres, elles étaient partout. L'obscurité pesait sur elle telle une épaisse couverture. Aussi Charlotte plissa-t-elle furieusement les yeux afin d'arracher à ce néant sans fond une forme susceptible de la rassurer, de lui prouver qu'elle n'était pas dans une tombe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
pandarouxpandaroux   30 décembre 2016
J'espère que j'ai fait ce qu'il fallait, dit Léo d'une voix qui s'efforçait de rester ferme. j'ai pas pleuré une seule fois. Il m'avait enfermé et j'avais drôlement peur. J'avais une de ces envies de pleurer. J'ai failli. Mais j'ai tenu le coup. J'ai pas pleuré. Pas une seule fois.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Elizabeth George (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elizabeth George
Commandez les coups de coeur de nos libraires sur filigranes.be !
Les livres dans l'ordre : "Le Jeu du Chuchoteur" de Donato Carrisi, Éditions Calmann-Lévy - suite de "Le Chuchoteur " en Livre de Poche "À cache-cache" de M. J. Arlidge, Éditions Les escales - suite de "Oxygène" aux Éditions 10/18 poche "Victime 2117" de Jussi Adler-Olsen, Éditions Albin Michel "L'épidémie" de Åsa Ericsdotter, Éditions Actes Sud "Le Secret ottoman" de Raymond Khoury, Éditions Presses de la Cité "Fermer les yeux" de Antoine Renand, Éditions Robert Laffont - connu pour "L'Empathie" maintenant en poche aux Éditions Pocket "Au soleil redouté" de Michel Bussi, Éditions Presses de la Cité "La punition qu'elle mérite" de Elizabeth George, Éditions Pocket "La Mauvaise herbe" de Agustin Martinez, Éditions Actes Sud
+ Lire la suite
autres livres classés : romans policiers et polarsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Elizabeth George, ses polars, ses personnages récurrents...

Elizabeth George est née et vit...

en Ecosse
en Angleterre
en Irlande
aux Etats-Unis
aux Pays-Bas

12 questions
101 lecteurs ont répondu
Thème : Elizabeth GeorgeCréer un quiz sur ce livre

.. ..