AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782253070962
864 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (21/08/2019)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Écrit par un officier allemand prisonnier des Soviétiques, Éclairs lointains retrace l'enfer du chaudron de Stalingrad vu à hauteur d'homme – l'ennemi n’étant pas seulement les terribles orgues de Staline, mais aussi le froid, la faim, la décrépitude physique, la démoralisation, la perte de tout sentiment humain.
Nous plongeant à la fois dans l'histoire immédiate – celle du nazisme et de ses conséquences désastreuses –, et dans l'histoire universelle, Heinric... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Wendat69
  23 avril 2020
L'Histoire est jalonnée de conflits, de guerres et donc de batailles, certaines ont marqué plus que d'autres notre inconscient collectif. Stalingrad est sans conteste de celles-ci. Nul besoin d'être féru d'Histoire ni d'être versé en stratégie militaire pour ressentir, percevoir, à l'évocation de ce lieu, le terrifiant drame humain que fut cette bataille, sanglante entre toutes.
Heinrich Gelarch fut un acteur de ce drame monumental. Officier Renseignement au sein de la Wehrmacht, il fut fait prisonnier lorsque la 6ème Armée allemande fut disloquée dans le chaudron, ce « Kessel », où la vie de milliers et de milliers de soldats, et de civils, fut consumée. Il écrivit « Eclairs lointains », pendant sa captivité, à laquelle il réchappa -à la différence de la majeure partie de ses coréligionnaires.
La conception de ce roman est en elle-même une histoire, puisque son manuscrit fut pris par les autorités russes. Pour reconstruire son texte, une fois rentré en Allemagne, Gerlach tenta de le ressusciter au travers de séances d'hypnose. de cette expérience sorti un premier ouvrage, dont l'édition fut toute une aventure. In fine, le manuscrit original fut retrouvé dans les archives russes, permettant de rendre publique un grand roman, qui est surtout une page d'histoire.
Ici, le prisme de la bataille est logiquement vu du côté allemand. Mais Heinrich Gerlach ne se borne pas à dévoiler la chute des forces allemandes tombées dans le piège de l'hiver russe, il ne se limite pas à des descriptions de combats tactiques, à un séquençage purement temporel des combats par le biais d'une galerie de combattants. Non, le roman de Gerlach est plus que cela, il démontre toute la folie meurtrière de cette bataille et démonte l'aberration du système militaire nazi, la sclérose d'un commandement perclus par l'aveuglement de son idole monstrueuse.
Dans ce livre, le talent de Gerlach n'est pas uniquement de rendre tangible, palpable, la dimension horrifique de Stalingrad, il interpelle notre réflexion en mettant en lumière tous les questionnements, les doutes terribles que vécurent des hommes placés en enfer, un enfer glacé, où ils furent abandonnés.
Dans ce lieu et dans ce temps, les corps et les âmes furent broyés. Témoignage cinglant, « Eclairs lointains » lance une question à notre humanité : A Stalingrad, qu'est-ce que l'Homme ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          223

Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
andreas50andreas50   16 avril 2020
Noël approchait. Mais il n'y avait pas de bienveillante étoile pour briller au-dessus des combattants dans le chaudron de Stalingrad. Le ciel de leurs espérances et de leurs désirs était masqué par des voiles ternes.
Ce désert si éloigné de leur patrie était labouré par l'attelage apocalyptique de la guerre, du froid et de la faim, qui faisait chaque jour une moisson plus riche parmi tout ce qui était encore vivant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
Wendat69Wendat69   17 avril 2020
Le mitraillage s'accentue. À la multitude d'orgues de Staline se joignent des pièces d'artillerie de tous calibres. Une muraille de fontaines de terre de la hauteur d'un immeuble jaillit, passe sur les barrages de champs de mines qui explosent, déchiquette les obstacles de barbelés, fond sur les tranchées et les nids de mitrailleuses, soulevant dans un tourbillon des bouts de bois, des armes et des corps humains, et roule en direction des positions d'artillerie. Ça bouillonne, mugit, hurle et craque... La terre elle-même, lacérée, mise en pièces, se recroqueville sous l'éruption infernale de la matière.
Qu'est-ce que l'homme...?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Wendat69Wendat69   21 avril 2020
Il sent ses membres se vider de leur force. Mais derrière cette défaillance soudaine se cache le pressentiment encore vague que "Stalingrad" s'est déjà déployé au-delà du temps et de l'espace, qu'on ne peut plus lui échapper, même en fuyant jusqu'aux confins de la terre; que les centaines de milliers d'hommes qui sont là -les vivants, les souffrants, les abusés et les trahis-, et aussi les morts, que tous sont retenus par des liens qui ne seront plus jamais rompus. Ceux qui ont survécu aux atrocités qui se sont déroulées sur les champs de neige au bord de la Volga ne se débarrasseront plus jamais de Stalingrad.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Wendat69Wendat69   16 avril 2020
Pour lui, une mitrailleuse était une énigme. "Qu'est-ce qui se passera quand les chars arriveront? demanda-t-il, très inquiet. Est-ce qu'on peut faire quelque chose contre eux avec ce truc?
-Bien sûr! assura Lakosh. Il faut juste tirer sur la fente de visée."
Geibel n'avait qu'une idée approximative de ce qu'était une fente de visée. "Et la nuit, on la voit? s'enquit-il d'un ton de doute.
-Si tu la vois pas, expliqua Lakosh avec la condescendance de l'expert, tu ouvres la trappe et tu balances une grenade à l'intérieur.
-Mais on n'en a pas, des grenades! répliqua Geibel, de plus en plus soucieux.
-Dans ce cas, tu flanques autre chose dedans, une brique ou un truc du même genre!"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Wendat69Wendat69   20 avril 2020
Il parla de tout ce qu'il avait vécu -au téléphone- au cours de ses trois semaines de séjour sur place: de la faim, du vain combat mené sans armes lourdes, sans munitions, sans installations défensives, sans équipements d'hiver; du pitoyable échec de la Luftwaffe qui, pour l'heure, ne convoyait plus qu'une quarantaine de tonnes par jour (tout juste un septième des besoins); des phénomènes de déliquescence, du nombre croissant de blessés et de malades qu'on ne pouvait plus soigner. Il parla habilement, trop habilement peut-être.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Heinrich Gerlach (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2274 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre