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ISBN : 2226193987
Éditeur : Albin Michel (19/08/2009)

Note moyenne : 3.15/5 (sur 71 notes)
Résumé :
En une semaine, Aurélien, un homme ordinaire, va progressivement disparaître. Il est de plus en plus hors champ, perdant jusqu'à sa voix, son odeur et son ombre. Au fur et à mesure de cette genèse à rebours, il sort aussi de la pensée et de la mémoire des autres, même de ses proches. Cet effacement intensif s'opère au grand jour, dans l'agitation de la ville, à l'aune de tous ces naufragés qu'on ne regarde plus et qui ne comptent pour personne.

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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  22 décembre 2016
J'aime l'écriture de Sylvie Germain mais la fin étrange de ce roman m'interpelle.
Métamorphose, anamorphose, paramorphose, téramorphose, hagiomorphose, patamorphose sont des termes cités dans Hors champ.
J'ai suivi Aurélien pendant une semaine, le dimanche il se réveille dans son canapé, un peu hagard, les voisins du haut ont fait la fête toute la nuit, une pendaison de crémaillère. le lundi il se rend au travail, il se fait bousculer dans la rue comme si les gens ne le voyaient pas, état qui ira en s'aggravant toute la semaine jusqu'à ce qu'il devienne invisible le samedi, dernier jour de l'histoire que conte Sylvie Germain.
Un roman qui pose beaucoup de questions sur la présence, les sentiments et le vécu.
Challenge Petits plaisirs - 196 pages
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pyrouette
  11 novembre 2014
Nous avons tous connus un grand moment de solitude quand vous avons voulu participer à une conversation de groupe et que personne n'a fait attention à nos paroles. Pire, aucun ne nous a entendus. Nous marchons au milieu du trottoir et quelqu'un nous bouscule et s'excuse en nous regardant bizarrement. Vous voyez où je veux en venir ? C'est le thème de cette histoire, la place d'un individu au sein de la société, sa place dans sa propre vie et surtout l'importance de l'autre, des autres. Aurélien va mettre une semaine pour disparaître de sa vie et de la vie de ses proches : collègues, amis, famille, et surtout ne laisser aucun souvenir. J'ai lu ce livre comme une histoire d'horreur, jour après jour, une angoisse permanente me serrait la poitrine. J'ai voulu raconté cette expérience à ma fille et j'ai réussi à lui transmettre mon angoisse. Bref, l'enfer c'est les autres mais nous avons besoin d'eux pour vivre. A lire mais si vous n'êtes pas déprimé !
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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paroles
  10 février 2013
En une semaine le vie d'Aurélien bascule.
"Décidément les choses sont de mauvais poil aujourd'hui" observe Aurélien. C'est vrai, le disque dur de son ordinateur vient de lâcher, alors qu'il venait juste de terminer un travail long et difficile. Déjà, la veille, la tringle de la penderie avait cédé, la clenche de la porte des toilettes lui était restée dans la main...
Le lendemain, en se rendant au travail, il se fait bousculer par les piétons qui s'excusent en lui disant qu'il ne l'avait pas vu. Ses collègues le trouvent flou, terne, flapi. Que se passe-t-il ? Un malaise s'installe.
Et ce malaise va s'intensifier les jours suivants lorsqu'il s'apercevra qu'il n'a plus d'odeur, plus d'ombre, plus de visibilité auprès des autres. Sa compagne ne se soucie pas de sa présence. Même sa mère lui prête peu d'attention.
Plus personne ne le voit, ni ne l'entend....
Est-ce un roman, un conte, une parabole ? Difficile à dire. Peut-être les trois.
C'est un récit court, mais intense, sur le poids d'un individu dans la société. Dans quelle mesure sommes-nous important pour les autres ? Survit-on dans la mémoire des autres ?
J'ai lu d'autres livres de Sylvie Germain (L'inaperçu ; le monde sans vous) qui parlent de l'absence, de l'effacement, mais ici l'effacement est porté à l'extrême.
Son héros ne connaît pas son père biologique. Il est le fruit d'une rencontre éphémère. Son beau-père est un homme de spectacle. Son beau-frère est cloitré dans un monde parallèle depuis son agression. Sa naissance, sa famille déjà sont empreintes d'irréalité.
Ensuite le déroulement de cette semaine n'est qu'un compte à rebours. Il perd peu à peu tout ce qui fait une identité aux yeux des autres : l'odeur, la vue, la voix. Il devient "une buée d'homme".
Sylvie Germain n'a jamais aussi bien revendiqué le "goût des autres". Et son écriture est belle et prenante.
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meyeleb
  08 novembre 2011
Moins poétique que d'autres de ses romans, Hors champ nous invite à réfléchir à la place que nous occupons dans la société. le personnage d'Aurélien prend peu à peu conscience qu'il s'efface : dans les yeux, les sens, la mémoire des autres. Terrible solitude que la sienne, lorsqu'il ne capte plus l'attention de celle qu'il aime, quand sa mère va jusqu'à l'ignorer, quand son chien même ne lui fait plus de joie. Il entre dans l'oubli, une sorte de mort progressive et consciente qui le confronte à sa finitude.
La réflexion que soulève ce récit m'interpelle. Qui sommes-nous, en effet, aux yeux des autres ? En retour, quelle attention apportons-nous à notre entourage ? Savons-nous donner de vrais regards, consacrer du "vrai" temps aux autres ? Ou bien sommes-nous dans ce flou constant des apparences sociales qui font qu'on joue à regarder l'autre plus qu'on ne le regarde vraiment ? Au fond ne sommes-nous pas des "personnages" qui vivent le temps d'une lecture, puis entrent dans l'oubli ? Autant de réflexions qui m'animent et me font apprécier Hors-champ.
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ATOS
  18 septembre 2012
Une semaine, une semaine suffit à effacer un homme. Une semaine ce n'est rien dans la vie d'un homme. Et la vie d'un homme sur la grande page du temps, quel espace remplit elle ?
Aurélien devient flou, indistinct, trouble au yeux des autres. Sylvie Germain maîtrise magnifiquement les sens dans ses écrits, c'est peut être pour cette raison qu'elle sait peu à peu si bien les atténuer, les diluer, les dissoudre. Hors champ, c'est une histoire de miroir, celui du jeu de nos reflets. Nous n'apparaissons que si nous nous projetons dans les autres.
Nous ne nous définissons que contre la paroi des autres. Comme si ce qu'elles nous renvoient de nous est ce qui nous donne nos contours, notre forme. « Je vis, j'existe, je suis aimé, j'aime, je vois, je sens, tu me touches » . Un incroyable sonar nous permet d'être vu, perçu, reçu par les autres. Qu'est ce qui enraye cette machine ? Qui n'a pas au moins une fois eu cette impression d'être hors champ, invisible, inaudible, comme absent des autres. Aurélien, dans ce conte à rebours, s'efface, tombe dans l'oubli. L'écriture de Sylvie Germain est pleine d'odeurs et de couleurs , de silence et de bruit. Qu'est ce qui s'accroche aux parois de notre mémoire ? Qu'est ce qui s'accroche à notre regard ? Qu'est ce qui nous rappelle aux autres pour ne pas nous perdre totalement ? Une vie comme une poignée de sable.
Astrid SHRIQUI GARAIN
Lien : http://www.youtube.com/watch..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
SpilettSpilett   10 janvier 2015
Le lecteur, si vraiment il s'engage dans sa lecture, devient un personnage lié au roman qu'il lit puisqu'il entre à son tour dans l'histoire et refait, à sa façon, tout le parcours du texte. Mais ce personnage échappe totalement au pouvoir, à la volonté, à l'imagination de l'auteur du livre dont il n'est pas une "création", mais un invité. Un drôle d'invité, anonyme, venu on ne sait d'où, qui arrive à l'improviste et sort quand ça lui chante de l'espace du livre, sans souci de ponctualité, de la moindre convenance, qui s'y attarde ou le traverse à toute allure, riant, bâillant d'ennui, râlant, applaudissant ou se moquant, selon son humeur, sa sensibilité, ses intérêts. Les grands romans grouillent ainsi d'hôtes anonymes qui fouillent dans les coins, dérobent par-ci par-là une poignée de mots, une ou deux idées, quelques images qu'ils utilisent ensuite dans leur vie.
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bob-moussettebob-moussette   18 novembre 2012
Sa curiosité est retombée, il parcourt à présent distraitement le site qu’il visitait, pressé même dans sortir et de se remettre au travail. Soudain il s’arrête, la main en suspend. Un paysage vient de happer son attention. Il s’agit du Château de Blonay, panneau peint par Courbet pour servir de cache à sa sulfureuse Origine du monde. Un ciel d’hiver, vaste, gris blême, la masse obscure du château dressée sur une colline noire, et au premier plan, des arbres nus sur fond de neige. Il contemple longuement le tableau, s’imprègne de ses tons froids, de son austérité, de son silence. L’ordinateur finit par se mettre en veille, l’image disparaît de l’écran qui se laque de noir où tournoient des spirales mauves et bleu électrique, Aurélien ne bouge pas, il ferme les yeux. C’est en lui qu’il ranime l’image, et peu à peu celle-ci se transforme, elle s’étend, l’horizon recule, tirant une ligne bleuâtre entre le ciel blafard et la terre enneigée.

Il a trois ou quatre ans, il glisse le long d’une pente, blotti contre sa mère sur une luge. Des arbres défilent à vive allure, leurs branches sont griffues et leurs silhouettes maigres, on dirait des squelettes de sorcières calcinées. Il pousse des cris – de joie, d’excitation, de peur, d’émerveillement. C’est la première fois qu’il voit la neige, la touche, la sent. Ses cris se cassent aussitôt dans l’air glacé, comme des stalactites, il a l’impression que sa voix se détache de son corps et qu’elle part rebondir au lointain. La clarté du jours est étrange, elle poudroie, soyeuse et cendrée, il n’en n’a jamais vu de semblable. C’est une clarté d’aube du monde, ou de sa fin, à moins qu’il ne soit entré par effraction, par enchantement dans un autre monde ? Toute cette beauté insolite l’éblouit et l’inquiète, c’est comme s’il assistait à sa propre naissance. Mais laquelle ? Est-il en train de naître ou en voie de mourir ? Et derrière lui, l’enserrant, est-ce bien sa mère, toujours, ou une autre personne… un de ces arbres-sorcières, peut-être, ou la cruelle Reine des neiges ? Il n’ose pas se retourner. Le vent siffle, lèche sa face d’une langue râpeuse. Est-ce la langue d’un loup immense et invisible ? Il rit, d’un rire aigu ou perce la panique. Sa mère resserre son étreinte et lui chantonne à l’oreille sa ritournelle, dont les drôles de mots sonnent si joliment : « Biedroneczko lec do nieba, przynies mi kawalek chleba. » Son rire s’apaise aussitôt et tinte avec gaieté ; seule sa mère sait chanter cela, dérouler cette phrase ainsi qu’un filet d’eau fraîche versé d’une cruche avec vivacité.
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joedijoedi   20 décembre 2016
Petit escargot
grimpe doucement surtout
c'est le mont Fuji !

Parfaitement droit
le trou creusé en pissant
la neige à ma porte
...
La fille acidulée feuilletant un recueil de poèmes d'Issa lui a remis l'humeur en gaieté ...
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joedijoedi   19 décembre 2016
Misère, qu'un roman où l'on ne trouve rien à voler. Mais aussi, folie et éreintement qu'un roman qui force sans cesse à s'arrêter pour mieux jouir d'une phrase, d'une description, d'une situation, tout en incitant à foncer à bout de souffle pour connaître la fin de l'histoire.
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SpilettSpilett   18 mai 2019
Aussi malingres soient les étoiles au-dessus de la ville, elles demeurent toujours troublantes à regarder, malgré tout, elles aiguisent l'imagination, déploient le sens de l'espace, du lointain, affolent celui du temps.
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Videos de Sylvie Germain (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvie Germain
La peur de l'échec vous paralyse et vous empêche d'avancer ? Un peu de courage ! C'est dans "Le vent reprend ses tours" de Sylvie Germain que l'on en puise, comme nous le prouvent Héloïse Goy et Tatiana Lenté, autrices du livre "Bibliothérapie" paru aux éditions Hachette Pratique.
En savoir plus sur "Bibliothérapie : 500 livres qui réenchantent la vie" ? http://bit.ly/Bibliotherapie-500-livres
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