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EAN : 9782070384280
340 pages
Gallimard (05/11/1991)
4.16/5   208 notes
Résumé :
Dans les forêts du Morvan, loin du monde, vivent bûcherons, flotteurs de bois, bouviers, des hommes que les forêts ont faits à leur image, à leur puissance, à leur solitude, à leur dureté. Même l'amour, en eux, prend des accents de colère - c'est ainsi par excès d'amour que Corvol, le riche propriétaire, a égorgé sa belle et sensuelle épouse, Catherine, au bord de l'eau - et la folie rôde : douce, chez Edmée Verselay qui vit dans l'adoration de la Vierge Marie ; ou ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
4,16

sur 208 notes
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Merik
  02 mai 2019
Au hameau du Leu-Aux-chênes l'univers est indiscutablement boisé, la forêt du Morvan qui entoure les humains les plonge dans des activités essentiellement liées à l'acheminement des bûches par le cours d'eau local. Mais si le lieu est défini le temps semble incertain, le titre se réfère à la liturgie médiévale « Dies irae », et l'ambiance du récit contribue à le situer dans ces zones d'un passé incertain propice aux fables cruelles et autres contes mystiques.
Le roman s'ouvre sur deux folies. La première est douce, celle d'Edmée Verselay illuminée à jamais par la Madone, quand la seconde est furieuse, celle d'Ambroise Mauperthuis tombé en adoration posthume devant le corps assassiné de Catherine Corvol. Elles se confronteront en sourdine ou en parallèle via leurs descendances aux démêlés voisins, sur le tempo liturgique de jours de colère ou de jalousie, parfois aussi de chorale mystique.
Les personnages y sont singuliers, leur patronyme suffit souvent à nous le rappeler : de Huguet Cordebugle à Reinette-la-Grasse en passant par Ephraim Mauperthuis ils ne sont pas anodins c'est certain, mais les évènements non plus ne le sont pas dans ce hameau replié sur lui-même, avec ses cinq fermes à peine pour la vie communale. Il ne faut pas s'y étonner d'une fratrie de neuf mâles éclos au rythme métronomique d'un par an, toujours un 15 Août - Assomption oblige, à des horaires croissants comme leur nombre, tous baptisés d'un nom composé avec Marie. Il ne faut pas s'étonner non plus d'un des frères, Simon-Marie né à Midi au milieu des actifs du matin ou des rêveurs de l'après-midi, qui ira s'en chevaucher un boeuf pour échapper à son malheur. Il ne faut pas s'étonner non plus d'y croiser des anges. Il faut juste se laisser porter. Mais l'écriture fine et taillée méthodiquement dans une matière comme crayeuse, à la fois précieuse et rugueuse, y aide bien malgré son exigence.
Un très bon roman de 1989 bien singulier qui m'a captivé et intrigué, même si j'ai du mal à cerner les interprétations possibles. Mais qui m'incite à continuer avec cette auteure que je découvre.
« Dans son esprit et dans son coeur les morts n'en finissaient pas de saisir les vivants, la beauté n'en finissait pas d'avoir le goût de la colère, et le désir de se nommer vengeance et guerre.»
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paroles
  19 mars 2021
Forêts magiques, forêts maléfiques. Forêts hallucinées où vit tout un peuple de bûcherons, galvachers et bouviers. Personnages aux tempéraments forts, tourmentés, obsédés par leurs lubies et vivant complètement et jusqu'au bout leurs passions.
Des personnages soigneusement dépeints par Sylvie Germain comme l'exubérante Reine, matrone imposante à l'insatiable appétit et au coeur d'or, qui accoucha chaque 15 août d'un garçon, pendant neuf ans. Comme le patriarche Ambroise Mauperthuis bouffi de colère et de passion pour une femme morte et dont l'immense richesse reste le fruit d'un secret bien enfoui au fond de sa mémoire malade. Ou encore comme Camille et Simon, amoureux fous et semblant le miroir l'un de l'autre. Mais aussi cet ambigu voisin qu'est Cordebugle, taiseux et taciturne, toujours vissé derrière sa fenêtre à observer les autres, son coq irascible posé sur les genoux...
Une histoire puissante et violente, inventive et tumultueuse, racontée avec talent par Sylvie Germain qui excelle dans la description des bois et forêts environnants, mais surtout dans la psyché des personnages où chacun d'entre eux est à lui seul un roman. Une histoire truffée de références bibliques qui créent une atmosphère presque irréelle et qui projettent des images à la fois poétiques et tragiques. Une histoire qui ne nous lâche pas !
« Dans les forêts du Morvan, loin du monde, vivent bûcherons, flotteurs de bois, bouviers, des hommes que les forêts ont faits à leur image, à leur puissance, à leur solitude, à leur dureté. Même l'amour, en eux, prend des accents de colère... »
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gouelan
  29 juin 2022
En lisant ce roman on pourrait mettre en fond de musique le Requiem Dies Irae de Verdi.
Mais finalement le silence convient mieux tant chaque phrase contient d'images, la musique se fait toute seule, dans la tête.
Est-ce une fable mystique, est-ce un conte noir où les hommes s'emmêlent dans leur folie, leurs excès ? le lieu s'y prête en tout cas. Sombre village perdu dans la forêt du Morvan où les habitants vivent du travail du bois. Envoutés par la nature, on les croirait d'écorce, enracinés à leur hameau de pierre et de planches, ils se marient entre eux, s'enlisent dans leur folie.
Est-ce le regard vert de forêt, celui de la vouivre qui leur a jeté un mauvais sort ou bien le crime de l'homme qui assomme l'amour de colère, poignarde la beauté de son délire ?
La belle Catherine égorgée au bord de l'eau se confond avec le troupeau de troncs morts qui roule dans la rivière dans un chant de funérailles, ou encore avec les sanglots du piano de sa fille Claude.
Ce meurtre accompli dans le silence fera craquer une brindille lorsque la belle se couchera dans l'herbe pour l'éternité, mais le destin taciturne et insatiable, en fera un craquement tel un arbre centenaire que l'on abat, un craquement qui rend sourd la raison des vivants.
Parfois la forêt laisse entrevoir une clairière à travers les fils si nombreux de Reinette-la-Grasse. Ils portent en eux une brutalité lumineuse, une sauvagerie poétique, une musique qu'ils empruntent au vent, aux oiseaux, à l'orage, à la rivière. Ils sont dans l'excès de sève et de branches, ils ont à l'âme la couleur de la nature indomptable.
Un conte biblique, un envoûtement diabolique, ou tout simplement la folie des hommes enfermés de solitude, de croyances ténébreuses, aveuglantes, étranglés de pauvreté, éteints par leur labeur de bêtes. Des hommes rugueux, rustiques, sculpteurs d'anges ou de démons, profondément ancrés à leur terroir comme les arbres qui leur font ciel.
J'ai découvert une écriture sombrement poétique, ciselée, écorcée. Un roman riche, chaque personnage est un sentier de ronces, d'orties, de saxifrage jaune ou de magnolia en fleurs. On y entend l'orage de ciel ou d'homme, le bruit des sabots, le claquement des draps dans le vent, les éclats de rire des anges à la couleur des abeilles, le grondement des bûches sur les galets de la rivière, le beuglement des bêtes et les râles des hommes, les sanglots du piano, le bilboquet d'un enfant vieux, le frottement des grains d'un chapelet, le craquement du feu vers la voûte céleste, le raclement des chariots promenant les morts avec les vivants. On y entend le grelot du rire de Reinette-la-Grasse broyé par le rire d'enfer du bûcheron Mauperthuis.
Un roman somptueux.
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LiliGalipette
  13 mai 2013
Dans les forêts du Morvan, le hameau du Leu-aux-Chênes est le théâtre de nombreuses folies. Ambroise Mauperthuis est fou d'amour pour Catherine Courvol, qu'il n'a vue et possédée que morte. Edmée Verselay est folle de dévotion mariale et folle d'amour pour sa fille, la monumentale Reine. La folie de Mauperthuis se double d'une colère sourde quand son aîné, Ephraïm, refuse d'épouser la fille Courvol et lui préfère Reine, avec qui il aura neuf fils. C'est au cadet des Mauperthuis d'achever le dessein paternel. de son union avec Claude Courvol, il aura une fille, Camille, qui est le portrait craché de Catherine, son aïeule. Ambroise Mauperthuis reporte sur cette enfant la passion qu'il a eu pour la morte, mais sa nature rageuse lui coûtera le précieux objet de sa folie.
Sylvie Germain s'y connaît pour dépeindre des familles fabuleuses. Son premier roman, le livre des nuits, était une merveille. Ici, l'arbre familial se fonde sur un père despotique qui, sous le coup d'une colère aux accents d'évènement fondateur, chasse un fils qui repeuplera la terre. Mais entre le père originel et la descendance, il n'y a rien. « Les fils d'Ephraïm n'avaient en commun avec lui que leur nom. Il avait tranché trop violemment tout lien de parenté avec eux avant leur naissance pour qu'ils puissent le considérer comme leur aïeul. » (p. 93 & 94) Et à la folie courroucée d'Ambroise s'oppose le culte de la Vierge, mère adorée et toute puissance qui comble de sa douceur les êtres repoussés.
Le jour de colère, dans le culte catholique, c'est le Dies irae qui ouvre la liturgie des défunts. du haut de sa folie, Ambroise Mauperthuis n'est pas un dieu miséricordieux et il entend que son courroux soit retentissant, à tel point que le sentiment qu'il porte à son adorée petite-fille ressemble surtout à un anathème d'amour : c'est l'amour d'Ambroise qui maudit Camille. « Lui, qui depuis toujours et à jamais revendiquait le droit exclusif d'amour autour de Camille, – lui qui se considérait comme le destin de Camille. » (p. 242)
Ce qui frappe également dans le texte de Sylvie Germain, c'est la propension des êtres à s'affubler ou à se faire affubler de surnoms qui prolongent leur identité et qui les ancrent dans le réel en accentuant leurs singularités. On flirte avec le merveilleux, mais ce roman n'entre pas dans le genre du réaliste magique même s'il a beaucoup du conte et de la légende. Une légende sombre et noire comme les profondes forêts du Morvan et qui raconte la malédiction née d'un bien mal acquis.
La langue de Sylvie Germain est riche et ciselée comme un joyau, superbe sans être jamais ostentatoire. Les phrases se déploient comme les ailes d'un papillon fantastiquement chatoyant et nous racontent des amours monstrueuses à force d'emportement et d'exclusivité. Il est question de beauté rude et de folie sublime. Sylvie Germain est une reine de l'oxymore et des unions contradictoires. le plaisir de lire un roman de cette auteure est intense et durable.
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flapybird
  22 juin 2022
Grosse polémique Sylvie Germain en ce moment , ça fuse en arabesques et en étincelles ! " jour de colère " quel beau titre ! Comment ne pas être en colère quand on ne vous apprends rien , ni à parler , ni à écrire , ni quels sont les sens des mots : et qu'après deux ans de cauchemar , après deux ans de " corona-circus " mentalement épuisant, de confinement , et de matraquage covidique monomaniaque , et maintenant le stress de l'examen on vous mets dans les pattes Sylvie Germain , cocotte minute , " jour de colère " ... une sorte de" journée de la jupe " bis sur-proteinée ...
Oooh ! Aaah ! Hiiii ! Haaaa !
Dernier scandale à l'éducation nationale ,
Nous voilà !

«Ils ont une haine de la langue, de l'effort de réflexion»: Sylvie Germain répond aux lycéens qui la harcèlent
Par Alice Develey • Publié le 21/06/2022 à 16:12 • Mis à jour le 21/06/2022 à 17:26

Les élèves de terminale devaient commenter un texte de Sylvie Germain au bac de français 2022. Crédits photo: OLIVIER CHASSIGNOLE/AFP
ENTRETIEN - Un texte de Sylvie Germain, tiré de son ouvrage Jours de colère (Gallimard), a été proposé aux candidats du bac de français 2022. Sur les réseaux sociaux, les élèves se sont déchaînés sur l'extrait qu'ils ont jugé trop difficile à analyser et ont insulté l'auteur.
LE FIGARO. - Qu'avez-vous ressenti en apprenant que votre texte avait été choisi au bac de français?
Sylvie GERMAIN. - Je n'avais pas été prévenue, pour préserver la confidentialité de l'épreuve. Lorsqu'on accepte d'être publié et que notre texte devient public, on doit s'attendre à des surprises, bonnes ou mauvaises. J'ai été étonnée, et touchée par le choix d'un de mes livres, et aussi légèrement perplexe devant cet extrait peut-être peu évident hors contexte. Et puis, dès le lendemain, la polémique est arrivée, des lycéens mécontents ont déversé leur colère.
» LIRE AUSSI - L'écrivain Sylvie Germain victime d'un torrent d'insultes sur les réseaux sociaux après l'écrit du bac de français
Comprenez-vous ce déferlement de haine sur les réseaux sociaux?
Je ne suis qu'un prétexte, je ne me sens pas concernée personnellement. Je suis plutôt inquiète du symptôme que cela révèle. C'est grave que des élèves qui arrivent vers la fin de leur scolarité puissent montrer autant d'immaturité, et de haine de la langue, de l'effort de réflexion autant que d'imagination, et également si peu de curiosité, d'ouverture d'esprit. le passage à analyser n'était pas délirant, le vocabulaire était accessible, mais certains se contentent d'un vocabulaire si réduit, riche seulement en insultes et en invectives, que tout écrit un peu élaboré leur est un défi, un outrage.
« Ils veulent des diplômes sans aucun effort, se clament victimes pour un oui pour un non et désignent comme persécuteurs ceux-là mêmes qu'ils injurient et menacent »
Les plus «vénères» se sont donc défoulés (propos grossiers, goguenards, agrémentés parfois d'intimidations..., et montages photos et vidéos visant à me ridiculiser). Je n'éprouve même pas de colère, seulement de la désolation devant tant d'aveuglement et d'absence de remise en cause (s'ils ratent leur épreuve de français ce sera à cause de mon texte «de m... qui va niqué leur bac» (sic), pas du tout à cause de leur manque de travail et de réflexion), devant aussi leur rejet hargneux de la culture qui leur est dispensée au lycée. Ils veulent des diplômes sans aucun effort, se clament
victimes pour un oui pour un non et désignent comme persécuteurs ceux-là mêmes qu'ils injurient et menacent. Quels adultes vont-ils devenir?... J'espère que cette flambée de rage, où comme toujours le mimétisme et le goût de la surenchère électrisent la meute, va retomber aussi vite qu'elle a éclaté. Tout cela est aussi absurde qu'affligeant.
Quels conseils auriez-vous pu donner aux élèves pour analyser votre texte?
Je n'ai pas de conseils à donner pour étudier ce texte, je n'écris pas pour proposer des analyses, juste des histoires susceptibles de faire rêver, imaginer, penser. Je ne peux que souhaiter aux élèves d'apprendre à lire, à s'efforcer de penser par eux-mêmes, et à aimer les mots, et aussi à en peser le poids, la justesse et les possibles conséquences quand ils les utilisent."
Oh ... la jolie donneuse de leçons ...
En ce moment je suis dans Søren Kierkegaard qui est un écrivain époustouflant.
Quand je lis Sylvie Germain je la trouve lénifiante , prétentieuse, et je ris quand je lis des extraits de ses livres sur Babelio.
Pourtant ayant subi du harcèlement scolaire je peux jurer que ceux qui l'attaquant me donnent envie de vomir.
Cependant il faut analyser à froid.
D'abord Sylvie Germain est extraordinairement élitiste et méprisante , en plus d'écrire très mal , ce qui est à la fois insupportable et très savoureux et piquant.
40 ans de gauchisme culturel ont annihilé la France , j'ai été étudiant comme tout le monde , me suis ennuyé en cours comme tout le monde , cherché d'avantage les amis et à être en couple comme tout le monde , les soirées et les rigolades entre potes comme tout le monde , et me suis endormi en cours tellement c'était chiant , comme tout le monde....
J'adore la littérature, la vraie , c'est même ma passion , mais je suis auto-didacte , c'est très important.
Quand je lis des chefs-d'oeuvre de littérature je ne cherche aucune gloire sociale , aucun statut , aucune prétention car je lis de la littérature car c'est trop bien et ne lis que pour le plaisir.
Quand je lis Christine Angot ou Sylvie Germain , je ne les méprise surtout pas.
Je ris à gorge déployée devant la nullité prétentieuse de leur écriture et je prends beaucoup de plaisir à me moquer de tant de ridicule marrant , mais qui ose écrire ,et sacrifier des arbres centenaires , pour ça.

40 ans de gauchisme , de course frénétique à la consommation et de relativisme culturel ont créé des monstres.
Mais en 1789 comme aujourd'hui, la royauté était aussi puante et méprisante que le peuple : l'ignominie est assez bien répartie selon les classes sociales et toutes , bourgeoises , populaires ou immigrés ont leurs travers et leurs ignominies.
Sylvie Germain n'est publiée que parce que le niveau intellectuel et littéraire de la France, de l'Europe et de l'occident s'est effondré , mais ce n'est pas une raison de la harceler pour autant.
Les geux sont des geux , y'a de la crasse et de l'animalité chez les classes populaires , un rage animale intolérante et proto-fasciste , certes , et d'ailleurs cela s'aggravera.
L'effondrement des collèges , lycées , universités est due au gauchisme qui maintenant voudrait dénoncer avec virulence les conséquences dont elle chérit les causes.
La classe sociale de Sylvie Germain n'aura bientôt plus le choix , face au Golem qu'elle a créé , c'est à dire le Golem de la culture victimaire , le Golem du narcisisme délirant , le Golem de la frustration culturelle et financière, le Golem de la négation des limites intellectuelles et mentales des geux , ( considéré comme une ignoble discrimination ), le Golem du refus de donner une place à chacun , le Golem du progressisme mensonger qui se prends la laideur du réel dans la gueule : le Golem du mensonge écoeurant de l'éducation nationale et de l'égalitarisme démocratique , bref , la classe sociale de Sylvie Germain devra passer des belles forêts imaginaires aux mitraillettes et aux miradors.
On le sent d'ailleurs dans son texte , fielleux et rempli de venin , suave et auto-satisfait
d'incarner la " culture " ( cette merde ! ) alors que si elle peut écrire ses fadaises ( ce n'est pas harceler Sylvie Germain que de voir qu'elle écrir mal , juger c'est discriminer de nos jours EH BIEN NON ! ) c'est précisément parce qu'elle n'incarne qu'un monde en perdition , autant que les jeunes chiens des classes polulaires , agressifs et délirants qui l'attaquant dégeulassement et lui crâchent dessus.
Je vais bientôt m'attaquer à un classique " psychologie des foules " de Gustave le Bon.
Je reviens de la fête de la musique , il y 'avait du monde partout , je me sentais opprimé , comprimé et angoissé.
On ne sert plus de bouteilles en verre à la fête de la musique car avec des bouteilles en verre les geux s'entre-tuent et se poignardent , ou bien s'égorgent après quelques verres.
Du coup on a de petits gobelets bidons surfacturés à 7 euros.
Il y'avait trop de monde , il suffirait d'un problème , un pétard et un grand mouvement de foule , et on aurait des centaines de morts qui en s'entassant s'écraseraient comme des crêpes.
Il y'a eu un vaste mouvement culturel et social de remise en cause de la psychiatrie et de la folie, lancée institutionellement par exemple par Michel Foucault , des fous et des désaxés courent maintenant es rues , il y a violence , dégradations , prédations, sauvagerie , barbarie et l'extrême droite et Darmanin en font leurs choux gras pour réprimer , faire chanter , et tenter de prendre le pouvoir.
Le cauchemar du Pinnochio de Carlo Collodi dans la fête foraine ou c'est l'angoisse , ou des enfants déments , bestiaux , monstreux , sont obligés , car ils ne connaissent que ça , de faire la fête en permanence : ces enfants sans parents et sans histoire , sans culture et sans racines , en prison sans le savoir , ce sont les jeunes de Jack Lang.
Et Sylvie Germain leur crâche à la figure du haut de sa petite tour d'Ivoire d'écrivaine nulle suréstimée.
Ce monde est triste à en crever , mais il reste de belles choses , des moments de tendresse , de bonheur et de douceur , on mange bien en France déjà, on a de beaux paysages , une belle campagne , de la verdure : et les livres, les vrais , sont accessibles à tous à de prix abordables.
Nous avons d'excellentes aides sociales , un état qui protège et des terrasses des restaurants et un système de santé fonctionnel pour le plus grand nombre.
Jamais dans l'histoire de l'humanité nous n'avons été aussi biens.
Tout est fait , y compris par nos élites , nos politiciens de TOUS LES PARTIS , et nos médias , pour nous le faire oublier , et tout le monde sait que nos hommes politiques veulent serrer la visse , nous faire reculer civilisationellement , nous mettre la corde autour du cou , et nous enlever tout ça ...
Sylvie Germain a raison " je ne suis qu'un prétexte " ...
Il faut au fond que les choses aillent plus mal qu'elle ne vont vraiment , les français aiment se plaindre, et ce TOUTE CLASSE SOCIALE CONFONDUE , même quand dans leur vie tout va bien.
Ce monde ne va pas durer , j'essaye d'en profiter au maximum.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   22 juin 2022
Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. À leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles, bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons, - des étés écrasants de chaleur, de longs hivers pétrifiés sous la neige. Un chant fait de cris, de clameurs, de résonances et de stridences. Un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères.
Car tout en eux prenait des accents de colère, même l’amour. Ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes, ils s’étaient nourris depuis l’enfance des fruits, des végétaux et des baies sauvages qui poussent dans les sous-bois et de la chair des bêtes qui gîtent dans les forêts ; ils connaissaient tous les chemins que dessinent au ciel les étoiles et tous les sentiers qui sinuent entre les arbres, les ronciers et les taillis et dans l’ombre desquels se glissent les renards, les chats sauvages et les chevreuils, et les venelles que frayent les sangliers. Des venelles tracées à ras de terre entre les herbes et les épines en parallèle à la Voie lactée, comme en miroir. Comme en écho aussi à la route qui conduisait les pèlerins de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils connaissaient tous les passages séculaires creusés par les bêtes, les hommes et les étoiles.
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araucariaaraucaria   22 octobre 2021
Reinette-la-Grasse venait de mettre au monde son septième fils lorsque Claude Corvol tomba enfin enceinte. Elle dut s'aliter durant toute sa grossesse pour pouvoir porter son enfant jusqu'à terme. La Dodine et les autres soupçonnaient que ce rejeton serait de la même pâte que sa mélancolique génitrice et que son oncle nain, - une pâte sans levain ni saveur, friable et blême. Il n'en fut rien. Claude Corvol donna naissance à une petite fille pleine de santé et de vigueur.
Claude ne s'attacha pas à son enfant, et surtout elle décréta qu'elle n'en aurait jamais plus d'autre. Cette grossesse et cet accouchement avaient été une trop pénible épreuve pour elle. Elle avait le corps en dégoût, la sexualité en horreur. Sitôt sa fille mise au monde, elle fit chambre à part et n'ouvrit plus sa porte à son mari. Marceau ne s'aventura pas à aller frapper à cette porte derrière laquelle s'était retirée sa femme ; il savait trop combien le lit de cette femme était dépourvu de plaisir, combien le corps de cette femme était dénué de tendresse. Bien plus encore que le grand piano noir, le lit de sa femme lui faisait l'effet d'un catafalque. Ils avaient conçu leur fille sans échanger le moindre baiser ni la moindre caresse, dans un silence aigre, - elle subissant cet acte comme une fatalité avec un sentiment de violente répulsion et l'impression d'étouffer sous le poids écoeurant du corps de son époux, lui accomplissant cet acte comme une corvée avec un sentiment de profond désarroi et d'ennui. Aussi furent-ils les premiers à s'étonner du caractère de l'enfant née de leur union muette, glaciale et forcée ; la petite était enjouée, rieuse et turbulente, et douée d'une grâce à la fois sensuelle et lumineuse. Elle fut prénommée Camille.
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araucariaaraucaria   23 septembre 2021
Chez les vieux la folie fait la pause. Elle s'immobilise à la façon d'une chouette effraie qu'engourdiraient peu à peu le froid, la fatigue, la faim, au creux d'un arbre sec, jusqu'à la statufier en vague sombre blême clignotant des paupières sur un regard démesuré d'absence et de stupeur. Mais avant de parvenir à cet état de prostration, la folie doit s'être depuis longtemps faufilée dans le coeur de celui ou de celle en qui elle mûrira, et avoir longuement louvoyé dans ses pensées, ses rêves, sa mémoire et ses sens en sautillant ou piétinant, en chantonnant ou bien criant, en ondoyant ou en courant, - selon.
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VilloteauVilloteau   01 juillet 2022
Car tout en eux prenait des accents de colère, même l’amour. Ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes, ils s’étaient nourris depuis l’enfance des fruits, des végétaux et des baies sauvages qui poussent dans les sous-bois et de la chair des bêtes qui gîtent dans les forêts ; ils connaissaient tous les chemins que dessinent au ciel les étoiles et tous les sentiers qui sinuent entre les arbres, les ronciers et les taillis et dans l’ombre desquels se glissent les renards, les chats sauvages et les chevreuils, et les venelles que frayent les sangliers.
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jbicreljbicrel   11 juillet 2022
Les derniers feux du jour viraient au pourpre derrière les monts, et les forêts se resserraient en une masse violâtre comme les entrailles d’une gigantesque laie d’où la nuit allait surgir. Les deux hommes se tenaient face à face, les traits accusés par l’ombre montante. En silence le père détacha sa ceinture, la retira, l’empoigna par la boucle puis rejeta son bras en arrière pour donner plus de force et d’élan à son geste. Il fixait son fils droit dans les yeux. Ephraïm ne cilla pas. « Renonce ! cria Ambroise qui retenait encore son geste ; c’est la Corvol qui sera ta femme ! Pas une autre, aucune autre, t’entends ? – Je renonce, répondit d’un ton calme Ephraïm ; je renonce à toi, à tes bois. Je vais épouser Reine Verselay. » Alors le père lança son bras. Il cingla son fils en plein visage avec son ceinturon. Le coup frappa Ephraïm de la tempe jusqu’au cou. Tout un pan de son visage était blessé. Était marqué. Il était l’arbre condamné, le fils rejeté. Celui destiné à s’abattre. Mais ce serait de son plein gré, emporté par le poids de son seul désir, qu’il allait s’abattre, et ce serait contre le corps de Reinette-la-Grasse qu’il tomberait. Il serra les mâchoires et les poings sous l’assaut de la douleur mais ne dit rien, ne bougea pas. Du sang coulait le long de sa joue. Il lui sembla sentir à nouveau la chaleur du four à pain de la Ferme-du-Bout. Il n’avait pas détourné son regard du visage de son père, mais ce visage mauvais, tout tendu de colère, s’éloignait déjà de lui, il se brouillait dans les ombres du soir, et à nouveau les sensations se confondaient en lui. Tout se tordait et se gonflait dans un même rougeoiement, – les derniers nuages au ciel, le sang coulant le long de sa joue, les lueurs du four à pain de la Ferme-du-Bout, la chevelure de Reine. Il ressentait en même temps la douleur présente et la jouissance promise, la faim et le désir, la colère et la joie. Ambroise Mauperthuis laissa retomber son bras. « Voilà qui est fait, père », dit d’une voix sourde Ephraïm.
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Videos de Sylvie Germain (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvie Germain
En mars 2020, nos propres portes se referment sur nous pour des mois. La première vague du coronavirus nous force à nous confiner. Isolée, Sylvie Germain compose « Brèves de solitude », roman polyphonique où le temps de la fiction entre en coïncidence avec celui de la réalité. Enfermés à Paris, les multiples personnages de la romancière font l'épreuve de la séparation de leurs proches et découvrent peu à peu celles et ceux avec lesquels ils vivaient jusqu'ici juxtaposés. Leur solitude est l'occasion d'une exploration intérieure, jusqu'à une apothéose lunaire.
Le livre audio « Brèves de solitude », lu par son autrice, est disponible en numérique depuis le 2 juin 2021. Vous pourrez le retrouver en librairie au format CD MP3 le 17 juin 2021.
Le texte imprimé a paru en 2021, aux éditions Albin Michel.
Direction artistique : Francesca Isidori.
Pour les virgules sonores, merci à Vincent Henquinet du studio EURODVD.
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