AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070378063
Éditeur : Gallimard (01/04/1987)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 193 notes)
Résumé :
Parti des confins de la terre et de l'eau, Victor-Flandrin Péniel, portant au cou les larmes de son père dont le visage fut sabré en 1870 par un uhlan, et toujours accompagné d'une mystérieuse ombre blonde, viendra s'établir dans un hameau perdu au bout du territoire et encerclé de forêts où rôdent encore les loups. C'est dans ces terres frontalières, par où la guerre sans cesse refait son entrée au pays, et dans la vie et la mémoire des hommes, que Victor-Flandrin,... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
sylire
  29 octobre 2012
Voilà p lus de vingt ans que Sylvie Germain publie des romans et que la critique se montre unanimement admirative de son talent. Avant la lecture de ce livre, je ne la connaissais que de nom. On a beaucoup parlé de son dernier ouvrage "Magnus" .

Je suis ravie de l'avoir découverte avec" le livre des nuits", son premier roman. En effet, dans une interview assez récente pour Evène, elle dit ceci en parlant du "Livre des nuits" : « je pense que dans ce livre il y avait en germe et en concentré toutes mes obsessions et ce qui s'est développé après ».

L'histoire :

Le personnage central du roman est Victor-Flandrin PENIEL, né de l'union d'un père et de sa fille. Ses parents sont morts alors qu'il était enfant et sa grand-mère, une femme âgée mais courageuse, l'a élevé.
Il est issu d'une famille « de l'eau douce » qui a vécu et travaillé sur une péniche. Les mauvais tours du destin et la guerre de 1870 ont contraint la famille a quitter la péniche alors qu'il était tout jeune.

A la mort de la grand-mère, il est tout juste adolescent. Au terme d'une sorte de parcours initiatique à travers les champs et les forêts, il s'installe dans une ferme et se passionne pour le travail de la terre. Il y restera toute sa vie malgré les épreuves qui le marquent dans sa chair et dans son âme. Les femmes de sa vie meurent les unes après les autres. Sa nombreuse descendance est frappée par la folie, la maladie et les guerres : celle de 14-18, puis celle de 39-45. Mais Nuit-d'or-gueule-de loup (c'est son surnom) reprend toujours le dessus grâce à sa soif de vivre, insatiable.

Mon avis :

J'ai résumé le livre pour vous donner une idée de l'histoire, mais il me semble qu'elle n'est pas essentielle. Ce qui importe, ce sont les mots merveilleux de Sylvie Germain et surtout les messages qu'elle veut nous faire passer.

L'écriture est très poétique, comme le sont les titres des six chapitres : Nuit de l'eau, Nuit de la terre, Nuit des roses, Nuit du sang, Nuit des cendres, Nuit nuit la nuit.

Il existe également, dans ce livre une dimension fantastique : des yeux qui pleurent des perles de verre, des tempes qui transpirent du sang quand un malheur va arriver, une ombre blonde qui suit Victor Flandrin partout ou il va, et ces mystérieuses malédictions qui s'abattent sur la famille…

La première partie du livre m'a demandé un effort car l'atmosphère est assez noire, comme le laisse entrevoir le titre. En outre, il n'est pas toujours aisé pour nous adultes, d'entrer dans l'univers du conte. Mais peu à peu, je me suis intéressée au destin de cette famille et surtout j'ai accepté la vision pessimiste de Sylvie germain sur notre monde, une vision dérangeante mais malheureusement juste. Il faut bien admettre que la cruauté des hommes et leur folie sont sans limites.

Sylvie Germain met l'accent sur le thème de l'histoire qui se répète sans cesse : les trois guerres qui marquent cruellement cette famille, comme bien d'autres d'ailleurs, en sont la preuve. le dernier chapitre, évoquant la guerre 39-45 et l'holocauste est absolument terrible. On referme le livre bouleversé.

Il existe une suite, « Nuit-d'Ambre », que je lirai assurément.
Lien : http://sylire.over-blog.com/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
Malaura
  07 mai 2011
De la fin du 19ème siècle aux lendemains de la seconde guerre mondiale, le sombre destin de la famille Péniel. Victor Flandrin dit "Nuit d'Or Gueule de Loup" a quitté les bords du fleuve et s'est installé dans le hameau de Terre-Noire où il a engendré une nombreuse descendance marquée de gémellité et de tempéraments fougueux. Générations après générations, c'est le récit tragique de cette famille broyée par les guerres et l'histoire qui nous est magistralement conté.
Magnifique roman, salué par la presse lors de sa sortie et couronné de nombreux prix littéraires. Sombre et envoûtante, une saga familiale transcendée par un style admirable plein de poésie et de lyrisme. Tragique et dur, passionné et ombrageux à l'image des protagonistes portant tous la marque de la gémellité, ce récit d'une destinée familiale est un pur chef d'oeuvre d'émotions brutes.
Commenter  J’apprécie          210
ATOS
  16 mai 2012
Il est des livres que nous avons l'impression de retrouver. Les retrouver alors que c'est la première fois que nous les lisons.
Le Livre des Nuits est un de ceux là.
De ces rares instants de lecture qui nous appartiennent.
Alors évidement ,il y a l'écriture de Sylvie Germain, Il y a cette sève, cette tourbe, ces odeurs qu'elle sait extraordinairement nous offrir, il y a ces personnages forts, énormes, et toutes ces vies qui s'écoulent, qui saignent, qui s'écaillent, qui se mélangent de page en page : les Livres, les livres de toutes nos vies.
Faut il aimer follement les hommes pour en parler avec autant de douceur et de poésie. Les hommes sont beaux dans les livres de Sylvie Germain. Terriblement beaux, cruellement beaux enchevêtrés comme des lierres, emportés par leur destin, recouverts de cendres. Faut il avoir conscience de la puissance de la vie pour nous donner, parmi ces nuits, envie d'y croire encore, y croire toujours.
Croire que la vie est plus forte que tout. Il y a du Albert Cohen dans cet élan.
Un livre important.
Astrid SHRIQUI GARAIN
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
LiliGalipette
  24 octobre 2009
Victor-Flandrin Pléniel, que l'on appelle aussi Nuit-d'Or-Gueule-de-Loup, quitte la péniche qui l'a vue grandir, s'éloigne de l'eau à laquelle sa famille était attachée depuis des générations pour s'enfoncer dans les terres. Il porte au coup les sept larmes de son père, dont le visage a été marqué par le sabre d'un uhlan en 1870. Il avance accompagné de l'ombre blonde de sa grand-mère qu'il porte comme une protection. C'est à Terre-Noire, un lieu reculé, qu'il établit son existence, qu'il prend femme, quatre fois, et qu'il engendre une descendance nombreuse, sous le sceau de la géméllité et de la tache d'or qu'il transmet à l'oeil de tous ses enfants. Traversant les conflits qui agitent le reste du monde, incapable de soustraire les siens aux remous de l'histoire et des passions, Victor-Flandrin dure longtemps alors que sa famille meurt et se réduit.
Nuit-d'Or-Gueule-de-Loup est un personnage comme j'aimerais en croiser plus souvent dans mes lectures: "Nul ne savait vraiment d'où il venait, ni pourquoi ni comment il était arrivé là. Les légendes et les ragots les plus fantasques couraient au sujet de son teint noirci par la poussière de charbon, des taches d'or de son oeil qu'il se mettait maintenant à distribuer à sa progéniture, de son ombre blonde qui hantait toute seule les chemins, de son accointance avec les loups, de sa voix dont l'accent différait de celui de la région, de son regard capable d'éteindre les miroirs et de sa main mutilée." (p. 94)
Et tous les autres personnages sont aussi bien construits. La question de l'identité est au coeur de tout le roman. Il y a impossibilité pour tous d'être unique. Il n'y a que double et dédoublement, soit par la géméllité, soit par un double prénom, soit par un surnom qui parachève la personne, qui valide l'existence.
Il n'est pas toujours facile de s'y retrouver dans la progéniture de Victor-Flandrin. J'y ai vu une famille fantastique, aux ramifications infinies, un peu comme l'immense tribu des personnages de Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez. A la fois bien réels et totalement chimériques, les êtres traversent le texte et lui confèrent une valeur merveilleuse, aux limites du fantastique. Il y a celui qui parle aux loups, celui qui porte en lui son frère, celles qui sentent et vivent les malheurs de demain, celui qui chante mieux que les oiseaux, etc.
Le texte, à la fois récit familial, récit initiatique pour chaque personnage, apologue, conte philosophique, légende, se décompose en strates qui ne peuvent aller les unes sans les autres. C'est très bien écrit, puissant et entraînant. C'est la meilleure lecture de mon mois d'octobre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
TyJecyka
  12 mars 2012
Il est des régions géographiquement malchanceuses car situées à des frontières stratégiques que seuls les généraux convoitent. Victor-Flandrin, issu d'une famille de bateliers depuis des générations, quitte le fleuve pour la terre après la mort de son père, rescapé de la guerre menée contre la Prusse, où il fut dévisagé par le sabre d'un uhlan.Victor-Flandrin Péniel fuit l'eau et la mine où il n'a plus d'avenir. Une longue marche le mène au hasard de ses pas dans la région de Sedan où il passera le reste de sa vie.
Et c'est cette vie que Sylvie Germain nous fait partager. Une vie rythmée par les épouses qui ne survivent pas aux grossesses, aux enfants tous jumeaux qui naissent et meurent. Quatre épouses se succéderont sur la Ferme-Haute pour 15 enfants mis au monde, un seul survivra.
Voilà encore un livre qui n'offre aucun répit, on voudrait arrêter de lire pour reprendre son souffle et se dire que le glauque n'est qu'imaginaire mais on continue à lire, fasciné par l'horrible, avide de savoir comment les personnages vont mener leur résilience.
L'auteure nous emmène dans les méandres de 60 ans d'une terre en proie aux occupants successifs, toujours annexée, dévastée. Une terre qui a payé son tribut du sang de ses enfants, une terre sans concession, rude, et cruelle mais où finalement, à chaque fois, la vie sait renaître après chaque malheur. Une terre nourrie de roses, nourrie de sang, nourrie de cendres puis de nuits. Une terre nourrie de passions, de violences, d'illusions et d'espoir. L'histoire d'une famille que L Histoire n'a pas épargnée, histoire pleine de réalités qui claquent si fort qu'elle nous assomme et nous emmène aux marges du fantastique.
Dire que j'ai aimé ce livre, OUI...dire que je l'ai fermé en poussant un profond soupir de soulagement, OUI. Soulagée d'avoir soutenu la lecture parfois difficile de certains passages, soulagée d'être arrivée, avec les personnages, au bout de cette histoire familiale tragique.
Mais, je trouve que l'on peut facilement se perdre dans l'anamnèse. La généalogie est dense, si bien qu'on peut vite ne plus savoir qui est le fils de qui si on ne maintient pas sa vigilance. Ce serait peut-être la seule remarque négative que je ferai au roman. Je remercie l'auteure d'avoir accéléré le rythme d'écriture lors de l'avant-dernier chapitre, il a été suffisamment dur ainsi, plus long aurait été rédhibitoire.
Qu'on ne se méprenne pas sur mes propos, il ne s'agit pas d'un roman du genre horreur, il s'agit d'un roman historique sans fioriture, émaillé d'incursions fantastiques que j'attribue aux légendes régionales. Il a suscité en moi les mêmes émotions et plaisirs de lecture ressentis avec "Le Livre de Dina" de Herbjorg Wassmo.
C'est un excellent roman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   19 mars 2016
Au petit jour, tandis que son mari s’était déjà levé pour aller s’occuper des chevaux, Vitalie enfanta au fond de la cabine, toute seule, adossée contre les oreillers. C’était un fils. Il cria plus fort que la veille en traversant le corps de sa mère et son cri affola les chevaux serrés les uns contre les autres sur la berge encore ombrée de nuit. Le père, en entendant ce cri, s’affaissa sur ses genoux et se mit à pleurer. Par sept fois, l’enfant cria, et par sept fois les chevaux se cabrèrent, dressant leurs cous au ciel en balançant leurs têtes. Le père pleurait toujours et par sept fois il sentit son cœur s’arrêter.

Lorsqu’il se releva et retourna dans la cabine il vit dans la pénombre luire le corps de sa femme d’un blanc crayeux et, posé entre ses genoux, l’enfant encore tout ruisselant d’eau et de sang. Il s’approcha du lit et caressa le visage de Vitalie bouleversé de fatigue, de douleur et de joie. Ce visage, à peine le reconnut-il. Il semblait s’être détaché de lui-même, soulevé sous un assaut de lumière monté depuis les tréfonds de son corps et transfondu en un sourire plus vague et blanchoyant qu’un clair de demi-lune. Puis il prit son fils dans ses bras ; le petit corps nu pesait un poids immense. Le poids du monde et de la grâce.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
LiliGalipetteLiliGalipette   03 août 2011
"Nul ne savait vraiment d'où il venait, ni pourquoi ni comment il était arrivé là. Les légendes et les ragots les plus fantasques couraient au sujet de son teint noirci par la poussière de charbon, des taches d'or de son oeil qu'il se mettait maintenant à distribuer à sa progéniture, de son ombre blonde qui hantait toute seule les chemins, de son accointance avec les loups, de sa voix dont l'accent différait de celui de la région, de son regard capable d'éteindre les miroirs et de sa main mutilée." (p. 94)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
michelekastnermichelekastner   13 juillet 2014
Elle voyait la terre mise à feu et à sang, elle entendait crier, crier tout autour d'elle à en perdre la raison. Elle décrivait des choses extravagantes, - des hommes par milliers, des chevaux et aussi d'étranges machines qui évoquaient le rhinocéros vu dans la lanterne magique, en train d'exploser, de se démembrer dans la boue. Et d'énormes oiseaux de fer piquer contre la terre, sur les villes et les routes dans des gerbes de feu. Et ses yeux délavés par l'effroi et les larmes devenaient de jour en jour plus pâles, si bien qu'à la fin ils perdirent toute couleur et ne furent plus que transparence absolue. Elle se disait que s'il lui était donné de voir tout cela, d'entendre et de souffrir toute cette misère, cette violence et cette mort, c'était pour la punir. Pour la punir d'avoir osé prétendre à l'existence, d'avoir osé contaminé le monde avec sa faute en enfantant. Et tout ce sang qu'elle voyait couler du flanc des hommes jusquà embourber la terre, les chemins et les villes, assurément, la source en était cette sourde nappe maléfique étalée sur sa face.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
paulotletpaulotlet   20 avril 2012
Pour la deuxième fois Violette-Honorine sentit du sang transpirer à sa tempe gauche et couler lentement le long de sa joue. Cette fois-ci, elle ne dit rien. Elle savait maintenant que ce sang n'était pas le sien, qu'il s'écoulait de la blessure d'un autre corps, de la douleur d'un autre coeur. Et cette fois encore, Jean-François-Tige-de-Fer fut le seul à remarquer la pitié éperdue de l'enfant, la folie de son regard. Il s'approcha d'elle et posa timidement sa main sur son épaule.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
EllettresEllettres   15 mai 2017
Sa mémoire était longue et profonde, – il n’était pas un seul de ces milliers de jours qui bâtissaient sa vie dont il ne gardât un souvenir aigu. Nombre de ces jours lui avaient été souffrance et deuils, mais Ruth jetait une clarté si vive, une joie si forte, sur le présent que tout le passé en était rédimé. Loin même de lui faire oublier celles qu’il avait aimé autrefois, la présence de Ruth clarifiait leurs visages pour les fixer, non en portraits, mais en paysages illimités.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Sylvie Germain (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvie Germain
La peur de l'échec vous paralyse et vous empêche d'avancer ? Un peu de courage ! C'est dans "Le vent reprend ses tours" de Sylvie Germain que l'on en puise, comme nous le prouvent Héloïse Goy et Tatiana Lenté, autrices du livre "Bibliothérapie" paru aux éditions Hachette Pratique.
En savoir plus sur "Bibliothérapie : 500 livres qui réenchantent la vie" ? http://bit.ly/Bibliotherapie-500-livres
autres livres classés : réalisme magiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Sylvie Germain

Née à Châteauroux en ?

1934
1944
1954
1964

10 questions
19 lecteurs ont répondu
Thème : Sylvie GermainCréer un quiz sur ce livre
.. ..